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CHLOROSE. — TRAITEMENT

on fera prendre pendant quelque temps du képliyr. Enfin, on aura soin de prescrire une certaine quantité d'acide chlorhydrique, soit une cuillerée à bouche d'une solution à 1 . p. 100 dans un quart de verre d'eau, une demi-lieure après le repas où le fer est administré (1) (Hayem).

Sous l'influence du repos et d'un régime composé de lait ou mieux de képhyr et de viande crue, les liypopepsies d'origine médicamenteuse se modifient en hyperpcpsies et l'état anémique s'améliore.

Fer et agents médicamenteux. — Opothérapie. .— Depuis l'antiquité, la médication martiale est recommandée dans le traitement des « pâlies couleurs », Ce moyen tout empirique n'a commencé à se justifier scientifiquement qu'après la découverte de la présence du fer dans le sang par Lemery et Mengliini, qu'après la preuve de sa diminution dans le sang des chloi'otiques par Fœdisch (1832). Lesdosages réguHers de l'hémoglobine et l'étude de la réparation sanguine (Voy. p. 885) permettent de conclure que le fer, grâce à son rôle dans la constitution des globules sanguins, exerce une action spéciale qu'aucun médicament, qu'aucune préparation thérapeutique ne peuvent suppléer (Hayem). Cette action se traduit, dans un sang où les hématies n'ont plus leur évolution normale, par un retour plus ou moins rapide au type physiologique. Aussi M. Hayem a-t-il pu dire: le fer est le spécifique de la chlorose (2).

Le fer introduit dans l'organisme par les aliments et les boissons, par la viande surtout, n'est pas suffisant, et, quoiqu'on dise Bunge, il faut recourir aux préparations ferrugineuses inorganiques.

Le choix de la préparation n'est du reste pas indifférent.

Trousseau et Pidoux pensaient que le fer agissait comme un simple stimulant. M. Hayem, au contraire, a démontré qu'il sert à la réparation du sang, en se fixant dans les hématies. Effectivement, en administrant, avec Regnauld un radical organo-métallique, le ferrocyanure de potassium, il a vu que ce médicament ne contribue en rien à la régénération des éléments colorés du sang (3).

Les médecins allemands préconisent les pilules de Blaud fcarbonate ferreux), qui, d'après Baûmler, doivent être administrées à fortes doses, et pendant un temps très prolongé après la disparition des symptômes (4).

Tel n'est pas l'avis de M. Hayem, qui estime au contraire que le fer doit être donné kdose faible et pendant le moins de temps possible, aussi longtemps cependant que les altérations globulaires persistent.

(1) On combattra la constipation par des lavages de l'intestin.

(2) II. V. lIôssLiN, en ne donnant que 4 à 6 milligrammes par jour à de jeunes chiens de forte race, en voie de croissance, a vu ces animaux devenir chlorotiques. Cité par M. G. Hayem, Leçons de thérapeutique, médication de l'anémie p. 279. '

(3) G. Hayem et J. Regnauld, Étude clinique sur le ferrocyanure de potassium Bulletin jêndral de Ihcrapeiilùitie, t. XCIV, 30 ujars 1878. '

(1) Rapport et discussion sur la médication lerrugineuse. Congrès de méJecine interne, tenu à Munich du 2 au 5 avril 1895.

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M. Hayem conseille de s'adresser à un protosel quelconque, facilement transformable dans le tube digestif, de préférence à l'oxalale de protoxyde de fer. Le chlorure ferreux, le lactale de fer, le prctoiodure sont également de bonnes préparations.

L'oxalate de protoxyde de fer étant particulièrement bien toléré, on commencera par donner 10 centigrammes avant ou pendant le repas de midi et du soir; après huit ou dix jours on donnera 15 centigrammes; on ne dépassera pas 20 centigrammes.

Tel est le traitement de choix.

On ne peut le comparer en aucune façon à la cure par les eaux minérales ferrugineuses (Forges-les-Eaux, Auteuil-Passy, Orezza, Bussang, Schwalbach, Pyrmont, Spa, etc.). Cette cure, comme toutes les cures hydrominérales, produit une modification de la nutrition, et par suite une modification de l'état apparent des chlorotiques; mais le bénéfice qu'on en obtient est incomplet et passager, parce que la lésion du sang persiste, l'eau minérale étant incapable de faire pénétrer, pendant la durée de la cure, une dose de fer suffisante dans l'organisme (Hayem).

Nombre d'auteurs ont vanté les bons effets de Varsenic (Trousseau et Pidoux, Dujardin-Beaumetz, Wilks, de Renzi, von Noorden, etc.

M. A. Robin le recommande surtout dans les variétés de chlorose où les échanges et les oxydations azotées sont supérieurs à la normale. M. Hayem ne le donne volontiers que dans la chlorose des garçons.

On a également proposé le manganèse (1) (Pelrequin) et le cuivre (Mendini, Liégeois).

Ch. Eloy préconise l'emploi du manganèse, quand on constate l'intolérance pour le fer et qu'on redoute son action excitante chez les chlorotiques, avec éréthisme nerveux ou en imminence de tuberculose.

Trousseau reprochait à la médication martiale de provoquer parfois une excitation trop vive, et craignait ses effets dans la pseudochlorose, dans l'anémie tuberculeuse. Il avait vu des hémoptysies survenir, la phtisie torpide prendre une marche galopante. « Je n'accuse pas le fer d'avoir produit ces malheurs, disait-il; mais je m'accuse d'avoir guéri l'anémie, qui peut-être était une condition favorable au maintien de ratïection tuberculeuse à l'état latent. »

M. Hayem reconnaît que dans les cas de ce genre le fer est plutôt nuisible qu'utile. Lorsque, par contre, on a alïaire à une chloroanémie tuberculeuse, plus la chlorose est prononcée et prédominante, mieux le fer est toléré. Mais au début il est préférable de s'abstenir de préparations martiales. On prescrira de jjréférence les agents de la médication reconstituante et particulièrement l'arsenic, s'il est

(1) IIannon (ISfiO) décrivait trois variétés de chlorose : 1» par diniiiuition du fer; 2" par diminution du manganèse; 3o nar diminution de ces deux métaux rîn même temps.

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