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CANCER DE L'UTÉRUS. — SYMPTOMAÏOLOGIE

Dans certains cas, il est vrai, les femmes conservent encore assez longtemps les apparences de la santé.

Bientôt les symptômes s'accentuent : l'hémorragie augmente de fréquence et d'intensité, l'écoulement leucorrhéique est rosé, roussâtre, contenant quelquefois des débris épithéliaux sanguinolents. Il exhale une odeur extrêmement fétide. Les douleurs augmentent et s'étendent, à mesure que les lésions progressent. Le toucher permet, mieux que la vue (Pozzi), de suivre le développement du néoplasme. On sent non seulement les nodules, les papillomes, les ulcérations, mais les plaques indurées par lesquelles le cancer se révèle dans les organes voisins. Dans quelques cas, la tumeur est étalée au fond du vagin comme un gros champignon bourgeonnant. Dans d'autres cas on perçoit une ulcération en entonnoir, dont les bords durs se confondent avec la paroi vaginale, en arrière, et la vessie, en avant.

En même temps s'accentuent les troubles digestifs, perte de l'appétit, constipation, et apparaît la teinte jaune-paille, caractéristique de la cachexie cancéreuse, qui s'accompagne d'une sécheresse par ticulière de la peau.

A mesure que les néoplasmes atteignent les divers organes et les nerfs du bassin, les douleurs sont plus vives : il survient de la cystite, des troubles du côté du rectum, des névralgies violentes et réfractaires à tous les traitements, des thromboses veineuses, etc. Fréquemment l'envahissement des uretères provoque l'hydronéphrose et l'urémie.

Mais, à côté des accidents causés par la compression, il faut signaler ceux qui sont produits par les ulcérations. Les hémorragies prennent quelquefois une intensité extraordinaire ; elles ne sont plus liées à la congestion, comme au début; elles résultent de l'ulcération des vaisseaux sanguins : elles offrent, à ce propos, une certaine analogie avec ce qui se passe dans la tuberculose pulmonaire. Quand les lésions sont très avancées, elles donnent lieu à d'affreux délabrements : les tumeurs ulcérées font communiquer le rectum et la vessie avec le vagin, qui se trouve transformé en un abominable cloaque. Plus rarement le cancer se généralise et envahit divers organes.

La mort peut être la conséquence d'hémorragies, d'embolies consécutives aux oblitérations veineuses, de septicémie, de péritonite et surtout d'urémie, etc.

Cancer du corps. — L'hémorragie est encore ici le premier symptôme apparent ; la leucorrhée suit de près. L'écoulement de sang peut être assez abondant dès le début, et lorsqu'il cesse il est remplacé par des pertes blanches, parfois très abondantes, pouvant aboutir à Thydrorrhée, comme le flux qui accompagne les corps fibreux. Le liquide de la leucorrhée est roussâtrc et fétide, comme celui qui vient du col, mais il est plus fluide.

A ces symptômes il faut ajouter la douleur et l'augmentation de volume de l'utérus. La douleur est plus précoce et plus intense que dans les néoplasmes du col. Elle ressemble à celle de la métrite et donne lieu aux mêmes irradiations dans les lombes, mais avec ane sensation plus pénible de pesanteur à l'hypogastre et dans la région périnéale; la douleur est d'ailleurs un signe important de la propagation des affections du col au corps utérin. L'augmentation de volume de l'utérus porte à la fois sur ses parois et sur sa cavité.

Le toucher ne révèle aucun signe particulier : le col est indemne, mais il est le plus souvent entre-bâillé, et permet quelquefois de sentir les fongosités au delà de son orifice interne.

La cachexie se produit plus rapidement que dans le cancer du col : le danger des hémorragies et de la péritonite est plus accusé, mais l'urémie est moins fréquente.

A la longue, l'utérus est enclavé, immobilisé dans le péritoine voisin, épaissi et cancéreux, et le néoplasme peut s'étendre ainsi à la vessie et au rectum, mais moins fatalement que dans le cancer du col.

DIAGNOSTIC. — Cancer du col. — Il est surtout confondu avec des métrites chroniques d'origine puerpérale, dans lesquelles le col épaissi, sclérosé, kystique, donne au doigt la sensation de bosselures, que l'on prend pour des nodules cancéreux. L'écoulement leucorrhéique exhale une certaine odeur dans ces conditions, mais il n'a jamais la fétidité particulière du cancer, pas plus que les gros cols kystiques n'ont l'apparence de tumeurs cancéreuses. L'utérus reste mobile, tandis qu'il est assez promptement fixé dans le cancer. En cas de doute, on excisera un fragment du col pour en faire l'examen histologique, le diagnostic précoce du cancer pouvant assurer le succès d'une opération. D'ailleurs, quand il y a doute, ainsi que l'enseignait Gallard, ce n'est généralement pas le cancer qui est en cause.

Les papillomes bénins, observés sur le col au cours de la vaginite, n'ont ni l'aspect, ni la consistance des productions cancéreuses.

Les petits my ornes interstitiels du col sont moins adhérents à la muqueuse (Spiegelberg), les polypes muqueux ou fibreux ne donnent pas lieu à un écoulement aussi fétide que le cancer. Ils n'ont pas la dureté des masses cancéreuses, et la dilatation de l'utérus, en permettant de constater leur origine, lèvera toute incertitude.

Certains myxosarcomes et adéno-myxomes du col ne peuvent guère être distingués du cancer que par l'exubérance de leurs végétations et par l'examen histologique ; ce sont d'ailleurs des lésions rares.

Cancer du corps. — Le cancer primitif du corps peut être confondu surtout avec la métrite chronique et les corps fibreux interstitiels. Mais l'apparence cachectique des malades, l'odeur de

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