‹ Traité de médecine (volume 4)Chapitre 27 sur 168 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

gnon qu'il cultive, et à l’aide duquel il prétend produire une véritable coqueluche expérimentale; Tschamer confirme ces résultats. Birch-Hirschfeld au contraire les conteste. Citonsencore les recherches de Rossbach, de Moncorvo. Ce dernier localise le microbe au niveau des cordes vocales.

On a surtout accordé créance aux résultats des expériences rigoureusement conduites d’Afanasieff (*). Cet auteur trouve dans les crachats des sujets atteints de la coqueluche, et dans les foyers bronchopneumoniques de ceux qui y succombent, une bactérie analogue à celle que Burger avait découverte en 188b, et considérée comme appartenant en propre à la coqueluche, mais qu’il n’avait pas inoculée. C’est un bacille bien défini, court, mince, très mobile, dont l’injection dans la trachée d’un jeune chien détermine une inflammation broncho pulmonaire, et peut même donner lieu à de vrais accès de coqueluche. Quand les animaux succombent, on retrouve le microbe dans les voies respiratoires, on l’a même constaté dans le sang. Semtschenko, élève d’Afanasiefï, poursuit les mêmes recherches et montre qu’à une recrudescence de la maladie, ainsi (ju’aux complications broncho-pneumoniques, répond une abondance plus grande du bacille pathogène.

Deichler (Orp congrès des naturalistes allemands, Brème, 1890) a mis en doute le rôle spécifique des microorganismes décrits par Afanasieff. Il décrit, lui, des protozoaires ayant la forme arrondie ou ovale, ou en croissant, et les dimensions des cellules lymphoïdes, des cils vibratiles ; d’autres ayant des mouvements amiboïdes.

Enfin tout dernièrement Ritter disait à la Société de médecine berlinoise (2 nov. 1892) avoir trouvé dans les crachats d’enfants coquelucheux un diplocoque présentant des caractères difi'érents de tous ceux qui sont actuellement connus. Ce diplocoque inoculé dans la trachée d’un chien trachéotomisé a provoqué une pneumonie mortelle et chez un autre chien a fait naître une toux qui a duré cinf[ semaines.

De tous ces microbes quel est le vrai? Est-ce le bacille d’Afanasieff qui doit être définitivement considéré comme l’agent de la coqueluche? Des recherches de contrôle sont encore nécessaires pour fixer à cet égard notre conviction.

Quoi qu’il en soit, la coqueluche doit être regardée comme une maladie infectieuse. Il reste à savoir s’il s’agit d’une infection purement locale ou d’une infection générale, avec invasion de l’organisme tout entier. Elle serait analogue, dans la première hypothèse, à la blennorrhagie, par exemple ; elle serait comparable, dans la seconde hypothèse, aux fièvres éruptives. On pourrait enfin la comparer à la diphtérie, dont le microbe ne p(‘nètre pas dans la circulation, mais agit sur l’organisme par ses produits de sécrétion absorbés au niveau des surfaces malades.

Parmi les auteurs qui ont assimilé la coqueluche à une fièvre éruptive, il faut citer G. Sée, (pii a développé un parallèle entre la coqueluche et la rougeole, et s’est attaché à montrer les caractères communs des deux maladies; la bronchite de la coqueluche répondrait à une sorte d’exanthème ou plutôt d’énanthème fixé sur les voies respiratoires.

Au contraire. Trousseau, Rilliet et Barthez, etc., voient dans la coqueluche^

(') Vralch-, 1887, et Sainl-Pclersb. mcd. Woch. 1887, 30 à Î2.

COQUELUCHE

suivant l’expression du premier de ces auteurs, un « catarrhe spécifique avec névrose », rintéction demeurant purement locale.

Cette définition admise, il s’agit encore de déterminer la cause prochaine qui imprime à la toux les caractères qu’on lui connaît. On peut supposer que le microbe spécifique est doué, par lui-même ou plutôt par ses produits desécrétion, de propriétés particulières capables d’engendrer une toux réflexe d’un mode spécial.

On peut se demander si une localisation de l’agent pathogène , ou une affinité élective d’un poison. sécrété, détermineraient l’altération non seulement des extrémités nerveuses sensitives, mais des troncs nerveux ou des centres qui concourent au phénomène de la toux.

Nous avons exposé plus haut la théorie ingénieuse que Guéneau de Mussy a empruntée à Romberg et Friedlehen, et habilement développée. Cet auteur se rattache à la théorie qui fait de la coqueluche une sorte de fièvre éruptive à détermination bronchique. A la suite de l’énanthème, les ganglions qui avoisinent les bronches se tuméfient, compriment et irritent les pneumogastriques, et cette irritation des pneumo-gastriques détermine la toux spéciale. Malheureusement pour cette théorie, on trouve le plus souvent à l’autopsie des sujets qui meurent en état de coqueluche avec les poumons sains, des ganglions bronchiques de volume normal; inversement, il n’est pas rare de rencontrer chez les enfants des engorgements ganglionnaires péribronchiques, sans que la toux spasmodique ait pour cela existé pendant la vie. A la théorie de Guéneau de IMussy, on pourrait d’ailleurs opposer des arguments tirés de la physiologie pathologique môme : le nerf de la toux par excellence, c’est le laryngé supérieur; une atteinte portée au pneumo-gastrique au-dessous de l'émergence de ce rameau ne paraît guère capable de provoquer les phénomènes spasmodiques de la quinte de coqueluche.

Nous devons cîter une autre théorie d’après laquelle il s’agit d’une infection localisée dans les fosses nasales (Michaël, Hack, etc.) ; de là partiraient les réflexes provoquant la quinte. Les succès obtenus par les procédés thérapeutiques inspirés de cette théorie et le fait que certains enfants se frottent energiquement le nez peu avant la quinte parce qu’ils y éprouvent un chatouillement, sont les arguments invoqués à l’appui.

II. La coqueluche catarrhe non spécifique. — Une théorie proposée par Gendrin, puis, avec quelques modifications, par Beau, est fondée sur les faits qui montrent la muqueuse du larynx plus ou moins enflammée, soit à l’autopsie, soit pendant la vie, et cela tout spécialement dans la région susglottique. "Voici comment Beau s’exprime : « Lorsque le produit muco-purulent sécrété par la membrane enflammée vient à tomber sur la glotte, il détermine des accès de suflocation semblables à ceux qu’on éprouve lorsqu’on a avalé de travers. Tout à coup, la glotte se resserre, et il en résulte un sifflement aigu à l’inspiration; puis il se fait un mouvement de toux quinteuse et saccadée à l’expiration, et cette toux donne lieu au rejet d’une assez grande quantité de liquide pituiteux extemporanément sécrété, dans lequel la goutte muco-purulente, cause de tous ces symptômes, est délayée et entraînée ». Mais il est des cas où il a été impossible de constater l’inflammation des régions sus-glottiques, et ce mécanisme admis par Beau ne saurait alors être invoqué.

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