‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 3)Chapitre 117 sur 133 · ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE · texte numérisé non relu

ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE

Anémies extrêmes symptomatiques.

HISTORIQUE. — En 1868, à Dresde, et quatre ans plus tard, à Zurich, Biermer (2) appelait l'attention : « Sur une forme particu-

(1) Gii.uFnT et Garmer, De l'opothérapie médullaire dans la chlorose {Soc. de biologie, 8 avril 1898,.

(2) Biermer, Congrès des Naturforscher, siégeant à Dresde, 22 septembre 1868, Société des médecins de Zuricli, 1872 {Correspondenzblull fur Scliweizer Acrzle, n" 1, 1872.

lière d'anémie progressive pernicieuse, qui s'accompagne d'habitude de dégénération graisseuse des voies circulatoires et secondairement d'hémorragies de la peau, de la rétine, du cerveau, de ses membranes et d'autres séreuses. » Se basant sur quinze observations, recueillies avec une singulière prédilection dans le canton de Zurich, Biermer insistait sur les caractères symplomatiques, l'évolution fatale et sur les conditions écologiques de cette maladie : misère, privations, déperditions séreuses, parfois hémorragies, enfin plus grande fréquence chez les femmes d'une trentaine d'années, surtout si l'influence puerpérale vient s'ajouter aux mauvaises conditions hygiéniques.

On sait quelle fut la fortune de l'anémie pernicieuse progressive de Biermer. S'agissait-il donc de faits jusqu'alors inconnus, d'une nouvelle entité morbide?

On l'a cru tout d'abord. Et cependant l'on ne peut guère discuter l'anémie « essentielle » d'Andral, de Piorry, la « chlorose particulière post-puerpérale » de Lebert (1854), la « diathèse séreuse des nouvelles accouchées » de Stoltz et de ses élèves, Lauth (1852) et Chalot (1858), l'anémie grave décrite par Trousseau : « Il est une anémie survenue lentement à la suite de fatigues... Cette anémie ne peut en général être modifiée par les martiaux et s'accompagne d'une faiblesse excessive, d'une inappétence invincible. Quoi que nous fassions, les malades meurent avec un insurmontable dégoût, avec une fièvre vive, une soif ardente, et les recherches anatomiques ne nous révèlent rien, si ce n'est une pâleur universelle des tissus et une profonde altération du sang.

Addison n'est pas moins explicite. « Pendant une longue période de temps, dit-il, j'ai rencontré par-ci par-là une forme très remarquable d'anémie générale, se présentant sans cause déterminée : forme dans laquelle il n'y avait pas eu de pertes de sang antérieures, de diarrhée affaiblissante, de chlorose, de purpura, ni de maladie rénale, splénique, miasmatique, glandulaire, strumeuse ou maligne. C'est pourquoi, en parlant de cette maladie dans mes cours, je lui ai donné, peut-être sans grande raison, le nom didiopathique, pour la distinguer des autres formes d'anémie où l'on peut rencontrer quelques-unes des causes ordinaires ou occasionnelles de cette affection. » /Comme on le voit, Addison avait esquissé la description de l'anémie « idiopathique ». Elle fut complétée en Angleterre par Samuel Wilks, Habersohn, King.

Pendant ce temps, en Allemagne, Zenker, Wagner, Ponfick, Perl s'intéressaient à l'étude anatoniique et exi)érimenlale des dégénérescences viscérales liées à l'anémie, auxquelles Perroud (1) (18G5) atla-

(1) PEnnouD, Polysl(5atose viscérale {Mém. de la Soc. des se. mèd. de Lyon, 1865). Note sur un cas d'anasarque cachectiqu c due à l'allcralion graisseuse du foie {Lyon inOdical, 1X59J.

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