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PREMIÈRE PARTIE NÉVRITES EXPÉRIMENTALES

Je n’ai pas l’intention de passer en revue tous les travaux relatifs aux altérations expérimentales des nerfs, car ce serait sortir du cadre d’un ouvrage de pathologie interne; j’exposerai seulement les données les plus importantes que l’on doit à l’expérimentation et qui constituent le fondement de l’étude des Névrites. Il faut bien reconnaître, en effet, qu’aucune partie delà médecine n’a tiré plus de profit que celle dont nous nous occupons des notions fournies par la pathologie expérimentale.

Histologie normale des nerfs. — Je crois utile de rappeler d’abord en quelques mots les principales notions relatives à la structure normale des nerfs et plus particulièrement celles dont nous aurons à tirer parti.

Un tronc nerveux se compose de tubes nerveux à myéline et sans myéline, de tissu conjonctif, de vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Les tubes nerveux sont réunis en faisceaux entourés chacun par une gaine lamelleuse constituée par des lames de tissu conjonctif condensé qui sont tapissées de cellules endothéliales.

Les faisceaux nerveux sont réunis entre eux et au tissu cellulaire voisin par de gros faisceaux connectifs recouverts de cellules plates mélangées à des fibres élastiques et parfois aussi à des cellules adipeuses ; c’est là le tissu périfasciculaire.

Enfin entre les tubes nerveux il existe des fibres connectives bien plus minces que les précédentes et qui ne sont jamais entremêlées de fibres élastiques ou de cellules adipeuses; c’est là le tissu intrafasciculaire.

Comme on le voit, le tissu conjonctif des nerfs affecte trois formes distinctes.

Les tubes nerveux à myéline ou fibres de Leeuvenhoek se composent, en allant de dehors en dedans, d'une membrane d’enveloppe, la gaine de Schivann , d’une gaine de myéline et d’un cylindre-axe. La gaine de myéline est régulièrement interrompue par places, et les zones où la myéline fait défaut portent le nom d 'étranglements annulaires. De plus, sous la gaine de Schwann, au milieu de chacun des segments de tube situés entre deux étranglements, se trouve un noyau entouré d’une couche de protoplasma.

L’analyse rigoureuse des faits montre que le tube nerveux ne constitue pas un élément anatomique, mais qu’il se compose de deux espèces d’organes absolument distincts : d’un côté le cylindre-axe, organe essentiel, dont nous indiquerons ultérieurement la signification ; d’un autre côté les parties accessoires que nous avons énumérées.

Si nous faisons abstraction du cylindre-axe, nous voyons que le tube nerveux se décompose en une série d’éléments semblables situés chacun entre deux étranglements annulaires. Chacun de ces éléments, qui porte le nom de segment inter annulaire, constitue une véritable cellule, comparable à une cellule adipeuse et dans laquelle on trouve toutes les parties d’un élément cellulaire très développé, noyau et protoplasma, membrane d’enveloppe correspon-

DES NÉVRITES.

dant à la gaine de Schwann, et une substance sécrétée par le protoplasma, la myéline. Ces segments interannulaires ne jouent qu’un rôle accessoire dans le nerf ; ce ne sont que des organes de protection pour le cylindreaxe; ils ne sont pas de nature nerveuse, mais dérivent du tissu conjonctif.

Quant au cylindre-axe, c’est un filament formé par une réunion de fibrilles et ininterrompu dans tout son parcours ; il se développe du centre à la périphérie par bourgeonnement progressif et continu; ce n’est autre chose qu’un prolongement cellulaire, qu’une émana- a 6

tion d’une cellule nerveuse et non un élément indépendant; c’est là une notion dont il faut bien se pénétrer. 11 en résulte, en effet, que les cylindresaxes ne représentent pas un système et qu’il ne peut être question, au point de vue anatomique et physiologique, de l’autonomie desnerfs en ce qui concerne du moins leur partie fondamentale, leur partie cylindre-axile.

Les fibres sans myéline ou fibres de Remak présentent, comme les cylindresaxes des fibres de Leeuvenhoek , une constitution fibrillaire, mais, contrairement à ceux-ci, elles s’anastomosent entre elles; par places, on voit accolés à elles des noyaux entourés d’une couche protoplasmique qui peuvent être considérés comme les analogues

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Fig. 148. — Fibres nerveuses à myé- Fig. 149. — Cette figure est la line du lapin, dissociées après reproduction de la fig. (1, fixation du nerf dans une solu- pl. II, de l’ouvrage de Rantion d’acide osmique à 1 p. 100. vier sur YHistologie du système nerveux , t. I.

Fibre b.

Cette fibre est Fibres de Remak du pneumogasd’un plus petit ca- trique du chien, isolées par dissolibre que la précé- ciaiion directe du nerf dans une sodente. lution d’acide osmique à 1 p. 10 1.

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