C. tuberculeuses
cVoy. Adénocarccr aver ) cirrhose.
CIRRHOSES SIMPLES.
Les cirrhoses simples, par lesquelles nous commencerons cette étude, correspondent aux formes étudiées d'abord et sont celles qui s'observent le plus souvent. Ce groupe, primitivement formé de la seule cirrhose alcoolique atrophique, s'est accru dans ces dernières années par l'adjonction d'un certain nombre de types nouveaux.
Les cirrhoses simples se distinguent essentiellement en toxiques et infectieuses. Une place cependant doit être réservée dans cette catégorie à la cirrhose d'ordre mécanique, que peut entraîner la congestion passive du foie liée aux cardiopathies.
CIRRHOSES TOXIQUES.
Les cirrhoses simples toxiques se divisent en deux grands groupes, selon leur étiologie. Les unes sont dues à des poisons puisés au dehors, les autres à des poisons puisés dans l'organisme même. Ces dernières, dont la connaissance est moins avancée, nous retiendront d'abord.
CIRRHOSES PAR AUTO-INTOXICATION. — Elles ont été signalées dans la dyspepsie, la goutte, le diabète. Celle qui est le mieux étudiée, à l'heure actuelle, est la cirrhose dyspeptique.
CIRRHOSE DYSPEPTIQUE.
Il n'y a jusqu'à présent qu'une seule variété de cirrhose dyspeptique suffisamment décrite, mais il est possible que dans un avenir plus ou moins rapproché d'autres espèces viennent s'adjoindre à celle-là. Le mot dyspepsie, dans ce cas particulier, est pris dans son acception la plus large de troubles fonctionnels du tube gastrointestinal.
La fréquence des troubles hépatiques dans les affections de l'estomac et de l'intestin a été signalée par quelques auteurs anciens; leur importance n'a été véritablement comprise que depuis les travaux de M. Bouchard sur les phénomènes d'auto-intoxication d'origine gastro-intestinale, et ceux de Héger, de Schiff, de M. Roger sur le rôle d'arrêt du foie vis-à-vis des poisons.
Le premier phénomène signalé du côté du foie paraît avoir été la congestion ; Portai, Casimir Broussais, puisAndral, Budd, signalent des indurations hypertrophiques de l'organe ; Leven s'occupe aussi de l'état du foie des dyspeptiques; puis paraissent les recherches systématiques du professeur Bouchard sur l'état du foie chez
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les malades atteints de dilatation stomacale (1) ; enfin, tout récemment, Hanot et M. Boix décrivent une véritable cirrhose dyspeptique (2).
Jusqu'à présent, il est impossible de dire quels sont les troubles dyspeptiques qui s'accompagnent plus volontiers de cirrhose. La pathologie expérimentale, en montrant un grand nombre d'agents cirrhogènes parmi les produits des fermentations gastro-intestinales anormales, n'a pas élucidé la question.
La forme isolée par Hanot et M. Boix se présente, au point de vue symptomatologique, comme une hypertrophie indolore et progressive du foie, pouvant donner chez l'adulte une matité verticale de 20 et 25 centimètres sur la ligne mamelonnaire. Le foie est lisse, et surtout remarquablement dur. Il n'y a pas d'ascite, pas de circulation veineuse abdominale, pas d'ictère, à peine une coloration jaunâtre spéciale des téguments. Les urines sont le plus souvent normales; elles peuvent cependant contenir de Turobiline, parfois de l'albumine en plus ou moins grande quantité, jamais de sucre; les troubles fonctionnels sont peu accusés et surtout en rapport avec la dyspepsie concomitante. De temps en temps on pourrait observer des poussées passagères d'embarras gastrique accompagnées d'un léger degré d'insuffisance hépatique.
La terminaison pourrait se faire soit par suite de l'établissement terminal des phénomènes habituels de la cirrhose vulgaire, alcoolique, soit par des hémorragies profuses ; la marche de l'affection est en tout cas très longue, et certains malades ont pu être suivis sans aggravation très notable de leur état pendant six et sept ans. D'après une observation de Kutref, certains faits de cirrhose affectant tous les caractères de la maladie de Laënnec et sans étiologie alcoolique seraient aussi d'origine dyspeptique.
Les lésions du foie dyspeptique sont rapportées par Hanot et M. Boix à une sclérose porto-biliaire n'envahissant qu'assez rarement les régions sus-hépatiques; les îlots de tissu scléreux s'insinuent à la périphérie du lobule entre les rangées des cellules hépatiques, de façon à écarter les séries trabéculaires les unes des autres ; quelques cellules sont même dissociées par le tissu fibreux, de sorte qu'en définitive, il s'agit d'une hépatite interstitielle diffuse généralisée, à tendance monocellulaire. On trouve à la périphérie du lobule quelques cellules infiltrées de graisse, mais ce processus est extrêmement réduit, ce qui est en rapport avec la bénignité et la longue durée de l'affection.
(1) Dans des chiffres communiqués par le professeur Bouchard à M. Boix, nous voyons que, sur une statistique de 652 gros foies, 309 existaient chez des malades dyspeptiques dont 240 étaient gastrectasiques. M. Hayem considère aussi les gastropathies comme jouant un rôle important dans la genèse des maladies du foie.
(2) Hanot et Boix, Congrès de Rome, et Boix, Le foie des dyspeptiques. Th. de Paris, 1895.
Le diagnostic de la cirrhose dyspeptique se posera donc avec les diverses hypertrophies indolores du foie ; il ne pourra guère se faire que par exclusion, et surtout en l'absence de tout autre élément étiologique nettement déterminé.
CIRRHOSE DIABÉTIQUE.
L'état du foie chez les diabétiques est encore mal connu. D'après certains médecins, parmi lesquels MM. Glénard (1) et Frémont (2) (de Vichy), cetorgane est, au pointdevueclinique, touché dans 34,5 p. 100 des cas, d'après le premier auteur, dans 43,8 p. 100 des cas d'après le second, si l'on juge du moins de cette atteinte par les résultats de l'examen physique qui permettrait de constater de la sensibilité, de la dureté et de l'hypertrophie de l'organe. Pour M. Lancereaux (3), le foie, toujours augmenté de volume dans le diabète nerveux, le serait quelquefois dans le diabète pancréatique. Mais M. Triboulet(4) fait remarquer avec juste raison que l'examen chimique des fonctions du foie n'ayant pas été fait, il reste bien des desiderata dans nos connaissances à cet égard.
Ces lacunes sont d'autant plus regrettables que l'anatomie pathologique du foie diabétique est elle-même fort incomplète et qu'il est difficile déjuger, dans ces conditions, de ce qui revient à la cirrhose ou à d'autres processus dans ces hypertrophies cliniquement constatées et au reste si peu riches en symptômes. Pourtant, on a rencontré chez les diabétiques des hépatites interstitielles chroniques atrophiques ou hypertrophiques, mais jusqu'à présent il ne paraît pas démontré que ces lésions soient véritablement d'essence diabétique et ne soient dues simplement à l'intervention des boissons alcooliques dont abusent tant de diabétiques.
Dans un travail important, Ferraro (5) a signalé chez cinq diabétiques des lésions nécrosantes et des îlots de sclérose qui ne paraissent pas avoir eu d'importance clinique, ne sont peut-être pas uniquement le fait du diabète, mais peut-être attribuables à l'intervention des infections aiguës auxquelles ont succombé les malades dont il a examiné les organes.
En somme, d'après les auteurs, l'hypertrophie simple du foie, due à l'hypertrophie de ses éléments, la cirrhose hypertrophique et la cirrhose atrophique pourraient se rencontrer chez les diabétiques, mais sans se distinguer en rien jusqu'ici de ce qu'elles sont chez les alcooliques. Par contre, l'intervention du diabète paraît plus réelle dans une
(1) F. Glénard, Des résultats objectifs de l'exploration du foie chez les diabétiques {Lyon médical, 1890).
(2) V. Frémont, Du diabète. Paris, Masson, 1891.
(3) Lancereaux, Du diabète {Gaz. des hôp., 1895).
(4) II. TRinouLET, Le foie chez les diabétiques {Arch. de med., 1896, p. 133).
(5) Ferraro, Achr. ital. de biol., t. IV. Turin, 1883, p. 145.
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variété de cirrhose compliquée que nous décrirons plus loin, le diabète bronzé.
CIRRHOSE GOUTTEUSE.
Les réflexions faites à propos du diabète peuvent s'appliquer à la goutte.
Cliniquement. l'on sait que, dans la goutte, le foie est souvent le siège d'augmentations de volume passagères ou permanentes, et ces dernières sont en partie rattachées par certains auteurs, parmi lesquels Murchison (1), M. Rendu (2), à une cirrhose sans ascite ni circulation complémentaire abdominale, mais avec un foie gros, lisse et dur, analogue à celui qui a été décrit chez les dyspeptiques.
CIRRHOSES PAR HÉTÉRO-INTOXICATION. — Ces cirrhoses forment un groupe plus compact et mieux connu que le précédent, mais dont les différents types sont d'importance fort inégale.
CIRRHOSE MITYLOTOXIQUE.
La cirrhose mitylotoxique, dont Segers (3) a signalé l'existence, serait consécutive à l'ingestion prolongée de grandes quantités de moules. Cet auteur l'aurait observée chez des indigènes de la Terre de Feu, qui se nourrissent presque exclusivement de moules, et en ingèrent jusqu'à 5 et 10 kilos par jour. D'abord hypertrophique, et accompagnée d'ictère, cette cirrhose s'accompagnerait ensuite d'atrophie du foie, et se terminerait par les signes de l'insuffisance hépatique et surtout par hémorragie.
CIRRHOSE SATURNINE.
La cirrhose saturnine est admise par le professeur Potain (4), M. Laffitte (5), comme devant expliquer chez l'homme un certain nombre de cas de cirrhoses du type de Laënnec, pour lesquels l'étiologie alcoolique semble mal établie. En réalité, les observations rassemblées jusqu'à ce jour (6) ne sont pas suffisamment probantes pour entraîner une conviction absolue; mais, au point de vue expéri-
(1) Murchison, Leçons cliniques sur les maladies du foie, traduction française de Jules Cyr. Paris, 1878, p. 291 et 579.
(2) Rendu, Art. Goutte du Dict. encyclop. des sciences méd.
(3) Segers, De l'intoxication par les moules comme cause de la cirrhose du foie chez les Fuégiens [Sem. méd., 1891, p. 448).
(4) Potain, De l'atrophie du foie dans l'intoxication saturnine (Sem. méd., 1888, p. 230).
(5) A. Laffitte, L'intoxication alcoolique expérimentale et la cirrhose de Laënnec. Th. de Paris, 1892.
(6) Voy. à cet égard Charpentier, De la cirrhose saturnine. Th. de Paris, 189ù, et II Fialon, Cirrhose du foie d'origine saturnine. Th. de Paris, 1897.
mental, le rôle cirrhogène du plomb a été mis hors de doute par les expériences de M. Laffitte. En tout cas, il y a là une direction à donner à l'enquête étiologique dans les cas où l'alcoolisme est douteux.
La cirrhose saturnine ne se différencie en rien de la maladie de Laënnec ; nous ne la décrirons pas séparément.
CIRRHOSES ALCOOLIQUES.
ï. — CIRRHOSE ALCOOLIQUE ATROPHIQUE