SÉMIOLOGIE. — TROUBLES DU RYTHME CARDIAQUE
de crises d'angine de poitrine, le souvenir en entretenant l'idée inconsciente et la sensation. Les malades s'en plaignent avec exagération et se font remarquer par une diminution et quelquefois une absence de volonté (Huchard). Rebelles à toute thérapeutique médicamenteuse, ils ne guérissent que par le rétablissement de l'équilibre psychique ou la mobilisation de l'image sensitive fixe (Blocq).
Douleurs provoquées 011 augmentées par la pression. — La pression des divers points de la région précordiale ne réveille aucune douleur dans la coronarite avec crises d'angine de poitrine vraie. Elle dénote au contraire une véritable hypereslhésie dans les pseudoangines par névrite et surtout névralgie, complétant ainsi la série des renseignements d'où découle le diagnostic différentiel entre l'angine de poitrine vraie et l'angine fausse.
Ce même mode d'exploration donne d'utiles indications dans les péricardites douloureuses, permettant de préciser le point de départ phrénique des douleurs; il accentue la douleur sourde et quelquefois insignifiante des péricardites simples et localisées qui, dans quelques cas, ne se manifeste que par le refoulement de bas en haut de la région épigastrique.
A part les péricardites et l'aortite, les maladies du cœur ne sont pas douloureuses par elles-mêmes. L'endocardite est une affection indolore, quand elle est isolée. La myocardite môme évolue le plus souvent sans douleur. Ce n'est pas que les malades qui en sont atteints ne se plaignent parfois de précordialgie. Mais, comme dans les cardiopathies valvulaires par endocardite chronique, c'est un phénomène inconstant, attribuable à la nervosité ou aux troubles dyspeptiques concomitants et non directement à la lésion cardiaque. Peter considérait la douleur à la pression des troisième, quatrième, cinquième et même sixième espaces inter-costaux comme un signe de myocardite. Ses conclusions n'ont pas été confirmées par Potain et Huchard: l'observation de chaque jour démontre que les cardiopathies les plus graves sont indolores, tandis que les précordialgies les plus pénibles ne dépendent d'aucune lésion du cœur.