INDICATIONS ET MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES DANS LES MALADIES DU FOIE
trouvera bien de lui associer d’autres moyens accessoires, et en particulier l’administration quotidienne des grands lavements froids de un à deux litres. Leur action diurétique est des plus nettes.
c) Enfin, on peut chercher à diminuer l’accumulation toxique dans l’organisme, en recourant à ce que A. Robin a très justement appelé la méthode oxydante. Pour brûler les déchets azotés, d’autant plus nocifs que leur degré d’oxydation est moindre, on pourra utiliser les inhalations d’oxygène, les benzoates alcalins; c’est probablement aussi à son action oxydante que l’essence de térébenthine ozonisée doit son efficacité dans l’une des maladies hépatiques les plus rapidement graves, la stéatose phosphorée. Même dans les ictères graves primitifs, elle semble avoir donné parfois de bons résultats.
A côté de ces indications fondamentales, tirées de la notion de l’insuffisance hépatique, d’autres indications accessoires, éventuelles, sont données par les autres symptômes des lésions du foie. La douleur, le prurit, l’état de la tonicité cardiaque, les troubles digestifs, peuvent ainsi nécessiter des médications spéciales. De même, et encore plus, pour l’ascite et les œdèmes ; et ici le régime lacté rend encore les plus éminents services, si bien, qu’à lui seul, il répond déjà, dans bien des cas, aux diverses indications majeures de la clinique.
Si variées que soient les méthodes thérapeutiques que nous venons de passer en revue, elles resteraient insuffisantes si l’on ne mettait le foie malade au repos, par la suppression de toutes les influences irritantes nuisibles. En pathologie, aussi bien qu’en physiologie, le foie est un annexe du tractus digestif, et comme tel, en grande partie subordonné au chimisme gastrique et intestinal. Si les données biochimiques précises nous font encore défaut, nous n’en pouvons pas moins affirmer que toute cause prolongée d’inflammation gastrointestinale viendra, à un moment donné, avoir sa répercussion hépatique.
C’est à ce titre que l’alcool est le grand ennemi du foie. Partout nous retrouverons son rôle étiologique néfaste. Sa prohibition absolue s’impose donc chez tous les hépatiques, au début, pendant, et après le processus morbide.
Le régime alimentaire aura aussi ses règles générales : peu ou pas de graisses, que l’hépatique ne prend qu’avec dégoût et digère mal, peu d’aliments amylacés ou sucrés, pas de mets épicés ou faisandés; alimentation azotée, et surtout végétale, lait écrémé, boissons amères ou très faiblement alcoolisées.
Comme moyens d’hygiène générale, on se trouvera toujours bien d’activer le fonctionnement de la peau au moyen des frictions sèches ou aromatiques, de l’hydrothérapie, des bains alcalins.
On voit combien serait complexe une thérapeutique rationnelle des maladies du foie, puisqu’elle supposerait une connaissance intime des processus hépatiques, dans leurs causes, leurs lésions et leurs conséquences, et en même temps les moyens d’en arrêter l’évolution, ou d’en neutraliser les effets. Cet âge d’or de la thérapeutique n’est pas encore venu; mais déjà nous commençons à en voir poindre l’aube à l’horizon.
MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES