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MODIFICATIONS DE LA FIBRINE ET DU PROCESSUS DE COAGULATION

Dans les préparations du sang humide normal, au bout de 10 à 15 minutes, à la température de 18°, se forme un réticulum fibrineux qui demeure presque totalement invisible. A l’état pathologique, le réticulum peut naître plus tardivement et se montrer composé de fibrilles plus nombreuses et plus épaisses.

Lorsque existent ces modifications dans la coagulation de la fibrine, existent en même temps une augmentation du nombre des leucocytes et un changement dans la disposition des hématies qui ne se réunissent plus en îlots entourés

SÉMÉIOLOGIE DU SANG.

par la mer plasmatique, mais en amas compacts et contigus, en un continent semé de lacs.

M. Hayem a donné le qualificatif de phlegmasique au sang qui présente de tels caractères. Le retard de la coagulation, l’augmentation de la fibrine, la leucocytose, la transformation de la mer plasmatique en lacs, en sont les traits principaux (fig. 11).

Les hématoblastes prennent part à cet état particulier du sang, et ils laissent

Fig. Il — Préparation de sang frais dans la pneumonie (type phlegmasique).

Les piles d’hématies se réunissent en un continent. Celui-ci est parsemé de lacs plasmaliques. Dans ces lacs on distingue un nombre anomal de leucocytes, des amas hématoblastiques et un épais réticulum fibrineux. (Cette figure doit être comparée à la figure 3.)

exsuder une matière visqueuse abondante, de telle sorte que, si l’on mélange avec 100 à 200 parties de sérum artificiel 1 partie de sang, se forment des grumeaux composés par la substance issue des hématoblastes dans laquelle sont englués les hématoblastes eux-mêmes ainsi qu’un certain nombre de leucocytes et d’hématies. Ces grumeaux, dits plaques phlegmasiques, sont analogues à ceux que fournit le sang dans les anémies symptomatiques prononcées, et qui portent le nom de plaques cachectiques.

Parmi les divers états morbides, les uns imposent d’une façon constante au sang des caractères phlegmasiques complets, d’autres des caractères phlegmasiques atténués, d’autres enfin ne déterminent point l'apparition de ces caractères. L’on conçoit, par suite, toute l’importance que peuvent avoir l’examen du sang et la constatation ou la non-constatation de l’état phlegmasique au point de vue du diagnostic.

PATHOLOGIE DU SANG

Peu nombreuses sont les maladies dans lesquelles le sang prend un type phlegmasique franc : il faut citer avant toutes la pneumonie fibrineuse et le rhumatisme articulaire aigu. La goutte aiguë, les pleurésies aiguës, les phlegmons amènent une augmentation moindre de la fibrine. Après la guérison de ces maladies, le réticulum fibrineux s’affaiblit de jour en jour et le sang reprend progressivement, mais lentement, ses caractères normaux.

Le type phlegmasique atténué comprend des images du sang disparates ; la coagulation de la fibrine s’y effectue après le laps de temps normal ou subit un léger retard, le réticulum y apparaît composé de fibrilles ou volumineuses mais peu nombreuses, ou nombreuses mais délicates, enfin la proportion des leucocytes y est variable mais faible. Parmi les maladies qui lui donnent naissance se rangent : les pleurésies, les bronchites, la pneumonie tuberculeuse, la grippe, l’embarras gastrique, la néphrite diffuse aiguë, la blennorrhagie aiguë, la méningite tuberculeuse, le scorbut, l’érysipèle, la diphthérie, la variole à la période de suppuration, la rougeole accompagnée de bronchite à la phase d’éruption, la scarlatine aux phases angineuse et desquamative.

Les maladies qui ne comportent point un état phlegmasique du sang, franc ou atténué, sont très nombreuses. Entre celles-ci, il en est quelques-unes qui s’accompagnent de fièvre ; ce sont : la fièvre typhoïde, la fièvre intermittente, la tuberculose aiguë, la chlorose fébrile, l’anémie pernicieuse progressive, et, ainsi que nous l’avons établi avec M. Hayem (*), la pneumonie typhoïde.

Lorsque, dans le cours d’une de ces maladies, on voit le sang prendre le type phlegmasique, il y a lieu de songer à l’intercurrence d’une complication.

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