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INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES GÉNÉRALES DANS LES BRONCHITES

Certes, le traitement de la bronchite doit varier avec la cause et la forme clinique de l’affection. Mais il y a des éléments morbides communs à toutes les bronchites; il y a par conséquent des indications thérapeutiques communes, dont l’une ou l’autre peut être prédominante. Ces indications sont les sui-

PATHOLOGIE GÉNÉRALE DES BRONCHITES

vailles : 1“ modifier et diminuer les sécrétions bronchiques ; 2“ diminuer la toux; 5“ faciliter l’expectoration.

1“ On remplit la première indication — modifier et diminuer les sécrétions bronchiques — avec des substances renfermant des principes volatils qui, après absorption, viennent s’éliminer par la muqueuse des voies respiratoires, et la modifient sans doute en y réalisant un certain degré d’antisepsie. Les balsamiques (térébenthine, terpine, terpinol, copahu, benjoin et acide benzoïque, goudron, créosote, baume de Tolu et baume du Pérou), les gommes-résines (asa fœtida, galbanum, gomme ammoniaque), les plantes tï huile essentielle (boldo) buchu, bourgeons de sapin, eucalyptus), les sulfureux ; tels sont les agents de la première médication.

L’insuffisance urinaire est une contre-indication à Tusage de ces agents qui, pour la plupart, renferment des résines qui s’éliminent par les reins et peuvent les irriter.

L’intolérance de l’estomac est quelquefois aussi une contre-indication; mais on peut alors administrer les balsamiques par la voie des inhalations. Le moyen le plus simple est de verser une cuillerée à dessert d’essence de térébenthine dans de l’eau chaude et de faire inhaler au malade les vapeurs qui s’élèvent audessus du mélange. On peut employer aussi des inhalations pratiquées à l’aide d’un flacon barboteur dans lequel pénètrent deux tubes et qu’on remplit à moitié d’un mélange balsamique comme le suivant ;

Créosote de lièlrc. . . .

Raume du Pérou ....

Térébenlliino suisse. . .

Teinture d’cucaly])tus. .

Teinture de benjoin. . .

Essence de téréljcntliine

10 grammes.

' Ta 15 —

Le menthol possède aussi la propriété de s’éliminer par les voies re.spiratoircs. J. Sawyer recommande de le faire absorber par la peau. Pour cela, on promène sur les téguments une baguette de verre trempée dans le mélange suivant :

Éther 5(V"

Menthol 56'-,50

La seconde médication, calmer la toux, ne doit être remplie qu’en s'inspirant de ce que nous avons dit plus haut des toux utiles et inutiles. Les médicaments qui calment la toux (médicaments Iréchiques) sont avant tout les narcotiques et les antispasmodiques, particulièrement l'opium, le laurier-cerise et la racine d’aconit.

Il ne faut pas oublier que les tisanes ]>cctorales ou béchiques, un peu délaissées aujourd’hui, au moins par les médecins, sinon par le public, sont quelquefois utiles; elles ont pour effet de favoriser la sudation, d’apaiser la toux et de calmer la sécheresse et la chaleur de la gorge qui l’accompagnent. Les espèces bédiitpues du Codex qui renferment des labiées stimulantes et balsamiques et

MALADIES DES BRONCHES

des plantes antispasmodiques serviront avec avantage à faire la tisane des bronchitiques (').

o“ La troisième indication, faciliter l’expectoration, ne se pose que lorsqu’il s’agit d’un sujet en état d’adynamie profonde dont la muqueuse respiratoire a perdu la sensibilité béchigène, ou lorsque la bronchite s’étend aux petites bronches et menace d’entraîner l’asphyxie. La médication expectorante se sert des mêmes agents que la médication vomitive : l’ipéca, les préparations antimoniales et l’apomorphine. Mais en cas d’adynamie, il faut se garder d’administrer ces remèdes; ils dépriment l’organisme et peuvent aggraver l’état du malade; alors les meilleurs expectorants sont les stimulants, l’alcool, l’acétate d’ammoniaque, le chlorhydrate d’ammoniaque. Les vomitifs (l’ipéca de préférence au tartre stibié) ne conviennent que dans les cas où l’on craint une bronchite capillaire, particulièrement chez les enfants.

A côté de ces moyens de remplir les trois grandes indications que peut présenter toute bronchite, il faut citer la révulsion qui sera souvent un auxiliaire utile et quelquefois un remède héroïque. Aujourd’hui quelques médecins veulent abandonner la révulsion; d’autres veulent en limiter l’emploi au traitement de la douleur. Cependant l’expérience a appris qu’elle est très utile dans les phlegmasies; elle est très efficace en particulier contre certaines bronchites tenaces et localisées. On dit que le mode d’action de la révulsion est inexplicable. La physiologie moderne fournit pourtant une explication plausible de ses effets : l’irritation cutanée agit spécialement sur les nerfs et retentit par voie réflexe sur les vaso-moteurs viscéraux. Et M. Bouchard et ses élèves ne nous ont-ils pas montré le rôle que jouent les nerfs vaso-moteurs dans les phénomènes de défense de l’organisme contre les agents morbifiques?

Tout récemment, en Angleterre, M. Lauder Brunton a cherché à expliquer l’action du vésicatoire, par les notions modernes sur les propriétés thérapeutiques du sérum sanguin; il pense que l'efficacité de la vésication dépend de la réabsorption par le sang du sérum tiré de ce même sang et légèrement modifié. Aussi conseille-t-il de ne pas ouvrir l’ampoule du vésicatoire. On sait aussi que l’empoisonnement par la cantharide peut provoquer une bronchite; peut-être y a-t-il dans cette particularité une des raisons de l’action modificatrice du vésicatoire.

Le médecin aura à juger comment il convient de mettre en œuvre les moyens que nous venons d’indiquer: c’est tantôt une indication, tantôt une autre qui domine la situation. Parfois enfin, la hronchite n’est qu’un élément morbide insignifiant au cours d’un état grave; il faut alors négliger la bronchite et ne s'occuper que de l’état générateur.

(') Les espèces l>échiques (species hechicæ) sc. composent des plantes suivantes, mélangées à parties égales : feuilles de capillaires du Canada, <le lierre terrestre, de scolopendre, de véronifpie, sommités d’hysope, capsules de ijavot blanc privées de semence (10 grammes en infusion dans un litre d’eau'.

TYPES CLINIQUES DE LA BRONCHITE

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