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DES MICROBES TROUVÉS DANS LA PÉRITONITE AIGUË

Les microbes que l’on rencontre dans les péritonites aiguës sont nombreux. Très souvent, ce sont les micro-organismes pyogènes ordinaires, pneumocoques, streptocoques, staphylocoques ; ils commandent lorsqu’ils existent à l’état isolé une forme spéciale et caractéristique de la maladie. A côté d’eux, et par ordre d’importance, il faut placer le coli-bacille ; nous verrons ultérieurement que son rôle pathologique s’accroît chaque jour. Enfin, signalons de suite, avant de faire une mention isolée de ces différents micro-organismes, les microbes de la putréfaction, isolés ou associés aux précédents ; ils peuvent aussi donner naissance à une forme clinique spéciale, qui sera décrite plus loin.

iu Pneumocoque. — La péritonite est une des déterminations pneumococciques les plus rares.

Elle est exceptionnelle comme complication de la pneumonie, ce qui est d’autant plus étrange, qu’il est fréquent de trouver des pneumocoques à la surface du péritoine chez les individus morts de pneumonie, que la péritonite à pneumocoques existe parfois sans pneumonie. ( Weichselbawn , Netter , Boulay et Courtois-Suffït, Sevestre, Galliarci)...

Cette localisation de l’infection pneumococcique est rare aussi chez les animaux, et difficile à provoquer même par l’expérimentation (Boulay).

Cette rareté de la péritonite pneumococcique chez l’homme tient à diverses causes.

L’infection locale, qui est le mécanisme le plus habituel des péritonites dues aux microbes pyogènes vulgaires, est rarement en jeu lorsqu’il s’agit du pneumocoque. Le passage des micro-organismes à travers les parois du tube digestif, mécanisme habituel des péritonites putrides, peut être difficilement invoqué, lorsque l’on a affaire au pneumocoque. Sa virulence serait singulièrement atténuée après son contact avec le suc gastrique.

La présence du diplocoque lancéolé ayant été signalée dans la cavité et les parois de l’utérus, la péritonite pneumococcique primitive pourrait à la rigueur reconnaître la même pathogénie qu’un grand nombre d’autres péritonites : passage du microbe de l’utérus dans la cavité péritonéale par les lymphatiques ou par les trompes. Ce n’est en tout cas qu’une hypothèse qui n’a pas encore été vérifiée anatomiquement.

Il faut donc admettre que dans la grande majorité des cas la péritonite résulte d’une infection générale, et que le diplocoque venu d’un point plus ou moins éloigné de l’organisme est transporté au péritoine par la circulation. Quant à l’origine de l’infection sanguine, elle reste ordinairement inconnue.

Dans un cas de M. Netter cependant, elle fut nettement déterminée : il s’agissait d’un nouveau-né chez qui l’infection s’était faite par l’intermédiaire du placenta.

2° Streptocoque. — Le streptocoque pyogène a été trouvé dans le pus de nombreuses péritonites où il existait à l’exclusion de tout autre micro-organisme.

C’est ainsi que l’on a pu l’isoler dans de nombreux cas d’infection puerpérale ( Witlal, Bumm), d’autres fois, dans des péritonites opératoires ou puerpérales {Predoëlli, Fraënkel , Achahnë).

5° Staphylocoques (blanc et doré). — Ce microbe a été trouvé plusieurs fois comme l’agent unique de la suppuration ( Fraënkel , Predoëhl ).

Il n’est pas rare de rencontrer dans le pus des péritonites les microbes cités précédemment, mais associés entre eux de diverses façons.

A. Streptocoques et staphylocoques {Fraënkel).

B. Streptocoques et bacilles de la putréfaction {Predoëhl).

4° Microbes de la putréfaction. — La péritonite est souvent produite par des microbes de la putréfaction, uniquement. Quelques-uns relèvent du genre micrococcus, presque tous sont des espèces bacillaires.

Parmi celles-ci, il faut citer le bacterium coli commun, parce qu’il forme une sorte de transition entre les microbes pyogènes et les micro-organismes putrides. Rencontré par M. Cornil , puis par M. Clado dans le liquide du sac d’un étranglement herniaire, son rôle clinique dans la pathogénie de la périlo-

MALADIES DU PÉRITOINE

nite généralisée était resté encore un peu hypothétique jusque dans ces derniers temps. Il n’avait été, en effet, signalé à l’état de pureté que dans les deux cas de Lamelle , cas un peu discutables au point de vue technique, l’autopsie n’ayant été faite, dans un cas, que 5 jours après la mort, c’est-à-dire à un moment où l’on ne pouvait plus guère espérer découvrir le véritable agent pathogène.

Malvoz (Archiv. de méd. Exp. et d’an. Path.-1891) a montré que le bacterium coli était non seulement le microbe pathogène habituel des péritonites par perforation intestinale ; mais que c’est à ce même agent parasitaire que sont dues les péritonites d’origine intestinale succédant, en l’absence de perforation et de toute solution de continuité des parois du tube digestif, à des ulcérations, à des étranglements herniaires, à des invaginations, à des sténoses de l’intestin.

Sur 7 cas de péritonite d’origine intestinale avec autopsie que l’auteur a étudiés bactériologiquement, il a constaté dans six, dont cinq, sans perforation de l’intestin, la présence du bacille d’Escherich, presque à l’état de culture pure dans l’exsudât péritonitique.

Il est certain d’ailleurs que le rôle du coli-bacille en pathologie, et surtout en pathologie intestinale, s’étend chaque jour davantage. Consacré d’abord comme uniquement saprogène de notre tube digestif, on commence depuis deux ans à lui reconnaître des qualités pathogènes pour l’homme. Récemment, MM. Chantemesse et Widal rapportaient de nouvelles observations d’infection par le coli-bacille, et montraient que les péritonites par perforation qui n’aboutissent à la mort qu’au bout de 10 à 12 jours, sous le coup d’une inflammation fibrino-purulente de la séreuse, pouvaient aussi être produites par ce microorganisme. Tout dernièrement, MM. Achard et Jules Renaut ont [conclu à l’identité du coli-bacille avec la bactérie pyogène de la vessie. L’histoire pathologique de ce microbe est donc à l’heure actuelle en voie d’évolution et tout porte à croire que dans l’avenir on aura fort à compter avec lui dans de nombreuses circonstances.

Cornil et Babès ont rencontré plusieurs fois des bacilles particuliers. — 1° De grands filaments et des bacilles en quantité considérable, dont la longueur variait de 5 à 15 p. et dont l’épaisseur était de 0 u. 8 à 1 <j. 5- — 2° Une grande quantité de bactéries allongées, filaments ou bacilles, et en même temps des filaments contenant des spores et des gros cocci. Il n’y avait pas de chaînettes comparables aux streptocoques.

Bumrn, Prœdoëhl , Fraënkel, ont trouvé des espèces bactériennes semblables dans certaines péritonites putrides.

Tous les micro-organismes que ces différents auteurs ont rencontrés sont de véritables agents de putréfaction. Ils ont pour caractère commun de liquéfier très rapidement la gélatine en la transformant en un putrilage fétide, de proliférer, avec une rapidité extraordinaire, à la surface de l’agar, la recouvrant bientôt d’une couche épaisse et uniforme, double propriété qui rend difficile, sinon impossible dans certains cas, l’isolement de toutes les espèces contenues dans le liquide. L’examen des exsudats doit être fait, suivant le consei] de Fraënkel, par inoculation en strie sur plaques d’agar glycériné, et même ce moyen doit toujours être contrôlé sévèrement par les cultures anaérobies.

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