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CHAPITRE V

Historique. — La vaccine est une maladie inoculable, qui paraît primitive chez le cheval et le bœuf et qui confère à l'homme l'immunité contre la variole.

Depuis 1721, on n'employait en Europe comme préservatif de la variole, que la variole elle-même, et la pratique de la variolisation était générale en Europe à la fin du xviii^ siècle. Cependant en 1768, Sutton et Fewster avaient fait connaître à la Société de médecine de Tornbury des faits d'immunité variolique chez des gens atteints de cow-pox. C'était aussi une croyance parmi les paysans du comté de Glocester que les vachers et vachères qui avaient contracté, en soignant les vaches, une maladie pustuleuse, fréquente alors sur le pis de ces animaux, échappaient aux épidémies de variole. Jenner, médecin inoculateur dans cette région, put observer sur une vachère, des pustules en pleine évolution qu'elle portait à la main; l'inoculation au bras d'un enfant de 8 ans produisit des pustules semblables (mai 1796) et 2 mois plus tard, un essai de variolisation sur le même enfant resta inactif.

De 1798, époque où fut publiée cette découverte, date l'histoire scientifique de la vaccine. La pratique de la vaccination se répandit très vite, et en 1802 elle était déjà connue hors d'Europe; en France, elle fut importée par Aubert et Woodville. Acceptée d'abord sans contestations, sauf dans les pays musulmans, elle a trouvé depuis lors des détracteurs, et quelques faits de conlagion de syphilis, de septicémie, d'érysipèle ont fourni des armes aux anlivaccinateurs. Cependant la vaccination est devenue obligatoire dans nombre d'Etats européens; les dangers rares mais incontestables de la vaccination de bras à bras (vaccine humaine ou jennérienne) et la dégénérescence du vaccin jennérien d'une part; d'autre part, la nécessité de posséder de grandes quantités de vaccin pour satisfaire aux exigences des lois d'obligation, ont conduit à la création de centres de production intensive (instituts vaccinaux) et ont pou à peu substitué la vaccination animale à la vaccination jennérienne. Ce mouvement s'accentue dans notre pays depuis quelques années, et cette dernière est aujourd'hui la seule admise dans la pratique militaire (21 novembre 1888).

Étiologie. — Origines. — La vaccine de l'homme dérive de celle de la vache (cow-pox) ou du cheval (horse-pox). Dans ces deux espèces elle est spontanée, ou du moins elle peut se développer en l'absence apparente d'inoculation, probablement par simple contagion; mais quand elle apparaît dans une étable, elle atteint un grand nombre de vaches, la main des gens chargés de les traire inoculant la maladie au trayon.

Chez la vache, c'est une maladie à manifestations surtout locales; chez le

cheval, au contraire, elle retentit toujours assez gravement sur l'état général. A laquelle de ces deux espèces appartient en propre la maladie? Jenner, Loy, avaient vu dans le horse-pox la maladie primitive et admettaient que les vaches n'étaient infectées que secondairement ; la chose en soi a peu d'importance; mais il est certain qu'on a vu nombre d'épidémies de cow-pox en dehors de toute contagion chevaline.

Le horse-pox (grease de Jenner), malgré les descriptions de Loy (1802), Sacco (1809) fut pendant longtemps confondu avec d'autres maladies du pied du cheval (eaux aux jambes, javart, etc.); les recherches de Lafosse (1860), de Bouley (1865), ont permis de fixer sa symptomatologie exacte. C'est « une maladie éruptive, qui peut occuper tous les points du corps ou se concentrer soit à la partie inférieure des membres, soit autour des narines et des lèvres, soit dans les cavités nasales, soit dans la bouche ». Ces vésicules qui constituent l'éruption arrivent à maturité du 8'= au 9^ jour. L'inoculation du liquide aux vaches donne le cow-pox; aux enfants, elle donne une vaccine bien caractérisée, mais dont les phénomènes inflammatoires sont très violents. Réciproquement, le cow-pox (Loy, Commission lyonnaise) et le vaccin humanisé (Depaul, Chauveau) inoculés au cheval, produisent le horse-pox.

Le cow-pox naturel est fréquent dans certaines régions (Holstein, Wurtemberg); quelques cas observés en France (Passy, Beaugency) ont fixé son histoire.

Il atteint particulièrement, aux mois de mai et juin, les vaches qui ont vêlé depuis moins de 3 mois (Layet)('), mais les jeunes génisses (de 2 à 8 mois) présentent une très grande réceptivité, et ce sont elles qui servent à la culture dans les instituts vaccinaux.

Les pustules, au nombre de 10 à 20, occupent les trayons, elles sont rondes ou allongées et arrivent à maturité au bout de 5 ou 6 jours, plus rarement en 8 à 10 jours; elles reposent sur une base indurée, et s'entourent d'une auréole d'un rouge plus ou moins clair; elles sont argentées, aplaties, quelquefois franchement huileuses ; le contenu s'en écoule lentement par les scarifications. La dessiccation commence du 11<^ au 12*= jour, elle donne lieu à la formation d'une croûte brunâtre, dont la chute (5*= semaine) laisse à nu une cicatrice. Le plus souvent, l'éruption se fait par poussées successives (Layet). La rupture des pustules pendant la traite produit des ulcérations qui rendent la lésion méconnaissable et ont donné lieu aux interprétations les plus fausses, comme dans l'épidémie de Hendon, où l'on crut voir une maladie spéciale, la scarlatine de la vache (Crookshank, Voir art. Scarlatine).

Le cow-pox secondaire ou inoculé, qu'il provienne du horse-pox, ou du cow-pox primitif, ou du vaccin humanisé, se distingue par la régularité de l'éruption et par l'ombilication « qui est le propre de tout vaccin transmis » (Layet). Dans le premier cas (horse-pox) il atteint son plein développement en 8 jours (Lafosse, Bouley, Peuch, Layet). Dans le second, son évolution plus rapide aboutit à la pustulation complète le 5« jour (plus rapidement même pendant les grandes chaleurs). Quand l'inoculation a été faite par piqûre, la pustule est nettement arrondie, la zone lymphogène (partie qui contient la

Layet, Traité pratique de vaccination animale.

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lymphe) est d'un bl.inc mal, à liords bien nels; l'ombilicalion renlrale est 1res accusée; une auréole l'ose vif lenloure; on sent au-dessous une induration bien manifeste; le O*" jour, la zone claire devient un peu louche; le 7", elle est jaune et sensiblement purulente; le 8^ jour, la pustule s'aplatit, et se recouvre à son centre d'une croûte noirûtre; le 10'=, la pustule est noire, presque entièrement croûteuse, rétractée. Les croûtes tombent vers le 17'" jour (Layetj: toutefois, par les passages successifs, l'évolution des pustules s'accélère, et. après quelques années, les croûtes tombentau bout de \ i jours environ (Pfeiffer, Voig-t). L'éruption s'accompagne toujours d'une légère élévation de température.

L'inoculation du horse-pox à la génisse ne donne pas toujours lieu d'emblée à une vaccine typique, mais le second passage lui donne ses caractères définitifs d'évolution et de virulence (Layet).

L'inoculation du vaccin humanisé à la génisse ou rclro-vaccination (Voodville, Sacco, Bousquet, instituts vaccinaux allemands) donne des vésicules qui atteignent leur maturité du 7« au 10*= jour.

La vaccine est inoculable et cultivable sur la chèvre (Bertin et Pic(|. Heivieux) ('), sur le chien (Ferré, Hervieux), sur l'âne et sur le lapin (Bard et Leclerc) (-). Sur chacune de ces espèces, elle conserve des propriétés identiques à celles du cow-pox. ce qui permet de prévoir pour l'avenir de plus grandes facilités de culture.

Réceptivité de l'homme. Immunité. — Un bien petit nombre de sujets sont réfractai res à la vaccine.

(a) Uimmunilé naturelle est inférieure à 1 pour 100; beaucoup de statistiques qui donnent un chiffre plus élevé sont erronées parce que les tentatives d'inoculation n'ont pas été renouvelées plusieurs fois; et parce qu'il est commun de voir la vaccination ne réussir qu'à une deuxième et troisième tentative. Cette proportion va en diminuant avec les perfectionnements de la vaccination.

{b) L'immunité ^ar vaccination antérieure est transitoire; il est difficile de fixer sa durée, car elle varie avec les sujets et probablement avec la lymphe employée, comme avec le mode d'inoculation et l'intensité de l'infection première. Elle est souvent inférieure à 10 ans, chiffre accepté autrefois; car sur la population des écoles, on a obtenu des succès dans la proportion suivante : 40 pour 100 pour les enfants de six à sept ans; 42 pour 100 pour ceux de sept à huit ans; 45,5 pour 100 de huit à dix ans, 44,5 pour 100 de dix à douze ans (Layet). A l'âge du service militaire, la proportion des succès est encore de ()0 pour 100 (Titéca), 75 à 80 pour 100 (Layet), 82 à 8i pour 100 (PfeilTer). En Allemagne, la totalité des revaccinations de tout âge a donné jusqu'à 94,2 pour 100 (Meyer). Il semble que l'immunité acquise s'épuise particulièrement aux périodes de rapide développement du corps et de « rénovation des tissus » (Layet), c'est-à-dire pendant l'enfance et l'adolescence.

(c) L'immunité par variole antérieure n'est pas définitive et s'épuise comme la précédente (Jenner, Pecco, Thiele). La proportion des succès de la vaccination chez les varioles est de 24 à 25 pour 100.

(') Bertin et Picq, Hervieu.v; Acad. de méd., '27 mai 1800.

(*) Bard et Leclerc, De la réceptivité du lapin pour la vaccine; Gaz. Iicbd.. 14 fév. 1800, n'7.

Description. — Dans les trois premiers jours qui suivent l'inoculation, on n'observe rien de spécial, si ce n'est, au début, une légère tuméfaction rouge autour de la piqûre, qui s'efTace rapidement.

A la fin du 5« jour, on perçoit au doigt une petite élevure papuleuse et rouge qui prend, le 5'' et surtout le G'^ jour, l'aspect d'une vésicule aplatie et transparente.

Le 5" jour, on distingue déjà au centre une petite dépression omhUkale, qu'entoure une zone nacrée, zone lymphogène (Layet); une aréole rose, étroite entoure la vésicule; il existe à peine un peu d'induration sous-jacente.

Le 6e jour, ces caractères prennent plus de netteté.

A la fin du 7" jour, ou au commencement du S*' (période de maturation), la pustule vaccinale a pris son complet développement et son aspect typique; c'est une vésicule plus ou moins large, aplatie, avec une ombilication centrale bien marquée, d'une couleur blanche, nacrée, plus transparente sur les bords, avec un reflet bleuâtre (d'Espine) ; le bord est surélevé et se détache nettement de la peau environnante ; la pustule est entourée d'une aréole rouge plus ou moins large et qui va augmenter les jours suivants; si Ion incise la partie nacrée (zone lymphogène) on voit sourdre le liquide clair, qui s'écoule lentement sans que la pustule subisse un affaissement notable (d'Espine).

A la fin du S*' jour, la pustule augmente rapidement de volume, mais elle perd sa transparence, elle devient louche; l'ombilication s'est agrandie, l'aréole rouge vif s'est étendue; l'induration sous-pustuleuse est plus accentuée et diifuse; c'est la période de suppuration (Layet).

Le O*^ jour, la réaction inflammatoire locale augmente, la peau voisine est tuméfiée et tendue: la zone lymphogène est bosselée, irrégulière, la dépression centrale s'agrandit. On constate fréquemment la lurnéfactio)i des ganglions de l'aisselle.

Le 10^ et le 11'' jour, la réaction s'atténue; la portion centrale forme un commencement de croûte; le reste de la pustule se flétrit, devient irrégulier et jaunâtre; l'aréole est d'un rouge moins vif.

Le 12 et le lo'" jour, la transformation en croûte se complète. La croûte noirâtre se durcit peu à peu et tombe au bout de trois ou quatre semaines. Il reste une cicatrice gaufrée ou finement piquetée, indélébile (jui, d'abord pigmentée et brune, pâlit et devient blanche.

Le vaccin retentit parfois sur l'état général vers le 7' jour; les troubles se bornent à un peu de malaise et d'agitation nocturne; rarement, en dehors des complications, on observe de la céphalée, des nausées et de la diarrhée: souvent ce malaise est nul.

La fièvre vaccinale, manifestation inconstante, commence le plus souvent du 4* au 6« jour (Peiper) (') entre la Ah' et la 16 i'^ heure (Jacksh) (^). L'abaissement de température signalé par Jacksh dans les 5 ou 4 premiers jours est rare; elle monte progressivement (fièvre rémittente à grandes oscillations) jusqu'au 8'^ joui où elle atteint son maximum (58"2 à 40"). Le plus souvent l'ascension ne dépasse pas quelques dizièmes de degré; le pouls et la respiration sont légèrement

(') Peiper, Zeitsch. f. klin. Med., 1890, vol. XXII, n°= 1 et 2.

(-) Jakscii, Ueber den Idinische Verlauf der Schutzpocken; Jahrb. f. Kinderh.,\o\. XX\ IIK fasc. 3 et 4, 1888.

accélérés; la fièvre dure 2 jours et demi à A jours; puis elle tombe en lysis. L'urine, souvent plus abondante pendant la période d'incubation, diminue après la chute de la température; elle ne contient ni albumine, ni acétone; mais la quantité d'urée est augmentée pendant la fièvre. Il n'y a d'ailleurs aucun rapport entre l'âge de l'enfant, sa constitution, le nombre et le développement des pustules et l'intensité ou la durée de la fièvre.

Variétés, anomalies. — {a) La vaccine retardée (vaccine latente) peut se manifester seulement au 7'=, 10^, i¥ jour; si on revaccine l'enfant, dans un délai maximum de 8 à 10 jours, il arrive que les pustules des deux séries d'inoculations se développent simultanément; ce retard s'observe surtout avec le cow-pox artificiel (d'Espine, Layet).

L'évolution des pustules est au contraire accélérée en été, et au 7'" jour, la transformation purulente est déjà complète.

{b) L'immunité peut être obtenue sans manifestation cutanée, quand on pratique l'inoculation sous-dermique; mais la fièvre, le malaise, l'engorgement ganglionnaire sont plus fréquents (Layet).

(c) La fausse vaccine résulte de l'inoculation à un organisme en état d'immunité incomplète ; la résistance des tissus à l'imprégnation vaccinale se traduit par une inflammation assez vive (phénomène de phagocytisme) et par l'avortement de la pustule (Layet). Sur la piqûre apparaît très rapidement, dès le ''2'^ jour, un bouton acuminé, conique, surmonté ou non d'une vésico-pustule jaunâtre qui ne s'ombilique pas et qui provoque une vive démangeaison; quelquefois, chez l'adulte, l'élément revêt l'aspect furonculeux, un peu hémorrhagique, et se recouvre d'une croûte dure et noire.

La fausse vaccine peut conserver sa virulence et transmettre à un autre individu la vaccine vraie, ce qui indique bien qu'il s'agit là d'une réaction indépendante de ses qualités propres (Layet).

Enfin, la pustule vaccinale peut être modifiée par des impuretés de la lymphe, par le grattage et les traumatismes qui, sans constituer une complication, augmentent les phénomènes inflammatoires, altèrent les caractères de la vésicule et produisent un retard de cicatrisation; on a aussi désigné à tort ces cas sous le nom de fausse vaccine. Ils serviront de transition avec les accidents que nous allons étudier maintenant.

Complications. — Celles-ci reconnaissent plusieurs origines; tantôt en efTet elles sont dues à un mode de réaction spéciale du sujet à l'égard du vaccin ; tantôt elles résultent de l'état diathésique ou morbide antérieur; enfin, elles sont dues à une infection secondaire.

1" Complications tenant a une mî;ACTiON idiosyncrasique du v.vcciné. — Les éruptions décrites sous le nom de vaccinides rentrent dans cette classe; elles se présentent sous les aspects de roséole, miliaire, scarlatinoïde, d'éléments érythémato-papuleux (lichen vaccinal), d'urticaire, enfin de vaccine généralisée.

(a) La roséole et la miliaire apparaissent du 8« au 1 h' jour, c'est-à-dire après l'imprégnation complète ; la roséole qui est la plus fréquente, débute en général

sur les bras, autour des pustules vaccinales et à la face, puis de là se généralise en quelques heures à tout le corps; quelquefois elle est générale d'emblée. Elle est morbilliforme ou roséoliforme à petits éléments ; nous l'avons vue formée de petites papules très fines comme certaines éruptions sudorales : elle est toujours apyrétique et sans énanthème. La miliaire est beaucoup plus rare; elle a une marche plus lente (d'Espine et Picot).

(6) La vaccine généralisée par infection générale ou d'origine interne, est rare (Moulinet, Padieu, Besnier, Dauchez, Lacour) ; elle s'observe particulièrement dans l'inoculation du horse-pox(Bouley, Warlomont); le vaccin humain et le cow^-pox la produisent aussi, mais, en général seulement chez les enfants vaccinés pour la première fois. Parfois, il s'agit de sujets sains, mais souvent aussi de malades atteints de dermatoses plus ou moins intenses (eczéma, impétigo) ; l'irritation cutanée qu'elles causent appelle les manifestations éruptives de la vaccine ; ce fait s'observe aussi dans la variole.

Les vésicules apparaissent indifféremment sur tous les points du corps ; elles sont contemporaines des pustules du bras ou les précèdent, ce qui les distingue des pustules d'auto-inoculation ('). Leur évolution s'accompagne de fièvre plus ou moins intense, mais généralement bénigne ; quand l'éruption est abondante, la fièvre s'élève à 40" et plus, l'enfant succombe à des accidents infectieux, avec des dégénérescences viscérales (Gaucher). Plus rarement la vaccine prend le type liémorrhagique, les pustules noircissent, s'entourent d'une zone scarlatiniforme; les hémorrhagies, surtout les épistaxis, peuvent être mortelles (Bergeron, Burlureaux, Chambard-Hénon).

2" Complications liées a un état morbide antérieur du vacciné. — [a) La vaccination chez un sujet atteint de syphilis grave peut être dangereuse ; le mauvais état général explique la formation d'eschares qui se forment au niveau des inoculations (Balzer, Mauriac). Mais en règle générale, la syphilis ne modifie pas l'évolution de la vaccine.

(6) Chez les malades atteints de derm,atoses étendues ou tenaces (surtout V eczéma), la vaccination peut être nuisible par plusieurs mécanismes dont les principaux sont la généralisation par infection générale (nous en avons déjà parlé) et Y auto-inoculation. Celle-ci se produit directement par le contact de la partie dénudée avec les pustules, ou indirectement par les doigts chargés do lymphe. C'est du ^^ au 8« jour que les conditions sont le plus favorables, car il faut que les pustules soient déjà assez liquides pour se rompre par les frottements ou le grattage, et encore assez jeunes pour être virulentes; cependant l'autoinoculation serait encore possible jusqu'au iO« jour (Damaschino).

Les pustules surnuméraires siègent partout indifféremment, plus souvent à la face, parfois à la vulve, à l'anus; leur forme est souvent irrégulière (par irrégularité de la surface d'inoculation); elles évoluent tantôt très rapidement

(') On décrit sous le nom d'herpès vacciniforme, de vaccino-syphiloïdc des jeunes enfants. une éruption de vésicules rappelant la vésicule de vaccine au 6° jour, qui occupe principalement la région génitale (vulve et scrotum), le pourtour de l'anus, les deux tiers supérieurs de la cuisse, surtout aux j^s de la peau ; ces vésicules laissent après leur rupture une papule exulcérée et suintante, circulaire ou polycyclique qui ressemble absoliuuent à des syphilides papulo-érosives. Cette dermatose s'observe chez les enfants de 2 à i mois.

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et arrivent à la dessiccation presque en môme temps que les pustules primitives, au iô"^ 14'"jour (d'Espine), tantôt plus lentement (Dauchcz). La fièvre est conslante chez les enfants ; elle s'accompagne de vomissements, d'accidents nerveux <pii cessent généralement du 12*= au 15^ jour. Quand la dermatose primitive est très étendue, la vaccine se généralise et met le sujet dans un état 1res grave {vaccine généralmée par inoculation).

Le diagnostic de ces éruptions n'est pas sans quelque difficulté' : (juand elles occupent les orifices du corps (vulve, anus), elles simulent des sypliilides; en d'autres circonstances, leur abondance est telle qu'on croit voir une variole (Dauchez).

(c) Enfin, la vaccination peut aggraver une dermatose, ou en jjrovoquer V apparition chez un sujet prédisposé; c'est ainsi qu'on a vu l'eczéma se manifester et s'installer définitivement après la première vaccination (Dauchez, d'Espine). D'où cette conclusion pratique que chez un sujet atteint deczéma, il faut, avant de vacciner, attendre l'atténuation ou la disparition des accidents cutanés; si une épidémie de variole oblige à pratiquer l'inoculation, il faut faire une seule piqûre à chaque bras, et recouvrir avec soin la pustule. Nous avons vu cependant des enfants très eczémateux vaccinés sans aucune complication ; on a même signalé des cas de dermatoses améliorées par la vaccination.

o" Infections sECONDAmES. — [a) Dans cette classe rentrent les accidents décrits sous le nom d'ecthyma, de pempltigiis, à'impétigo. Ce dernier comprend un certain nombre d'éruptions pustuleuses fébriles dont les éléments variant du volume d'un pois à celui d'une pièce de 50 centimes, occupent surtout le visage,* les membres supérieurs, puis le tronc; elles sont contagieuses, même pour les sujets non vaccinés ; on a vu ainsi de véritables épidémies de contrée. (^-es faits sont particulièrement fréquents en Allemagne, dans les régions où l'on emploie des pulpes conservées depuis longtemps et parfois altérées (épidémies de Rugen, Eberfeld, Sidow, Dusseldorf); mais l'impétigo est aussi causé parfois par l'impureté de la lymphe à l'intérieur de la pustule, et qui apparaît sillonnée de traînées blanchAtres purulentes. Quand on inocule à la fois la lymphe pure et ce produit purulent, on obtient une vaccine un peu anormale, non ombiliquée, avec une zone d'inflammation intense et qui laisse après elle une ulcération superficielle à fond livide. Si on inocule la matière blanchâtre seule, on n'obtient pas de pustule vaccinale, mais une vésicule (jui se vide et forme une croûte, puis s'entoure de nouvelles vésicules. M. Pourquier attribue <:ette altération de la lymphe à un microbe qu'il a isolé et qui paraît provenir de leau employée au nettoyage des animaux. Protze incrimine le tricophyton tonsurans, qui est fréquent sur les animaux. Lalîection guérit généralement assez vite, elle est cependant quelquefois mortelle (8 décès sur Ô42 malades).

(6) A côté de ces faits, il faut ranger un certain nombre d'accidents mal classés, vaccines ulcéreuses, chancri formes, vaccines enflammées; ils procèdent aussi par épidémies, mais sont dus plus souvent à l'emploi de vaccin de bras à bras trop ancien; il faut admettre que du pus s'était déjà formé dans la pustule vaccinifôre et que son inoculation a altéré et infecté la piqûre; dans une même série de vaccinés tous ne sont pas atteints et, ce qui est plus particulier, toutes les pustules d'un môme individu ne sont pas infectées (Commenge). On peut

expliquer ce fait par le mélange inégal et inconstant du pus avec la lymphe vaccinale.

Les ulcérations reposent sur une base indurée, elles occasionnent quelquefois de la fièvre et de la diarrhée chez les nourrissons. Elles simulent à s'y méprendre le chancre syphilitique ; on les en distinguera grâce aux caractères suivants : elles sont multiples, ce qui est rare dans le syphilome vaccinal; elles sont généralement beaucoup plus larges et plus ulcéreuses, plus suppurantes (jue le chancre ; elles ne se recouvrent pas de croûtes ; elles sont taillées à pic ou excavées en entonnoir avec une profondeur de 3 à 5 millimètres; le fond est anfractueux, inégal, gris ou jaune, blafard; elles reposent sur une base empâtée, véritablement inflammatoire; elles sont entourées d'une large aréole rouge; elles donnent lieu à des adénopathies multiples et douloureuses; enfin l'incubation en est beaucoup plus courte que celle de l'accident initial de la syphilis, car elles sont déjà constituées au 8« ou 12<^ jour (Fournier, Leioir). Elles guérissent assez lentement (un, deux mois) et laissent une cicatrice irrégulière et difforme.

(c) D'autres fois, la tendance ulcéreuse est moins marquée, les accidents inflammatoires dominent; on observe des dermites, de la lympJiangite, caractérisées par la rougeur, le gonflement et la tension de la peau sur une plus ou moins grande étendue autour des pustules ; la pustule plus ou moins ulcérée donne écoulement à un liquide séreux.

{d) A un degré plus intense et plus grave, l'infection se traduit par des abcrs, des pldegmons diffus qui entraînent souvent la mort quand ils se compliquent de véritable septicémie (épidémies de San Ouirino, d'Asprières).

(e) Uérysipèle vaccinal est précoce ou tardif. Dans le premier cas, il se manifeste 24 heures ou moins après l'inoculation; l'infection a été produite par la piqûre elle-même, qui a introduit le streptocoque dans la peau. L'érysipèle tardif commence du Ti^ au 10'' jour : il est dû à la malpropreté du sujet, plus rarement à une inoculation tardive par la lancette, (juand le sujet sert à son tour de vaccinifère. Quand l'érysipèle reste localisé autour de la pustule, il dure de 5 à 7 jours et guérit le plus souvent. Quand il se généralise et devient ambulant, il est le plus souvent mortel (67, 5 pour 100 d'après Rauchfuss).

Tous ces accidents sont évitables par l'emploi d'une lymphe fraîche recueillie nu jour précis de la maturité (5*^ pour la génisse, 7'" pour l'homme) inoculée avec un instrument aseptique et sur une peau préalablement asepsiée.

if) La sypJiilis vaccinale (*) est produite par la vaccination de bras à bras ; le sujet vaccinifère est généralement un enfant hérédo-syphilitique dont la inaladie n'a pas été reconnue ou bien est encore latente; quand il a servi à l'inoculation de plusieurs sujets, on assiste au développement de vraies épidémies ; car un individu inoculé avec du vaccin de syphilitique peut à son tour fournir une lymphe infectante, bien qu'il ne soit qu'à la période d'incubation.

Quel est le liquide virulent dans le vaccin inoculé ; est-ce la lymphe ellemême? est-ce le sang? On ne saurait le dire, car toute lymphe vaccinale, même la plus pure, contient toujours un peu de sang (Ch. Robin, Ricord, Barthélémy).

(') Fournier, Syphilis vaccinale (Leçons sur la), Paris, 1889.

L'accident initial se présente sous les aspects suivants :

l^La vaccine ne s'est pas développée et c'est après une incubation de 15 jours à 6 ou 7 semaines (25 jours en moyenne) que le chancre apparaît ;

2° La vaccine a été fertile et alors deux circonstances se produisent : [a) la vaccine s'est desséchée, les croûtes sont tombées, puis sur la cicatrice apparaît, après quelques jours, la lésion syphilitique ; (6) le chancre se manifeste avant que la crofite ne soit tombée, et celle-ci, en se détachant, le laisse à nu.

Le syphilome apparaît, quel que soit son mode de début, sous la forme d'une exulcération croûteuse qui atteint peu à peu jusqu'aux dimensions d'une pièce de 50 centimes; les bords sont taillés en pentes douces; le fond est lisse, uni, grisâtre par places, rouge en dautres points, reposant sur une base dure, à peine plus large que l'ulcération elle-même. Les croûtes tombent et se renouvellent. Le chancre guérit au bout de 4 à 6 semaines, puis, après une période de repos, les accidents secondaires se développent. La syphilis vaccinale est souvent mortelle chez les enfants du premier âge (Fournier).

L'étude des causes suffit à prouver le danger de la vaccine recueillie sur un enfant dont l'hérédité et la santé ne sont pas suffisamment connues et à démontrer la nécessité de la vaccination animale.

ig) La crainte de la tuberculose vaccinale a donné lieu à de nombreuses discussions et expériences. A la suite de 3 expériences positives rapportées par Toussaint ('), on avait craint que la lymphe recueillie sur un homme ou un animal phthisique ne pût donner la tuberculose. Il n'en est rien : les arguments réunis par Straus (^) le prouvent. En effet : 1" l'âge des génisses vaccinifères n'est pas celui de la tuberculose ; 2« les recherches de Guttmann, L. Meyer, Straus , Peiper n'ont jamais décelé de bacilles dans la lymphe vaccinale recueillie sur les tuberculeux; o" les expériences d'inoculation de Chauveau et Josserand (^) qui ont porté sur 14 individus tuberculeux ont été négatives; ¥ la peau, dans ses parties superficielles, est très réfractaire à l'inoculation tuberculeuse (Chauveau, Bollinger et Schmidt) (*) : 5" enfin depuis Jenner, on n'a pas recueilli un seul cas indubitable de tuberculose vaccinale.

Enfin, on comprend encore mieux combien ces craintes sont chimériques avec la vaccination animale quand on voit la faible proportion de veaux tuberculeux dans les abattoirs (1 sur 22 520 tués à l'abattoir d'Augsbourg, d'après Adam, et 0,0000 sur 100 à Munich, d'après Putz.

Anatomie pathologique de la vaccine. — La structure de la pustule vaccinale ressemble à celle de la variole (Cornil et Ranvier). Elle est constituée par le ramollissement et la liquéfaction, la transformation vacuolaire des cellules de l'épiderme ; cette nécrose cellulaire paraît causée par les microorganismes qui occupent au début le centre de la pustule (Pincus). Il y a ainsi au début : une zone centrale nécrotique, une zone moyenne caractérisée par la tuméfaction trouble des cellules, une périphérique ou d'irritation constituée par la midtiplication des noyaux (Pincus). La cavité de la pustule est cloi-

(') Toussaint, Acad. dcttsc, 8 août 1881.

(-) Straus, Soc. mcd. des Iwp., 15 fcv. 1885.

(') Chauveau et Josserand, Iîcv. d'ti)/g., sept. 188 i, \L ]^. 757.

(*) Bollinger, Zur .Eliologie dc)\ Tuberculose, Munich, 1885.

sonnée et sa base épaissie, infiltrée de sucs constitue la « pulpe vaccinale ».

Le derme est toujours infiltré de leucocytes; l'induration et l'épaississement qui en résultent disparaissent avant la complète dessiccation.

La lymphe est un liquide clair et transparent jusqu'au S*" jour chez la vache, jusqu'au 7" ou 8« jour chez l'homme, légèrement filant, qui peut conserver longtemps ses qualités à une basse température, mais qui s'altère rapidement à lîs chaleur. Histologiquement, il est formé de leucocytes, de globules rouges (à partir du 8'" jour), de granulations et de débris cellulaires, de noyaux libres, enfin de micro-organismes; le vaccin contient donc toujours du sang.

Microbes. — Keber (1868), puis Chauveau, Burdon-Sanderson avaient reconnu l'existence de granulations arrondies qui passaient à travers les filtres, et qu'on retrouvait dans les flocons fibrineux qui se forment dans les tubes de vaccin ; Keber avait môme attribué à ces granulations les propriétés de la lymphe (d'Espine) et les distinguait bien des champignons qui se développeni dans la lymphe ancienne. Plus récemment (1890), les expériences de Straus. Chambon et Ménard (') ont prouvé que la lymphe filtrée au filtre de plâtre perdait entièrement ses propriétés, même à la dose de 2 centimètres cubes injectés sous la peau d'un veau. La stérilisation fractionnée donne les mêmes résultats (Janson).

Il est donc vraisemblable que les micro-organismes sont les agents de l'infection vaccinale; la résistance du vaccin au froid, sa dégénérescence sous l'influence de la chaleur, et sa destruction à une température supérieure à 52" rentrent bien dans les propriétés ordinaires des micro-organismes. Mais on n'a pu encore isoler un microbe incontesté.

Les micro-organismes de la pustule, à sa période d'état, occupent la couche superficielle cornée, le liquide, où ils forment des amas irréguliers (Cornil et Babès), la couche de Malpighi et le derme même dans toute son épaisseur, particulièrement dans les fentes lymphatiques (Straus) {^).

La lymphe du veau est plus riche en bactéries que celle de l'homme, elle renferme fréquemment un bacterium termo, le proteus vulgaris (Pfeilïer); on trouve encore le staphylococcus pyogenes aureus (Klebs, Bareggi, Marotta), le staphylococcus viridis flavescens (Guttmann) ; le cereus albus (Passet, Cohn, Voigt, Garré) qui est constant dans la vaccine. Pfeiffer a encore décrit un saccharomyces et un microbe orangé qui, inoculé sur la peau, produit une vésicule à évolution rapide, laquelle disparaît sans conférer l'immunité (fausse vaccine). Ce sont là autant de microbes d'infection secondaire; Pfeiff'er remarque qu'on n'a pas encore rencontré le streptocoque pyogène et rapproche ce fait de la rareté de l'érysipèle dans la vaccination.

Cependant on trouve constamment dans la lymphe un coccus très spécial, extrêmement petit, de 1 a de diamètre, se présentant en amas. Quelques auteurs ont cru isoler le microbe spécifique. Quist (1885) aurait cultivé sur du sérum de bœuf, glycérine et alcalin, un coccus qui, inoculé à un enfant (2» culture), le rendit réfractaire au vaccin lui-même (^). Voigt (1885) a isolé trois micro-orga-

(') Straus, Chambon et Ménahd, Sur. de bioL, 20 dcc. 1885.

(-) Straus, Soe. de bîoL, 25 juillet 1882.

(■') OuiST, Pelersb. medic. Woch., n° 40, 188.1.

traité de médecine. — II. 12

178 FIKVRKS KUUPTIVKS.

nismes dont un coccus, cullivaiil sur gélatine en colonies grisâtres; celui-ci donne au veau le eow-pox expérimental lypi<{ue dans le<piel on retrouve ce micro-organisnic avec la même virulence. Garré (lSM7j a eonlirnu; les recherches de ^oi^l; il a en eitet cultivé un coccus qui existe à l'c'tat pur sous le derme sous-jacent à la pustule, (jui donne au veau un cow-pox inoculal)le en séries, mais (jui n'est vaccinilere pour Ihomme cpi'après passage sur le veau ('). Knfîu il faut rappeler les recherches de PfeifTer (1887) qui signale des plasmodies dans le sang des vaccinés (^), de Van der Loefï' (1889) qui <Iécrit dans la lymphe vaccinale des corpuscules très mobiles, analogues aux proléides et dont l'abondance est en rapport avec l'activité du vaccin (') ; enfin de Buisl (1887) qui décrit des levures très semblables à celles de la bière et qui a expérimenté la levure de bière sur le singe dans l'espoir de provoquer un processus variolique {'').

Théorie de la vaccine. Variolo-vaccine. — Malgré l'imperfection des données précédentes, nous admettrons (jue la vaccine est une infection microbienne qui confère l'immunité contre l'infection variolique. ]\Iais comment agit ce vaccin? Ressemble-t-il aux vaccins pastoriens qui ne sont que le virus primitif atténué par des procédés variés? En d'autres termes, la vaccine serait-elle une variole atténuée, le virus subissant par des passages successifs à travers respèce bovine une atténuation analogue à celle du rouget quand il passe à travers le lapin, ou du virus rabique quand il passe à travers le singe?

('cite théorie de l'identité des deux virus est très ancienne. Jeûner l'admettait; en 1864, Depaul la défendait à l'Académie de médecine; actuellement, à la lumière des données récentes sur l'atténuation des virus, il y a lieu de la discuter plus attentivement (Uodet) (») ; malheureusement il n'existe, dans l'histoire des virus atténués et de l'immunité, aucun fait de nature absolument comparable, et l'expérimentation n'a pas encore répondu catégoriquement.

Si cette identité était prouvée, l'immunité vaccinale rentrerait dans la théorie générale de l'immunité acquise. Dans le cas contraire, le mécanisme en serait beaucoup plus obscur et plus difficile à interpréter; comment comprendre, en elVet, ([u'un virus puisse produire dans l'organisme toutes les modifications qui constituent l'immunité pour un autre micro-organisme? Il existe bien en pathologie expérimentale quehpies faits analogues; Pasteur a montré qu'en inoculant préalablement la poule avec le choléra atténué, on ne réussit plus à rinfecter par le charbon en la refroidissant (condition nécessaire dans les expériences ordinaires). De même Emmerich, Zagari ont rendu le lapin réfractaire au charbon en lui inoculant le streptocoque de l'érysipèle, !2 à li jours avant. Mais l'analogie avec la vaccine jennérienne est lointaine: car le court espace de temps qui sépare les tleux inoculations permet d'expliquer cette immunité par la concurrence vitale des deux micro-organismes (Rodet).

(') C.Aitiu';, DcKitirh. mcd. Woch., n" 12 cl lô, 1887.

(-) Pi-EU-i-En, Zcitsck.f. HijQ., 1kl II, 1887.

(^) V.\N \n:n LmorK, Monaturfi. f. priikl. dermat.. \" mai 1889.

('') BuisT, Vaccina and variola, Londres, 1887.

(•') Rodet, Inoculations vaccinales; Bcv. de )ncd.. 1880.

1" La vaccine ne se transforme pas en variole; on n'a jamais observé cette exaltation du virus vaccinal; et s'il y a des vaccines graves (généralisées, hémorrhagiques), elles n'ont aucun caractère commun avec la variole; c'est une gravité propre au sujet vacciné.

2" La transformation de la variole en vaccine, par passages sur la vache, est-elle possible ? Les expériences de Ghauveau et de la Commission lyonnaise (1865-1806), de Warlomont, Berlhet (1884), ont donné des résultats négatifs. D'après ces auteurs, l'inoculation de la variole au cheval ou à la vache ne reproduit que la variole, même après plusieurs passages successifs; l'inoculation des éléments ainsi obtenus à des sujets non vaccinés les variolise, et la variole qu'on obtient est tantôt bénigne, tantôt grave et même mortelle ; l'inoculation simultanée à l'animal de la variole et de la vaccine reproduit les deux maladies ; l'inoculation de la variole à l'animal le préserve de la vaccine, mais « le cheval ou la vache auxquels on inocule la variole, ne rendent que la variole ».

M. Rodet remarque à ce sujet que la variole inoculée à l'animal est remarquablement bénigne ; or le horse-pox et le cow-pox en lesquels elle devrait se transformer (si la théorie de l'identité était vraie), sont des maladies certainement plus virulentes pour l'animal; c'est donc une exaltation du virus qu'il faudrait obtenir; mais loin de s'exalter, le virus variolique s'atténue à chaque passage, jusqu'à disparaître, surtout chez le bœuf. Cette objection a quelque valeur, cependant nous devons exposer les faits positifs :

Dans des recherches mvdtiples, Gassner (1807), Sunderland (18Ô0), Thiele (1858), Reiter (1859), Ceely(1859), Putnam, Badcock (1840), Senft, Voigt (1882) auraient réussi, en variant les procédés d'inoculation, à transformer plus ou moins rapidement la variole en vaccine. Badcock, Voigt ont inoculé à l'homme cette variolo-vaccine dès la seconde génération; dans les premiers passages sur l'homme , Voigt observa une reviviscence partielle du virus variolique et quelques accidents graves; puis l'atténuation devint définitive.

Dernièrement enfin, Pfeiffer ('), Fischer (^), Eternod et Haccius ('*) ont de nouveau affirmé qu'en créant une surface d'absorption vaste et bien dénudée (scarification, excoriation) et en prenant le liquide dans les vésicules à leur début, c'est-à-dire au moment de leur plus grande virulence, on peut inoculer la variole à la vache. D'abord, on n'obtient ainsi que des pustules peu nombreuses, peu typiques, frustes; mais à la S*^ et 5" génération, la pustulation deviendrait identique à celle du cow-pox. Linoculation aux enfants donnerait la vaccine typique.

Si ces expériences se confirmaient, il faudrait considérer la vaccine comme une variole atténuée. Mais la question n'est pas résolue, car il est certaines circonstances où le virus devrait reprendre sa virulence première ; or, ce fait n'a jamais été réalisé, puisque au contraire la répétition des passages dans une même espèce (animale ou humaine) aboutit souvent à l'affaiblissement du

(') Pfeiffer, Dculsch. Vierleljahrsch. f. ôff. Gesundheit, 1882, Bd XIV.

(-) Fischer, Miinch. med. Woch., 1890, n" 43.

(^) Eternod et Haccius, Sem. méd., 31 déc. 1890, H" 50.

180 FIEVRES ÉRUPTIVK8.

vaccin et rend nécessaire une inoculalion à une autre espèce (rétro-vaccination) (').

Physiologie pathologique. — Début de l'immunité; virulence du sang et de la lymphe; hérédité vaccinale. — L'irnmunilé existe clicz le sujet vacciné dès les premiers jours de l'éruption; les expériences de M. Layet montrent que sur la génisse, on peut faire des inoculations encore efficaces, soit avec une lymphe étrangère, soit avec la lymphe de ses propres pustules jusqu'au 5« jour après la première inoculation vaccinale; que chez l'enfant, la réinoculation réussit encore jusqu'au 8'= jour. Chez ce dernier donc « l'immunité n'est en général bien acquise, en cas d'évolution normale du vaccin, qu'à partir du 8" jour plein après l'inoculation, c'est-à-dire au 9« jour » (Layet) (*). L'immunité se constitue moins rapidement quand on fait l'inoculation sur la cornée; elle n'existe pas encore au 12'' jour (Straus, Chambon et Ménard).

L'existence de l'immunité à la fin de l'évolution pustuleuse est d'ailleurs prouvée cliniquement par l'avortement ou l'atténuation de la variole quand on inocule la vaccine pendant son incubation (•") et expérimentalement par l'étude de la virulence des liquides de l'organisme. Raynaud, PfeifTer. Straus, Chambon et Ménard ont déterminé l'immunité vaccinale sur la génisse en lui transfusant le sang d'un veau en éruption vaccinale au 7«= ou 8"= jour; le sang de ce deuxième veau produit l'immunité sur un troisième; il faut introduire, il est vrai, des doses considérables de sang (ô à () kilogrammes). La lymphe est virulente comme le sang (Raynaud). En revanche, quand l'éruption est terminée, la transfusion du sang, même en énormes quantités, ne donne pas l'immunité (Straus).

Tous les modes d'inoculation produisent l'immunité; on peut ainsi injecter la lymphe dans le tissu cellulaire sous-cutané (il se produit une boule inflammatoire pendant quelques jours), dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, dans la trachée; on obtient ainsi chez le cheval, plus rarement chez la génisse, une vaccine généralisée.

L'infection générale produite par la vaccination n'a cependant qu'une intensité faible, car l'inoculation des femmes enceintes ne produit que très rarement Yimmunité du fœtus, quand on pratique l'inoculation cutanée (Rurckhardt, Perroud, Gast, Behm, Gusserow); et cela peut s'expliquer par le peu de retentissement de l'infection vaccinale sur l'état général ; elle laisse intact le système vasculaire du placenta, dont la lésion paraît nécessaire au passage des micro-organismes.

(') M. Chauveau {Aead. demcd.,21 ocl. 1891) a de nouveau contesté toutes ces expériences. Il a inoculé à une vache laitière la lymphe provenant d"un veau de MM. Ilaccius et Eternod au septième passage; l'éruption ol)lonue fut formée de papulo-pustules non onil)i]iquées qui, le H' jour, avaient complètement disparu, évoluant par conséquent beaucoup plus vite que celles du vaccin. Le liquide de ces éléments, inoculé à une autre vaclie, itroduisil des papules qui au i" jour étaient flétries. — M. Chauveau n'a pas fait d'inoculation à rhonune, mais ses expériences lui paraissent suflisantes jiour conclure, comme il l'avait déjà fait avec la Conunission lyonnaise : que le virus varioiique, dans l'organisme des animaux de l'espèce bovine, reste varioiique et que sa transformation est im|iossible.

(-) D'après .lanson, l'immunité vaccinale est quehpicfois constituée au 1" jour; mais elle ne se développe que progressivement et elle ne devient complète que le Ib et le 1'2° jour.

(5) L'inoculation vaccinale |)rnti(piée même au i' jour île l'incubation, atténue beaucou)» la variole (Icahi), Lyo7i mcd., Paris, 1888); de même la variole inoculée après le 5" jour de la vaccination, ne donne qu'une éruption locale ou avortée complètement (Sacco).

VxVCClNE. 181

Résultats de la vaccine. — L'immunité conférée par la première vaccination a une durée variable : en général, au bout de 10 ans, elle a disparu, et elle tend en outre à disparaître à chaque période de croissance et de changement dans la constitution, de 6 à 10 ans et à la puberté (Layet). On a dit que la durée et la sûreté de l'immunité étaient en rapport avec le nombre des cicatrices de vaccin (Eichhorn, Gregory, Marson); cela est possible, car leur multiplicité suppose une imprégnation plus intime par le virus, mais on ne peut en dire autant de leur profondeur et de leur étendue. Nous pensons en effet, avec M. Layet, qu'une vaccine infectée, enflammée, ulcérée, peut laisser une cicatrice beaucoup plus étendue ou plus profonde que la vaccine régulière, tout en conférant une immunité incomplète.

Des statistiques nombreuses ont largement démontré l'influence de la propagation de la vaccination sur les épidémies de variole, mais toutes démontrent en outre un fait des plus importants : la vaccination ne suffit pas à donner une immunité définitive; la revaccination seule met à Vabri de la variole. Un exemple entre beaucoup : sur 73i gardes-malades ou employés de Small-pox Hospital de Londres, pendant une période de quelques années, 10 seulement ont été contagionnés par la variole dans l'établissement ; ils n'avaient pas été revaccinés; tous les autres, qui ont échappé à la contagion, avaient déjà eu la variole ou subi une revaccination.

Les chiffres suivants donnent une idée des résultats de la vaccination obligatoire. En Suède, avant l'introduction de la vaccine, la moyenne des décès par variole, sur 100 000 habitants, était de 165,82; avec la vaccine facultative elle fut de 55,60; puis de 18,20 avec la vaccine obligatoire et la revaccination facultative. En Allemagne, avant 1875, époque où la vaccination devint obligatoire, la mortalité était de 53,84 sur 100 000 âmes, pour une période de 10 ans; après 1875, elle tomba à 2,23; dans l'armée elle est devenue nulle. En Angleterre, la mortahté des 10 années qui ont précédé l'obligation est 16,98 sur 100 000; elle est tombée à 7,61 depuis l'obligation, chiffre qui est encore double de celui de l'Allemagne, parce que la revaccination n'y est pas obligatoire ((Joldschmidt).

On a attribué à la vaccine un rôle curateur à l'égard de la tuberculose pulmonaire. Winogradoff, ayant remarqué qu'une variole intercurrente avait produit chez une tuberculeuse une amélioration de l'état des poumons, essaya de traiter quelques malades par les inoculations cutanées abondantes et les injections interstitielles de lymphe vaccinale; il aurait obtenu de bons résultats.

■Vaccination. — On ne discute plus la valeur respective des deux vaccines bovine et humanisée ('). Toutes deux sont efficaces; on a prétendu que la vaccine humaine s'atténuait; elle s'atténue, il est vrai, en passant par certains organismes, mais elle récupère sa virulence par de nouvelles inoculations.

(') Certains auteurs soutiennent ardemment la supériorité du vaccin animal. D'après Ciaudo {Du vaccin de génisse, étude comparative du vaccin animal et du vaccin humain, Nice, ■18<S1), les individus vaccinés sur la génisse furent beaucoup moins atteints dans l'épidémie de Milan, en 1871 ; sur le total des malades, il y eut 4274 vaccinés avec le vaccin humain et ({ui donnèrent 471 morts, et 51 vaccinés avec le vaccin animal sur lesquels il y eut 5 morts seulement. D'après Warlomont, sur plus de 10 000 enfants vaccinés avec le vaccin de génisse, il n'y eut pas, i)endant l'épidémie de 1870, un seul cas connu de variole.

Le cow-pox iialurc'l, inoculé ù la f^énisse ne perd pas sa virulence, même au bout (le longues annc'es. Ce])endanl le cow-pox sponlanc* produit sur 1 homme auquel on rinocule des phénomènes plus intenses que le cow-pox cultivé; par la culture, il semble perdre, en elFet, certaines propriétés inflammatoires mais non ses propriétés vaccinantes qui restent entières; l'Institut de Hambourg approvisionné en IHOf) par un cow-pox naturel de Beaugency, continuait à l'utiliser en 18812 sans qu'on ait constaté de signes d'affaiblissement. On évite d'ailleurs cette atténuation par des pratiques et des soins spéciaux. Au contraire, le vaccin inoculé de l'homme à l'animal perd assez rapidement sa virulence, et on est obligé, après 12 ou 5 générations, de recourir à une nouvelle lymphe humaine (Pfeiiï'er à Weimar, Freund et Pickert à Breslau, etc.): c'est ce (pion appelle la rétro-vaccination.

Les résultats de la vaccine animale et de la vaccine jeunérienne sont sensiblement les mêmes. Mais les complications possibles de la vaccine humaine et la difficulté d'avoir constamment un sujet vaccinifère, donnent à la vaccine animale une supériorité incontestable. Aussi partout où cela est possible, faut-il employer uniquement celle-ci soit sous forme de lymphe fraîche, soit sous forme de conserves. La substitution est faite depuis plusieurs années en Allemagne et elle tend à se faire en France.

Conditions dans lesquelles doit être faite la vaccination. — La vaccination peut être pratiqui'c à tout àije., et même dès les j)remiers jours qui suivent la naissance; en pareil cas, la vaccine jennérienne ne provoque aucune fièvre, et la vaccine animale donne une fièvre toujours moindre que chez les enfants plus âgés (Wollï ('), j\Iénard)(-). L'érysipèle et l'infection purulente seraient plus fréquents dans les premiers jours de la vie (Baginsky).

Toutes les saisons sont bonnes, quand on dispose de lymphe recueillie sur place; quand on emploie les conserves, il vaut mieux choisir une période froide.

L'état de santé de l'enfant peut contre-indiquer la vaccination : telles sont les dermatoses très étendues et les cachexies; les maladies infectieuses aiguës ne sont une contre-indication sérieuse que chez les tout jeunes enfants.

Vaccination humaine. — ■ Elle se praticjue de bras à bras. Le choix du vaccinifère a la plus grande importance et exige de la part du médecin le plus haut degré d'attention et de prudence; l'enfant choisi doit appartenir à une famille bien connue du médecin; il doit être absolument sain, libre de toute hérédité diathésique ou au moins tuberculeuse, enfin être âgé de plus de 3 mois, période au delà de laquelle les premiers accidents de la syphilis héréditaire deviennent rares; enfin il ne faut recueillir (pie la lymphe des pustules bien dévelop[)ées, à contenu clair et au 7^' jour plein (d Espine).

On fait l'inoculation sur la portion deltoïdienne du bras, ou exceptionnellement h la jambe, à la cuisse, au moyen d'une lancette peu coupante, d'une aiguille à vaccin ou dune aiguille à cataracte (Chambon). On charge la lancette sur chaque face, et cette (pianlité suffit à pratiquer T» inoculations à

(!) WOLFF, Berlin, klia. Woch., 29 avril 188U. u" 17. p. r.s:..

(-) Sain't-Yves MiiNAiu), Méd. »ioc/.,janv. et fov. 18'J1, n* i, ô cL 0.

chaque bras. En France, on procède toujours par simple piqiire; en Allemagne, on recommande les scarifications verticales de 2 à 5 milIimiMres de long, mais ce procédé n'est utile que si l'on emploie un vaccin affaibli, et particulièrement les conserves animales. Quel que soit le procédé adopté, il faut éviter le saignement, et arrêter l'instrument au voisinage du derme; il faut tendre la peau de façon à rendre béantes les surfaces d'inoculation, pour permettre une pénétration plus rapide; enfin on a d'autant plus de chances d'obtenir une immunité complète qu'on aura inséré une plus grande quantité de vaccin; aussi faut-il, dans un second temps, appliquer sur les surfaces d'inoculation ce qui reste de lymphe sur les faces des lancettes.

L'antisepsie évitera la plupart des complications, toutes celles du moins qui reconnaissent une origine extérieure (érysipèles, phlegmons, etc.). Dans ce but, on lave avec le plus grand soin le bras de chaque sujet (savon, eau boriquée, alcool), et après chaque vaccination on stérilise la lancette par le flambage, ou on la lave simplement dans l'eau bouillie ou l'eau boriquée et l'alcool. Ces procédés suffisent en général; l'emploi d'antiseptiques énergiques pourrait nuire au succès, si la lancette n'en était pas complètement débarrassée. L'opération terminée, il faut éviter les frottements sur les surfaces d'inoculation, et quand le sujet occupe un milieu infectieux, recouvrir le membre d'un pansement protecteur.

Vaccination animale. — La vaccination animale a pris depuis quelques années un grand développement; employée à Naples depuis 1804, elle a été préconisée, en France, par Viennois dès 1864; l'Allemagne possède actuellement 18 instituts vaccinaux; en France, il existe quelques instituts privés et municipaux. Tous ces établissements ont des procédés assez comparables, mais on ne saurait encore dire quels sont les meilleurs modes de culture et de conservation.

La culture a comme point de départ le cow-pox naturel ou la rétro-vaccination, enfin la variolo-vaccine (Institut de Hambourg).

La vaccine est cultivée sur des veaux mâles ou femelles de plus de 1 mois ou de G à 8 mois (Chambon) ; on ensemence un nouvel animal tous les 5 jours, en ayant soin de prendre la lymphe sur les plus belles pustules de l'animal précédent. De nombreuses précautions relatives au logement, à la nourriture de l'animal, à l'asepsie des pustules assurent la continuité et la pureté des ensemencements.

Dans la crainte d'inoculer la tuberculose, certains instituts n'utilisent le vaccin recueilli qu'après l'autopsie de l'animal; mais nous avons vu que cette crainte n'est pas légitime et on évitera toute autre contagion si on a soin de laisser de côté toute génisse qui paraît malade (diarrhée, fièvre, dermatose).

Le meilleur procédé dinoculation à l'homme est la vaccination de génisse à bras avec la lymphe recueillie sur place; la piqûre, là aussi, suffit généralement (procédé français).

Pour le transport à distance, les conserves de vaccin sont nécessaires. Voici les procédés employés : la lymphe liquide à l'état naturel, enfermée hermétiquement à l'abri de l'air et de la lumière, soit en tubes fermés et effilés au

184 FIÈVRES KRUPTIVES.

clialiimnnii, soit en pl/ujues creuses, ne se conserve que quelques jours par les temps chauds (la lymphe humaine a plus de vitalité). Les insuccès répétés auxquels elle a donné lieu ont conduit à chercher des procédés difTérenls.

La conservation à l'élal sec ^\\v jihKpies, Umcelles ou pointes d'ivoire (Warlomont) est des moins recommandables; ce procédé est inconstant, trompeur, prête aux erreurs.

Le mélange du vaccin avec un corps aseptique qui le protège en l'enrobant, est le seul moyen pratique d'avoir des conserves résistantes; on a généralement adopté la glycérine comme corps excipient; afin d'éviter l'afTaiblissement de la \afTine par la dilution, on prend dans la pustule vaccinale non seulement la partie liquide, mais aussi les portions profondes que l'on racle à la curette et qu'on écrase et mêle intimement avec la glycérine en proportions variées; on obtient ainsi les pulpes f/Iycérinées (Paris, Hambourg, Breslau), d(''rivés de la pâle milanaise] ce mélange se conserve 2, o mois et plus, et permet le transport dans les pays chauds. Le mélange avec la vaseline a été conseillé (Perron, Layet). Enfin, il faut signaler la poudre de Reissner (pulpe desséchée rapidement) très vantée dans certains districts d'Allemagne, et qu'on emploie en la mêlant à la glycérine; la poudre de Schmith et Wolffberg (mélange de poudre vaccinale et de dexlrine); les mélanges avec de la glycérine salicylée (Pissin) ou thymolée, la glycérine et le sulfate de soude (Skenk). Comme tous ces procédés afïaiblissent plus ou moins la puissance du vaccin, il faut, pour multiplier les voies d'absorption, employer les scarifications.

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