‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 5)Chapitre 7 sur 153 · DÉFINITION ET CLASSIFICATION CLINIQUES · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET CLASSIFICATION CLINIQUES

le fait d'un traitement médico-pédagogique approprié. Nous avons "\ observé un grand nombre de malades améliorés et guéris, même d'écholalie et de tics psychiques, et le fait de ces modifications est un signe distinctif important avec la maladie des tics de Gilles de la Tourette, dans laquelle les phénomènes, loin de s'amender, vont en s'exagérant.

Manies. — Elles ne sont pas moins nombreuses que les tics. Nous devons nous bornera une simple énumération : manies de mordre (dacnomanie), de se cogner (krouomanie), de briser, détruire (clastomanie), de voir le feu par plaisir (pyromanie visuelle), de mettre le feu pour détruire (pyromanie destructive), manie de cacher (cryptomanie), de faire du bruit, d'enlever les chapeaux, de flairer, de faire tourner les objets, de grimper, de tourner ou de sauter sur place, d'user la peau parle frottement, de la gratter avec les ongles jusqu'au sang, d'arracher, d'éplucher le bout des doigts, de manger les ongles (onychophagie), de les déchirer, de les enfoncer dans la chair des autres, de se cogner les dents, avec un objet dur, de froisser consm tamment du papier, de griffer, de voir couler l'eau ; manies des bouts de bois, des ficelles, des courroies, des objets brillants, de mettre ses habits à l'envers ou à rebours, etc.

DÉFINITION ET CLASSIFICATION CLINIQUES. — Sous le nom d'idiotie, on désigne un état constitutionnel, physique, intellectuel et moral, dû soit à des troubles survenus pendant la vie fœtale ou au moment de la naissance, soit à des affections pathologiques surtout de la première enfance, c'est-à-dire delà naissance à sept ans, moins souvent de la seconde enfance, c'est-à-dire de sept ans au début de la puberté (treize ou quatorze ans). L'idiotie est donc congénitale ou acquise.

Considérée dans son intensité, elle est complète ou incomplète, se rapprochant dans sa forme la plus atténuée (arriération intellectuelle, débilité mentale) de l'état de l'enfant normal le moins bien doué. Dans toutes les variétés, l'idiotie peut être simple ou compliquée (paralysie avec ou sans atrophie, contracture, spasme, alhétose, épilepsie, chorée, rachitisme, scrofule, etc.).

Idiotie complète, absolue, ou idiotie du premier degré. — Marche, préhension, parole, attention nulles. Incapacité de s'aider en quoi que ce soit. Inconscience du besoin de s'alimenter, ou gloutonnerie avec absence du sentiment de la satiété. Écoulement permanent de la salive (bave) et des mucosités nasales. Excrétions involontaires. Accès de cris, tics multiples (balancements, grimaces, agitation des mains, etc.). Bien que les organes des sens puissent être intacts au point de vue anatomique, l'ouïe, la vue, l'odorat, le goût, le toucher semblent absents. Sensibilité générale très obtuse, d'où indifférence à la douleur, au froid et à la chaleur. Aucune con-

K4 BOURNEVILLE. — ENCEPHALITES CHRONIQUES. —IDIOTIES.

naissance de leurs parents, ni des personnes qui les soignent. Sans idée, sans parole, sans mouvement, les idiots de cette catégorie sont des êtres en quelque sorte végétatifs.

Idiotie profonde ou du second degré. — La motilité est moins atteinte que dans le premier degré. La marche est possible, parfois exubérante. La préhension se fait, mais d'une façon défectueuse, le pouce ne supposant pas ou s'opposant mal aux autres doigts. L'appétit est exagéré; le sentiment de la satiété fait défaut; le goût est nul ou obtus, d'où la salacilé ou coprophagie. La digestion se complique parfois de rumination. Les excrétions sont involontaires.

La parole est nulle ou limitée à quelques monosyllabes ou à des syllabes répétées. Les besoins, les déterminations instinctives se traduisent plutôt par un langage d'action (cris de joie ou de douleur). Ces idiots reconnaissent assez souvent leurs parents, les infirmières qui s'occupent d'eux. Ils témoignent des préférences pour certaines personnes. Ils ont fréquemment des aptitudes musicales, retiennent d'emblée les airs qu'ils entendent et les chantonnent sans cesse, signe d'une mémoire au moins partielle. L'attention est fugitive ; ils regardent sans voir, entendent ce qui leur plaît et semblent absolument sourds pour les bruits ou les appels qui ne les intéressent pas. L'odorat, le toucher sont obnubilés ou indifférents.

Ces enfants n'ont aucune conscience du danger, et comme les idiots du premier degré, ont des tics très variés, sont destructeurs, rongent leurs ongles, se déchirent, se mordent ou mordent les autres, se livrent à l'onanisme, etc. — En résumé, vie végétative surtout, et vie de relation très bornée.

Ce qui différencie ce second groupe du précédent, c'est l'existence du mouvement, la marche et la préhension, qui les rend dangereux pour eux et pour les autres, puisque le mouvement les expose à des accidents par suite de leur inconscience du danger, et expose les autres à subir les conséquences de leurs impulsions.

Imbécillité proprement dite. — Les facultés intellectuelles existent, mais à un degré très incomplet. L'attention est fugace, la mémoire peu active, peu sûre, la volonté sans énergie : ils veulent et ne veulent pas. Ils peuvent comparer, combiner ; toutefois ils s'élèvent difficilement à des notions générales et abstraites. Ils ont des idées, mais en petit nombre ; ils ne pensent et n'agissent que par autrui, bien qu'ils soient capables de quelques raisonnements. Us ont des déterminations instinctives, comme les idiots du second degré, et y obéissent sans frein. Ils subissent, comme les suivants d'ailleurs, par inconscience et faiblesse tous les entraînements.

Parmi ces malades, il en est chez lesquels l'imbécillité se complique d'une perversion des instincts. Ils sont menteurs, querelleurs, paresseux, poltrons, entêtés, mobiles, gourmands, incapables d'un effort soutenu. Ils ont des besoins sexuels auxquels ils cèdent sans retenue.

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