PRURIT
Définition. — On désigne tout à la fois sous ce nom le symptôme démangeaison qui appartient à un grand nombre d’affections irritatives du tégument et divers états dans lesquels la sensation de démangeaison constitue la seule manifestation d’un état pathologique de la peau ou de ses nerfs.
Description clinique. — L’existence et les caractères du prurit ont dans certaines dermatoses une importance diagnostique de premier ordre, mais une étude séméiologique de ce symptôme n’offrirait qu’un intérêt médiocre.
Quant au prurit indépendant de toute autre altération cutanée, il présente suivant les cas une intensité variable : tantôt léger, déterminant seulement une sensation désagréable comme celle produite par la reptation d’un insecte à la surface de la peau, tantôt plus intense, obligeant le malade à exercer sur la peau des frictions plus ou moins fortes, parfois encore violent et le forçant à se gratter avec une telle vigueur qu’il excorie les téguments. Le grattage peut amener le développement de lésions cutanées diverses, raies hypérémiques plus ou moins prononcées et persistantes, urticaire provoquée sous forme de raies ou de papules, saillies papuleuses souvent persistantes et surmontées d’une croûtelle (papules de prurigo), excoriations de grattage qui peuvent être infectés par des agents pyogènes et devenir l’origine de pustules d’impétigo ou d’ecthyma. Ces diverses lésions secondaires peuvent s’associer les unes aux autres, aboutir à une dermatose complexe, dans laquelle il est parfois difficile de reconnaître l’affection primitive, uniquement caractérisée par le prurit.
Chez certains sujets, la sensation de démangeaison est peu prononcée et l’affection se traduit surtout par les traces que laissent sur les téguments les grattages qu’ils se font presque inconsciemment.
Tantôt le prurit est continu pendant un temps plus ou moins long, tantôt il présente des exacerbations survenant à intervalles réguliers ou irréguliers, parfois nocturnes et empêchant le sommeil. Par son intensité et sa continuité, il peut devenir l’origine de troubles plus ou moins graves delà nutrition générale.
Il est le plus souvent généralisé, ou du moins occupe des surfaces étendues du tronc et des membres. D’autres fois il se localise à certaines régions, en particulier à la région anale, à la région génitale surtout chez la femme.
Étiologie. — Les causes du prurit sont nombreuses et parfois complexes.
Il peut être sous la dépendance d’une affection du système nerveux, le plus souvent une névrose et en particulier l’hystérie. Plus souvent, l’état névropathique des sujets n’intervient que pour exagérer l’intensité du prurit provoqué par une autre cause. Le prurit généralisé survenant au cours de la grossesse tient probablement pour une part au nervosisme propre à cet état et pour une autre part, non la moins importante, aux modifications des humeurs et des émonctoires qui se produisent sous la même influence.
Les causes les plus ordinaires du prurit sont d’ordre toxique et relèvent