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CANCER DE LA VÉSICULE BILIAIRE

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Le cancer de la vésicule est très souvent primitif. Il présente un aspect macroscopique variable suivant les cas : tantôt c'est une tumeur fongueuse (encéphaloïde), plus ou moins développée, remplissant complètement ou incomplètement la vésicule et s'implantant sur la paroi par une base large ou pédiculée; tantôt c'est une infiltration totale ou partielle des parois vésiculaires, soit par un tissu squirreux qui les épaissit, les indure et les rétracte en intéressant peu la muqueuse, soit plus fréquemment par un tissu colloïde à suc laiteux.

La cavité de la vésicule est tantôt accrue, ce qui est le plus fréquent, tantôt diminuée. Elle renferme le plus souvent un liquide louche, incolore, quelquefois une bile épaisse, avec, dans quelques cas, des fragments détachés de la tumeur, enfin d'une façon extraordinairement fréquente des calculs biliaires.

La vésicule ouverte, on aperçoit la surface du néoplasme, inégale, bourgeonnante, ulcérée ; comme dans la vessie, le cancer revêt souvent ici la forme villeuse (cancer villeux de Frerichs) ; « le tissu cancéreux est formé d'excroissances allongées, arborescentes ou renflées en massue ». La néoproduction prend l'aspect d'un chou-fleur.

Il ne s'agit point là, ainsi que le fait remarquer M. Denucé (2), d'une forme spéciale du cancer biliaire ; tous les néoplasmes de la vésicule peuvent revêtir la forme villeuse.

Les ulcérations du tissu morbide sont parfois profondes ; elles aboutissent dans quelques cas à la perforation de la vésicule avec toutes ses conséquences.

Souvent la tumeur se prolonge dans le canal cystique et dans le cholédoque, dont elle envahit la paroi : il en résulte une occlusion plus ou moins complète de ces conduits.

L'examen des ganglions lymphatiques de la région montre qu'ils sont profondément atteints.

La propagation du cancer de la vésicule au foie et aux organes voisins est fréquente. Dans le foie cette propagation se présente sous ia forme d'une zone ncoplasique parfois très considérable (Hanot et

(1 Hanot et Gilbert, Études sur les maladies du foie. Paris, 1888, p. 66. (2) Maurice Denucé, Tumeurs et calculs de la vésicule biliaire. Th. d'agrégation, 1886, p 14.

Gilbert, Lancereaux). C'est un véritable cancer massif secondaire, avec, dans quelques cas, des nodules périphériques disséminés, et contrastant par son volume avec la néoplasie vésiculaire primitive, souvent minime. La confusion avec le cancer massif primitif serait possible si on négligeait d'examiner la vésicule.

Le côlon, le duodénum, le pancréas, l'estomac peuvent être également envahis ; la péritonite cancéreuse est fréquente ; elle détermine souvent un peu d'ascite. En dehors de l'envahissement néoplasique de la séreuse, il faut noter aussi la péritonite partielle adhésive qui est la première condition de la propagation par contiguïté du cancer biliaire aux organes voisins.

On a observé quelques cas de métastases cancéreuses dans les organes éloignés, poumons, cœur (Cornil, Rouffart) (1), mais elles sont très rares.

Au point de vue histologique, les cancers primitifs de la vésicule sont soit des épithéliomas cylindriques, soit des carcinomes.

Le cancer de la vésicule peut être secondaire ; l'envahissement se fait soit par contiguïté soit par métastase. Dans le premier cas la tumeur primitive siège sur un organe voisin, foie, estomac, duodénum, pancréas, côlon; des adhérences s'établissent, le néoplasme infiltre les parois biliaires ; des nodules ulcérés, des fongosités remplissent la vésicule et obturent les canaux. Dans le second cas, des nodules se développent dans la paroi, se fusionnent et produisent également dans la cavité vésiculaire des fongosités ulcérées.

Le cancer biliaire secondaire présente les mêmes caractères que la néoplasie d'origine. Il s'agit ordinairement d'épithélioma ou de carcinome, bien plus rarement de sarcome.

Qu'il soit primitif ou secondaire, le cancer des voies biliaires détermine toujours l'infection ascendante de ces voies; aussi observe- t-on sous toutes leurs variétés les lésions de l'angiocholécystite.

ETIOLOGIE. — Le cancer des voies biliaires est le plus souvent primitif. Il se développe ordinairement dans l'âge adulte ou dans la vieillesse. L'hérédité ne semble jouer aucun rôle dans cette localisation primitive particulière. Deux faits surtout, au milieu des données étiologiques banales, méritent d'être mis en relief : c'est d'une part la fréquence du cancer biliaire chez la femme, et d'autre part sa coïncidence presque constante avec la lithiase.

Certains auteurs (von Schûppel, Rendu, Chauffard, Stiller, Futterer, etc.), pensent que la lithiase préexiste au cancer et que c'est à l'irritation produite par la présence des calculs qu'il faut attribuer la localisation néoplasique sur la vésicule. Or, l'on sait la fréquence de la lithiase chez la femme ; la pression exercée par le corset augmen-

(1) Rouffart, Cancer primitif de la vésicule biliaire (Presse médicale belge, Bruxelles, XLV, p. 265).

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