SEMIOLOGIE. — POULS LENT PERMANENT
d'i pouls lent, que Stokes attribuait à tort à la dégénérescence graisst'use du cœur. Sa cause vraie paraît être l'athérome et l'ischémie bulbaire.
La patliogénie du pouls lent permanent se trouve éclairée par d'autres circonstances qui lui donnent naissance. On peut l'observer à la suite de traumatismes de la nuque déterminant une fracture ou une luxation des premières vertèbres cervicales, d'où le rétrécissement de l'orifice supérieur du canal spinal et du trou occipital, et la compression du bulbe (Halberton) ; plus rarement dans les compressions des nerfs pneumogastriques (Stackler, Lannois). Il a été également signalé, durant quelques semaines ou quelques mois, à la suite de maladies infectieuses, notamment de la diphtérie, de la scarlatine (Apert), du surmenage (Edg. Hirtz). Manheimer (1) l'a récemment étudié chez les mélancoliques, constatant chez eux le rythme couplé tel qu'il existe chez les vieillards alhéromateux. Rapprochant ces faits semblables quoique disparates, Charcot a montré qu'il fallait en chercher la cause immédiate dans une altération bulbaire, que celle-ci soit fonctionnelle, traumatique ou toxique, altération intéressant les noyaux d'origine des nerfs pneumogastriques. II a décrit le syndrome sous le nom de pouls lent permanent avec crises syncopales et épilepti formes. Chez le vieillard, il peut être attribué à l'athéromasie cérébrale et bulbaire : dans un cas de Hanot (2), les lésions étaient prédominantes au niveau des artères cérébelleuses. Il va sans dire que la sénilité n'est pas la seule cause de ces altérations et de ces accidents ; dans une observation récente de Rendu (3), le pouls lent s'était montré au cours d'une syphilis cardiaque. L'artériosclérose bulbaire n'a pas une étiologie différente de l'artériosclérose en général, mais elle s'observe surtout chez le vieillard. La cause des paroxysmes a été diversement interprétée : Debove, Gomby, Rendu invoquent l'urémie, se basant sur leur coïncidence avec l'oligurie et la dyspnée et leur disparition sous l'influence du régime lacté. Huchardre marque « que la faiblesse impulsive du cœur, dans les cas d'artériosclérose de cet organe, n'est pas un facteur à dédaigner, et qu'elle doit agir comme cause provocatrice de l'anémie bulbaire, quand celle-ci est depuis longtemps préparée déjà par l'état athéromateux des vaisseaux de la moelle allongée ».
Le traitement du pouls lent permanent des vieillards et des artérioscléreux est avant tout celui de l'artériosclérose. Le régime alimentaire à base de lait et l'iodure de sodium à doses modérées peuvent prévenir les paroxysmes. Ceux-ci seront combattus par la cure lactée absolue, les cardiotoniques non modérateurs, comme la
^l) Manheimer, Congrès de neurologie, Bruxelles, sept. 1897:
(2) Hanot, Soc. méd. des hop., 15 juin 1894.
(3) Rendu, Soc. méd. des hôp., 1895.
P. MERKLEN.
caféine et la théobromine, enfin le nitrile d'amyle en inhalation? et la trinitrine en solution alcoolique au centième à la dose de quatre à dix gouttes par jour (Hucliard).