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LA CIRCULATION HÉPATIQUE

Si l’on ajoute à celle influence capitale des mouvements respiratoires l’action des causes adjuvantes, telles que l’adhérence au parenchyme et la béance des veines sus-hépatiques, le péristaltisme intestinal, les contractions rythmiques propres du tronc porte et de l’embouchure de la veine cave inférieure, l’action aspiratrice de la diastole de l’oreillette droite, on comprendra par quel luxe de moyens physiologiques est assurée la circulation intra-hépatique, et combien se trouve ainsi amplement compensée l’absence de valvules portes ou sus-hépatiques.

Et ce n’est pas tout; des voies de dérivation sanguine forment un complément de protection.

Déjà Claude Bernard avait montré que, chez le cheval, 5 ou 6 rameaux portes vont se jeter directement dans la veine cave inférieure. Chez les vertébrés non mammifères, surtout les oiseaux, de larges communications dérivatives se font par le système veineux de Jacobson.

Les recherches récentes de Sabourin, de Brissaud, ont montré également des communications directes chez le phoque, qui présente, nous l’avons vu, un type parfait de foie biliaire.

Chez l’homme, des voies de dérivation en miniature se font normalement par les veines sus-hépato-glissoniennes, c’est-à-dire par ces veinules portes, satellites des artérioles hépatiques, et qui s’anastomosent avec les veinules efférentes des parois veineuses sus-hépatiques.

En elles-mêmes, ces communications sont purement histologiques, et ne constituent normalement qu’un simple vestige embryonnaire. Elles peuvent, à l’état pathologique, acquérir une véritable importance.

Il en va de même pour les veines portes accessoires ; sur les 5 groupes que décrivent les anatomistes, 2 peuvent contribuer à la suppléance partielle de la circulation intra-hépatique. Un groupe supérieur correspond aux veines portes accessoires du ligament suspenseur, et aux veines gastro-épiploïques, avec leurs anastomoses œsophagiennes dont nous verrons l’importance. Inférieurement, descend le groupe parombilical, où la veine ombilicale, d’après Baumgarten, resterait même perméable.

Toutes ces notions trouveront, à propos des cirrhoses du foie, leur application directe.

Ajoutons, en terminant, que d’après Rosapelly la vitesse moyenne de parcours du sang veineux dans le foie serait de 4 à 5 millimètres par seconde.

Quant à l’influence régulatrice que le système nerveux exerce sur la circulation intra-hépatique, son examen nous entraînerait à une discussion trop longue, et dépourvue encore de conclusions bien certaines. Contentons-nous de rappeler que l’expérience célèbre de Claude Bernard, la piqûre du plancher du 4e ventricule, détermine une hypérémie intense du fois. Cette hypérémie n’est pas vaso-paralytique, car, d’après Marc Laffont, elle ne dure, ainsi que la glycosurie, pas plus de 24 heures. Il est probable que la piqûre excite des centres bulbaires vaso-dilatateurs, bilatéraux et symétriques. Les nerfs vasodilatateurs qui émanent de ces centres descendent dans la moelle jusqu’à la lre paire dorsale, à partir de laquelle, peut-être jusqu’à la 5e1 paire, ils sortent pour se jeter dans le cordon sympathique thoracique, et de là dans les nerfs splanchniques.

MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES

Les pneumogastriques semblent avoir une influence opposée, et jouer le rôle de nerfs vaso-constricteurs. D’après Rodriguez (1), l’excitation des filets centripètes du pneumogastrique, pris au cou ou au-dessus du diaphragme, détermine une augmentation constante (par voie réflexe) de la pression dans les capillaires hépatiques; au contraire, là faradisation des filets centrifuges détermine, dans la plupart des cas, un abaissement assez net de cette pression, ou au moins une tendance à l'abaissement.

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