ANGINE DE POITRINE
(stenocardie-sternalgie) .
L'angine de poitrine est une manifestation de l'ischémie du myocarde par rétrécissement des artères coronaires, caractérisée par des crises douloureuses rétrosternales avec irradiations cervico-brachiales et angoisse, qui surviennent sous l'influence de la marche et de l'effort, et se terminent souvent par la mort subite.
HISTORIQUE. — PATHOGÉNIE. — On trouve dans les auteurs anciens des observations d'angine de poitrine confondues avec les dyspnées. Ce n'est qu'en 1768 et presque simultanément queRougnon (de Besançon) etHeberden, en Angleterre, décrivirent « cette maladie nouvelle et inconnue jusque là » : Heberden lui donna le nom d'angine de poitrine. Tous deux insistèrent sur les caractères des accès douloureux survenant sous l'influence de la marche et cessant par le repos. Tous deux aussi, avec des lésions variées, constatèrent, à l'autopsie de malades morts subitement pendant l'accès, la vacuité du ventricule gauche. De ce fait est née la théorie du spasme du cœur, proposée par Heberden, plus tard développée par Latham.
Les observateurs qui suivirent eurent à tâche de chercher la cause anatomique de ces accidents. En 1799, Parry la trouva dans l'athérome et le rétrécissement des artères coronaires, lésion déjà soupçonnée par Hunter et par Jenner. Mais c'est Kreysig (1816) qui eut le mérite d'en bien établir la fréquence et les conséquences. Se fondant sur sept autopsies, dont deux de Hunter et deux de Parry, Kreysig invoqua, comme cause des crises d'angine de poitrine, l'insuffisance de l'apport sanguin consécutive à la lésion des coronaires. « On comprend, disait-il, qu'un cœur ainsi lésé puisse fournir assez de