‹ Traité de médecine (volume 4)Chapitre 129 sur 168 · C. — LÉSIONS ACCESSOlÜES · texte numérisé non relu

C. — LÉSIONS ACCESSOlÜES

A côté de ces lésions inllammaloires des In’Oiiches et des poumons il en est d’autres prescjue aussi constantes et qu'il nous faut décrire maintenant.

1® La première est l’atélectasie, état fœtal de Legendre et Bailly. Le tissu pulmonaire dans cet état est privé d’air et ne crépite plus à la pression.

« Il est charnu, compact; mais soiq)le, flasque, d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau, ce qui le fait plonger au fond de ce liquide.

On distingue très bien à sa surface les interstices celluleux qui séparent les lobules.

Sa couleur est en général d’un rouge violet; mais elle peut devenir noirâtre quand le sang qui l’engorge est en plus grande abondance.

Sa consistance est variable, suivant la proportion des liquides qui la pénètrent; ordinairement, elle est plus grande qu’à l’état normal.

Sa coupe est lisse, uniforme, nette.

On en fait suinter par la pression plus ou moins de sérosité sanguinolente

On distingue parfaitement la texture organique et les différents éléments qui entrent dans la composition du tissu, vaisseaux, bronches, etc.

Enfin rinsuffiation fait pénétrer l’air dans toutes les vésicules et rend à l’organe ses caractères physiologiques. » (Legendre et Bailly.)

Cette lésion siège le plus ordinairement à la périphérie de l’organe là où il a peu d’épaisseur, dans les appendices du bord tranchant, à la languette du l)ord supérieur gauche, au pourtour de la base; c’est elle qui a été décrite sous le nom de pnewiwnie rnarr/inale. On la voit assez fréquemment disséminée à la surface et dans l’épaisseur du poumon. — Elle y forme des plaques irrégulières, dures, déprimées au-dessous du niveau des lobules aérés du poumon.

L’examen microscopique montre que dans ces régions les cavités alvéolaires sont affaissées, rétrécies. On y remanpie la saillie formée par les vaisseaux capillaires très congestionnés. Les cellules épithéliales sont plus volumineuses, plus ou moins granuleuses, et tendent à perdre la forme plate j)Our se rapprocher de la forme cubique. Dans la cavité de l’alvéole on trouve (juelques globules Ijlancs ou rouges et même un exsudât homogène.

Ces lésions n’ont pas le caractère inllammatoire et depuis Legendre et Bailly on s’accorde à les séparer des altérations directement imputables au processus phlegmasique.

Le mot employé par Legendre et Bailly indique (|ue pour eux cet état se rapproche de celui du poumon du fœtus et le terme aujourd’hui accepté d’atélectasie avait été introduit par .lorg pour désigner une altération que l’on observe souvent chez les enfants en bas âge lorsque Icspremières inspirations ne sont pas suivies de l’expansion de la totalité du poumon.

Les auteurs français attribuent l’état fœtal à la constriction causée par le maillot et la couche, au décubitus dorsal <pii rendent les inspirations moins complètes et ralentissent l’activité du poumon. Ils ont de plus montré le rôle du catarrhe bronchicjue qui amène raccumulalion d’un mucus abondant, épais, et met obstacle à la circulation de l’air. La congestion des capillaires alvéo-

MALADIES AIGUËS DU POUMON

laires diminue encore la capacité de l’alvéole et chasse une partie de l’air. Fuchs admet que le reste de l’air est résorbé.

Pour expliquer la disparition totale de l'air qui existe dans l’atélectasie, ou pour employer sou expression favorite le coUapsiis pulmonaire^ Gairdner a imaginé une théorie ingénieuse qui est la suivante :

Le Imuchon muco-purulent oblitère presque complètement la bronchiole et ne laisse pas arriver ni sortir d’air au moment des inspirations et expirations moyennes. Dans les efforts plus considérables, l’expiration triomphe de cette résistance et une certaine partie d’air retenue en aval de l’obstacle s’échappe et vide d’autant le tissu pulmonaire. L’inspiration qui met toujours en jeu des forces plus faibles que l’expiration ne peut triompher de l’obstacle et son seul effet est de repousser un peu pins loin encore le bouchon muco-pnrulent. La forme même du bouchon purulent qui reproduit celle des tuyaux bronchiques est invoquée par Gairdner en faveur de sa théorie. Le bouchon a la forme d’un cône à- pointe dirigée vers la périphérie. Au moment de l’expiration le bouchon est poussé dans la direction de conduits plus larges, et par suite une certaine (piantité d’air peut s’échapper; au moment de l’inspiration, au contraire, le cône tend à s’enfoncer dans des parties plus étroites et par suite l’obstacle à la pénétration d’air se trouve augmenté.

La théorie ingénieuse de Gairdner devait être mentionnée ici. Mais il convient de dire que ce mécanisme n’est pas indispensable pour amener la disparition de l’air; celui-ci peut disparaître par simple résorption, comme l’avait déjà supposé Fuchs et comme l’a démontré M. Grancher.

20 Emphysème. — A côté des régions affaissées on observe souvent d’autres parties d’apparence absolument différente. Le poumon est distendu, d’une teinte gris rosé, il a perdu son élasticité, il est très léger et donne à la palpation une sensation de mollesse toute spéciale. C’est l’emphysème vésiculaire. Il occupe surtout les parties du poumon restées saines, les bords antérieurs, les sommets, la périphérie de noyaux isolés de hronchopneumonie.

La distension des alvéoles est due aux efforts violents et répétés qui accompagnent la respiration. Elle est d’autant plus marquée que les lésions pulmonaires et bronchiques diminuent le champ accessible à l’air. Le terme d’emphysème supplémentaire compensateur est employé pour rappeler ce mécanisme. Dans les cas d’efforts très violents la paroi alvéolaire peut se rompre, l’air s’infdtre alors dans le tissu interalvéolaire, arrive sous la plèvre et dans le médiastin. C’est Vempjlajsème interlobulaire.

La plèvre peut être enllammée et présenter des dépôts fibrineux au niveau de foyers superficiels. IMais cette altération est relativement rare. Une lésion en revanche des plus communes csiVeccIujrnose sous-pleurale dont Parrot a montré la fréquence.

D. — FORMES AN.\TOMIQEES

Nous avons vu de combien d’éléments est conslituée la bronchopneumonie. Ces éléments peuvent être associés de la façon la pins diverse et assez fréquemment, certains de ces éléments n’existent qu'à l’état rudimentaire.

BRONCHOPNE LfMON I E .

Tantôt les lésions broncliiticjues sont les plus marquées; les lésions pulmonaires peuvent être à peu près insignifiantes pour peu que l'évolution ait été très rapide. A ces formes s’applique assez justement le terme de bronchite capillaire. La bronchite capillaire s’accompagne cependant presque toujours de lésions des alvéoles pulmonaires, mais de lésions limitées (pneumonie vésiculaire). C’est dans ces formes que l’on trouve les petites collections purulentes, grains jaunes, vacuoles, que Fauvel, Bébier et Hardy considéraient comme le résultat de l’accumulation du pus bronchique et non de l’inllammation de l’alvéole pulmonaire.

Dans d’autres cas \a i^plêaisation est très étendue, parsemée de noyaux lobulaires. Cette forme est qualifiée par M. Joffroy splihiopneurnonie aif/uë. Elle correspond à la pneumonie lobulaire généralisée de Barrier, à certaines l)roncbopneumonies pseudolobaires de Damaschino et Cadet do Gassicourt.

Ailleurs, c’est la paeunioiiie lobulaire qui prédomine. Les noyaux de dimensions diverses sont disséminés dans les deux poumons, surtout au niveau des bords antérieurs et des lobes inférieurs. C’est la bronchopneumonie à noyau.r (li.'i.'ié minés (JolTroy et Cadet de Gassicourt), hépatisation disséminée (Rilliet et Barthez), pneumonie lobulaire disséminée (Barrier), bronchopneumonie mameonnée (Roger et Damaschino).

Dans une autre série de cas, les noyaux de bronchopneumonie seront concentrés presque tous dans un lobe ou une partie de lobe, bronchopneumonie à noyau.r confluents (Joffroy), béj)atisation généralisée (Rilliet et Barthez), pneumonie lobulaire à forme pseudolobaire (Barrier), bronchopneumonie à forme lobaire (Damaschino), bro)ichopneumonie p.seiulolobaire (Cadet de Gassicourt et Balzer).

Il n’est pas rare de voir ces diverses formes coexister chez le même sujet.

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