CHLOROSE. — TRAITEMENT
s'accompagne de phénomènes hystériques, on s'efforcera de modifier l'état psychique, de préférence par la suggestion à l'état de veille.
II. Aération, cure de montagne, aérothérapie, cure marine. — Il emporte que les malades vivent dans un air pur et fréquemment renouvelé, conformément à la méthode recommandée pour les tuberculeux. On s'efforcera de réaliser chez soi, à la ville, ou de préférence à la campagne, quelques-uns des avantages du sanatorium.
Le séjour à la campagne est recommandé à juste titre et pour bien des raisons.
Quant à la médication marine, si souvent prescrite, elle est rarement utile. Elle peut ne pas nuire quand les malades vont simplement se reposer au bord de la mer, et manifestent des signes de dépression momentanée ; elle aggrave l'anémie, dans le cas contraire, en exagérant l'excitabilité nerveuse, surtout lorsqu'on fait intervenir les bains de mer(Hayem).
Bien que les effets de l'altitude sur les globules rouges, c'est-à-dire l'hyperglobulie, ne se maintiennent pas après le retour dans la plaine, le climat de montagne est favorable lorsqu'on se borne à choisir une altitude moyenne, ne dépassant pas 1000 mètres. Pour M. Hayem, le séjour de Saint-Morilz (Haute-Engadine, 1.855 mètres) n'est pas recommandable dans les cas d'anémie moyenne ou peu accentuée. 11 lui paraît plus approprié au traitement de la chloro-anémie dyspeptique avec phénomènes neurasthéniques.
En somme, le changement de climat n'est indispensable, que lorsque ce climat est réellement malsain et qu'il a pu contribuer par lui-même au développement de l'anémie chlorolique.
Les inhalations d'oxygène peuvent rendre d'utiles services dans la forme dyspeptique en réveillant l'appétit et en calmant les vomissements. Mais si elles augmentent le nombre des globules rouges, elles n'élèvent pas la valeur globulaire en hémoglobine.
L'air comprimé ne peut en aucun cas produire les mêmes effets que le fer, lorsque la lésion hématopoiétique est prononcée (Hayem).
Les frictions légères à l'alcool sont d'ordinaire bien supportées, tandis que les frictions énergiques sont toujours mal tolérées à cûjse delà fatigue et des douleurs musculaires qu'elles déterminent. Quand on aura obtenu un mieux sensible par le repos, ou quand on aura affaire à une anémie du second degré, on pourra remplacer les frictions légères à l'alcool par le drap mouillé. L'hydrothérapie sous forme de douches en jet brisé ou en pluie ne sera prescrite que lorsque l'état du sang aura été sérieusement amélioré par l'usage d'une bonne préparation ferrugineuse. Elle n'est indiquée que vers la fin du traitement.
Récemment M. Rosin (de Berlin) a recommandé les bains chauds à 32°, d'une durée de vingt minutes environ, repétés trois fois par semaine, et suivis chaque fois d'une affusion froide, dans les cas de
chlorose accompagnée de douleurs thoraciques. Il est préférable de les réserver pour les cas de chlorose moyenne envoie damélioralion. On peut en dire autant des bains d'eaux minérales chargées d'acide carbonique et à la température de 34-35°. Ces bains d'eaux minérales, qui ont été préconisés en Allemagne, peuvent avoir des inconvénients plus sérieux que les bains chauds dans les cas graves. Enfin on a prétendu que les bains de boue pouvaient combattre la constipation avec avantage.
Régime et traitement gastrique. — Il est d'autant plus nécessaire d'instituer un régime alimentaire et de surveiller l'état gastrique, qu'une bonne alimentation est indispensable à la reconstitution du sang et de l'organisme, que le fer a par lui-même une tendance à exagérer la dyspepsie, qu'enfin la gastropalhie prédispose aux récidives (Hayem). Aussi ne peut-on partager l'opinion de von Ziemmssen, Baiimler, qui administrent d'emblée les ferrugineux sans vouloir perdre du temps à soigner l'estomac.
Au point de vue ,)ratique, M. Hayem range les cas en deux groupes et décrit ainsi la ligne de conduite à suivre (1) :
Premier groupe, comprenant les nombreux cas d'hyperpcpsie de moyenne intensité (sans grands troubles dyspeptiques), avec degré léger ou moyen de dilatation, avec ou sans gêne mécanique par compression de la taille : au début, lait, soupes au lait, viande crue ; quinze jours à trois semaines plus tard, œufs mollets, poissons à chair blanche, légumes verts, compotes de fruits. Le pain ne sera permis qu'au bout de quatre à cinq semaines. Quand il existe des douleurs stomacales, maillot humide au moins pendant la nuit. Après quelques jours de repos et de régime, prescrire le fer.
Deuxièmegroupe, comprenant 20 p. 100 des cas. Ici, Tétatgastropathique exige des soins spéciaux, variables suivant la catégorie à laquelle on a affaire. A la première catégorie appartient la gastrite parenchymateuse avec forte dilatation. Le régime doit être plus sévère et le nombre des repas plus réduit. Trois ou quatre prises d'aliments suffisent, composées de lait et de viande crue. Le massage du ventre, c'est-àdire de l'estomac et de l'intestin, est utile, surtout quand la dilatation est en partie d'origine mécanique (compression par le corset). Exceptionnellement on fera quelques lavages de l'estomac, s'il existe des fermentations assez prononcées avec forte acidité. Ce traitement sera poursuivi pendant deux ou trois semaines avant l'institution du traitement spécifique (le fer), qui coïncidera avec la reprise d'une alimentation plus copieuse et plus variée.
Chez les hypopeptiques par gastrite mixte alrophique sans complication, qui rentrent dans la seconde catégorie, on pourra faire suivre assez rapidement un régime moins sévère d'une manière précoce :
(1) G. IIayem, Clinique médicale de l'hôpiUl Saint-Antoine.