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MÉNINGITES AIGUËS

Le processus inflammatoire dans les méningites aiguës est souvent étendu aux diverses méninges, et l'axe spinal est lui-même fréquemment intéressé ; mais les lésions peuvent être limitées à l'une ou l'autre des membranes, constituant la pachyméningite, inflammation de la dure-mère, et la leptoméningite, inflammation de l'arachnoïde et de la pie-mère. — La méningo-myélite mérite également une mention spéciale.

ETIOLOGIE. — Leptoméningite. — Les causes de cette méningite sont des plus nombreuses. Elle peut se produire sous l'influence d'un traumatisme de la région de la colonne vertébrale, ou consécutivement à un abcès, une tumeur de la paroi, une plaie septique. Les escarres du sacrum, des fesses, engendrent fréquemment ces méningites suppurées. Les maladies infectieuses générâtes présentent souvent des localisations méningées: la pneumonie, la fièvre typhoïde, l'infection purulente, l'érysipèle, la scarlatine, l'endocardite ulcéreuse ont été particulièrement mis en cause, mais bien d'autres maladies de nature microbienne peuvent être compliquées de méningite : nous retiendrons surtout les suppurations pulmonaires, bronchites aiguës, bronchites fétides, gangrènes pulmonaires, les pleurésies purulentes ; les otites moyennes suppurées, les ostéomyélites, les phlegmons infectieux.

La méningite tuberculeuse spinale aiguë a été observée dans la granulie, ou à la suite d'ouverture d'abcès d'origine osseuse dans la cavité arachnoïdienne.

Le froid, le surmenage, les efforts musculaires ne jouent point d'autre rôle que celui de cause prédisposante. — On admet que la maladie s'observe plutôt chez les individus jeunes et particulièrement du sexe masculin.

Les agents véritablement nécessaires de la méningite aiguë sont

les divers microbes pyogènes. — Nous ne les énumérerons pas ; nous rappellerons seulement le rôle prépondérant du streptocoque et du pneumocoque et des agents de la gangrène, particulièrement des anaérobies.

Pachyméningites . — Les pachyméningites se développent à la suite de suppurations de la région vertébrale : abcès, pleurésie purulente, gangrène pulmonaire, caries costales ; psoïtis, angines de Ludwig (Leyden et Golscheider), hématomes suppures des muscles prévertébraux, traumatismes et plaies suppurantes des régions sacrée et lombaire.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Dans la pachy méningite, les

lésions du tissu cellulaire compris entre la dure-mère et le canal rachidien sont souvent les premières en date. Il est rare que cette péripachy méningite purulente aiguë soit très étendue ; toutefois Strùmpell a vu un abcès du tissu cellulaire du bassin, au cours d'une pyohémie puerpérale, fuser à travers les trous de conjugaison de la région lombo-sacrée, à la surface delà dure-mère jusqu'à la région cervicale. La méninge est d'abord enflammée à sa surface externe, puis elle devient plus épaisse et la face interne se prend à son tour; sa surface est congestionnée, vascularisée, recouverte d'un exsudât séro-fibrineux. — Quand l'inflammation est plus intense et aboutit à la suppuration, les méninges internes s'altèrent à leur tour.

Leptoméningite. — Que ses lésions soient primitives ou secondaires, la pie-mère présente d'abord une vascularisation et une dilatation capillaire intenses. Elle perd sa transparence, et les espaces sousarachnoïdiens sont distendus par une sérosité claire, puis louche, enfin véritablement purulente.

L'arachnoïde est épaissie, recouverte d'un exsudai fibrineux ou d'une couche pseudo-membraneuse ; sa cavité est remplie d'un liquide louche, floconneux, quelquefois absolument purulent.

Le pus est d'ailleurs concrète sur les parties postérieures de la moelle, le long des racines qui sont engainées souvent parles fausses membranes fibrino-leucocytiques. Des adhérences se constituent entre les deux feuillets de la cavité. Nous avons déjà insisté sur la localisation élective des lésions sur les parties postérieures de l'axe spinal. Celui-ci peut être altéré sur toute son étendue, particulièrement dans les méningites cérébro-spinales. Toutefois, la région du renflement cervical et celle du renflement lombaire sontlesiègede lésions toujours plus développées. Dans les méningites secondaires aux suppurations de la tête ou du cou, ou aux méningites de la base du cerveau, la région cervicale peut être seule malade.

Dans la méningite des escarres, l'inflammation se propage au contraire peu à peu de bas en haut, et elle reste souvent limitée. La dure-mère, presque mise à nu parfois, a une coloration noir verdàtre ;

elle est ramollie par le sphacèle, baigne dans un pusichoreux, fétide, mal lié. La pie-mère est entourée du môme exsudât sanieux. Quand les lésions du tissu cellulaire sont moins profondes, la dure-mère peut être respectée, et les lésions sont constituées seulement par un exsudât purulent remplissant les espaces sous-arachnoïdiens et entourant les racines.

Méningo-myélite. — Dans la plupart des méningites et surtout des leptoméningites, les parties superficielles de la moelle sont altérées. Cette myélite périphérique est habituellement légère, et est caractérisée par la multiplication des cellules névrogliques, par une leucocytose dans les régions marginales plus ou moins marquée, par la dilatation des capillaires en rapport avec un processus diapédétique à des stades divers. Si ces altérations vasculaires sont plus intenses, si l'inflammation atteint un degré plus élevé, on constate l'existence d'une véritable myélite localisée à la périphérie de la moelle, myélite marginale ou diffuse.

Ces foyers de myélite marginale sont caractérisés par la congestion diapédétique plus intense, le ramollissement de la substance blanche et des lésions artérielles et capillaires pouvant déterminer des thromboses.

Les foyers de myélite diffuse sont absolument analogues à ceux décrits dans les myélites infectieuses ; on y constate l'existence de petits foyers d'hémorragie ou de ramollissement, des thromboartérites, une prolifération névroglique et leucocytique intense et des altérations cellulaires variables.

Si l'évolution des lésions est lente, ces foyers sont constitués surtout par une prolifération névroglique qui tend à l'organisation scléreuse. Dans la substance blanche, les cylindraxes se dépouillent de leur myéline, se gonflent ou s'atrophient ; les artérioles qu'on trouve généralement au niveau de ces îlots sont engainées par un manchon leucocytique ; la substance grise ne présente que des altérations cellulaires ; on n'observe pas, en général, les ramollissements hémorragiques constatés dans les méningo-myélites aiguës.

Enfin, comme nous l'avons pu voir dans un cas de méningomyélite subaiguë, ces îlots de sclérose embryonnaire n'engendrent pas ou peu de dégénérescence des cordons nerveux qui les traversent. Les caractères histologiques de ces myélites subaiguës présentent quelques analogies avec ceux de la sclérose multiloculaire des centres nerveux ou sclérose en plaques, dans laquelle les lésions méningées sont, il est vrai, trèsréduites etdontles caractères différents sont expliqués par la longue durée de la maladie.

Les méningo-myélites s'observent surtout à la région lombaire ; elles peuvent occuper toute la hauteur de la moelle, en présentant un maximum de lésions au niveau du renflement cervical et du renflement lombaire. La région périépendymaire est une des

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