TUMEURS DES PÉDONCULES
Les tumeurs des pédoncules s'observent plus rarement que les hémorragies et les ramollissements. Leur symptomatologie est très
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complexe et il n'est possible d'en donner qu'une description générale : elles ne sont habituellement pas limitées à la région pédonculaire, elles gagnent la région sous-thalamique, s'enfoncent dans la protubérance, ou bien donnent lieu, en s'élendant au dehors, à des compressions des nerfs crâniens ou des organes voisins, de sorte que le tableau symptomatique varie à l'infini.
Les cas de tumeurs bien limitées au pédoncule sont rares : il s'agit le plus souvent de tubercules, quelquefois de gommes ; les gliomes et les sarcomes ont été également signalés. Nous rapprocherons des tumeurs les abcès, dont on connaît quelques cas. D'après la statistique d'Auvray, les tumeurs des tubercules quadrijumeaux et des pédoncules seraient plus fréquentes chez l'enfant. Les tubercules sont souvent multiples; sur 43 cas rassemblés par Raviart, 19 fois seulement le tubercule était solitaire (1).
La symptomatologie des tumeurs du pédoncule est l'expression des phénomènes de compression générale propres à toutes les tumeurs, en même temps que des perturbations locales qui se caractérisent par les divers aspects du syndrome alterne pédonculaire.
Les troubles moteurs apparaissent souvent les premiers : faiblesse des membres d'un côté du corps, parésie ou véritable paralysie avec exagération des réflexes pendant une période au moins de la maladie. La paralysie s'accompagne fréquemment d'incoordination motrice qui peut exagérer les troubles fonctionnels et en imposer pour une impuissance des membres plus grande qu'elle n'est en réalité. Les divers modes de la sensibilité peuvent être atteints de façons diverses; mais, dans bien des cas (Schrader, Greiwe, Merklen etBeaujard,etc.),il n'exista aucun trouble sensitif, parce que la destruction de la voie sensitive est lente, graduelle, et permet aux suppléances fonctionnelles de s'établir, comme nous le disions plus haut.
La troisième paire est lésée incomplètement ; on note, du côté opposé à l'hémiplégie, du ptosis, un strabisme externe avec diplopie, des modifications pupillaires, phénomènes parfois intermittents, passagers ou bien permanents.
L'état général est mauvais ; la céphalée qui est précoce et souvent intense, la somnolence, l'apathie sont notées dans la plupart des observations. Des vomissements se produisent sans cause et répétés; des troubles de la vue traduisent les modifications de la papille, des vertiges ont été signalés, tous phénomènes indiquant en général une exagération de la tension intracranienne.
La maladie se termine par des accidents convulsifs avec troubles respiratoires ou cardiaques, des complications pulmonaires; une crise délirante suraiguë ou le coma constituent souvent les phénomènes terminaux.
(1) Raviart, Les tubercules des pédoncules cérébraux. Th. de Lille, 1900.
Tels sont les symptômes que l'on trouve le plus généralement réunis, mais les aspects cliniques sont infiniment variés.
L'existence d'une tumeur pédonculaire occupant la région externe de l'étage supérieur peut ne se traduire par aucun symptôme (Gintrac). Au contraire, si la tumeur développée dans la région interne comprime, dans son extension progressive, le pédoncule opposé, on voit se développer une double paralysie de la troisième paire inégalement distribuée, avec des troubles paralytiques des membres variables. L'apparition de nouvelles paralysies sur le type alterne indiquera l'existence d'une lésion pédonculo-protubérantielle (paralysie du facial, de l'abducteur, du trijumeau, etc.).
Dans un cas rapporté par Ausset et Raviart (tubercule), on constata ainsi une paralysie alterne du moteur oculaire commun d'une part, des membres et du facial inférieur d'autre part, avec glossoplégie et troubles de l'équilibration (1).
Blocqet Marinesco ont étudié une tumeur occupant le locus niger et intéressant légèrement le ruban de Reil, qui ne traduisit son existence que par un tremblement unilatéral. Ce fait est à rapprocher des cas de ramollissement pédonculaire rapportés par Benedickt, Charcot, Gilles de la Tourette (syndrome de Benedickt) dans lesquels on nota une paralysie de la troisième paire d'un côté et une hémiplégie des membres avec tremblement du côté opposé.