CHAPITRE III
LYMPHADÉNIE ET LEUCÉMIE
HISTORIQUE. ÉTIOLOGIE. — NATURE
La découverte d'un état pathologique caractérisé par l'augmentation du nombre des leucocytes du sang et par l'hypertrophie de certains organes hématopoiéliques, la rate et les ganglions, est due à Virchow (*) (1845). L'auteur allemand après avoir donné à sa première observation le titre de sang blanc (Weisses Blut), proposa plus tard la désignation de leukœmie que Leudet modifia euphoniquement en celle de leucémie.
Quelques semaines avant Virchow, Bennett {^) avait relaté deux cas de inaladie et d'hypertrophie de la rate où la mort était survenue par suite de matière purulente dans le sang (Tavo cases of disease and enlargement of the spleen in which death took place from the présence of purulent matter in the blood). Il s'était attaché à établir que les globules blancs accumulés dans le sang étaient différents des leucocytes, qu'ils offraient les caractères des globules de pus, et que ce pus s'était formé dans le sang. Il ne tarda pas d'ailleurs à abandonner celte conception d'une maladie pyémique d'un genre nouveau, et, tout en entamant avec Virchow un lutte de priorité, il accepta les idées de'son adversaire, opposant au mot leukœmie le mot de leucocythémie .
Avant Bennett lui-même, en 1859, Barlh et Donné avaient observé un cas de leucémie avec hypertrophie de la rate. Le fait ne fut mentionné qu'en 1855, puis publié en 1856, et ainsi « les deux médecins français laissèrent échapper une découverte qu'ils tenaient entre leurs mains « (Isambert).
Dès que la « leucémie » ou « leucocythémie » fut connue, l'on s'efforça d'en découvrir des exemples dans les écrits du passé. En 1852 Hodgkin (^), en 1801 Bichat, antérieurement Morgagni, puis, en remontant aux premiers âges de la médecine, Galien et même Hippocrate, avaient rapporté des observations d'hypertrophie splénique et ganglioïinaire. L'on trouva dans la description des caractères grossiers du sang et même dans la simple mention d'un état cachectique terminé par la mort un trait d'union suffisant entre les faits anciens et les nouveaux.
En réalité, l'examen microscopique du sang permet seul d'affirmer l'augmentation du nombre des leucocytes, et par suite les recherches qui ont suivi la
(*) Virchow, Froriep's Notizen, 1845, n" 780.
(^) Bennett, Edimburgh Med. and Surg. Joiirn., 1845, vol. LXIV, p. 400. (^) IIoDGKiN, On somc morbid appearances of the absorbent glands and spleen; Med. chirurg. transact., 1852, t. XVII, p. 168.
découverte de Virchow sont, à l'exclusion des recherches antérieures, dignes d'être utilisées pour l'édification de l'histoire de la leucémie.
A l'heure actuelle, un fait considérable doit tout d'abord être affirmé, c'est que la levicémie n'a pas une existence indépendante et que d'une façon constante sa production est liée à une néoformation de tissu lymphoïde, en d'autres termes qu'il n'y a pas de leucémie sans lymphadénie. Les observations de Feltz, de Lloyd Roberts et de Laptchinsky ne sont pas suffisamment inaccessibles à la critique pour infirmer cette proposition.
Dans un très grand nombre de cas, le processus lymphadénique occupe initialement la rate ou les ganglions, ainsi que Virchow l'avait constaté dès l'abord. Mais il peut siéger aussi dans la moelle des os (Neumann) ('), dans l'amygdale, dans l'intestin (Behier (-), Rendu), dans la peau (Philippart, Nachter, Kaposi) (^).
Au cours des lymphadénies diverses, la leucémie apparaît comme une conséquence de l'irruption dans le sang des éléments cellulaires, hyperplasiés dans les tissus et les organes.
Dans le sang même, ces éléments continuent à se multiplier ; après M. Roux (*) nous y avons noté la présence de nombreux leucocytes pourvus d'un noyau polymorphe, de plusieurs noyaux distincts ou même d'un grand nombre de noyaux (plus de 10 et 12) riches en substance chromatique, et différents observateurs, entre autres Millier (^), y ont constaté des figures karyokinétiques. A côté d'éléments en voie de division se montrent d'ailleurs des leucocytes plus volumineux, privés de contractilité amiboïde. possédant un seul gros noyau pauvre en substance chromatique, que l'on peut regarder comme des formes vieilles attardées dans la circulation.
La permanence dans le sang de ces leucocytes dont la carrière biologique est terminée, doit jouer un rôle important dans la progression de la leucémie, mais l'on ne saurait souscrire à l'opinion de Lœwit {^) qui dénie à la leucémie le caractère d'un processus actif, et considère l'accumulation des globules blancs dans la circulation comme l'unique effet de leur non- destruction.
Comment expliquer avec une semblable théorie non seulement les indices de multiplication qui montrent un grand nombre de leucocytes du sang, mais encore les figures karyokinétiques que présentent les éléments des ganglions, de la rate, de la moelle osseuse (Millier) et les leucocytes qui entrent dans la composition des lymphomes du foie et des reins (Bizzozero)?
Si la leucémie n'a pas une existence distincte, il n'en est pas de même de la lymphadénie. Bonfils Ç) et Trousseau (^) ont établi la réalité d'une lymphadénie
(') Neumann, Virchow's und Hirsch's Jahresher., 1869; Archiv. d. Hcilknnde, 1871 u. 1872.
(*) Behier, De la leucémie intestinale; Union médic, 1869.
(') Kaposi, Annal, de Dcrmat. et Sypliil., 2" sér., t. VI, 1885, p. 400; — Du même, Lymphodermie pernicieuse. Pathol. et traitement des maladies de la peau, traduct. franc. parBESMER et DoYON, 2» édit., t. II, p. 640.
(*) Roux, Contribution à l'étude du sang leucémique; Province médic. n°' 20 et 24, 1890.
(^) MuLLER, Zur Leukaemie-Frage ; Deuts. Archio. f. klin. Med., 1891, Bd XLVIII, S. 47.
(^) LoEwiT, Die Beschaffenheit der Leucocyten bei der Leukaemie ; Sitz d. k. Akad. d. Wiss. ,\\ien, 1887, Bd XCV.
(') Bonfils, Réflexions sur un cas d'hyperthrophie ganglionnaire généralisée; Soc. méd. d' observât., Paris, 1856.
(S) Trousseau, Clin. méd. de r Hôtel-Dieu de Paris, 5« édit., 1877, t. III, p. 609.
ganglionnaire simple; Woillez, Mûller('), M. Landouzy, Slriimpell (-), Banti ('), M. Potain, M. Debove et son élève Bruhl ('*) celle d'une lymphadénie spléniqùc simple dont les particularités chez le nourrisson ont été fixées par von Jaksch(^), M. Hayem et sonélève Luzet (°). Fede, PepperC) Conheim, Zenkerse sont efforcés d'établir la réalité d'une lymphadénie osseuse simple. Démange (^) et Gilly (^) ont attaché leurs noms aux lymphadénies simples de l'amygdale et de l'intestin ; Trélat, Malassez, Monod et Terrillon ('") les leurs à la lymphadénie testiculaire. Enfin la connaissance clinique puis histologique de la lymphadénie cutanée est due principalement à Alibert ('i), Bazin C^), Ranvier, Gillot ('^), IMM. Landouzy et Debove, Besnier, Vidal et Brocq ('^).
Les rapports des lymphadénies simples avec les lymphadénies accompagnées de leucémie ont été compris de deux façons opposées. Les uns ont considéré la leucémie comme ayant une signification de la plus haute importance et comme établissant, selon son existence ou sa non-existence, une séparation dans les faits de lymphadénie. A la lymphadénie accompagnée de leucémie a été opposée la pseudo-leucémie (Conheim) ou lymphadénie non accompagnée de leucémie. Telle a été la manière de voir de Trousseau qui a regardé la lymphadénie ganglionnaire simple, Vadénie, comme une espèce morbide distincte de la leucémie ganglionnaire. Les autres, au contraire, n'ont attribué à la leucémie qu'une valeur contingente ou épisodique. et ont considéré les lymphadénies simples ou compliquées de leucémie comme faisant partie de la môme entité pathologique. Défendue par Wunderlich, cette idée a reçu de MM. Jaccoud et Labadie-Lagrave ('^) tout son développement. A la vérité, la possibilité de voir à une lymphadénie primitivement simple s'associer ultérieurement la leucémie, constitue un argument de la plus haute valeur en faveur de cette conception.
L'on pourrait de même disserter longuement sur les rapports qui existent entre les diverses localisations du processus lymphadénique. Elles possèdent des caractères communs, leur structure et leur malignité; la plupart sont
(1) MÛLLER, Berl. klii}. Worhenschr., 1801.
(•■^) Strï'mpell, Arch. d. Heilkunde, Bd XVII ti. XVIII.
(^) Banti, Dell' anémia splenica ; Floronco, 1882.
(4 Bruhl, De la splénomégalic primitivo; Arch. gén. de mcd., 1891, juin et juill.
(•^) V. Jaksch, Ueber Leukaemie und Leukocylose im Kindesaller: Wien. klin. Woch., 1889, ir' 22 et 25; — Ueber die Diagnose und Tiierapic der Erkrankungen der Blutes; Prager med. Woch.. 1890.
(''') Luzet, Étude sur les anémies de la première enfance et sur l'anémie infantile pseudoleucémique; Th. doct., Paris, 1891.
(') Pepper, Progressive pernicious anacmia or anaematosis; Americ. Joiirn. of the med 'Sciences, LXX, p. 315, oct. 1875.
(^) Démange, Étude sur la lymphadénie; Th. doct., Paris, 1874.
(■J) Gilly, Étude sur la lymphadénie intestinale; Th. doct., Paris, 1880.
("^) MoNOD et Terrillon, Essai sur le lymphadénome du testicule; Archiv. gén. de mcd., 1879, vol. II, p. 34 et 325.
(") Alibert, Monogr. des dermatoses, t. II, p. 413 ; Paris, 1835.
{'-) Bazin, Leçons Ihéor. et clin, sur les a/f'ections ciUanées artificielles, p. 372, Paris, 1802; — Article Mycosis du Dict. encycl. des Se. médic.
(15) Gillot, Étude sur une affection de la peau décrite sous le nom de mycosis fongoïde (lymphadénie cutanée); 77i. doct., Paris, 1809.
(") Vidal et Brocq, Étude sur le mycosis fongoïde; France «ic'dic, 1885, t. II, n" 79 à 85.
(*^) Jaccoud et LAnADiE-L.\.GR.\VE, Art. LEUcocYTiiÉiMiE du Nouv. Dict^ de méd. et de chir. pratiques.
susceptibles de s'accompagner de leucémie; certaines se font en outre remar- «juer par la tendance rélrocessionnelle des productions auxquelles elles donnent naissance, enfin quelques-unes, les ganglionnaire, splénique et osseuse coexistent fréquemment.
Les affinités ne sont donc pas douteuses, mais la profondeur des dissemblances est également considérable.
En fait, la question des relations qu'affectent entre elles les diflerentes modalités de la lymphadénie est inséparable de celle de leur nature même. Or celle-ci est encore entourée d'une obscurité profonde.
Dans ces dernières années on a demandé à la microbiologie la solution du problème. Klebs, Gillavry, Osterwald, M. jNIayet, M. G. Roux, ont rencontré des parasites dans le sang leucémique. Bonardi (') (1889) y a trouvé les staphylococcus pyogenes aureus et albus chez deux malades atteints de lymphadénie splénique avec leucémie. IMM. Kelsch et Vaillard (1890) (^), chez un individu affecté de lymphadénie ganglionnaire et myélogène avec leucémie, ont rencontré dans le sang pendant la vie, dans le sang et dans les tumeurs ganglionnaires après la mort, un bacille immobile pathogène pour la souris.
Des constatations semblables ont été faites dans les lymphadénies simples, non accompagnées de leucémie, par Rindfleisch (') et Auspitz (^) (1885) qui ont signalé l'existence de slreptococci dans la lym])hadénie cutanée ('); par Cardarelli (1889) qui dans la lymphadénie splénique a décrit un bacille peu différent de celui d'Eberth; par Majocci et Peccini (188G) qui dans la lymphadénie ganglionnaire ont observé des cocci et des bacilles occupant les vaisseaux des organes malades et qui auraient recueilli ces mêmes micro-organismes sur le vivant à l'aide de la seringue de Pravaz ; enfin, par MM. Roux et Lannois {^) qui, chez un malade atteint de lymphadénie ganglioniuiire, ont recueilli le staphylococcus pyogenes aureus dans le sang pendant la vie, dans le suc des ganglions après la mort, et qui, ayant inoculé des cultures de ce slaphylococcus à des lapins, ont constaté entre autres lésions le développement d'hypertrophies ganglionnaires.
La multiplicité môme des espèces microbiennes incriminées, à supposer que leur rôle pathogène soit réel, ne permettrait point de considérer la lymphadénie comme une néoplasie infectieuse spécifique à la faeon de la tuberculose, et conduirait à lui assigner le rang d'une lésion commune, d'un processus banal.
Mais tous les faits qui ont été l'objet de recherches bactériologiques ne paraissent pas appartenir sans réserves à la lymphadénie. En outre, il n'est pas impossible que dans un certain nombre d'entre eux, l'infection bactérienne ait été postérieure au développement de la lymphadénie elle-même. Enfin, dans
(*) Bonardi, Deux cas de Icucômie splénique avec scliizoïnycètes dans le sang; liivi.tla gen. ital. cli ctinic. med., n°' 5, (i, 1881).
(2) Kelsch et Vaillard, Tumeurs lymphadéniques multiples avec leucémie. Constatation d'un microbe dans le sang pondant la vie et dans les tumeurs enlevées aussitôt après la mort; Annal. Inst. Past., p. îiTU, t. IV, 18'J0.
("^) UiNDi-LEiscu, Mykosis lungoïdes; Deutsch. mcd. Worlwnsclu:, 1885, n° 13.
(*) Auspitz, Ein Fall v. granuloma lungoïdes; J'ierleljuhr. f. Dennat. u. Syph. Wicn., 1885, S. l'iô.
(') Voir Hallopeau, Du mycosis fongoïde ; Rev. de Uaijem, 1885, t. XX\"I, p. 747.
(°) Roux et Lannois, Sur un cas d'adénie inl'ectieuse due au slaphylococcus pyogenes aureus; Rev. deméd., 1890, p. 1011.
plusieurs cas, Fou n'a pu constater la présence de germes clans le sang leucémique (') ci dans le suc des productions lymphadéniques. Toutes les lymphadénies ne seraient-elles donc pas parasitaires? Certaines lympiiadénies ou même toutes les lymphadénies ne puiseraient-elles pas leur origine dans une activité m()rl)i<le du protoplasma des cellules lymphatiques qui, une fois réalisée au milieu de conditions encore impénétrables, placerait l'organisme en face d'une auto-infection par des éléments cellulaires non pathogènes à l'état normal? La lymphadénie accompagnée ou non de leucémie devrait-elle être ainsi comparée au cancer (^) et envisagée comme la néoplasie infectante, comme le sarcome, en un mot, des cellules lymphatiques prises dans leur ensemble, c'est-à-dire des éléments que contient le tissu réticulé des organes lymphoïdes, qui s'appellent cellules migratrices dans les lacunes des tissus et leucocytes dans la cavité des vaisseaux?
Les causes de la lymphadénie sont aussi obscures que celles des néoplasies éj)ithéliomateuses ou sarcomateuses en général.
Elle est incomparablement plus commune dans le sexe masculin que dans le féminin et apparaît ordinairement entre 50 et 50 ans. Mais elle peut se montrer à tout âge, et d'une part elle a été observée chez un homme de 75 ans, de l'autre elle a été rencontrée chez l'enfant (G. H. Roger) (^).
Les nourrissons mômes sont sujets à la lymphadénie splénique (Golitzinsky, Mosler, Y. Jaksch, Luzet). Les classes pauvres sont particulièrement atteintes et l'on a rapporté quelques faits qui établissent le rôle de l'hérédité.
Certaines conditions générales de débilitation, telles que les chagrins, les émotions, le surmenage, les accouchements, un grand nombre de maladies infectieuses et notamment l'impaludisme, la syphilis, la fièvre typhoïde, (juelques intoxications et spécialement l'alcoolisme ont été accusées déjouer le rôle de causes déterminantes On a également incriminé des conditions locales : la lymphadénie intestinale a été regardée comme pouvant être l'effet d'une diarrhée chronique, la lymphadénie splénique comme susceptible de découler de l'application du froid ou du traumatisme sur l'hypochondre gauche ; enfin on sait que Trousseau a insisté sur le rôle du coryza chronique, de la tumeur lacrymale, de l'otorrhéeet, d'une façon générale, des lésions superficielles de la peau et des muqueuses dans la genèse de la lymphadénie ganglionnaire.
Si l'on a rapporté quelques faits qui plaident en faveur de la contagiosité possible du cancer. — M. Brouardel(') notamment a vu une fois l'épithélioma du pénis suivre l'épithélioma du col utérin et réciproquement lépithélioma du col suivie celui du pénis, — aucun exemple, à notre connaissance, n'établit la contagiosité de la lymphadénie.
(') Lion, (loniiiiunicalioii orale.
(-) Selon M. Hard, la leucémie pourrait exister en dehors de toute production lyniphadénique. Elle n'aurait rien h voir avec les diverses formes de l'adénic et devrait «Hre considérée connue le cancer propre du saner. — Bahd, De la leucocylhémic considérée comme le cancer propre du sang; Lyon mcdic. 1888, t. LVII, p. 259. — M. Bard soutient encore que la plupart des faits de lymphadénie ganglionnaire ressortissent aux cancers des ganglions, tandis que les autres doivent être considérés comme des adénites infcclieuses spéciales. — Gliillermet, De l'adénie ; sa nature infectieuse; Th. dort., Lyon, 1890.
(5) G.-IL HoGER, Note sur un cas de leucocylhémie; Rev.mcns. des mal. dej^cnf.. mai 1885.
(*) Brou.viîdf.l, Communication orale.
MALADIES SPKr.IAr.KS 1)11 SANd. 531
D'ailleurs les tentatives d'inoculation sont demeurées infructueuses jusqu'à ce jour. Ditïérentes espèces animales sont sujettes comme l'homme à la lymphadénie et à la leucémie; il en est ainsi du cheval, du bœuf, du chien, du porc, du chat, de la souris ('). Les conditions sont donc favorables pour la recherche de linoculabilité. Or Mosler a vainement injecté du sang leucémique dans les veines d'un chien et d'un lapin; Bollinger a conclu de ses expériences que le sang d'un animal leucémique injecté à un animal sain de môme espèce ne produit pas chez ce dernier la leucémie. Avec MM. Cadiot et Roger nous avons, nous-mêmes, sans résultat positif, inoculé plusieurs chiens sous la peau, dans le péritoine et dans les veines, avec des ganglions lympha déniques enlevés sur deux animaux de la même espèce.
ANATOMÎE PATHOLOGIQUE
DE LA LYMPHAOK-MK 1:T DK LA LtaCLMIt: EN GÉ.NLI^VL
La lyiiipliwkhiie a pour substratum anatomo-pathologique la production anomale de tissu lymphoïde, adénoïde ou réticulé.
Le plus souvent, le tissu adénoïde néoformé est typique, c'est-à-dire modelé sur le type du tissu adénoïde normal, tel que celui qui, par exemple, entre dans la constitution des ganglions lymphatiques. Il est alors formé par des fibrilles conjonctives d'une extrême délicatesse qui s'entre-croisent pour composer un réticulum dans les mailles duquel se disposent des cellules
rondes. Le réticulum n'apparaît pas de prime '-^ O cHj q^
abord et il est nécessaire de chasser mécani- O o ^O
quement par le pinceau les éléments cellulaires
qu'il contient pour le mettre en évidence '^"'o ^'' ^rO. r^
(fig. li). Les cellules rondes sont formées d'un O
gros noyau,, entouré d'une mince couche protoplasmique: leurdiamètre. peu varié, oscille entre ,.■ ,, .... ... ,.
(t et 7!*,5; elles offrent les caractères généraux (Coupe iiun ganglion lymphaiitiue des leucocytes de petite taille, autrement dits de '' ^'' '^'" ' P'"*^e"u)
la première variété. Les productions lymphadé-
niques sont parcourues par des vaisseaux qui possèdent des parois propres sur lesquelles s'insèrent, comme dans les ganglions, les mailles du réticulum.
Le tissu adénoïde, d'autre part, peut devenir mélatypique^ c'est-à-dire que dérivé du tissu lymphoïde il s'éloigne de son type histologique. Dans ce cas,
(') Voy. Pathol. et Ihérap. spéc. des animaux domesl., par Friedeerger et Fruhxer, Irad , par r.adiot: t. II. 1891, p. 260.
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532 l'ATIKJI.OCIK DU SAXd.
le réticulum perd sa délicalessc pour sépaissir plus ou .moins notablcmenl ol aux cellules leucocyLiques peuvent se substituer des éléments plus volumineux.
On a proposé la désignation de lynipJiome ou de lymphadénome pour les productions constituées par du tissu lymphoïde pur. et celle de lymphosarconie pour les productions formées par du tissu lymphoïde modifié.
Lorsque la lymphadénie a pour siège initial un organe pourvu de tissu lymphoïde, elle résulte de la simple hyperplasie de ce tissu. Quand elle apparaît dans un organe privé de tissu lymphoïde, elle se traduit tout d'abord, selon M. Ranvier, par l'apparition de cellules rondes dans cet organe, les fibrilles du réticulum se développant secondairement.
Le tissu lymphoïde une t'ois constitué demeure presque toujours vivace ou rétrocède. Il peut cependant se détruire et s'éliminer. Cette éventualité est généralement regardée comme la conséquence d'une oblitération vasculaire(Ranvier).
La leucémie ou leucocythémie a pour lésion essentielle l'augmentation du nombre des leucocytes du sang. Ce nombre peut être porté à 500 000 par millimètre cube et au delà. En même temps que le chiffre des leucocytes augmente, celui des hématies tend à diminuer de telle sorte que si à l'état normal il existe dans le sang 1 globule blanc pour oOO globules rouges environ, dans la leucémie il est habituel de compter 1 globule blanc pour 20 ou 50 globules rouges. Quelquefois même l'accroissement du nombre des globules blancs et la diminution des hématies sont tels que le chiffre dos premiers devient à celui des seconds comme \ k % (Mosler), 1 à 4 (Welcker), d à 2 (Schreiber), 1 à I (Isambert), ou même o à 2 (Sticker) et 2 à 1 (Robin).
On sait qu'à l'état normal les leucocytes du sang se divisent en o variétés (fig. 10) : la première est représentée par de petits éléments de 6 à 7'*, 5 de diamètre, privés de mouvements amiboïdes composés d'un noyau volumineux qui remplit presque tout l'élément et qui est entouré d'une mince couche protoplasmique finement granuleuse ; la deuxième variété comprend des éléments plus gros de 7i*,5 à 10 [x de diamètre, doués de mouvements amiboïdes, formés d'un protoplasma assez abondant finement granuleux qui entoure un noyau unique plus ou moins singulièrement découpé ou des noyaux multiples; la troisième variété renferme des globules de 8 à Qi^jO de diamètre, possédant la contractilité amiboïde, pourvus soit d'un noyau unique, soit de deux noyaux séparés, soit encore d'un double noyau en bissac et se distinguant immédiatement des autres leucocytes par les grosses granulations réfringentes qui occupent leur protoplasma. Dans la leucémie, le nombre des leucocytes de chaque variété est accru ; tantôt l'accroissement porte principalement sur les leucocytes de la première variété, en d'autres termes sur les globulins de Robin ; tantôt ce sont les grands leucocytes qui se sont particulièrement multipliés.
D'ailleurs, le sang ne renferme pas seulement des leucocytes normaux, mais encore et en très grand nombre des éléments modifiés dans leurs dimensions, leurs réactions histo-chimiques et leurs propriétés biologiques.
On y trouve des leucocytes nains dont le diamètre n'atteint pas 6 u. et surtout des leucocytes géants dont le diamètre dépasse 15 et même 20 \j.. Ces leucocytes de grande taille renferment un unique noyau volumineux pauvre en
substance chromatique et sont privés de mobilité amiboïde (fig. 15). Neumann et Lôwit ont donc à juste titre insisté sur l'inertie des leucocytes du sangleucémique, mais celle-ci n'est point générale. Dans un cas où nous avons spécialement étudié (') la contractilité des leucocytes, nous avons noté que les globules de la première variété qui à l'état normal ne présentent généralement pas de mouvements amiboïdes, ainsi que les globules gigantesques, dcmeuraieni iniiiiMliilcs. alors (pie les glojjules de la deuxième et de la troi-
-^<âir
Fi!T. Ij. — PrépariUion tic r^ang f^oc (Unis la leuct-mio. (Sang criin malade alfciiU de lymphadcnif Iciicomiquo inixlo, princi])alcinpiil spléniqiic. Celle préparation, due à l'obligennee de M. [.Ion. a élé li.vée jiar l;i chaleur el colorée par l'éosine hématowlique).
Dans celle ligure on dislingue des globules rouges el des globules blancs :
Les globules rouges sont les éléments les i)liis nombreux. Ils se ■réparent en globules anucléés et globules nucléés. Les seconds sont au nomlire de (juatre : troi'- d'entre eux ont un seul noyau l't le (|uatriéme renferme un noyau à six lobes.
Le chiffre des globules blancs dans celle figure est à celui des rouges comme un est à cinrf environ. Onze d'entre eux sont de grands éléments contenant un seul noyau pauvre en substance chromati((ue. Sepl sont des éléments d'un diamètre moindre, en général, pourvus de n(naux multiples riches en suhslani'c chromatique. Enfin, ini île ces leucocytes est chargé de granulalious éosinophiles.
sième varic'dé avaient une contractilité normale. Amenés, grâce à leur déplacement, au contacît des lu-malies, ils s'emparaient de ceux-ci et les englobaient dans leur substance, montrant ainsi les mêmes propriétés riilnphdyique!^ qu(» les leucocytes normaux.
On ti'ouve encore dans le sang leucf'micjue des leucocytes infiltrés dliémoglobine, des leucocytes surchargés de granulations graisseuses, enfin des leucocytes dont les granulations oflVent les réactions colorantes indiquées par Ehrlich, A l'état physiologique les granulations protoplasmiques des leucocytes se colorent sous l'action des rc'actifs neutres. L'on ne rencontre (jue
(') A. GiLbERT in G. IIavlm. /. r.. p. 8J(J.
534 PAÏIlor,(J('.IE DU SANG.
rai'cmenl dans le sang des leucocyles donl les granulalions prennent les couleurs acides, telles que léosine, et basiques, cest-à-dire des leucocytes éosuwphiles et basophiles. Il n'en est pas de même dans la leucémie où les leucocytes à granulations basophiles sont plus communes, et où surtout les leucocytes à granulations éosinophiles deviennent très abondants.
L'augmentation considérable du nombre des leucocytes n'appartient qu'à la leucémie, et toute élévation du chiffre de ces éléments telle que celui-ci qui dépasse 70 000 est pathognomonique de cet état morbide.
Mais, alors même que le nombre des leucocytes serait inférieur à 70 000. le seul examen du sang pourrait encore permettre de reconnaître si l'augmentation du chiffre de ces éléments se rattache ou non à la leucémie. Dans les IpHcocytoses, en effet, c'est-à-dire dans toutes les augmentations de globules blancs, indépendantes de la leucémie, ceux-ci posséderaient tous les caractères des éléments normaux, alors que dans l'accroissement leucémique ou leucocythémique, ils seraient le siège des modifications chimiques indiquées parles réactions colorantes d'Ehrlich.
Le nombre des hématies, avons-nous dit, s'abaisse en même temps que celui des leucocytes augmente. Il n'est pas rare qu'il tombe de 4 500 000 ou 5 000000, chiffres normaux, à 2 500 000 ou '2 000 000 par millimètre cube. Il peut descendre à 500 000 et au-dessous. Ainsi que dans les anémies chroniques, les globules rouges sont déformés, inégaux, plus ou moins décolorés. Les petits éléments prédominent d'abord, puis apparaissent de grandes hématies ou même des hématies géantes.
Les hématoblastes, généralement, diminuent également de nombre offrent des dimensions très variables, paraissent être envoie d'évolution, bref subissent les mêmes modifications que dans les anémies chroniques.
Les éléments figurés normaux du sang offrent donc dans la leucémie des altérations profondes. Le sang y est encore remarquable par la présence d'éléments figurés anomaux.
On y a signalé l'existence de cristaux octaédriques ne différant de la lyrosine que par leur solubilité dans l'acide acétique (Charcot), de granulations réfringentes comparables aux granulations vitellines ('), de corpuscules incolores considérés par M. Hayem comme des hématies avortées non chargées d'hémoglobine, enfin de globules rouges à noyaux (fig. 9 et 15).
Ceux-ci sont analogues aux globules rouges nucléés de l'embryon et à ceux de la moelle des os et de la rate. Leur diamètre très variable est tantôt à peine égal à celui d'un globule rouge ordinaire, tantôt et ordinairement plus considérable pouvant mesurer 14 à 16 y.. Leur forme est arrondie ou ovoïde; leur protoplasma est infiltré d'hémoglobine, homogène, moins coloré que celui des hématies normales; leur noyau relativement volumineux peut atteindre jusqu'à C et 7 [j. de diamètre, il est sphérique ou elliptique, dépourvu de nucléole visible, délimité par un double contour. Les hématies nucléées peuvent devenir dans la leucémie plus nombreuses que dans l'anémie pernicieuse progressive, mais d'après l'estimation de M. Hayem, leur nombre ne s'élèverait pas audessus de 1000 par millimètre cube.
(') Ces grnnulaUons étnienL pjirliciilirroinenl aljoiulnnlos dans iiii fait relaté par ^M. Cip.unKAi:. Sur un cas de leucoeylhéinie spléniqiie [Arrh. de jihijaiol., 188i, T.- S., I. IV. p. r)")).
Le plasma sanguin ne demeure pas inaltéré. Sa réaction devient rapidement acide, vraisemblablement parce qu'il s'y forme de l'acide phospbo-glycérique aux dépens de la lécithine qui s'y trouve en abondance (Eichhorst). A l'état frais il serait alcalin (Mosler). Il renferme de la leucine, de la tyrosine, des acides lactique et formique, et des corps caractéristiques, l'hypexanthine et la glutine. Il est riche en peptones, ce qui explique sa faible tendance à la coagulation. La fibrine serait accrue et olTrirait une altération telle que par le battage elle fournirait des grumeaux blancs et gras au toucher.
L'analyse des modifications hislologiques et chimiques subies par le sang explique ses altérations grossières : il devient violacé et quelquefois, lorsque le nombre des leucocytes se rapproche de celui des hématies, puriforme; sa densité tombe de 1055 à 1040 et au-dessous. Coagulé, il forme deux couches, l'une inférieure rouge, très mince, l'autre supérieure grisâtre. Défibriné, il se sépare en trois couches, le sérum surnageant, les hématies composant la couche inférieure, et les leucocytes 1 intermédiaire.
Sur le sang en circulation, l'augmentation du nombre des globules blancs a une action considérable. En raison de la lenteur et de la difficulté relatives avec lesquelles les leucocytes parcourent les vaisseaux, des stases sanguines se forment aisément ou morne prennent naissance des coagulations. Les capillaires viscéraux tendent à la dilatation et, lorsque la stase atteint un certain degré, se rompent, permettant ainsi la production d'hémorrhagies ou plutôt, comme on l'a dit, de leiicorrhagies.
DES MODIFICATIONS APPORTÉES DANS LES TISSUS ET LES ORGANES PAR LA LYMPHADÉNIE ET LA LEUCÉMIE
La lymphadénie a pour siège de prédilection les organes qui, à l'état normal, sont pourvus de tissus lymphoïdes.
Entre tous, les ganglions lymphatiques et la rate sont altérés avec une fréquence remarquable.
Dans les ganglions, la lymphadénie est typique ou métatypique. Typique elle entraîne l'exubérance de la substance corticale aux dépens de la substance médullaire, sans modifications de la capsule et de ses prolongements. Métatypique, outre l'épaississement du réticulum avec ou sans augmentation des dimensions des cellules lymphatiques, elle occasionne l'épai'sissement des prolongements capsulaires et de la capsule elle-même; quelquefois même existe une véritable péri-adénite qui soude les ganglions entre eux et aux organes voisins.
Dans la première alternative les ganglions sont mous et fournissent un suc abondant au raclage ; dans la seconde, ils deviennent durs et moins riches en suc. Leur couleur varie du blanc rosé au rouge. Leur volume et leur poids augmentent : ils atteignent les dimensions d'une noix, d'un œuf de poule, ou même d'une tête de fœtus (Trousseau); réunis, ils pèsent -', o et jusqu'à 4 kilogrammes (Leudet).
Dans la rate, comme dans les ganglions, la lymphadénie se montre sous ses deux formes histologiques. Typique, elle s'étend à la totalité du tissu lymphoïde
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de lorgane, saccentuant souvent au niveau des glomérules de Malpig-hi qui atteignent le volume d'une noisette ou d une noix. Métatypique, elle entraine, au contraire, l'atrophie des glomérules en même temps que la sclérose des artères glomérulaires, Fépaississement des grands traclus lifjreux et de la capsule de la rate. Que la lymphadénie splénique soit pure, ou que la sclérose prenne dans le processus une part considérable, la rate présente des dimensions exagérées : sa longueur est poi'tée de 12 centimètres à 20, ÔO et jusqu'à 50 centimètres, sa largeur de 8 centimètres à 15, 20 et jusqu'à 50 centimètres, son épaisseur de 5 centimètres à 10 et 15 centimètres; son poids, qui à l'état normal est de 195 grammes, oscille entre 1 et 5 kilogrammes et peut quelquefois dépasser 7 kilogrammes; sa forme est conservée; sa consistance est accrue; sa couleur est rouge violacé; assez fréquemment, elle est entourée par les épaississements et les fausses membranes de la périsplénite.
L'intestin grêle, le gros intestin, l'estomac, le pharynx, l'isthme du gosier, la langue et le larynx qui contiennent du tissu adénoïde, mais n'en sont pas essentiellement composés comme la rate et les ganglions, sont moins souvent (|ue ceux-ci le siège de lésions lymphadéniques.
Dans l'intestin grêle, la lymphadénie se présente sous 3 formes macroscopiques (Gilly) : la forme folliculo-hypertrophkjuc est caractérisée par l'augmentation exclusive du volume des follicules clos isolés et de ceux qui s'agminent pour constituer les plaques de Peyer; dans ce type, les néoplasies ne s'ulcèrent pas, et à celte règle ne fait exception, jusqu'à ce jour, qu'un seul fait par nous observé ('); les formes hyperplaaique cl i /fuse et néoplasique sont caractérisées, la [)remièrc, par la production de plaques multiples épaisses, disséminées sur toute la longueur de l'intestin, la seconde par la production d'une seule plaque siégeant presque toujours chez l'adulte au niveau du duodéluim, chez l'enfant au niveau de la dernière j)artie de l'iléon; ces pla([ues uniques ou multiples se développent dans la couche lynqîhoïde normale de l'intestin et aboutissent rapidement à l'ulcération. La lymphadénie de l'intestin grêle quelle (jue soit sa forme n'amène januiis le rétrécissement de ce conduit.
Lorsque le gros intestin ])articipe aux lésions, les follicules clos (|ui lui appartiennent s'hypertrophient plus ou moins notablement.
La lymphadénie stomacale entraine un éj)aississement considérable de la muqueuse, de l'organe qui se plisse, t)fïrant ra})parence des circonvolutions cérébrales, et ne larde pas à s'ulcérer.
La tuméfaction, suivie, dans un certain nond)re de cas. d'ulcération, est (■•gaiement l'elTet de la lymphadénie lorsqu'elle fraj^pe les amygdales de l'isthme (lu gosier, l'amygdale linguale, lamygdale pharyngienne et la mu([neuse lai"yngé(\
L'existence de tissu lymphoïde dans un organe, à lélat normal, ne constitue en aucune façon une condition nécessaire au développement de la lymphadénie dans cet organe.
Ainsi les grands viscères, le foie, les reins, les poumons, sont souvent affectés parce processus morbide. Il s'y présente communément sous l'apparence de petites nodosités blanchâtres, d'une consistance molle, de lymphnmpsixw niveau des-
(') A. ('.II. m. m. in ih, (iill}. /. '.. p. 10'.
quels les éléments parenchymateux comprimés, atrophiés, tendent à disparaître.
Les testicules, lesovaires. les mamelles, peuvent être éa^alement altérés. La lésion débute, au niveau du tissu interstitiel et conduit, dans les testicules. à l'alrophic du parenchyme, c'est-à-dire des conduits séminifères. Le tissu adénoïde s'y montre typique, sauf au niveau même des tubes séminifères, où il subit une sorte de condensation (Malassez).
Des productions lymphadéniques peuvent encore apparaître dans les muqueuses du nez, de la trachée, des bronches, dans les séreuses, plèvres, péricarde, péritoine, arachnoïde,
dans les muscles striés, dans le myocarde, dans Tutérus, dans les aponévroses, dans le tissu cellulaire, les os et la peau.
La lymphadénie osseuse tantôt est circonscrite, simulant un osléosarcome, et tantôt difl'use, amenant la raréfaction de l'os dont les aréoles contiennent un
tissu rougeàtre analogue h de la gelée de l'randjoise, ou bien une substance opaque, grisâtre analogue à du pus : dans le premier cas les altérations sont dites lyiKphoïdi's. dans le second jujuiilcfi (iNeumann); dans l'un comme dans l'autre, les éléments graisseux de la moelle disparaisserd et sont nnnplacés j)ar des cellules embryonnaires : Ui moelle est rouge lorsque les vaisseaux sont nondjreux, grise lorsque les (déments cellulaires dominent.
La lymphadénie cutanée se développe soit dans le derme, soit dans Ihyp iderme. soit à la fois dans lun et dans l'autre. Elle finit par donner naissance à des tumeurs plus ou moins volumineuses, d'une coloration grisâtre sur laquelle se détache un piqueté rouge, molles et donnant au raclage un suc lactescent. Le tissu lynq)hoïde y est typique, entraînant l'ati-ophie et la disparition des glandes et des follicules pileux. Lorsque le processus est superficiel, l'épiderme s'altère et ses enfoncements inlerpapillaires s allongent et se ramifient.
Fij,'. Iti. — Fuie Icuceiniqur Ll';> cai)illuirL':- sanguins distendus contiennent à iteu