PARALYSIE BULBAIRE ASTHÉNIQUE. — TRAITEMENT
l'épuisement musculaire si accentué, appartiennent tout spécialement à la paralysie bulbaire aslhénique.
La poliencéphalite supérieure ou ophtalmoplégie nucléaire sera plus difficile à distinguer dans certains cas; toutefois, l'ophtalmoplégie externe n'est jamais tout à fait complète dans le syndrome d'Erb, et, d'autre part, la parésie fréquente des muscles du cou, des masticateurs, les troubles de déglutition, en l'absence même de parésie des membres, permettront de distinguer les deux maladies. Dans certains cas, le diagnostic de paralysie bulbaire asthénique restera bien hésitant: quand, par exemple, les accès dyspnéiques, les troubles cardiaques, qui n'apparaissent généralement qu'à la fin de la maladie, se montreront d'une façon précoce. On sera tenté, malgré les variations d'intensité dans les phénomènes, la rémittence des accidents, de croire à une lésion bulbaire ou névritique plutôt qu'à la paralysie asthénique. Les conséquences de ces troubles dynamiques sont d'ailleurs très graves et leur pronostic très sombre ne diffère guère de celui de la paralysie labio-glosso-laryngée.
En résumé, il existe toute une série de troubles essentiellement dynamiques revêtant une partie des caractères des lésions organiques nucléaires du bulbe et de la protubérance. Ce complexus symptomatique, limité par Erb à certaines manifestations bulbaires, a été amplifié par Goldflam, Strumpell et d'autres auteurs qui ont fait rentrer dans ce syndrome les manifestations spinales. A côté des paralysies par lésions des cornes antérieures médullaires et des noyaux bulbo-protubérantiels dont nous connaissons les relations et les modes d'association (poliomyélite, poliencéphalite, poliencéphalomyélite), il faut faire une place à un groupe d'affections qui n'en sont en quelque sorte que les modalités fonctionnelles : les asthénies motrices bulbo-spinales (Raymond) ou paralysies bulbospinales asthéniques. Elles sont caractérisées surtout au point de vue clinique par l'épuisement musculaire précoce, par des parésies plutôt que par des paralysies avec rémissions et exacerbations, par l'atteinte plus spéciale de certains groupes musculaires (nuque, mâchoires, paupières), par l'évolution lente avec rémission et apparence de guérison, mais se terminent le plus souvent par la mort au milieu des troubles respiratoires ou cardiaques.
TRAITEMENT. — Il n'y a pas de médication qui ait un rôle efficace dans la paralysie bulbaire asthénique. La strychnine est sans avantages, et n'est peut-être pas sans inconvénients. Il en est de même de la faradisation qui peut être dangereuse. Il faudra éviter, en elïet, toutes les causes de fatigue musculaire, prescrire le repos, et agir sur la santé générale par l'emploi des toniques, des modificateurs des centres nerveux, par les cures d'air, sans chercher à réveiller l'énergie musculaire d'une façon spéciale.