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CANCER DE L'UTERUS. — DIAGNOSTIC

l'écoulement, la marche de la maladie et l'examen microscopique de produits retirés par la curette, assureront le diagnostic.

Sarcome diffus de la muqueuse. — Les phénomènes cliniques sont à peu près les mêmes que ceux auxquels donne lieu le cancer du corps de l'utérus : hémorragies, douleurs, leucorrhée. Les écoulements sont moins fétides au début, l'ulcération se fait plus tardivement. Mais ces détails ne suffiraient pas pour fixer le diagnostic.

L'âge des malades a plus d'importance. Ce sont presque toujours des jeunes femmes et même des jeunes filles qui sont atteintes de sarcome.

Dans les corps fibreux sarcomateux, les symptômes sont les mêmes que ceux des tumeurs fibreuses communes, puis les hémorragies deviennent continues, la leucorrhée prend un caractère fétide et la cachexie s'accentue, compliquée quelquefois de phénomènes d'infection.

L'existence de la tumeur étant reconnue, le diagnostic n'hésite guère qu'entre un sarcome, un corps fibreux sphacelé et un cancer de la muqueuse utérine. Au besoin, un curettage explorateur permettra de recourir au microscope pour juger la question.

Déciduonies inalius. — Ce sont des tumeurs de notion récente, qui apparaissent ordinairement à la suite de la grossesse, et semblent liées à des altérations spéciales de la caduque. Leur nature a été mise en évidence par Saenger (1), et, depuis, cette affection a été l'objet de nombreuses recherches, tant en France qu'à l'étranger : Nové-Josserand et Lacroix (2), Jeannel (3), Hartmann et Toupet (4), M. Cazin, et plus récemment Durante (5) l'ont étudiée à divers points de vue.

Le déciduome malin se présente généralement sous la forme de nodules mous, friables, envahissant le parenchyme utérin et faisant saillie à la fois du côté du péritoine et du côté de la muqueuse. Ces tumeurs se généralisent très rapidement, on les a trouvées dans les poumons (Chiari, Pfeiffer), dans le vagin, dans les ligaments larges, dans l'ovaire (Chiari), dans le diaphragme (Saenger).

La partie centrale de ces tumeurs est rouge, ramollie; elle est formée de vastes lacunes contenant du sang épanché.

La zone moyenne renferme des cellules polymorphes de volume variable, munies d'un gros noyau et séparées les unes des autres par une membrane très nette.

On trouve également, dans la couche moyenne, des cellules géantes spéciales qui, pour Durante, constituent l'élément caractéristique du

(1) Saenger, Soc. gyn. de Leipzig (Centralhl. fur Gynaekol., 1889).

(2) Nové-Josserand et Lacroix, Sur le déciduome malin (Ann. de gyn. et d'obst. 1894).

(3) Jeannel, Du déciduome malin (Congrès de Lyon, 1894).

(4) Hartmann et Toupet, Sarcome chorio-cellulaire (Ann. de gyn. et (Tobst., 1895).

(5) Durante, Anatomie pathologique du déciduome malin (Soc. d'obst. et gyn, de Paris, lévrier 1897).

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déciduome. Ce sont des masses irrégulières, à noyaux multiples, dont l'apparence polymorphe échappe à toute description. Ces masses plasmodiales, d'après Durante, se rencontrent dans toutes les déterminations métastatiques du déciduome.

On n'est pas encore parfaitement fixé sur la nature exacte de cette affection. Certains auteurs en font un sarcome (Ruge, Saenger, Gottschalk), d'autres un carcinome (carcinoma syncytiale uleri (Kossmann), et d'autres un épithélioma (Marchand, Pozzi, Durante, etc.). Durante le considère, dans tous les cas, comme un épithélioma ectoplacenlaire, reconnaissant toujours pour cause une grossesse récente, ne fût-elle que de quelques semaines. Cette opinion n'est pas, d'ailleurs, acceptée sans réserves (Doléris).

L'hémorragie est en général la première manifestation de cette maladie. Elle est persistante, très intense et résiste au curettage. L'utérus augmente progressivement de volume, et le doigt introduit dans sa cavité, après dilatation, peut reconnaître la tumeur et en ramener des fragments.

Il n'est pas toujours facile de saisir cliniquement les rapports qui existent entre le déciduome et l'accouchement, car la maladie peut débuter un certain temps après les couches, sans que l'attention ait été appelée sur une altération de l'utérus.

Mais dès que les premiers symptômes se sont déclarés, l'affection a une marche assez rapide : on voit survenir de nouvelles localisations de déciduome sur le vagin, dans les poumons où elles se révèlent par de la dyspnée, par des hémoptysies, par des épanchements pleuraux, puis des écoulements fétides annoncent une infection sura- :.outée, et les malades succombent dans un délai de six à sept mois.

Le pronostic est d'autant plus grave que le déciduome n'est pas amélioré par le curettage et qu'on a observé des récidives même après l'hystérectomie.

TRAITEMENT. — Le traitement médical du cancer ne saurait avoir d'autre prétention que de calmer les douleurs, de relever l'état général des malades, et d'atténuer, dans une faible mesure, quelques accidents de cette grave affection. Des injections antiseptiques au permanganate de potasse, au lysol ou à la créoline, des pansements avec des poudres ou des pâtes antiseptiques, minutieusement pratiqués, atténuent l'abondance et la fétidité des écoulements, mais rien ne peut enrayer l'évolution du mal.

Les caustiques chimiques ou physiques ne doivent être employés que comme des moyens palliatifs, lorsque l'extension du cancer aux organes voisins ne permet plus l'intervention radicale. Des cautérisations faites avec le chlorure de zinc à 2 p. 3, avec le fer rouge, le curettage, peuvent diminuer les hémorragies en détruisant les fongosités. Le fer rouge, le perchlorure de fer, le salol uni à l'anti-

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