‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 88 sur 205 · SYPHILIS DU FOIE · texte numérisé non relu

SYPHILIS DU FOIE

hépatique précoce qui s'observe dès la période secondaire est la plus rare.

Toutes les causes susceptibles d'altérer le fonctionnement ou la texture du foie passent pour être capables déjouer vis-à-vis de la syphilis hépatique le rôle de causes prédisposantes, application de cette loi générale qui localise les germes pathogènes dans les endroits de moindre résistance. On a signalé à cet égard le rôle des intoxications, particulièrement de l'alcoolique, des infections hépatiques antécédentes, ictère, lithiase biliaire, des infections générales (paludisme), des émotions violentes (Talamon) Les syphilis mal soignées semblent les plus fécondes en accidents hépatiques. C'est probablement à la plus grande fréquence des intoxications et des infections chez lui que l'homme doit d'être, d'une façon générale, frappé plus souvent que la femme (exception faite pour l'ictère grave spécifique).

Les médecins de la fin du xve et du commencement du xvie siècle, imbus des idées de Galien sur l'importance fonctionnelle du foie, lui attribuaient un grand rôle dans la genèse de la syphilis. Tour à tour admises et rejetées depuis lors pour des raisons également théoriques, les lésions du foie ne furent guère mises hors de doute que par les médecins de ce siècle.

Rayer (1835) mit en lumière la coïncidence fréquente de la néphrite albumineuse et des lésions du foie chez les syphilitiques, observation qui se rapporte à l'amylose spécifique. Ricord en 1839 découvrit les gommes du foie, et en 1849 Dittrich de Prague publiait un travail mémorable, base de nos connaissances actuelles, sur la syphilis hépatique de l'adulte. Gubler, de 1847 à 1852, découvrait les lésions de la syphilis héréditaire précoce. Quant à celles de la syphilis héréditaire tardive, il faut citer parmi les auteurs qui les ont observées les premiers et attribuées à leur véritable cause : Dittrich (1849 et 1850), Leudet (1866), Lancereaux (1866), Hutchinson, travaux résumés dans un important mémoire de M. Barthélémy (1).

Citons à la suite des auteurs précédents, parmi les médecins qui, soit au point de vue clinique, soit au point de vue anatomique, ont le plus ajouté à nos connaissances sur la syphilis hépatique, les noms de Luton, Virchow, Wagner, Bœrensprung, Frerichs, WilkSj Hérard, Cornil etRanvier, Malassez, Lacombe, de Lavarenne, Rendu, Fournier, Mauriac, Hutinel et Hudelo, Senator, Talamon.

Au point de vue clinique, les lésions syphilitiques du foie peuvent être latentes et se révéler à l'autopsie seulement, comme les gommes isolées, ou au contraire affecter des formes symptomatiques reconnaissables, les unes aiguës, comme l'ictère simple et l'ictère grave, les autres chroniques, comme les cirrhoses syphilitiques de L'adulte et du nouveau-né ou l'amylose.

(1) M. BAnTiiÛLEMY, Arch. de méd., 1 S 8 i .

Au point de vue anatomique, la syphilis peutdéterminer dans le foie, soit des lésions hislologiquement spécifiques, comme les gommes, soit des lésions, non histologiquement, mais seulement palhogéniquement spécifiques comme la cirrhose, la dégénérescence amyloïde, la nécrobiose ; pourtant il est rare que la gomme ne vienne pas se mêler aux autres lésions et permettre à l'examen anatomique un diagnostic précis.

L'atrophie simple des cellules hépatiques, leur dégénérescence graisseuse et surtout amyloïde peuvent se rencontrer dans l'hépatosyphilose; mais ne méritent pas de description à part, après ce qui en a été dit au chapitre des lésions parenchymateuses.

Nous ne décrirons ici que les gommes du foie, les ictères syphilitiques et les cirrhoses syphilitiques.

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