‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 89 sur 205 · GOMMES DU FOIE · texte numérisé non relu

GOMMES DU FOIE

En dehors de l'ictère simple et de l'ictère grave, les lésions syphilitiques du foie se rapportent essentiellement à deux processus élémentaires, la sclérose et la gomme, qui peuvent se rencontrer isolément, mais le plus souvent s'associent entre eux, de façon à donner naissance à un processus scléro-gommeux, auquel vient souvent s'ajouter de la dégénérescence amyloïde. Pourtant, dans la syphilis acquise, comme dans la syphilis héréditaire, la gomme peut se rencontrer isolée et son importance au point de vue du diagnostic anatomique est telle qu'il est naturel de commencer par son étude l'exposé de la syphilose hépatique.

Au point de vue anatomique, les gommes ne présentent dans le foie rien qui soit nettement spécial à cet organe. Elles ont ordinairement une forme arrondie ou polycyclique lorsqu'elles sont coalescentes. Leur volume varie de celui d'un grain de millet à celui d'un pois, d'une noix ou même d'un œuf; seules les gommes isolées arrivent à ces dimensions considérables. D'ordinaire les gommes sont irrégulièrement disséminées dans le parenchyme; d'autres fois elles se réunissent en groupes formés de quatre ou cinq éléments. A côté des gommes précédentes, visibles à l'œil nu, on trouve, particulièrement dans la syphilis héréditaire, des gommes plus petites, parfois difficilement perceptibles, mais qu'on peut mettre en évidence en faisant subir au tissu une immersion de quelques heures dans l'alcool. Les gommes ont généralement une consistance ferme, élastique, et présentent, à la coupe, une surface sèche, brillante, sauf dans les cas où elles sont caséifiées et ramollies. Leur coloration, grisâtre au début, devient ensuite blanche ou jaunâtre; elles sont généralement limitées par une membrane fibreuse, irrégulièrement circulaire; elles peuvent s'enkyster, se calcifier même.

Dans la forme gommeuse pure, qui est de beaucoup la plus rare,

Page 1