VI. Portion d’une fibre nerveuse présentant un dédoublement
de la gaine de myéline dans la partie externe. — B, qui a seule dégénéré, est séparée de la gaine de Schwann par des noyaux entourés de proloplasma. A, partie profonde de la gaine de myéline demeurée normale. En C, ces deux portions se réunissent de nouveau.
tou ré s
intercalé ce segment
tout les tubes nerveux. Il n’en est pas moins vrai que le tissu conjonctif inlrafasciculaire présente quelques modifications histologiques; ses fibres sont plus apparentes qu’à l’état normal, ses cellules sont tuméfiées, quelques-unes d’entre elles contiennent plusieurs noyaux et des blocs plus ou moins volumineux ou de fines granulations colorées en noir par l’acide osmique, qui dérivent de la myéline des segments interannulaires détruits; les parois des capillaires sont plus épaisses que d’habitude ; la gaine lamelleuse, au contraire, est normale.
DES NÉVRITES.
La névrite saturnine expérimentale occupe non seulement les troncs nerveux et les ramifications périphériques, mais aussi, à un degré plus faible, il est vrai, les racines antérieures, et Gombault a constaté de plus l’existence de vacuoles nombreuses dans les cellules nerveuses des cornes antérieures de la
Reproduction des figures 5, 10, 11, 12 et 13 du travail de J. Babinski sur la sclérose en plaques ( Thèse de Paris, 1885). — Moelle. Sclérose en plaques. — Coupes longitudinales traitées par la méthode de Weigert et colorées ensuite par l’hématoxiline de Ranvier.
Fig. 156. — Coupe longitudinale pratiquée dans la région dorsale, au niveau d'un cordon pyramidal croisé (grossissem. faible).
a. Tubes à myéline normaux.
b. Plaque de sclérose.
c. Granulations correspondant aux tubes en voie de désagrégation.
d. d. Vaisseaux.
La portion sclérosée est située entre deux portions normales. Comparer cette figure au n“ I de la fig. 155.
Fig. 157. — Très fort grossissement.
I et II
Tubes à myéline normaux de la moelle.
a. Cylindre-axe.
b. Gaine de myéline.
a'. Cylindre-axe dénude par suite d'une cassure de la gaine de myéline.
Tube à myéline altéré, ci. Cylindre-axe.
c. c. Cellules qui entourent le cylindre-axe.
d. Noyaux de ces cellules.
e. Protoplasma de ces cellules.
f Boules de myéline.
Fig. 158. — Très fort grossissement.— Tube à myéline, qui, normal d’un côté, est en voie d’altération du côté opposé.
a, c, d, c, f. Comme au n° III de la fig. 157.
b. Gaine de myéline.
c', c'. Cellules migratrices dont le protoplasma ne contient pas de boules de myéline.
Comparer la figure 158, ainsi que le n“ III de la figure 157, au n° II de la figure 155.
moelle, dont toutes les autres parties sont normales. Les racines postérieures ne sont pas altérées.
La conservation du cylindre-axe, outre qu’elle explique l’absence habituelle
DES NÉVRITES.
de dégénération wallérienne dans la névrite saturnine expérimentale, permet aussi de comprendre pourquoi les troubles fonctionnels y font complètement ou presque complètement défaut. Ce n’est pas que sa persistance implique nécessairement que le fonctionnement des nerfs n’a subi aucune perturbation; on conçoit, en effet, fort bien que le cylindre-axe, sans être détruit, par cela même seulement qu’il est dépouillé par places de la gaine de myéline et qu’il est entouré de cellules lymphatiques capables de l’irriter par leurs mouvements amiboïdes, ne conduise plus, dans certains cas, que d’une façon imparfaite les courants nerveux centrifuges ou centripètes; nous aurons l’occasion, du reste, d’établir plus loin la justesse de cette conception, au moyen de faits empruntés à la pathologie humaine.
Je crois intéressant de faire remarquer que les lésions qu’on observe dans la sclérose en plaques peuvent être rapprochées de celles qui caractérisent la névrite périaxile. Les cylindres-axes sont en effet conservés, comme l’ont établi Charcot et Vulpian, et j’ai montré de mon côté que les altérations histologiques des tubes sont analogues à celles qui se produisent dans le bout central d’un nerf au voisinage de la section (voir fig. 156, 157 et 158).
Polynévrites provoquées expérimentalement par l’intoxication mercurielle. — Les nerfs, soit sous l’influence de l’irritation directe produite par certaines préparations mercurielles injectées dans le tissu cellulaire qui les entoure, soit sous l’influence d’un empoisonnement général de l’organisme, résultant d’inhalation de vapeurs mercurielles, présentent quelques altérations étudiées par Letulle en 1887.
Comme dans les lésions saturnines des nerfs, la myéline disparaît par places et les cylindres-axes persistent; la lésion est donc segmentaire et périaxile, mais il n’existe pas autour du cylindre-axe de cellules chargées de granulations de myéline. Celle-ci subit d’abord dans sa .constitution une modification chimique caractérisée par ce fait que l’acide osmique ne la colore pas en noir aussi foncé qu’à l’état normal ; elle reste pâle et le segment interannulaire malade se tuméfie parfois (stade de tuméfaction pâle de la myéline). Plus tard la myéline se désagrège; réduite par endroits à l’état pulvérulent, elle forme dans la gaine de Schwann partiellement vidée des îlots qui entourent le noyau du segment (stade de désintégration granuleuse). Finalement la myéline disparaît complètement du segment malade et le cylindre-axe n’est plus entouré que de la gaine de Schwann (stade de l’atrophie segmentaire, de vacuité de la gaine de Schwann).
Telles sont les lésions décrites par Letulle.
■ Mais il faut remarquer que des altérations analogues ont été observées, quoique plus rarement, en dehors de l’intoxication mercurielle, chez des animaux absolument sains. Ce n’est pas là une raison pour contester à ces altérations toute valeur dans l’hydrargyrisme, mais il y a lieu de n’admettre encore qu’avec réserve, comme le fait observer Letulle lui-même, la réalité de cette névrite mercurielle.