‹ Traité de médecine (volume 5)Chapitre 73 sur 109 · C-\clusi\ enient des leucorvtp · texte numérisé non relu

C-\clusi\ enient des leucorvtp

Dans la leucémie, les vaisseaux capillaires sont dilatés et remplis par les globules du sang entre lesquels se distmguent un nombre anomal de leucocytes. Il est ainsi possible de diagnostiquer rétrospectivement une leucémie, qui n'aurait pas été reconnue sur le vif, par l'examen hislologi({ue d'un tissu vasculaire quelconque.

538 PATIIULOGIK J)U SAXC.

Les organes richement pourvus de vaisseaux sont, on le conçoit, ceux que la leucocythémie modifie le plus profondément. Parmi ceux-ci se rangent le foie, la rate, les reins, les poumons.

Les capillaires radiés du foie, plus spécialement dans leur portion périphérique, sont distendus et gorgés de leucocytes (fig. 10); les cellules hépatiques sont, sur un grand nombre de points, écrasées, atrophiées et englobées dans une masse amorphe, granuleuse (Vaiiot) ('). A cette altération histologiquo générale de la glande hépatique correspondent des modifications grossières : le foie est hypertrophié et atteint un poids de 0 à 8 kilogrammes; sa couleur devient grisâtre ou violacée.

Dans les reins, la dilatation et la réplélion des capillaires par les globules blancs produit, comme dans le foie, la compression et l'atrophie des éléments parenchymateux (Ollivier et Ranvier) (^).

L'embarras de la circulation créé par l'augmentation du nombre des leucocytes peut aller jusqu'à l'arrêt et la coagulation.

D'autre part, le sang peut sortir des vaisseaux soit par la rupture de capillaires dilatés outre mesure, soit par la rupture de vaisseaux qui sont le siège d'une fluxion compensatrice liée à la gêne ou à la stase du sang dans des vaisseaux connexes. Ainsi s'expliquent l'hémorrhagie cérébrale (Ollivier et Ranvier) et l'existence souvent constatée d'infarctus leucocytiques, de véritables apoplexies blanches dans le foie, dans la rate, dans les reins et les poumons. Ainsi s'explique encore la pathogénie de la rétinitc leucémique (Liebreich) où se montrent juxtaposés des foyers d'apoplexie à la réplétion et à la distension des vaisseaux rétiniens par des leucocytes. Ainsi s'expliquent enfin les hémorrhagies intra-péricardiaqucs, intra-pleurales, les hémorrhagies interstitielles. les hémorrhagies intra-musculaires, les hémorrhagies externes (épistaxis, etc.).

Page 1