‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 61 sur 109 · MOI · texte numérisé non relu

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Fig. 4. — Analyse spectroscopique (Figure empruntée au livre de M. Ilayem.)

1, Spectre de l’hémoglobine réduite. 2, Spectre de l’oxyhémoglobine. 3, Spectre de la méthémoglobine en solution acide. 4, Spectre de la méthémoglobine en solution alcaline. 5, Spectre d’un mélange de méthémoglobine et d’oxyhémoglobine. 6, Spectre de l’urobiline dans l’urine acide. 7, Spectre des pigments biliaires dans l’urine.

8, Spectre de l’urobiline en solution dans l’urine traitée par le chlorure de zinc ammoniacal,

Les bandes d’absorption de l’hémoglobine oxycarbonée diffèrent des bandes de l’oxyhémoglobine en ce qu’elles sont légèrement déplacées vers le violet, et surtout en ce qu’elles résistent à l’action des agents réducteurs de l’oxyhémoglobine.

La méthémoglobine, composé oxygéné de l’hémoglobine, différant de l’oxyhémoglobine, stable et impropre à l’hématose, donne naissance en solution alcaline à trois bandes, l’une entre les raies G et D, les deux autres entre les raies D et E (fig. 4.4); en solution âcide et neutre, la méthémoglobine donne

TECHNIQUE DE L’EXAMEN DU SANG

naissance à quatre bandes, l’une très apparente, entre les raies C et D, les trois autres dans les parties jaunes, vertes et bleues du spectre (fig. 4. 5). Après l’addition de sulfhydrate d’ammoniaque, le spectre de la méthémoglobine se change en celui de l’oxyhémoglobine, puis en celui de l’hémoglobine simple.

On conçoit l’importance de l’examen spectroscopique pour le diagnostic de l’intoxication par l’oxyde de carbone, et pour le diagnostic des intoxications qui donnent lieu à la formation de la méthémoglobine, telles que l’intoxication par le chlorate de potasse. Il faut savoir d’ailleurs qu’un grand nombre de substances données à dose médicamenteuse, le nitrite d’amyle, l’acétanilide, la kairine, le bleu de méthylène par exemple, font apparaître dans le sang la méthémoglobine.

Le spectroscope peut être utilisé, non seulement pour l’examen du sang en totalité, mais encore pour celui du sérum seul.

La simple piqûre d’une lancette permet de recueillir de 2 à 3 centimètres cubes de sang, c’est-à-dire une quantité de sang suffisante pour l’observation du sérum, à la condition que la main du patient ait été placée dans une position déclive pendant quelques instants, avant que la piqûre ait été faite à l’extrémité du doigt, et à la condition qu’après la piqûre, l’issue du sang ait été facilitée par une sorte de massage pratiqué depuis la racine du doigt jusqu’au voisinage de la piqûre.

Recueilli dans une petite éprouvette d’une contenance de 5 centimètres cubes environ, le sang sera placé dans un endroit frais ou dans une glacière. Au bout de 24 à 48 heures le caillot sera rétracté, et le sérum bien séparé pourra être recueilli (Hayem).

Dans les conditions normales, le sérum renferme toujours une petite quantité d’oxyhémoglobine. Lorsque la proportion en devient notable, le fait doit être considéré comme ayant une signification pathologique. On dit alors qu’il y a hémoglobinémie. Il en est ainsi à la suite des transfusions, dans la plu part des maladies infectieuses et dans l’hémoglobinurie paroxystique. Sous l’influence de l’hémoglobinémie, le sérum prend une teinte qui va du jauneorangé clair jusqu’au rouge rubis, tout en restant clair, et à l’examen spectroscopique il fournit des bandes d’absorption d’une grande netteté.

Quelques auteurs ont admis que le sérum normal renferme également une petite quantité d’urobiline. Mais il n’en est rien, ainsi que l’on peut s’en assurer par l’étude du sérum frais. La présence de l’urobiline dans le sérum constitue un fait anomal qui découle, soit d’une destruction exagérée des hématies, soit le plus souvent de l’insuffisance fonctionnelle du foie. Dans la première alternative, le foie ne parvient pas à transformer la totalité de l’hémoglobine en bilirubine ; une partie de l’hémoglobine subit une transformation moins avancée en demeurant à l’état d’urobiline. Dans la seconde alternative, le foie est insuffisant à transformer l’hémoglobine en bilirubine ; il la laisse à l’état d’urobiline. Ce pigment très diffusible passe immédiatement dans le sang et dans les humeurs, où il est aisément décelé par le spectroscope. En effet, dans un spectre dont la raie D correspond au n° 100 de l’échelle micrométrique, l’urobiline, en solution acide, fournit une bande d’absorption placée sur la limite gauche du bleu, à cheval sur 140, s’étendant de 155 à 148 (fig. 4.6) (Hayem).

PATHOLOGIE DU SANG

Le sérum chargé d’urobiline conserve une coloration normale. Il n’en est pas de même lorsqu’il contient des pigments biliaires : il offre alors une teinte jaune verdâtre plus ou moins marquée, même alors qu’il ne donne pas la réaction de Gmelin. A l’examen spectroscopique, les pigments biliaires traduisent leur existence par l’extinction du violet et d’une partie ou de la totalité du bleu (fig. 4/7).

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