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TUMEURS DU CERVELET. — EVOLUTION. — PRONOSTIC

méninges, du cerveau ou des autres organes viennent compliquer et obscurcir le tableau clinique par leurs divers symptômes.

La sensation de battements localisés profondément au niveau de la région occipitale, chez un sujet artérioscléreux, la constatation de paralysies isolées de certains nerfs crâniens feront incliner pour le diagnostic d'anévrysme d'une artère cérébelleuse. Il ne pourra être question de kyste hydatique que si d'autres tumeurs de môme nature avaient été constatées chez le malade.

Le plus souvent, c'est à l'hypothèse de tumeur maligne (gliome, sarcome, glio-sarcome) que l'on sera en droit de s'arrêter, la tuberculose et la syphilis étant mises hors de cause. Nous savons que l'âge du sujet est indifférent en pareil cas, ces diverses tumeurs ayant été rencontrées chez les enfants comme chez l'adulte; le développement progressif de la maladie, l'apparition successive de symptômes nouveaux de compression, trahissant l'envahissement continu du cervelet et des organes voisins par la tumeur, justifieront, les autres causes éliminées, le diagnostic.

Il faudra encore se souvenir que les tumeurs du cervelet (tubercules, gliomes, etc.) sont souvent multiples; cette notion permettra de comprendre la réunion de symptômes en apparence difficiles à expliquer, et aidera à résoudre le problème de la localisation exacte des lésions, qui est le point essentiel du diagnostic des tumeurs du cervelet.

On pourra enfin chercher à reconnaître certains néoplasmes par l'examen radioscopique. A. Church (1) a distingué sur l'écran fluorescent une tumeur lobulée du lobe droit du cervelet dont l'existence a été confirmée par l'autopsie et qui était rendue perceptible grâce à sa grande vascularisation.

ÉVOLUTION. — PRONOSTIC. — Établir la nature de la tumeur, c'est fixer du même coup l'avenir du malade. En dehors des gommes, quelquefois même des tubercules dont on peut espérer la cicatrisation, les tumeurs du cervelet comportent un pronostic très sévère. Si leur évolution est le plus souvent lente, elle aboutit par aggravation progressive de la maladie à la terminaison fatale. Les douleurs souvent intolérables, la perte des divers sens, l'affaissement intellectuel sans perte de la conscience rendent la situation de ces malades particulièrement misérable. La mort, qui vient terminer au bout de deux à trois ans en moyenne cette triste existence, survient au milieu d'un état de cachexie très prononcée : les malades s'amaigrissent, perdent l'appétit ; la déglutition difficile peut permettre l'entrée de parcelles alimentaires dans les voies aériennes, de sorte que les complications respiratoires, favorisées encore parle décubitus

(1) A. Church, Amer. Journ. of the med. Sciences, février 1X09. t

dorsal, sont fréquentes. Les troubles respiratoires et cardiaques d'origine bulbaire, les syncopes, ou les attaques épileptiformes provoquées par les compressions diverses, représentent les épisodes terminaux ordinaires. La mort subite est signalée dans quelques observations. Un malade, dont l'observation a été rapportée parFomiliant 1), succomba après plusieurs crises convulsives à une paralysie du centre respiratoire, le sujet ayant été maintenu à la vie par la respiration artificielle pendant quatorze heures. Les interventions palliatives, même bénignes, telles que la ponction lombaire, dont nous parlerons quand nous nous occuperons du traitement chirurgical des maladies du cervelet, peuvent provoquer, par suite de la décompression et des modifications dans les rapports des organes qu'elles déterminent, l'apparition de ces accidents ullimes. Il conviendra donc d'être très réservé sur l'emploi de ces moyens thérapeutiques.

TRAITEMENT. — Le traitement médical qui, dans le cas de syphilis, donne, par la médication hydrargyrique etiodurée, des résultats inespérés, se bornera le plus souvent, dans les autres variétés de tumeur, à remplir les indications symptomaliques urgentes, calmer les douleurs, la céphalée, par la révulsion (vésicatoires), les émissions sanguines, les hypnotiques ; modifier l'état des voies digestives, de l'appareil respiratoire, enfin combattre l'asthénie et l'affaiblissement par les toniques généraux.

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