NATURE DE LA LTMPHADÉNIE ET DE I.A LEUCÉMIE
nonuctéaires observées dans le sang, parfois même des leucocytes en karyokinèse, alors qu'on n'en rencontre pas dans la circulation. Le réticulum est peu accusé ou môme absent.
Benda prétend que les cellules endolhéliales des veines peuvent prendre part au processus de formation des lymphomes, et ceux-ci se déverseraient ou non dans le courant sanguin. Quant au processus karyokinétique, il n'a qu'une faible importance par rapport au travail qui s'accomplit dans les organes hématopoiétiques. Ce sont ces derniers qui sont responsables surtout de la leucémie (Gilbert et Weil).
Les lésions macroscopiques sont assez caractéristiques poup éveiller, à l'autopsie, l'idée d'une leucémie aiguë méconnue. Le sang rouge, quelquefois couleur de framboise, ne peut mettre sur la voie du diagnostic; mais l'abondance des hémorragies viscérales, cutanées et muqueuses, le faible développement des ganglions sous forme de tumeurs non fusionnées, la tuméfaction modérée de la rate, (200 à 400 gr.), la coloration rouge de la moelle des os, l'hypertrophie des amygdales et du tissu lymphoïde pharyngien et intestinal, la gin. givite, la réapparition fréquente du thymus constiluent un ensemble de lésions d'unevaleur indiscutable et d'une signification non douteuse.
NATURE DE LA LYMPHADÉNIE ET DE LA LEUCÉMIE. — Théorie anatomique. — Jusqu'à ces dernières années la lymphadcnie avec ou sans leucémie, a été considérée comme une maladie caractérisée par la production hyperplasique ou hétéroplasique du tissu lymphoïde; la leucémie, comme un fait important pour les uns, contingent pour les autres, traduisant pour la plupart la suractivité fonctionnelle des organes hématopoiétiques.
M. Bard distingue nettement la leucocytémie de l'adénie et des tumeurs des ganglions. Elle représen te pour lui le cancer propre du «sang d'origine leucocytaire : omnis cellula e cellula ejusdem generis.
Celte théorie anatomique est fondée sur la spécificité cellulaire.
Théorie infectieuse. — Depuis l'avènement des doctrines microbiennes, nombre d'auteurs se sont efforcés d'établir l'origine infectieuse de la lymphadénie et de la leucémie, au moyen d'arguments d'ordre clinique et bactériologique.
On a invoqué tout d'abord les conditions étiologiques, la coexistence fréquente de lésions inflammatoires de la peau et des muqueuses, l'évolution de la maladie, cette explosion de tumeurs dont parle Trousseau dans l'adénie, la généralisation d'emblée des néoplasies dans certains cas, leurs variations de volume malgré la marche fatale, la présence de la fièvre qui, vers la fin, rappelle la fièvre hectique. Pour M. Bard, l'adénie n'est qu'une adénite infectieuse (1).
D'autre part, on a vu, dans le sang ou dans les organes des leucé-
(1) GuiLLERMET, Aflénie, sa nature infectieuse, th. de Lyon, 1S90.
miques, des staphylocoques, des streptocoques, un bacille immobile, pathogène pour la souris, des formes cellulaires semblables aux plasmodies (dans les leucocytes, au cours d'une leucémie myélogène); on a observé dans la lymphadénie cutanée des streptocoques ; dans la lymphadénie splénique un bacille analogue au bacille d'Eberth ; dansl'adénie on a constaté tour à tour des staphylocoques, des streptocoques, le pneumocoque, le bacterium coli, le bacille tuberculeux et des microbes indéterminés.
Leucémie chronique.
Anciennes recherches : monades (Klebs), microcoques (Mac Gillavry, Oster-
^^•ald, Mayct]. Staphylococcus albus et aureus : dans le sang (Roux, Caniillo VerdelliBonardi),
dans les ganglions et le foie (Ilinlerberger). Bacille immobile, pathogène pour la souris : dans le sang et les ganglions
(Kelsch et Vaillard).
Parasites analogues à des plasmodies : dans les globules blancs de la leucémie
myélogène (Lôwit).
Bacilles indéterminés : dans le sang (Fermi et Pawlowsky). Résultats négatifs : Salander et Hoffsten, Ebstein, H. Miiller, Eickenbusch et Lau-
benburg, Litten, Triconi, G. Lion, etc.
Leucémie aiguë.
Cocci indéterminés : dans le sang (Hintze), dans les ganglions (Hintei'berger,
Powyssotsky, Osterwald).
Staphylocoque, streptocoque, colibacille (Frânkel, Hinterberger). Hématozoaires indéterminés dans les lymphocytes (Mannabei'j). Résultats négatifs : A. Frânkel, Wi.sphal, Guttmann et Litten, Askanazy, Gilbert
et Weil.
Lymphadénie.
L. CUTANÉE. Streptocoques (Rindfleisch, Auspitz). L. SPLKNIQUE. Bacille analogue au bacille d'Eberth (Cardarelli). L. GANGLiOMiVAiRE. Staphylococcus pyogenes aureus : dans le sang, pendant la vie, et dans les ganglions, après la mort (Roux et Launois). Staphylococcus albus : dans le sang ^Hewelka'.
— dans les ganglions (infection secon-
daire (Fischer).
Streptocoques : dans les ganglions (Maffucci).
— dans les ganglions mésentériques (infection
secondaire) (Labbé et Jacobson).
— dans les ganglions et le sang (Traversa). Pneumocoque : (Mya et Tramsbuski).
Bacterium coli (Galbi et Barbacci).
Bacille tuberculeux.
Microbes indéterminés. Microcoques (Monfredi),
— Bacille (Delbeti.
Résultats négatifs : Eickenbusch, Wesphal, Triconi, Brauneck, Roux.
On a fait observer encore que le tissu lymphoïde était peu différencié; qu'il pouvait se développer à la faveur d'un processus infectieux ; quelesaltéralions anatomiques des ganglions étaient loin d'èlre toujours idtnitiqucs; (jue l'inoculation expérimentale a plus d'une fois démontré la nature tuberculeuse d'une adéuie.
LYMPIIADENIE ET LEUCEMIE. — DIAGNOSTIC. 989
On a ajouté que la leucémie n'était qu'une leucocylose infectieuse maxima, provoquée par l'infection ou la toxi-infection. N'a-t-on pas soutenu, en elTet, que la leucémie était d'origine toxique, et qu'elle pouvait être le résultat d'un excès de nucléine dans le sang (Horbaczewski) (1), d'une surabondance de peptone(Kôttnitz), d'une autointoxication (Vehsemeyer) ?
A ces arguments les partisans de la doctrine anatomique répondent V que bien des fois on n'a pu constater aucun microbe dans le sang ou dans les tissus, que les microbes trouvés sont d'une grande banalité, qu'ils peuvent avoir été les agents d'un» infection secondaire terminale, qu'enfin, malgré toutes les tentatives d'expérimentation, on n'a jamais pu reproduire ni avec les cultures, ni avec les parcelles d'organes, un véritable lymphadénome.
La question n'est donc pas élucidée. On ne peut nier cependant que les faits singuliers de leucémie aiguë et suraiguë plaident en faveur d'une origine infectieuse. On ne peut nier, non plus, que, sous l'apparence clinique de l'adénie, se cache souvent la tuberculose, et probablement d'autres infections.
Le rapport de la tuberculose avec l'adénie a été signalé par Trélat, Verneuil, Duplay, Berger, Billroth, Wunderlich, Claus, Brentano et Tangl,Dietrich. La tuberculose peut se combiner avec le lymphome; elle peut venir le compliquer et amener rapidement la mort (tuberculose miliaire).
D'autre part, Baumgarten a décrit une forme de tuberculose généralisée des ganglions, qui évolue sous la forme clinique d'une pseudo-leucémie. Pendant la vie, les ganglions ne présentent ni ramollissement ni suppuration. Il n'y a pas de caséification, mais une nécrose de coagulation hyaline. Il s'agit d'une orme particulièrement grave des ganglions, due peut-être à une virulence spéciale des bacilles (Ricker). Sabrazès, Delaficld, Weishaupt, Liebman, Winiwarter ont cité des observations de celle forme de tuberculose.
Le diagnostic peut être impossible, même sous le microscope. 11 n'y a qu'un seul procédé certain pour séparer l'adénie vulgaire de l'adénie tuberculeuse, c'est l'inoculation de fragments de ganglions au cobaye (2).
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic offre souvent de réelles difficultés.
En règle générale, l'examen du sang s'impose toutes les fois qu'on se trouve en présence d'une hypertrophie des ganglions, de la rate ou du foie; en présence d'un purpura, d'un état d'alTaiblissement et danémie d'origine incertaine.
Leucémie. — Cet examen permettra de reconnaître, avec le degré de l'aglobulie, la proportion normale ou pathologique des globules
(1) D'après Horbaczewski, quand un tissu riche en nucldine se détruit, la nucléine mise en liberté provoque la prolifération des globules blancs. Dans la leucémie, la nucléine provenant des leucocytes détruits sert d'excitant à la prolifération des nouveaux cléments.
(2) Labdk et Jacoijson, Note sur un cas d'adénie Revue de médecine, 1898, p. 667)
blancs, et par conséquent de dire immédiatement si l'on a affaire à une leucocylémie ou non.
a) Si le chiffre relativement faible de ces éléments permet d'hésiter entre la leucocytose et la leucémie, on établira le pourcentage des différentes variétés. La qualité des leucocytes importe plus que la quantité. Dans la leucémie myélogène, en particulier, le sang charrie des cellules blanches toutes différentes du type normal.
Les leucocytoses inflammatoires, infectieuses, cancéreuses, médicamenteuses ou par substances chimiques, sont essentiellement des polynucléoses.
Véosinophilie d'origine toxique, parasitaire, etc., n'atteint jamais un degré aussi élevé que dans la leucémie, où il n'est pas rare de compter 100 000 éosinophiles par millimètre cube et davantage. Leur nombre absolu a plus de valeur que leur nombre relatif. Et puis, dans la leucémie, ils sont toujours accompagnés d'autres éléments, myélocytes, érythroblastes, etc.
Les Mashellen ne sont nulle part aussi abondants que dans cette maladie.
On peut en dire autant des Myélocytes. Dans les autres états pathologiques, leur faible pourcentage (12 p. 100 au plus) ne modifie en rien le caractère manifestement polynucléaire de la leucocytose; leur augmentation, bien plus faible que dans la leucémie, coïncide avec une diminution des éosinophiles et des Mastzellen.
Toute une série de symptômes mettront parfois sur la voie du diagnostic de leucémie, en l'absence de l'examen du sang : l'abondance des hémorragies, anémie profonde, la rétinite leucémique, l'augmentation énorme d'acide urique dans l'urine, etc.
b) L'appréciation du type clinique se déduira de l'examen des oreanes, du mode de début, des accidents et de l'évolution de la maladie.
Les caractères histochimiques des leucocytes ne permettent pour les uns qu'un diagnostic de probabilité, tandis que, pour Ehrlichet ses élèves, ils permettent d'affirmer s'il s'agit d'une leucémie lymphatique ou d'une leucémie myélogène (p. 976). Mais les formes hématologiques ne sont pas superposables aux formes cliniques, telles qu'on les comprend généralement (p. 975),
c) La leucémie aiguë se différencie de la leucémie chronique par les symptômes (hémorragies, purpura, lésions bucco-pharyngées, fièvre, etc.) et la marche de la maladie. Généralement les globules blancs n'atteignent pas les chiffres élevés de la forme chronique; leur nombre est, en moyenne, de 50 000 à 80000 (Gilbert et Weil). La formule hématologi(iue se résume en une lymphocytose, caractérisée par la prédominance énorme des grands mononucléaires anormaux (grands lymphocytes) et exceptionnellement des globulino (Jousset).
La lymphocytémie pure, quoi qu'en dise A. Friinkel, a été reucou- Irée à l'état chronique dans de rares observations.
LYMPHADENIE ET LEUCÉMIE. - DIAGNOSTIC. 991
Lymphadénie. — Avec les lymphadénies partielles, le diagnoslic se complique de nouveau. Ici encore, une règle s'impose. La découverte de la tuméfaction d'un organe impose la recherche des autres organes. Les ganglions sont-ils augmentés de volume, il faut immédiatement examiner l'état du foie et de la rate; la rate est-elle hypertrophiée, il faut voir aussitôt s'il n'y a pas d'adénopathie et d'hépatomégalie : tant est grande la fréquence de la participation de ces trois organes au processus lymphadénique.
Rappelons pour mémoire que le mycosis fongoïde peut être confondu, au début avec un éry thème quelconque, avec un eczéma sec, plus tard avec un lichen, à une troisième période avec un sarcome ou un épilhélioma de la peau. La nature lymphadénique du mycosis n'est pas admise par tous les auteurs.
Le lymphadénome du testicule ne se distingue des tumeurs malignes que par sa bilatéralité et son évolution parfois longue.
Le lymphadénome de l'amygdale simule tour à tour V hypertrophie simple, la tuberculose, le chancre syphilitique et surtout Vépithélioma.
On a vu que la lymphadénie intestinale peut donner le change avec unetuberculoseintestinale,ouune péritonite tuberculeuse,elqueVerveur est presque fatale. L'évolution rapide et fébrile de sa forme aiguë rappelle quelquefois la fièure typhoïde. La forme néoplasique est, comme son nom l'indique, l'image parfaite de Yépithélium de Viniestin.
Le diagnoslic de la lymphadénie splénique est assez facile. Il faudra toutefois éliminer les hypertrophies de la raie dues à ïimpaludisme, à la déyénérescence amyloïde, aux cirrhoses hépatiques, à la maladie de Hanot, et celles qui sont liées au développement de kystes séreux, hématiques ou hydatiques. On sait que M. Gaucher identifie la splénomégalie primitive avec la maladie qu'il a décrite, dans sa thèse, sous le nom d'épithélioma primitif de la rate (dénomination histologique) et d'hypertrophie idiopathique de la rate sans leucémie (dénomination clinique).
Chez les enfants, il faut se rappeler que le rachitisme et la syphilis héréditaire donnent assez souvent naissance à une tumeur splénique, chronique et susceptible de guérison (Luzet).
Enfln, si la lymphadénie ganglionnaire généralisée est aisément reconnue, il n'est pas de même delà lymphadénie localisée.
La lymphadénie ganglionnaire thoracique ou abdominale a des caractères communs avec toutes les tumeurs de la poitrine ou de l'abdomen. Les symptômes permettent un diagnoslicde topographie; le diagnostic de la nature de la tumeur ne peut être fait qu'avec d'autres éléments.
L'adénio cervicale peut être confondue avec rac/c'A2i7e.sim/>/e, inflammatoire, ayecVadénopathie cancéreuse, syphilitique ou tuberculeuse. L'étude de la nature de la lymphadénie a montré les difficultés presque insurmontables qui s'opposent dans quelques cas à la dis-
tinction clinique de l'adénie commune d'avec l'adénie tuberculeuse. Il n'y a, en somme, qu'un seul procédé certain, c'est l'inoculation de fragments de ganglions au cobaye (1).
Toutefoisonse rappellera que le lymphomemalin survient particulièrement chez les hommes, à tout âge, et de préférence à un âge avancé; qu'il débute généralement au cou, évolue rapidementet régulièrement, et provoque la mort en deux ans; que la tuberculose, au contraire, apparaît surtout chez des sujetsdu sexe féminin, qu'elle dure plus longtemps et procède par poussées successives (Duclion) {'2).
TRAITEMENT. — Traitement chirurgical. — En principe, la leucocylémie est une contre-indication formelle à toute opération. D'autre part, dans la lijmphadénie, les « résultats opératoires sont généralement si lamentables, que beaucoup de chirurgiens interventionnistes, dans les cas de carcinome, s'arrêtent et gardent l'expectation devant une tumeur lymphadénique; la récidive est constante à bref délai » (Reclus) (3).
A ces deux propositions, acceptées en règle générale, on s'est demandé si l'on ne pouvait apporter quelque amendement, surtout en ce qui concerne la lymphadénie aleucémique.
Leucémie. — Les deux premières observations de splénectomie pour leucémie splénique appartiennent à Bryant (1866 et 1867). Son exemple fut suivi par Kœberlé, Watson et bien d'autres. Or, veut-on connaître la statistique? La mortalité est de 100 p. 100 (Thornton et Wright) dans les cas de leucémie Indiscutable. L'hémorragie, le shock et la septicémie sont les trois facteurs principaux des 26 cas de mort signalés. On a cité, il est vrai, 3 cas de guérison (Burckhardt, Franzolini, Hartmann), soit une mortalité de 89,7 p. 100 (Vanverts). Mais dans le cas de Burckhardt (où il y avait 4500000 globules rouges et un globule blanc pour 105 rouges), le malade mourut de lymphadénie leucémique généralisée huit ans après l'extirpation de la rate. Le cas de Franzolini est fort discutable. Quant au cas de M. Hartmann (4),
(1) Dans une thèse récente, Duclion publie 6 observations nouvelles où la nature tuberculeuse de la maladie, plusieurs fois impossible à constater histologiquement, fut démontrée par l'inoculation au cobaye ; dans tous les cas, les cnscnicncements de pulpe gan;^lionnaire pratiqués largement sur différents milieux, donnèrent des résultats nénalifs. Clette adénite tuberculeuse est impossible à distinguer cliniquenient de l'adénie vulgaire. Hislologiquement, en l'absence de follicules tuberculeux, la suppuration et la nécrose (Ricker), la rareté des granulations éosinophiles dans les ganglions (Goldmann, Dietrich), sont en faveur de la tuberculose. (Cité de la note de MM. Labbé et Jacobson.)
(2) Duf.LiON, Contribution à l'étude clinique de la lymphosarcomalose et de la tuberculose hypertrophique méconnue des ganglions. Th. de Bordeaux, 1897.
(3) Reclus. Manuel de pathol. externe, cité par M. Qiiénn. Traité de chirurgie, t. 1, p. 467.
(4) H. Hahtmann, Rate hypertrophiée et mobile; leucémie. Splénectomie. Guérison. Suites éloignées médiocres. Congrès français de chirurgie, 23 octobre 1893 p. 499 ; obs. II. — In extenso inLiclTring, Th. Paris, 1898, obs. 39.
LYMPHADÉNIE ET LEUCÉMIE. — TRAITEMENT. 993
dans lequel les suites éloignées de l'opération furent médiocres, voici le résultat de l'examen du sang- fait par M. Vaquez la veille de Topération : G. R. =4 850 000; G. R. =30 000; rapport, 1/150. Trois ans après, la malade, amaigrie, était atteinte d'hémorragies gingivales répétées, et l'examen du sang donna les chiffres suivants : G. R. = 7 750 000; G. R. = 20 000; rapport, 1/115. On comptait, sur 100 globules blancs, 5 petits mononucléaires, 10 grands mononucléaires, 84 polynucléaires, 1 éosinophile.
« Il n'est pas plus rationnel, dit M. Rlum, d'enlever une rate leucémique que d'extirper pes ganglions atteints d'adénopathie secondaire, en respectant la tumeur qui leur a donné naissance (1). »
On peut conclure, avec M. Terrier, que l'on n'a le droit de pratiquer la splénectomie qu'après s'être assuré par l'examen du sang qu'il n'existe pas de leucémie. Cette opération est, suivant l'expression de Rryant, « physiologicaly unsound and surgically unsafe » (2).
Lymphadénie. — La splénectomie pour splénomégalie avec rate fixe, sans tuméfaction ganglionnaire et sans leucémie, donne une mortalité de 72 p. 100 (Vanvertsi. Trois des rates enlevées pesaient 1 500 grammes, 2 800 grammes, 3 000 grammes ; toutes les autres pesaient moins de I kilogramme. Cinq opérés, revus quelques mois après, jouissaient d'une santé excellente. Ces cas paraissent bien se rapporter à la description de la splénomégalie primitive. Ils plaident jusqu'à un certain point en faveur de l'intervention, que paraissent légitimer bien souvent l'importance des phénomènes douloureux et* des troubles fonctionnels, la répétition des hématémèses; mais les adhérences péritonéoles, la tendance aux hémorragies, font de la splénectomie une opération des plus dangereuses dans ces conditions.
Quant aux autres interventions opératoires, il en est qui sont purement palliatives et commandées par l'urgence (trachéotomie, morcellement de tumeur amygdalienne, ablation partielle de tumeur ganglionnaire, etc.). Le chirurgien est juge de l'opportunité de l'opération et du soulagement qu'elle peut procurer au malade. On ne peut rien dire de plus.
Tout autre est la question de l'intervention radicale dans la lymphadénie ganglionnaire, amygdalienne, testiculaire. On a vu plus haut l'opinion de M. Reclus, qui est aussi celle de iMM. Quénu, Terrier, et de la majorité des chirurgiens.
La généralisation des accidents lymphadéniques exclut toute intervention. Sur ce point, tout le monde est d'accord. Mais il est des cas où la généralisation est insidieuse, et l'on a vu bien souvent Topération, l'ablation d'un paquet ganglionnaire, Tamygdalotomie, la castration, donner un véritable coup de fouet à la maladie, la réveiller
(1) Blum, La splénectomie, Arch. génér. de méd., 1883, I, p. 12b.
(2) Voir la thèse très complète de J. VANVEnTS, De la splénectomie. Th. Paris,
TnAlTÛ DE MÉDECINE. VI. 03
9<li E. PARMENTIER. — MALADIES DU SANG.
et hâter la terminaison fatale. Les craintes des chirurgiens qui se refusent à intervenir sont donc fondées.
Cependant, on a publié, dans ces dernières années, un certain nombre d'exemples de lymphadénomes opérés avec succès et non suivis de récidive immédiate. Pour que ces observations fussent valables, il eût fallu faire l'examen histologique et bactériologique de la tumeur et en inoculer une parcelle. C'est, comme je l'ai dit, le seul moyen d'éviter une erreur de diagnostic et de s'assurer de la valeur du traitement chirurgical.
Traitement médical. — On a proposé un certain nombre de moyens thérapeutiques, les uns hygiéniques, les autres médicamenteux.
On recommandera le repos physique et intellectuel, la vie à la campagne. C'est là une mesure générale applicable à tous les cas d'anémie.
L'hydrothérapie, sous forme de douches locales ou générales, peut être employée, mais avec prudence, dans les cas d'hypertrophie consmérable de la rate et d'adénie.
On a tour à tour préconisé dans la pseudo-leucémie une cure aux stations minérales salines et bromo-iodurées, arsenicales (Salins, Salies-de-Béarn, Kreuznach, Saxon, Lavey, La Bourboule). Les résul tais, tout passagers qu'ils soient, ne sont pas à dédaigner. Dans un cas de leucémie commune, Mosler a observé une amélioration mani- «ftste, à la suite d'une cure thermale à Schwalbach. De son côté, Valentiner a signalé les heureux effets des eaux de Pyrmont sur un leucémique qui recouvra, à la suite de ce traitement ferrugineux, son appétit et ses forces.
Le régime alimentaire sera réglé d'après les indications fournies par l'état des fonctions digestives. On s'efforcera de soulenir les forces du malade au moyen du laitage et de la viande crue, généralement mieux tolérés que tout autre aliment, à la période cachectique. Le képhyr rendra parfois de grands services.
L'huile de foie de morue a été administrée dans l'anémie, le quinquina et la quinine dans la splénomégalie primitive, les iodures dans toutes les formes de la lymphadénie, et spécialement dans les tumeurs ganglionnaires (Wunderlich). Quelques auteurs ont accusé toutefois la médication iodée, tant soit peu active, d'avoir exercé sur l'état général une influence désastreuse, alors même qu'elle avait produit une diminution notable du volume des tumeurs (Grisolle, Hémey, Vigier, Potain, Lancereaux).
Malgré une observation favorable de Verneuil, la médication phosphorée n'a pas donné de résultats satisfaisants entre les mains de Broadbent, Wilson Fox et Noxon, et les préparations nicrcurielles n'ont pas été plus heureuses, tant s'en faut, quand le diagnostic de lymphadénie ne cachait pas une syphilis méconnue.
LYMPHADÉNIE ET LEUCÉMIE. — TRAITEMENT. 995
Les injections intersliliolles de teinture d'iode n'ont guère été employées que par Langenbeck et Lûckc. Les injections de naphtol camphré, préconisées par M. Fernet, n'ont pas encore fait suffisamment leurs preuves pour qu'on puisse les recommander.
De tous les traitements, c'est encore la médication arsenicale qui compte le plus de succès, au moins immédiats. Billroth donne la liqueur de Fowler à l'intérieur et sous forme d'injections parenchymateuses. Il prescrit 5 gouttes de liqueur matin et soir et augmente de 2 gouttes tous les trois jours, sauf le cas d'intolérance. En môme temps, il injecte d'abord 2 gouttes dans la tumeur, puis 4 et 6 gouttes, en choisissant chaque fois un siège différent. Billroth, Winiwarler, Israël, Warfwinge, Karevvsky, Gûterbrock, etc., ont obtenu des résultats satisfaisants. En six mois, Czerny prétend avoir obtenu la guérison d'un malade atteint de lymphomes multiples, après lui avoir fait prendre à l'intérieur 746 gouttes et lui avoir fait 76 injections de 10 gouttes de liqueur de Fowler. En 1889, M. Reclus a présenté à la Société de chirurgie quelques exemples de guérison par le traitement arsenical. M. Gilbert, MM. Brousses et Gérardin, s'en sont également bien trouvés. Les tumeurs ganglionnaires, car ce sont elles qui sont le plus heureusement influencées, diminuent de volume et leur atrophie précède l'amélioration de l'état général. D'ordinaire, la récidive survient après un temps plus ou moins éloigné.
La même amélioration temporaire a été quelquefois obtenue par ce moyen dans la leucémie. Sous l'influence des injections de liqueur de Fowler, M. G. Lion a vu un malade atteint de lymphadénie splénique avec leucocytémie recouvrer toul(^s les apparences de la santé, et le chiffre des globules blancs redevenir normal; quelques mois après, de nouveaux accidents entraînèrent la mort. Dans un cas de leucocytémie où le rapport des globules blancs aux hématies était de 1/14, Drew a obtenu également une diminution notable de tous les accidents, en portant rapidement la liqueur de Fowler à la dose de 60 gouttes par jour pendant le premier mois, à 90 gouttes pendant le deuxième, et à 100 gouttes pendant le troisième mois. L'usage de l'arsenic à haute dose, combiné aux inhalations d'oxygène, a donné un résultat particulièrement rapide à F. Taylor (1). En .six mois, le chiffre des leucocytes, qui atteignait 1 million, tomba à 20 000, tandis que celui des globules rouges s'éleva de 1 880 000 à 3 630 000.
Beaucoup d'auteurs soutiennent qu'il faut arriver jusqu'aux effets toxiques et s'arrêter seulement dès qu'ils apparaissent, pour recommencer ensuite (Rummo).
L'opothérapie, sous forme de moelle osseuse pure ou en extrait, a produit quelciuefois une amélioration notable (Bigger, Baross, etc.).
Dans u cas de leucocytémie grave, Whart (1) fil prendre de
(1) F. Taylor, Leucémie splénique améliorée rapidement par l'arsenic et les inhalations d'oxygène [Soc. clin, de Londres, séance du 23 décembre 1891.
l'arsenic à haute dose et 3 cuillerées à dessert par jour de moelle de bœuf crue, mélangée aux aliments. Le rapport des leucocytes aux hématies tomba de 1/16 à 1/76 en vingt jours, à 1/210 en deux mois, à 1/300 en trois mois, et bientôt devenait normal, en même temps que la rate diminuait de volume. Six mois après, les accidents leucémiques réapparaissaient, pour aboutir à la terminaison fatale après une nouvelle, mais courte amélioration obtenue par la moelle osseuse.
Leyden, Goldscheider, ont également administrée des leucémiques des substances contenant de la nucléine, de l'extrait de rate par exemple, etc. Elles eurent pour effet de diminuer notablement le nombre des leucocytes, des trois quarts par exemple, sans jamais arriver à la guérison.
Telle est la fortune invariable des médications actuelles.
(1) G. Whaht. Lcucoc^téiuic U'ailce par la mutsUe osseuse [lirilish med. Journ., 4 avril 1896, p. 480).
MALADIES DU CŒUR, par Piehre Mebklen.
Sémiologie du cœur 1
Sémiologie fonctionnelle 2
Dyspnée 3
Palpitations 9
Douleurs prccordiales 1-4
Troubles du rythme cardiaque 17
Tachycardie. Tachycardie paroxystique 18
Bradycardie. Pouls lent permanent 27
Arythmie 32
Intermittences cardiaques 35
Rythme couplé, Pouls bigerminé 37
Sémiologie physique 39
Signes cardiaques 39
Inspection 40
Palpation 42
Percussion 46
Phonendoscopie et Radiographie 54
Auscultation 55
Signes artériels 71
Signes veineux 78
Signes urinaires .82
Pathologie spéciale du cœur 85
Maladies du péricarde 85
Péricardites 85
Symphyse cardiaque 125
Hydropéricarde 140
Hémopéricarde 141
Pncumopéricarde • 141
Maladies de l'endocarde 145
Endocardites l'45
Affections des valvules et des orifices du cœur 186
Insuffisance mi traie 187
Rétrécissement mitral 196
Insuffisance aortique -19
Rétrécissement aortique 237
Insuffisance Iricuspidienne 242
Rétrécissement tricuspidicn 250
Insuffisance pulmonaire 254
Rétrécissement pulmonaire 258
Maladies des artères coronaires 265
Artérite coronaire 265
Angine de poitrine 268
Infarctus du myocarde ...,...,....,,, 283
Rupture du cœur 288
Anévrysmes partiels du cœur 291
Maladies du myocarde 295
Myocardites 295
Myocardite aiguë simple 296
Myocardite suppurée 313
Myocardite chronique 316
Hypertrophie du cœur 340
Dilatation du cœur 356
Cœur gras 360
Tumeurs du cœur 368
Syphilis 368
Tubercules 371
Cancer , 372
Myxomes 373
Kystes hydatiques 374
Maladies congénitales du cœur 375
Communication interventriculaire ou maladie de Roger 376
Cyanose ou maladie bleue 379
Complications des maladies du cœur 392
Asystolie. Stases viscérales 392
Poumon cardiaque 412
Foie cardiaque 414
Rein cardiaque 416
Cerveau cardiaque 417
Utérus cardiaque 423
CEdème aigu du poumon , 433
Thromboses cardiaques 439
Syncope 447
MALADIES DES ARTÈRES, par H. Roger et Gougbt.
Sémiologie des artères 457
Pathologie spéciale des artères 472
Artérite aiguë 472
Artérite noueuse 495
Artérite chronique 495
Infiltrations et dégénérescences artérielles 544
Embolies artérielles 551
Artérite syphilitique 553
Artérite tuberculeuse 564
Lésions artérielles par parasites animaux 568
MALADIES DE L'AORTE, par E. Boinbt.
Anévi^smes de l'aorte • 569
Anévrysmes ordinaires Sô'-»
Anévrysmes artérioso-veineux . , 61E»
Anévrysmes disséquants 624
Anévrysmes diffus ou faux consécutifs 626
Aortites 647
MALADIES DES VEINES, par F. Widal et F. Bezançon.
Phlébites infectieuses aiguës 694
Phlébite oblitérante (phlegmatia alba dolens, thrombose veineuse) 697
Phlébite suppurée 715
Formes cliniques des phlébites infectieuses aiguës 716
Infections chroniques des veines 731
Phlébites toxiques 733
Phlébites chroniques 734
MALADIES DU SYSTÈME LYMPHATIQUE, par F. Bezançon.
Anatomie et physiologie générales du système lymphatique 737
Pathologie générale du système lymphatique 741
Rôle du système lymphatique dans les maladies infectieuses aiguës 741
Rôle du système lymphatique dans les maladies infectieuses chroniques... 751
Rôle du système lymphatique dans les néoplasmes 754
MALADIES DU SANG, par E. Parmentier.
Sémiologie du sang 759
Technique et speclroscopie 759
Sémiologie proprement dite 770
Éléments figurés 770
Globules rouges . 770
Morphologie et réactions histochimiques 771
Hyperglobulie 778
Agiobulie 784
Globules rouges à noyau 785
Hématoblastes 786
Leucocytes 789
Morphologie et réactions histochimiques 792
Équilibre leucocytaire (mononucléose, polynucléose, éosinophilie) 793
Leucocy tose 796
Leucocytoses physiologiques ... 797
— pathologiques (inflammatoire, cancci'cuse, etc.) 799
— thérapeutiques, par substances chimiques 809
jRéticulum fibrineux 813
Pigments, granulations, cellules libres, cristaux 813
Hémo-diagnostic. Sang pur * 816
Parasites 820
Caillot et sérum 829
Caillot (coagulabilité, non-rétractilité, dissolution, etc.) «30
Sérum 834
Étude physique (lactescence, fluorescence, sérum laqué, ictéritiue, etc.). 834
Étude chimique 838
Propriétés globulicides, coagulatrices, toxiques, bactéricides 8i0
Séro-diagnostic 842
Pression osmotiquc 845
Piasmolyse /j45
Cryoscopie , . 849
Pathologie spéciale du saiif) 861
Chlorose 861
Historique 861
Étiologic ." 861
Symptomatologie 868
Hématologie 881
Marche. Durée. Terminaison 886
Coniphcations 887
Suites de la chlorose 889
Formes 890
Pronostic 897
Anatomie patliologique 898
Nature de la chlorose. Pathogénie 899
Diagnostic 904
Traitement 910
Anémie pernicieuse, Anémies extrêmes symptomatiques 915
Historique 915
Étiologie 918
Symptômes 920
Hématologie 924
Marche. Durée, Terminaison 928
Pronostic 930
Anatomie pathologique 931
Nature de la maladie. Pathogénie 935
Diagnostic 938
Traitement 944
Lymphadénie et leucémie 948
Historique 918
Etiologie 951
Symptomatologie 953
Lymphadénie aleucémique 953
Lymphadénie ganglionnaire. Adénie 953
Lymphadénie splénique 558
Lymphadénie intestinale » 961
Lymphadénie amygdalienne, testiculaire, cutanée, osseuse 96
Lymphadénie leucémique 964
Leucémie ganglionnaire, splénique, osseuse, intestinale 965
Leucémie généralisée 966
Hématologie 970
Évolution, pronostic 'i^^
Leucémie aiguë SIS
Anatomie pathologique 582
Nature de la lymphadénie et de la leucémie 987
Diagnostic 989
Traitement 993
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