TOME TROISIÈME
LÂBÉj ÉDITEUR, LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE,
PLACE DE l’ÉCOLE-DE-MÉDECINE , 4.
ARTICLE IX. — BE LA BRYONE, BE l’ÉLATÉRIUM BE LA COLOQUINTE , BE LA RÉSINE
LA GRATIOLE, BE l’ ANÉMONE, BU RHÜS, BU RENONCULE BES PRÉS, BE LA CHÉLIBOINE , ETC.
Symptômes de V empoisonnement déterminé par ces substances. Ils ressemblent beaucoup à ceux qui ont été décrits à la p. 72, excepté, 1“ que la saveur de ces poisons est âcre^ piquante, ou plus ou moins amère ; 2“ que la matière des vomissemens ne rougit point ou rougit à peine l’eau de tournesol.
Lésions de tissu produites par ces poisons {V. p. 75).
Action sur V économie animale (/^. l’histoire de chacun d'eux).
De la racine de hryone.
Racine du bryonia alba ou dioica (couleuvrée, bryone blanche), plante de la famille des cucurbitacées de Jussieu et de la monœcie syngénésie de Linnæus.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par la racine de bryone?
Caractères de cette racine. Elle est fusiforme, de grosseur variable, depuis celle du doigt jusqu’à celle du bras ou de la cuisse d’un enfant ; elle est souvent bifurquée, et offre alors des parties qui sont comme articulées; elle est charnue, succulente, d’un blanc jaunâtre au-dehors et d’un blanc grisâtre à l’intérieur; son odeur estvireuse et nauséabonde, sa saveur âcre et caustique. Lorsqu’elle a été desséchée, elle est blanche, facile à rompre, coupée en rouelles d’un grand diamètre, marquée par des stries concentrira. . 38
ques, d’une saveur amère, âcre, légèrement caustique et d’une odeur désagréable.
Action de la racine de hryone sur V économie animale. Les effets que détermine la racine de hryone sur rhomlne et sur les chiens, à la dose deâàS gram. me portent à conclure, 1“ qu’elle doit être rangée parmi les poisons irritans qui occasionnent la mort, lors même qu’ils ont été appliqués sur le tissu cellulaire dé la partie interne de la cuisse; 2° que son action est heaucpup plus intense quand elle a été introduite dans le canal digestif, que dans le cas où elle est appliquée sur des plaies ou sur le tissu lamimineux sous-cutané; S° qu’elle est absorbée et qu’elle détermine une vive inflammation des organes sur lesquels elle a été appliquée, et une irritation sympathique du système nerveux ; 4® que ses propriétés délétères résident essentiellement dans le suc et dans la partie soluble dans l’eau, et probablement dans cette matière jaune rougeâtre, d’une saveur excessivement amère, analogue à la cathartine, que MM. Brande et Firnhaber ont retirée de cette racine et à laquelle ils ont donné le nom de hryonine;, ê° qu’elle produit les mêmes effets sur l’homme que sur les chiens.
De Vélatêrium,
L’extrait aqueux du momordiea elaterium (concombre d’âne, concombre sauvage j, plante de la famille des cucurbitacées de Jussieu et de la monœcie syngénésie de Linnæus, est préparé avec le fruit de cette plante, dont voici les caractères •
Baie ovale, ayant la forme d’une olive, peu charnue, coriace, grosse comme la moitié du pouce, d’une couleur d’abckd verte, qui devient jaune en mûrissant; elle est uniloculaire, hérissée de piquans mous, s’ouvre avec élasticité et lance les semences au loin : celles-ci sont ovales, anguleuses, comprimées, munies d’une arille et nagent dansune pulpe aqueuse.
Action de Véîatérium sur V économie animale. hèÉ é%périences que j’ai tentées me permettent d’établir, 1“ que l’extrait diélatérium, à la dose de 2 à 12 grammes , détermine la mort des chiens les plus robustes dans l’espace de huit, seize ou vingtquatre heures, soit qu’on l’introduise dans le canal digestif, soit qu’on l’applique sur le tissu lamineux sous-cutané de la partie
-- mi —
interne de la cuisse ; 2° que, dans ce dernier cas, il est beaucoup moins actif que lorsqu’il a été introduit dans l’estomac ; s® qu’il agit à la manière des poisons irritans, en enflammant les organes sur lesquels il a été appliqué , et en déterminant une irritation sympathique du système nerveux; 4° qü’indépendamment de cette action locale, il est absorbé, porté dans le torrent de la circulation, et qu’albrs il agit particulièrement sur le rectum ; du moins j’ai constamment observé', même après avoir appliqué Yélatérium sur le tissu cellulaire sous-cutané de la partie interne de la cuisse, que le rectum était phlogosé ; 5° qu’il doit ses propriétés toxiques, sinon en totalité, du moins en grande partie à Yélatérine.
De Vètatêrine.
Gomment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par l’élatérine?
L’élatérine obtenue en 18§1 par M. Morrus, est blanche, cristalline, d’une saveur très amère, un peu styptique, insoluble dans l’eau et les alcalis,très peu soluble dans les acides, se dissolvant dans ralçoûl, l’éther et l’huile d’olives bouillante. Les cristaux, vus en masse, cmt un aspect soyeux; examinés à la loupe, ils présentent des prismes rhomboïdaux, striés sur leurs faces, et très brillans. L’élatérine est décomposée par les acides concentrés ; elle fournit avec l’acide azotique une masse jaunâtre , d’apparence gommeuse et avec l’acide sulfurique, une solution d’un rouge de sang. Elle est fusible à une température un peu supérieure à celle de l’eau bouillante ; chauffée plus fortement, elle se volatilise et fournit une vapeur blanchâtre épaisse et d’uue odeur presque ammoniacale (fhe EdinhurghmeA. and sur g. J(mv-~ nal^ avril 1831).
Action de l’élatérine swr l’économie animale. Elle agit comme l’élatérium , mais avec, beaucoup plus d’énergie : avec 3 milligrammes, Duncan a constamment obtenu chez l’homme les effets ordinaires de l’élatérium Journal de chim. médic., décembre 1831). 2 milligrammes donnés à un homme en bonne santé déterminèrent , au bout de deux heures, des vomissemens et de copieuses déjections {Archives générales dé, médecine^ tome Lvii , p. 125).
I Delà résine de J alap {convolvulusjalap'pd^
La résine de jalap sèche est d’un brun verdâtre, très fragile, d’une cassure brillante; sa poudre est blanche, avec une légère teinte Jaunâtre ; son odeur est vireuse, surtout lorsqu’elle est dégagée par la chaleur, et sa saveur d’abord faible, puis vireuse, désagréable, nauséeuse, âcre, provoque la salivation; elle se ramollit dans l’eau froide, à moins qu’elle ne soit en partie carbonisée par la cuisson, comme celle des droguistes ; elle est insoluble dans ce liquide et soluble dans l’alcool.
Action de la résine de jalap sur Véconomié animale, 1“ La résine de jalap appliquée sur les membranes muqueuses produit une excitation générale et provoqué des sécrétions abondantes de la part de ces membranes et de l’appareil de la sécrétion biliaire; d’autres fois elle occasionne les symptômes d’une inflammation locale, et le plus souvent alors les suites en sont funestes. 2° Si on la met en contact avec le péritoine, après l’avoir dissoute , elle agit d’abord comme diurétique; la péritonite, qui est la suite de cette injection, est accompagnée d’une diarrhée abondantè , puis de dysenterie et d’une entérite qui se termine par gangrène; les fonctions du foie participent évidemment à la perturbation générale. 3" Injectée dans la plèvre, la résine de jalap borne ses effets aux symptômes de l’inflammation locale. 4° Les frictions de résine de jalap combinée avec la graisse, et ses applications réitérées à forte dose sur la peau de la région hypogastrique, ont produit la diarrhée et la dysenterie. 5“ Etant appliquée sur le tissu cellulaire sous-cutané de la région lombaire, elle se borne à produire une inflammation locale. 6° L’injection de la résine de jalap dans les veines à assez forte dose ne détermine aucun effet remarquable au bout de deux jours (Félix Cadet de Gassicourt, année 1817, Dissert, inaugur.').
De la coloquinte.
Fruit du cucumis eoloeynthis (coloquinte ou chicotin), plante de la famille des cucurbitacées de Jussieu et de la monœcie syngénésie de L.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par la coloquinte? •
Caractères du fruit. Il se rapproche beaucoup de la baie, et il est composé d’une écorce, d’une substance charnue et d’un grand nombre de graines; l’écorce est dure, unie, luisante, jaune ou verdâtre; mais comme le plus souvent le fruit, dont je parle, est privé de son écorce quand il arrive d’Espagne ou de l’Archipel, je crois devoir m’attacher à donner la description de celui qui a été écorcé. Il est presque rond, de la grosseur d’une orange, léger, spongieux, sec, d’un blanc jaunâtre, d’une odeur désagréable et d’une saveur excessivement amère. La substance charnue, à laquelle appartiennent les caractères dont je parle, estcondposée de feuillets membraneux, et présente un très grand nombre de cellules dans lesquelles se trouvent renfermées plusieurs graines petites, planes, oblongues, semblables à des pépins de poire, brunes et amères à l’extérieur, et dont l’amande est blanche, douce et charnue.
Action de la coloquinte sur l’économie animale. Il résulte de diverses expériences que j’ai faites sur les animaux, et des observations d’empoisonnement recueillies chez l’homme, 1° que la coloquinte, à la dose de A à 8 grammes , est un poison irritant, énergique , susceptible de déterminer la mort dans l’espace dé vingt-quatre heures, même lorsqu’elle est appliquée sur le tissu cellulaire dé la partie internede la cuisse; 2“ qu’elle est absorbée, et qu’indépendamment de l’inflammation qu’elle détermine dans les organes qu’elle a touchés, elle agit sur le système nerveux et sur le rectum ; 3° que ses propriétés vénéneuses résident à-la-fois dans la partie qui se dissout dans l’eau, et dans celle qui y est insoluble; 4° qu’elle exerce le même mode d’action sur l’homme que sur les chiens.
De la gomme-gutte. ” '
La gomme-gutte est un suc résino-gommeux (composé de quatre-vingts parties de résine et de vingt parties de gomme) qui découle des feuilles et des rameaux du garcinia camhogia ou du mangostana camhogia, arbre de la famille des gif,ttifères, qui croît dans l’île de Ceylan et dans la presqu’île de Camboge. Suivant quelques naturalistes, ce seraient les feuilles et Les jeunes pousses du stalagmitis gamhogioides de Murray qui fourniraient ce SUC; d’autres ont attribué le même produit tantôt au
mnthochymus ’pictoy'ius de RoxbîiTgli^ tantôt au mnthochi mus ovalifolius du même auteur. •
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par la gomme-gutte?
Caractères. Elle est en masses cylindriques, d’un jaune rougeâtre, pa§T saut au j aune serin lorsqu’on la réduit en poudre, ou qu’on la nïêle ayec de l’eau; elle est très friable et opaque; sa cassure est brillante; elle n’a point d’odeur ; sa saveur est légèrement âcre, et se manifeste particulière^, ment lorsqu’on la laisse pendant quelque temps dans la bouche ; l’eau et I’êJicooI la dissolyent en partie, et acquièrent une couleur jaune ; la disso’^ lution alcoolique est troublée par l’eau, et dépose peu-à-peu la résine jaune. La gomme-gutte est entièrement soluble dans la dissolution aqueuse de potasse; la dissolution a’est point troublée par l’eau; mais elle est décomposée par les acides qui en précipitent une matière d’un très beau Jaune soluble dans un excès d’acide.
Action de la gomme-gutte sur l’économie Les
expériences que j’ai teutées sur les aniiftaux, dans Je dessein de constater l’action de la gomme-gutte sur l’économie animale, me portent à conclure , 1° qu’à la dose de 4 à 8 grammes cette substance détermine là mort des chiens les plus robustes dans l’espace de vingt-quatre heures, si toutefois on empêche le vomissement; 2“ qu’on peut la leur administrer impunément à cette même dose, si on leur laisse la faculté de vomir, car alors ils ne tardent pas à la rejeter, et les matières vomies sont d’une couleur jaune serin ; P qu’étant appliquée sur le tissu cellulaire sous-cutané de ces mêmes animaux, et à la dose de 8 à 12 grammes, elle les fait périr au bout de seize, dix-huit ou vingt-quatre heures; 4° que les effets qu’elle détermine dépendent autant de l’inflammalmu des organes sur lesquels on l’a appliquée, et de l’irritation sympathique du système nerveux, que de son absorption et de son transport dans le torrent de la circulation, -
grorow (saîn-boîs).
Ecorce et racine du daphne gnidium, plante de la famille des thymélées de Jussieu, et de roptaudrie monogynie de Linnteus, :
Comment peut-on reconnaître que l’enipoisonnemenî a eu Ue» par le garou? '
Caractères de l’écorce des tiges, Oa la trouvé dans le cpmînerce som
forme de fragmens longs d’un mètre, larges de 3 à 6 centim., très minces, pliés par le milieu, réunis en bottes et difficiles à rompre. L’épiderme est brun ou d’un gris foncé, demi-transparent , offrant des rides transversales qui sont le résultat de la dessiccation, tacheté çà et là, et d’une manière assez régulière, de petits tubercules blancs. Immédiatement au-dessous de l’épiderme, on découvre des fllamens soyeux, très fins, blancs et lustrés, au-dessous desquels se trouvent des fibres longitudinales très tenaces ; rintérieur de l’écorce est d’un jaune paille; sa saveur est âcre, piquante, caustique ; son odeur très faible et légèrement nauséabonde. Je crois devoir faire observer que l’on trouve aussi dans le commerce les rameaux de la plante dont je parle ; l’écorce est alors appliquée sur le bois, et on peut la détacher aisément pour constater les caractères qui viennent d’étre indiqués.
Le principe actif des daphné paraît résider dans une matière âcre que l’on extrait à l’aide de l’éther. On avait dit que le daphné lauréole fournissait à la distillation un principe âcre et volatil, mais M. Dublanc n’est jamais parvenu àl’obtenir (Séance de l’Âcad. de médecinedu 13 sept. 1829).
Racine de garou. Elle est longue, de la grosseur du pouce, fibreuse, grise à l’extérieur, blanche au-dedans, inodore, et d’une saveur très âcre.
Action du garou sur V économie animale. Les effets que détermine l’édorce de garou finement pulvérisée, sur l’homme et sur les chiens, à la dose de 4 à 8 grammes me permettent de conclure : 1° qu’elle doit être rangée parmi les poisons irritans susceptibles d’occasionner la mort, lors même qu’elle a été mise en contact avec le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse; 2® qu’elle agit avec moins d’énergie quand elle est appliquée sur des plaies ou sur le tissu cellulaire sous-cutané, que dans le cas où on l’introduit dans le canal digestif ; 3° qu’elle détermine une inflammation très énergique et une irritation sympathique du système nerveux, auxquels on doit particulièrement attribuer les phénomènes meurtriers qui suivent son administration ; 4® qu’elle paraît agir sur l’homme comme sur les chiens.
Du ricin.
Le ricin {ricinus communié onpalma-christi) est une plante de la famille des tithymaloïdes de Jussieu, et de la monœcie monadelphie de Linnæus.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par les graines de ricin"^
Caractères des graines. Elles sont oblongues, un peu aplaties, obtuses à leurs extrémiiés, et du volume d’un, petit haricot; le test (enveloppe exté-
rieure) est mince, très lisse, luisant, gris, jaspé ou tacheté de noir et de blanc; il est dur et cassant ; l’amande est blanche, très huileuse et légèrement âcre. Ces graines sont renfermées au nombre de trois dans un fruit verdâtre (capsule), à trois loges, à trois valves, hérissé d’épines molles. Ôa pense assez généralement que l’âcreté de cette graine réside dans les; acides ricinique et oîeoricinique qu’elles renferment.
Action des graines de ricin sur l’économie animale. Il résulte des expériences que j’ai tentées sur les chiens, et des observations d’empoisonnement recueillies chez l’homme : 1° que les graines de ricin introduites dans l’estomac à la dose de 4 à 8 grammes produisent des accidens fâcheux qui ne tardent pas à être suivis de la mort, si toutefois elles ne sont pas expulsées avec les matières des vomissemens et des selles; 2“ qu’elles déterminent dans l’estomac et dans le rectum une inflammation assez vive, à laquelle Succède une irritation sympathique du système nerveux, 3° qu^elles sont absorbées ; k° que leur action paraît être lamême sur les chiens que sur l’homme.
De V euphorbe (euphorhia officinarum).
Plante de la famille des euphorliacées et de la dodécandrie trigynie de L.; elle est cependant monoïque.
Gomment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par l’euphorbe (suc laiteux desséché, découlant de la tige de cette plante)?
L’euphorbe est en larmes irrégulières ou en grains isolés, demitransparens, jaunâtres à l’extérieur, blanchâtres à l’intérieur, unpeu friables, quelquefois percés d’un ou de deux petits trous coniques, se rejoignant par la base, et dans lesquels on voit souvent des débris ligneux ou des épines (aiguillons) de l’arbrisseau; il est presque inodore ; sa saveur, d’abord presque nulle, devient bientôt âCre et caustique ; sa cassure est vitreuse; réduit en poudre, il irrite les narines, lors même qu’il est à une grande distance. On trouve encore dans le commerce une autre variété d’euphorbe en masses irrégulières, mollasses, mêlées de corps étrangers, et d’une couleur plus foncée que le précédent. L’euphorbe ne contient point de gomme ; il est formé de résine, de cire, de malate de chaux et de potasse, de ligneux, de hassorine, d’eau et d’une huile volatile très âcre.
'Action de Teuj)horhe sur V économie animale. Il résulte des expériences que j’ai tentées sur les chiens, et des observations recueillies chez l’homme : 1“ que l’euphorbe exerce une action locale très intense, susceptible de déterminer une vive inflammation ; 2“ que ses effets meurtriers dépendent autant de l’irritation sympathique du système nerveux que de son absorptibn ; 3° qu’il paraît agir sur l’homme comme sur les chiens.
Il y a un très grand nombre d’espèces d’euphorbe qui sont vénéneuses : telles sont Veuphorbia antiqùorum,V euphorbiacanariensis, Veuphorbia tirucalli^ Veuphorbia peplus, Veuphorbia helioscopia, Veuphorbia verruposa, Veuphorbia pla~ tiphyllos^ Veuphorbia palustris, Veuphorbia hiberna, Veuphorbia characias, Veuphorbia amygdaloidesj Veuphord^a sylvatica, Veuphorbia exigua^ Veuphorbia- mauritanica Veuphorbia nerifolia, Veuphorbia esula.
« Du pignon d’Inde.
Le pignon d’Inde el^la graine d’une plante de la famille des tithymaloïdes, très voisine du ricinus commîimV,à laquelle on a donné jusqu’à présent le nom de médicinier cathartique (Jatrophacurcas). •
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par cette graine?
Caractères du fruit. Il est ovale, d’abord vert, puis jaune, enfin noirâtre, à-peu-près delà forme et de la grosseur d’une jeune noix, et renfermé sous une écorce épaisse, coriace, ridée, glabre; trois coques blanchâtres, bivalves, monospermes. Les graines sont ovales-oblongues, convexes en dehors, obscurément anguleuses du côté interne, presque cylindriques et entourées de deux tuniques propres dont l’extérieure est crustacée, fragile et noirâtre. La seule pression de l’amande entre les doigts en fait exsuder une matière huileuse. Cette plante croît dans les parties chaudes de l’Amérique.
Le pignon d’Inde est composé d’albumine non coagulée, d’albumine coagulée, de gomme, de fibres ligneuses, d’une huile fixe, d’acide jairophiqtte et d’un principe âcre, résineux, roussâtre, d’une odeur de beurre rance, auquel M. F. Cadet a proposé de donner le nom de curcasine.
Action du pignon dJlnde sur V économie animale. Les expériences que j’ai tentées sur les animaux , et celles qui ont été faites par Pelletier et M. Caventou, me permettent de con-
dure: 1“ que le pignon d’Inde Jouit dO propriétés! vénéneuses lyès énergiques, et qu’à lu dose de 2 gramnies il peut déteriuiner la Uîort des chiens les plus robustes dans l’espace de vingh-quatre heures, lors méde qu’il à été appliqué sur le tissu cellulaire sousr cutané de la partie interne de la cuisse} 2° que son action est plus vive, dans le cas où il est introduit dans l’estoniac, que Iprsqu’il est appliqué sur des plaies ou sur le tissu cellulaire spus-rcutané} 3“ que ses effets deurtriers dépendent principalement de rinflamdatiqn qu’il occasionne, et à iaquelle succède une irritation syj»^ pathique du systède nerveux ; 4“ que VJ^uîle retirée de cette graine agit de la dême danièresur l’homme que sur les chiens, les merles, les mouches, etc., soit qu’on l’introduise dans l’es-* todac, soit qu’on l’applique sur le tissu cellulaire spus^utâné} (>° que rtmtion de çétte huUe est incomparablement plus vive que celle delà graine, puisqu’il suffit de l’employer à la4pse de quelques décigrammes ppnr déterminer la mort ou du moins pour donner lieu à des accidens très fâcl^ux. PelletiePet M. Caventou pensent qu’elle doit ses propriétés délétères à Fàeide j atrophique, puisqu’il suffit de iâ saponifier pour les lui faire perdre.
Le eroton un arbre de la famille des euphori3lacés
qui croît dans les différentes parties de l’ïnde, au Malabar, à Geylan, etc.
Les graines désignées sous les noms de grains de tilly ou de petits pignons d'Inde^ contiennent de l’acide crotonique, de la crolonine, de la résine, une matière graisseuse blanche, une matière brunâtre, une matière gélatineuse, de la gomme, de l’albu-r mine végétale et une huile Jaune ou rougeâtre, d’une odeur désagréable, d’une saveur ^re et brûlante, qui paraît formée, elie-méme, de parties d’huile fixe et de 45 parties d’un principe auquel le docteur Paris a proposé de
donner le nom de tigliné.
Action du eroton tiglium sur V économie animale. Introduite dnns l’estomac, ou appliquée sur le tissu cellulaire soHs-ciitané d^ animaux, à la dose de quelques centigrammes,
l’huile de çroton tigUum agit à la manière des ppispns irrilans les pins énergiques.
Du mancenîllier.
Le mancenillier (hippomane memeinella) est un arbre de la famille des tithymaloïdes, offrant un suc d’un blanc laiteux, presque concret, d’une odeur peu pénétrante, analogue à celle d’un mélange de feuilles d’absinthe et de tanaisie broyées ensemble ? sa saveur, d’abord fade, puis âcre, détermine une chaleur brûlante dans l’amèrergorge quand on en applique une très petite goutte sur la langue : il suflSt de le respirer pendant quelque temps pour en éprouver des picotemens assez vifs autour des ailes du nez, aux lèvres, aux yeux, etc. Les parties du visage qui ont étié en contact avec lui ne tardent pas à devenir le siège d’une dér mangeaison assez grande et d’une inflammation érysipélateuse, avec éruption de pustules miliaires excessivement fermes, dont le dessétAemeatct U dpsquamatioiî s’opèrent au bout de quelques jours.
Açtiou muîiGÉnîllier sur l’économie umnigi§. Introduit dans l’estomac ou appliqué sur le^tissu cellulaire à la dose de A grammes, le suc de mancenüher agit à la manière des poisons excessivement irrîtans, et détermine une gastro^^entérite, qui est suivie de la mort au bout de dix ou douze heures dans le premier cas, et de vingt-quatre à trente dans le second- Injecté dans la veine jugulaire des chiens, ce suc occasionne la morte» moins de deux minutes, au milieu de quelques cris plaintifs le mémoire que j’ai publié avec Ollivier (d’Angers), dans
le Journal de chimie médicale, août 1825) (1). Le fruit du mancenillier produit également des effets fâcheux et analogues, d’après !^ expériences Mtes à la Guadeloupe par M. Ricord.
Les du mancenillier sonteüs aussi dangereux qu’on l’a
dit? Je ne le pense pas, car M, Ricord déclare avoir dormi plursieurs fois sous l’ombrage du manceaiHier après de longues exemEv sions sur 1© bord de la mer, et pendant 1<^ chaleurs les plus fortes,
(4) Je dois le suc de ôjancaiiiyer qui a smi à toe mes exférimçes g l’çbü-r Seence dç M. le docteur Guyon, çhirur^eu en chef de J’^mée d’A&i?ue,
sans avoir éprouvé d’accident; il pense qu’on a mal-à-propos atr tribué à l’arbre une influence exercée par les lieux marécageux qui l’environnent ordinairement. Ce même observateur dit aussi avoir laissé tomber à dessein les gouttes d’eau des branches du mancenillier sur les mains sans en avoir été incommodé, et il rappelle (\VieJacquin n’en ressentit aucun effet après avoir reçu ce liquide sur tout le corps nu ; il ajoute toutefois qu’il ne serait pas extraordinaire que, par la réunion de certaines conditions dans l’arbre et dans les hommes, l’eau qui tomberait des mancenilliers produisît une éruption à la peau, des phlyctènes, etc. Ces conditions sont, pour l’arbre, l’exhalation d’une substance vénéneuse extrêmement volatile, et pour les hommes, les circonstances d’âge, de tempérament et d’un état favorable à l’éruption ÇTourn. de ch. méd., novembre 1825).»
De la Sabine.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par les feuilles de Sabine?
La Sabine {juniperus sahina) est un arbrisseau de la famille dés conifères de Jussieu, et de la diœcle monadelphie de Linnæus. On connaît deux variétés de cet arbrisseau, la grande et la petite Sabine.
Caractères des feuilles de la petite sa6me. Feuilles très petites, toujours vertes, résineuses, d’une odeur forte très désagréable, d’une saveur amère, semblables à celles du tamarin, très serrées les unes contre les autres, appliquées sur les rameaux et comme imbriquées, droites, opposées alternativement, décurrentes à leur base, à pointe aiguë ; celles que l’on remarque à l’extrémité des rameaux supérieurs sont un peu lâches.
Action, des feuilles de sahine sur l’économie animale. Il résulte des diverses expériences que j’ai faites sur les animaux : 1° que la sabine doit être considérée comme un poison irritant assez énergique, susceptible de développer l’inflammation des organes sur lesquels on l’applique, et de déterminer la mort des chiens les plus robustes dans l’espace de vingt-quatre heures, lorsqu’elle est employée à la dose de â à 8 grammes ; 2° que son action paraît un peu moins vive, dans le cas où on la met en contact avec le tissu cellulaire sous-cutané, que lorsqu’on l’introduit
dans le canal digestif; 3® qu’indépendamment de rirritation locale qu’elle exerce, elle est absorbée, portée dans le torrent de la circulation, et qu’elle paraît agir spécialement sur le système nerveux et sur le rectum : du moins, pour ce qui concerne cet intestin, je puis affirmer l’avoir vu constamment enflammé dans l’empoisonnement dont il s’agit, lors même que la Sabine avait été appliquée sur le tissu lamineux sous-cutané de la partie interne de la cuisse.
M. Letbeby, après avoir fait un grand nombre d’expériences a conclu qu’elle n’agit pas immédiatement , mais qu’elle détermine au bout de deux ou trois heures des douleurs dans l’estomac et des vomissemens ; puis on voit arriver successivement le coma , de légères agitations dans les membres , des selles sanguinolentes, et enfin la mort, au bout de douze ou quatorze heures. A l’ouverture des cadavres, on trouve les vaisseaux du cerveau congestionnés, le sang noir, le cœur dilaté, surtout du côté droit, les intestins injectés. Si elle a été administrée en poudre, les matières contenues dans l’estomac auront une teinte verdâtre, et, en les examinant au microscope , on reconnaîtra facilement l'organisation particulière de la plante. En les distillant, on obtiendra un fluide trouble que l’éther rendra clair et qui fournira à l’évaporation une pellicule d’une huile Jaunâtre, ayant l’odeur et le goût de l’huile de sabine', tandis 'que le résidu traité par l’éther produira une solution verte , contenu de la résine et de la chlorophylle (Journ, de chimie médicale^ octobre 1846).
Du rhus radicans et du toxieodendron.
Le rhus radicans est une plante de la famille des térébin- Ihacées de Jussieu , et de la pentandrie dygynie de Linnæus ; il doit être considéré comme une variété du rhus toxieodendron^ d’après Bose.
Caractères des feuilles. Elles sont alternes, teruées, et naissent ordinairement au nombre de quatre ou cinq sur la pousse de l’année ; il y a un pétiole commun presque cyEndrique, plus ou moins velu, renflé à sa base, long de 5 à 8 cent., et large de 2 millim, ; chacune des folioles est ovale, lancéolée, aeuminée, glabre ou velue, anguleuse ou entière; les angles,
lorsqtfft Ÿ ma, sont totijôüfâ m petit faüMbfe, ôbtiiéj êt nê së ffiioirtretit qu’à la moitié, et plus souvent am deux tiéfsde lalongüèü? dé la féüille, les moyennes sont longues de S eent* sur 6 de largeur j les inférieures sont presque sessiles, et partagées d’une manière inégale par la nervure; la supérieure est longuement pétiolée.
Action du rhus radicans sur V économie animale^. Les observations recueillies jusqu’à ce jour sur les effets de cette plante permettent de concluré, 1“ que la partie la plus active est celle qui se dégage à l’état de gaz, lorsqu’elle ne reçoit pas les rayons directs du soleil j 2° qu’elle agit à la manière des poisons irritans : aussi a-t-on remarqué souvent que plusieurs personnes ont éprouvé une cuisson brûlante, suivie d’inflammation j de démangeaison, de la chute de l’épiderme ^ etc. ^ pour avoir touché des feuilles de cette plante, ou pour avoir plongé les mains sôuS un cylindre couvert d’un étui de carton noir contenant une certaine quantité du gaz qu’elle exhale j que l’extrait aqueux enflamme aussi les organes sur lesquels il est appliqué, et qu’il peut déterminer la mort à la dose de 'plusieurs grammes, soit qu’il ait été injecté dans l’estomac ou dans les veines, soit qu’il ait été mis en contact avec le tissu cellulaire sous-cutané de la partie interne de la cuisse; qu’indépendamment de cette action, le rhus radicans exerce une action stupéfiante sur le système nerveux, après avoir été absorbé.
pê ta chêlidôine.
La chélidoine est un genre de la famille des papavéracées de Jussieu, et de la polyandrie monogynie de Linnæus.
Caractères du genre. Calice caduc à deux folioles ovales, concaves; corolle à quatre pétales ; ovaire portant un stigmate en tête à deux lobes épais; capsule allongée, presque cylindrique, semblable à une silique, Composée de deux ou de trois valves ;'graines adhérant le long de deux placentas situés entré lés sutures des valves, et persistant même après leur séparation. Caractères de la chélidoine éclaire (chelidonium majus). Tige cylindrique, rameuse, légèrement velue, s’élevant jusqu’à 8 décimètres; feuilles grandes, molles, découpées, ailées, ou profondément pianatifides, à lobes ou à découpures arrondies ou obtus, vertes en dessus, et d’une couleur glauque en dessous ; fleurs jaunes, et plus petites que celles dé plusieurs espèces de chélidoine ; leurs pédoncules particuliers sont réunis sur les pédoncules communs en manière d’ombelles ; les siliques sont grêles,
lisses j èt n’ont pas 6 centiniètres dé longueur (Lamârék et De CandoUê). On la trouve partoutj dans les baieSj les fentes des vieux murs 'et les masures j surtout à l’ombre; Toutes les parties de la chélidoine fournissent, lorsqu’on les incise, un suc jaunâtre, amer, caustique, et d’une odeur désagréai)lé.
Action de la chélidoine sur V économie amimale» Les ex* périences que j’ai faites sür les chiens prouvent, 1“ que le suc des feiiilles dé chélidoine^ et l’extrait de la même plante^ doivent être rangés parmi les poisons irritahs j 2° qu’étant introduits dans le canal digestif, ou appliqués sur le tissu lamineux sous* cutané de la partie interné de la cuisse, ils né tardent pas à dé* terminer l’inflammation des ôr|ânes qu’ils touchent j â® que la hiort qu’ils occasionnent doit être attribuée' autant à leur absorption qu’à cette inflammation, et à l’irritation sympathique du système nerveux; 4“ qu’ils paraissent également agir sur lés pou* monS ; 5° qu’ils doivent probablement leurs propriétés toxiques, en grande partie du naoins à la èhêlidonine oü pirropiné, ma* tièré blanche cristalline que PoU en â extraite il y â quelques années.
De ta dèlphine.
La delphiné peut être reconnue aux caractères SUivans i élïe est solide, blattché, pulvérulente, opâqUe, à moins qu’elle né soit humide. Car alors éllê devient cristalline ; Sa saveur est d’abord très amêrè, puis âcre ; elle est inodore. On peut la fondre et lui donner l’aspéct de la cire liquéfiée ; si ofl élève davantage sa température, elle se boursoufle, noircit, répand une fumée blanche, inflammable à l’air, et laisse un charbon très léger. Elle est à peine soluble dans l’êau, tandis que l’alcôol et l’éther la dissolvent très facilement. La dissolution alcoolique verdit fortement le sirop de violettes et ramène au hleu l’eàU de tournesol rouffiè par Un acide. L’âCidê , azotique concentré, loin de la faire passer au rouge, comme cela a lieu pour la morphine et la brucine, lui communique une teinte jaune. Le sulfate, l’azotate, le chlorhydrate, l’oxâlate et l’acétate de delphine sont très solubles dans l’eaU ; leur saveur êst excessivement amère et âcre; les alcalis les décomposent et en précipitent la delphine sotis forme de gelée.
Action de la delpMne sur V économie animale. 1“ 30 cen* tîgr. de delphine délayés dans 60 grammes d’eau, et introduits dans l’estomac des chiens , dont on lie ensuite l’œsophage, déterminent, au bout de quelques minutes, des nausées et des efforts de vomissement : Cet état dure pendant deux heures environ; alors, et quelquefois plus tard, les animaux sont agités, parcourent rapidement le laboratoire pendant quelques minutes, puis éprouvent des vertiges , et deviennent tellement faibles, qu’ils ne peuvent plus se soutenir. Ils sont immobiles et couchés sur le côté. Quinze, viiigV où treutê minutes après , la position étant toujours la même, ils sont agités de légers mouvemens convulsifs dans les extrémités, et dans lés muscles qui meuvent l’os maxillaire inférieur écet état duré unè, deux pu trois heures, et se termine par la mort. Bes organes de l’ouïe et de la vue exercent leurs fonctions presque^ jusqu’au dernier moment : on observe des déjections ,1a première période de l’em-
poisonnemeht. A l’puy'^t^^dq|^f^^vres , on trouve la membrane muqueuse d&.rést^^ Ig^^m^t phlogosée, et tapissée d’un mucus noir^fré et^^^^^^^t^tle gauche du cœur contient du sang 1 es'^g^raHjw^ps denses et moins cré-
pitans que dansf irotat^^^p J^^^Jtitigrammes de delphine dissous dans la |ltàs pe^^^&TOé^pible d’acide acétique faible, et introduit^ da^@Pi|^pi^5%|nduiseut les mêmes effets , mais d’une manièri^J^^È^I^^pb^rapide : les animaux périssent ordinairement^6a%j|È^^ de' quarante à cinquante minutes; il est rare alors que l’on trouve l’estomac enflammé. 3° La delphiné est le principe actif de la staphisaigre. 4° Elle est absorbée et porte son action sur lérsystèmê nerveux : indépendamment de cette^^ action, à laquelle il faut attribuer les accidens qu’elle détennine^ elleproduit une irritation locale, susceptible d’enflammer les tissus, lorsque la mort n’a pâs suivi de près son ingestion.
De la stafhisaigre.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par la graine de staphisaigre?
La staphisaigre (clelphinium staphisagria) est une plante de
la famille des renonculacées de Jussieu, et de la polyandrie tri gynie de Linnæus.
Caractères des graines. Elles sont de là grosseur d’un petit pois, anguleuses, Je plus souvent triangulaires ou quadrangulaires, courbées de manière qu’elles présentent une convexité d’un côté, et une concavité de l’autre; le test (enveloppé extérieure) est mince, fragile, fortement ridé ou cbagriné, d’un brun tirant le plus souvent sur le noir, et d’une saveur âcre et amère ; l’amande est huileuse, blanche, rousse ou brune, surtout lors^ que la graine est desséchée ; sa sâveur-est également âcre ; albumen corné, embryon droit supérieur, radicule inférieure. Ces graines répandent une edeur désagréable ; elles sont renfermées dans une capsule triangulaire. MM. Lassàigne ét Feneullé les ont analysées et ont prouvérqù’élles contiennent de l’acide malique combiné avec un alcali nouveau; auquel ils ont donné le nom de delphine, deux principes arners, l’un Jirlin, l’autre jaune, de l’huile volaille et de l’huile grasse, de ralbuminê, une matière aniraàlisée, du muqueux, du mucoso-sucré et des sels minéraux.
.Action de la staphisqdpèe sur Vèeonomie animale. 1“ La stajdiisaigre , réduite ^ PQ»âre et iittroduite dans l’estomac de Thomme et des chiens ^0 grammes, détermine la mort dans l’espace de|quat|[^te.îrdià(îuante heures. 2° Elle agit uvec plus d’énergie l^sgu\id)ra^EigBe sur le tissu cellulaire sous-cutané. 3* Elle dot|s^ p^yéÊd|he5t'vénéneuses à la delphine, substance très active , nmi^g^l-sé tîjauve enveloppée dans une grande quantité d’albumii^de m^queus,et d'huile. U° Le deeoctum aqueux, obtenu avec udot^ïntlté donnée de staphisaigre , est beaucoup plus énérgique que îa*‘ graine à la même dose, parce qu’il renferme le malaie acide de delphine dégagé d’une grande partie des substances faisant partie de la staphisaigre. 5° Par la même raison , la graine humectée agit avec plus d’intensité que lorsqu’elle est sèche. 6" Les èffêts qu’elle produit sur l’économie animale dépendent de son "absorption , de la lésion du système tierveux, et de l’irritation locale qu’elle exerce.
De la gratiole.
La gratiole est un genre de la famille des antirrhinées , et de la diandrie monogynie de Linnæus.
Caractères du genre. Calice de cinq sépales , accompagné à sa base de deux bractées ; corolle tubuleuse, bilabiée , lèvre supérieure émarginée ; lèvre inférieure à trois divisions obtuses et égales; quatre étamines, dont deux seulement sont fertiles^-les deux autres avortant presque constamment; style court, terminé par un stigmate un peu oblique et eoncave. Caractères de la gratiole officinale. Sa racine est une espèce de souche ranapante, rameuse, émettant des radicules chevelues de ses noeuds. Sa tige est herbacée, dressée, un peu rameuse, marquée d’un sillon longitudinal rompu à chaque paire de feuilles, et haute d’environ 33 cent, Les feuilles sont opposées, sessiles, ovales, lancéolées, aiguës, glabres, un peu denticulées sur leurs bords. Les fleurs sont solitaires, rougeâtres, grandes, dressées, portées sur un pédoncule aplati, à-peu-près de la longueur dp la fleur, et ofeant à son sommet deux bractées lancéolées, aiguës, entières, redressées et plus longues que le calice. Calice composé de cinq folioles, ou sépales lancéolés, aigus, un peu inégaux, le supérieur étant plus grand que les quatre autres, Corolle bilabiée; tube allongé, un peu plissé, jongitudinalement; limbe à deux lèvres, la supérieure échancrée, rinférieure à trois lobes égaux et arrondis ; les deux latéraux sont un peu redressés ; étamines au nombre de quatrê,,dont deux seulement sont fertiles et anthérifères, attachées à la partie supérieure du tube ; deux autres avortées et sous forme de filamens capillaires attachés à la, base du tube. L’ovaire est ovoïde, términé en pointe à son sommet ; il offre deux loges polyspermes, et est appliqué sur UH disque hypogyne jaunâtre, qui forme un bourrelet circulaire autour de sa base. Le style, un peu oblique, glabre, légèrement épaissi à son sommet, est terminé par un stigmate concave. Le fî^it est une capsule ovoïde, glabre, à deux loges, et s’ouvrant en deux valves. Là grâtiolé croît dans les lieux humides, sur le bord des étangs aux environs de Paris. Elle est en fleur au mois de juillet (Richard, iBoL méd,).
Symptômes produits par la Indépendamment des
symptômes qui sont le résultat de l’irritation occasionnée par cette plante,, la gratiole paraît avoir déterminé dans certaines circonstances tous les accidens de la nymphomanie, ainsi que le délire qui accompagne ce misérable état (Bouvier, Gazette de santé du 1®'' août 1816). Les femmes, qui font le sujet des quatre observations rapportées par ce praticien, avaient la peau lisse, garnie de poils très- noirs , les veines très développées, le pouls très fort, et les membres chauds ; elles étaient habituellement sujettes aux flueurs blanches , aux affections hystériques, et à la constipation.
Action de la gratiole sur l’économie animale. Il résulte des expériences faites sur les animaux , et des observations re-
cueillies chez l’homme , 1° que les feuilles et l’extrait aqueux de gratiole doivent être rangés parmi les poisons irritaus énergiques, susceptibles de déterminer l’inflammation des organes avec lesquels iis ont été mis en contact ; 2» que la mort occasionnée par ces poisons peut être le résultat de leur injection dans l’estomac, dans l’intestin rectum^ et dans les veines, ou de leur application sur le tissu cellulaire sous-cutané de la partie interne de la cuisse ; S“ que, dans ce dernier cas , les effets de l’extrait de gratiole sont mpins marqués que lorsqu’il a été introduit dans le canal digestif : son action est encore plus vive quand il a été injecté dans les veines; i'* que ces poisons agissent surtout en enflammant les tissus sur lesquels on les applique, et eu déterminant une irritation sympathique du système nerveux; 5° qu’ils produisent sur l’homme les mêmes effets que sur les chiens; 6° qu’il n’est pas encore mis hors de doute que la décoction de feuilles de gratiole , introduite sous forme de lavement, exerce une action spéciale sur les organes de la génération de 1* femme ; 7“ que néanmoins les observations rapportées par le docteur Bouvier tendent à faire croire qu’il en est ainsi.
De V anémone.
L’anémone est un genre de la famille des renoneulacées de Jussieu, et de la polyandrie polygynie de Linnæus.
Caractères du genre. Involucre à trois feuilles' simples ou découpées, placé à une certaine distance de la fleur, et d’où sortent une ou plusieurs fleurs pédicellées, ayant chacune de cinq à neuf pétales ; capsules très nombreuses, surmontées d’une queüé plumeuse ou d’une simple pointe. Caractères de V anémone pulsatille. Tige haute de 2 centimètres, cylindrique, velue, sans feuilles, portant à son sommet une fleur violette assez grande; feuilles radicales, pétiolées, allongées, deux fois ailées, velues, blanchâtres dansdeur jeunesse, presque glabres dans un âge plus avancé, à découpures fines et pointues ; fleuré pétales oblongs, droits, et un peu velus en dehors ; involucre profondément découpé en lanières velues èt étroites, placé à 2 centirnètres au-dessous de là fleur, étamines nombreuses, plus courtes que la corolle ; plusieurs capsules ramassées en tête, surmontées d’une queiî® plumeuse ; graines terminées par une longue arête velue. On la trouve sur le bord des bois et dans les pays montagneux.
Action de V anémone pulsatille sur l’économie animale. c9. ,
Les eflfels que détermine l’anémone pulsatille chez l’homme , et les expériences faites sur les chiens me portent à conclure, 1" que les feuilles, la racine, et l’extrait aqueux de cette plante fraîche, doiyent être considérés comme des poisons irritans énergiques dont l’action paraît être due à raWwiomwe/ 2“ qu’ils produisent dans les parties sur lesquelles ils ont été appliqués une inflammation intense, suivie bientôt de tous les symptômes qui annoncent la stupéfaction du système nerveux ; 3“ que la mort occasionnée par ces poisons arrive plus promptement, s’ils ont été introduits dans le*«anal digestif, que dans le cas où ils ont été appliqués sur le tissu cellulaire sôus-cutané de la partie interne de la cuisse ; 4* qu’indépendamment de l’action locale qu’ils exercent , et qui suffirait au besoin pour rendre raison des phénomènes auxquels ils donnent lieu , ils sont absorbés et portés dans le torrent de la circulation pour agir ultérieurement sur le système nerveux et probablement aussi sur les poumons et sur l’estomac ; 5® que les effets des feuilles sont beaucoup moindres, et même nuis, lorsqu’elles ont été desséchées.
Du narcisse des pre's (juarcîssus pseudo-narcissus').
Le narcisse est un genre de la famille des narcissées de Jussieu, et de l’hexandrie monogynie de Linnæus.
Caractères du genre. L’ovaire est infère ; le calice, tubuleux à sa base, a le limbre partagé en six divisions étalées ; du sommet du tube s’élève un nectaire pétai oïde , de forme variée, tantôt monophylle et campanulé, d’autres fois court ou divisé ; les six étamines sont cachées dans le tube ; le stigmate et trilobé ; le fruit est une capsule à trois loges, s’ouvrant en trois valves. Les fleurs jaunes ou blanches sont renfermées dans une spathe mince et scarieuse. Caractères du narcisse faux narcisse. Son bulbe est arrondi, formée d’écailles très serrées; ses feuilles sont allongées, étroites, aplaties, obtuses, un peu plus courtes que la hampe. Celle-ci est longue d’environ 33 cent., très comprimée, et offrant deux côtés tranchans ; elle est terminée par une seule fleur jaune, grande, un peu penchée, qui sort d’une spathe membraneuse, fendue longitudinalement d’un seul côté; le limbe du calice est à six divisions ovaies, aiguës, étalées, jaunes; le nectaire est très grand, campaniforme, allongé, jaune ; son bord est légèrement frangé et d’une couleur plus vive. Les six étamines sont renfermées dans l’intérieur du tube, qu’elles ne dépassent pas. Le style est simple, terminé par un stigmate trilobé; la capsule est obovoïde, comme à six côtes;
elle est à trois lobes, et s'ouvre en trois valves. Le narcisse faux narcisse, ou des bois, croît dans les bois ombragés. Il n’est pas rare aux environs de Paris, où il fleurit pendant les mois de mars et d’avril (Ricb. , Bot. méd.).
Action du narcisse des prés sur l’économie animale. Les expériences que j’ai tentées sur les chiens avec l’extrait de cette plante me permettent de conclure , 1° qu’il doit être considéré comme un poison irritant, susceptible d’occasionner la mort dans l’espace de quelques heures, lorsqu’il est employé à la dose de 8 à 12 grammes ; 2° qu’il est essentiellement émétique ; 3“ qu’indépendamment de l’inflammation qu’il développe dans les organes avec lesquels il a été mis en contact , et qui en général est peu intense , il est absorbé et porté dans le torrent de la circulation ; 4° qu’il paraît agir spécialement surie système nerveux, en détruisant la sensibilité , et sur la membrane muqueuse de l’estomac , dont il détermine l’inflammation , lors même qu’il a été appliqué sur des plaies ou sur le tissu lamineux sous-cutané de la partie interne de la cuisse ; 5° que son action est moins énergique lorsqu’il a été introduit dans le canal digestif, que dans les cas d’application extérieure dont je viens de parler.
De la renoncule.
La renoncule est un genre de la l^ille des renonculacées de Jussieu, et de la polyandrie polygynie de Linnæus.
Caractères du genre. Calice formé de cinq sépales caduques ; corolle de cinq pétales offrant à leur base interne une petite fossette glanduleuse ; étamines et pistils en grandmombre; les fruits sont des akènes ordinairement terminas par un petit crochet oblique. Caractères de la renoncule âcre. (Linn., sp. 779). Sa racine est formée de longues fibres blanchâtres, presque simples ; sés feuilles radicales sont pétiolées, velues, divisées très profondément en trois ou cinq lobes digités, incisés, dentés et aigus ; dans les feuilles de la tige, ces lobes sont linéaires, entiers ; les pétioles, légèrement velus, sont dilatés et membraneux à leur base. La tige est dressée, haute d’environ 66 cent., fistuleuse, simple, et un peu velue dans sa partie inférieure, divisée supérieurement en rameaux allongés, cylindriques, non striés, qui servent de support aux fleurs. Celles-ci, d’un beau jaune, sont nombreuses et comme panniculées ; les cinq sépales du calice, légèrement concaves, sont étalés et pointus ; les pétales sont subcordiformes, un peu émarginés à leur sommet. Les fruits, ramassés en tête, sont assez gros,
lisses, terminés par un petit crochet peu reccurbé. Cette espèce est très commune dans les bois un peu couverts et humides. Elle fleurit durant une partie de l’été (Rich., Sot. med.).
Action de la renoncule des prés sur V économie animale. Il résulte des expériences faites sur les chiens , et des observations recueillies chez l’homme, 1° que le suc obtenu en triturant les feuilles de.cette plante avec de l’eau, ainsi que l’extrait aqueux de la même plante, sont vénéneux, et susceptibles d’occasionner une mort prompte} 2“ qu’ils agissent en déterminant une inflammation intense des organes avec lesquels on les a mis en contact, et par suite une irritation sympathique du système nerveux } S’ que leur action est moins vive lorsqu’ils ont été appliqués sur le tissu lamineux sous-cutané de la partie interne de la cuisse, que dans le cas. où ils ont été introduits dans le canal digestif}
qu’ils produisent les mêmes effets sur les chiens que sur l’homme.
On remarque que les espèces suivantes offrent des propriétés vénéneuses analogues : ranunculus sceleratus, ranunculus flammula, ranunculus hulhosus, ranunculus ficaria, ranunculus tJiora, ranunculus arvensis, ranunculus àlpestris , ranunculus polyanthemos , ranunculus illyricus, ranunculus gramineus , ranunculus asiaticus, ranunculus aquatilis, ranunculus platanifolius^ ranunculus hregnius, et ranunculus sardous.
De quelques autres poisons irritans végétaux.
Il existe encore un assez grand nombre de poisons végétaux appartenant à cette classe, que Je vais examiner succinctement. On les emploie rarement en médecine, Leurs effets étant analogues à ceux dont je viens de faire rhistoire, je me crois dispensé de les traiter en détail.
Les clématites vitalha, p,ammula, recta, integrifolia (famille des renonculacées), sont âcres et caustiques , appliquées sur la peau, elles déterminent de.Ia rougeur, des pustules et des excoriations- Inti’oduites dans l’estomac, elles occasionnent une inflammation qui fait périr les animaux.
Rhododendron chrysanthum. Le décoctum de cette plante
a une saveur amère, brûlante ; il est émétique, drastique, et enflammé les tissus sur lesquels il est appliqué. Le rhododendron ferrugineum , d’après FTelsch, est également vénéneux. Cet auteur parle d’un repas qui devint funeste aux convives pour avoir mangé d’un lièvre qui s’était nourri de ses feuilles.
2“ Fritillaria imperialis (couronne impériale). Plusieurs auteurs affirment que, cette plante est excessivement âcre. J’ai fait prendre souvent à des chiens le bulbe eontus ; cës animaux n’ont péri qu’au bout dé trenté-six , qUarante-huît ou soixante heures, et il m’a été impossible de découvrir la moindre trace de rougeur ni d’inflammation dans le canal digestif. Ces expériences ont été faites dans le mois de juin.
Pedicularis palüstris (des marais). GlediUèh et Gunner ont observé que cette plante nuit aux bœufs et aux moutons. Elle a une saveur âcre, brûlante. # »
h° Cyclamen europœum. Boerhaavé a rangé ce végétal parmi les poisons âcres, parce qu’il purgé avec beaucoup de Violence à la dose dé 1 à 2 grammes, et qu’il excite dés vomissémens. L’onguent qu’on en prépare détermine aussi les mêmes évacuations lorsqu’il est appliqué autour du nombril ; sa saveur est âcre. Bulliard dit que la racine de cette plante occasionne souvent des sueurs froides accompagnées de tintémens d’oreille, de tournoiemens et de mouvemens convulsifs ; le malade rend le sang par le vomissement et par lés selles ; il est en proie à une superpurgâtion qüi est suivie de la mort (ouvrage cité, p. 105).
5“ Plumhago europœa. Sauvages dit que les ouvriers qui emploient le décoctum de ce végétal pour obtenir une teinture jaune , sont tourmentés d’une vive céphalalgie s’ils travaillent plus de six heures {Nosologie ^ tomé !'*■, page 8û2). Sa saveur est âcre, presque caustique.
6° Pastinaca saliva annosa. La racine de cétte plante détermine lé délire . des vertiges , une grande ardeur dans l’éstomac, dans la bouche, dans les yeux, et ie gonflement des lèvres (Murray, ouvrage cité, vol. i, page 85).
7“ Convolvulus scammonea (scammonée). Plusieurs auteurs affirment que le suc concret de cette racine est vénéneux. J’en ai souvent administré 16 grammes à des chiens auxquels j’ai lié
l’œsophage , et Je o’ai jamais déterminé que des déjections alvines. Les animaux sont morts au bout de six ou sept jours , et l’on a trouvé dans leur estomac quelques petits ulcères. Or, j’ai démontré à la page 27 du tome i®"", dé ma Toxicologie en parlant de l’opération de l’œsophage, qu’il n’est point rare de voir cette opération donner lieu à cette lésion cadavérique.
8° Lohelia syphilitiea. Cette plante a une saveur âcre ; elle est émétique et purgative. Le lohelia longifLora jouit encore de propriétés plus énergiques ; les Espagnols l’appellent rahienta cavallos, parce qu’il tue les chevaux. Jacguin dit qu’il détermine une inflammation brûlante des yeux lorsqu’on les touche avec son mc(Histor. americ. stirp., page 220).
9“ Hydrocotile vulgaris. Cette plante est douée d’une saveur âcre, et paraît nuisible.
10“ Suivant M. Jh. Roux, pharmacien, la racine
de cette plante occasionne des selles, des vomissemens, des convulsions et la mort, lorsqu’elle est introduite dans l’estomac des corbeaux, des chiens et de plusieurs autres oiseaux et mammifères , sur lesquels il a expérimenté. Quatre enfans empoisonnés par la même racine éprouvèrent des accidens analogues, et ne durent leur salut qu’à l’usage d’un émétique et de boissons .mucilagineuses. L’extrait aqueux de la même plante appliqué sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d’un chien à là dose de 20 grammes, détermina la mort au bout de vingt-six heures, après avoir donné lieu à un grand abattement. 24 grammes du même extrait introduits dans l’estomac d’un chien de petite stature, occasionnèrent la mort au bout de neuf heures, quoique l’animal eût vomi une partie du poison peu de temps après son ingestion. Aucun de ces animaux n’a été ouvert (Mémoire inédit).
11“ Les arum, maculatum,, draeunculus, dracontiuniy colocasia , esculentum, virginicum^ arhoreseens ei seguinum sont âcres. Stork, Haller, Stêhélinus, parlent des effets fâcheux produits par Xinfusum des feuilles d^arum maculatum. J’ai administré à des chiens la racine de cette plante fraîche; ils sont morts au bout de vingt-quatre à trente-six heures, sans autre symptôme que de l’abattement, et le canal
digestif s’est trouvé un peu enflammé. Bulliard rapporte dans son Histoire des plantes vénéneuses de la France, page 84, que trois enfans mangèrent les feuilles é^arum, maculatum; ils eurent des convulsions horribles ; l’un d’eux périt au bout de douze jours , l’autre au bout de seize ; il fut impossible de rien leur faire avaler ; la saignée ne fut suivie d’aucun succès. L’autre enfant but beaucoup de lait, d’eau et d’huile ; il eut une diarrhée qui le sauva ; avant la saignée la langue était tellement tuméfiée, qu’elle remplissait toute la bouche et que la déglutition était impossible.
12“ Les sælanthus quadragonus , Forskalii et glandulosus sont très âcres, et passent pour être vénéneux.
13“ Calla palustris. La racine de cettqr plante a une saveur brûlante.
De la créosote.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par la créosote?
La créosote est liquide , d’un aspect gras au toucher , d’une consistance oléagineuse, incolore, transparente d’une odeur très désagréable assez analogue à celle du goudron , d’une saveur caustique, brûlante et d’une densité de 1,037 à 20 c. Ellè tache le papier comme les huiles volatiles ; mais ces taches disparaissent au bout de quelques heures. Elle brûle à la lampe avec une flamme très rutilante. Elle est soluble dans l’alcool, dans les éthers sulfurique et acétique, tandis que l’eau en dissout à peine. Elle est colorée en rouge par une petite quantité d’acide sulfurique; si cet acide est plus abondant, elle noircit, perd sa fluidité et il se dépose du soufre. L’albumine et le sang sont instantanément coagulés par la créosote.
Action de la créosote sur V économie animale.
Il résulte des expériences faites sur les chiens, sur des petits poissons, sur des mouches et des araignées et des observations recueillies chez l’homme que la créosote agit à la manière des poisons irritans énergiques et que ses effets délétères dépendent autant de son absorption que de l’action locale qu’elle exerce..
Des cantharides et dé la eaniharidîne.
Comment peut-on reconnaître que l’empoisonnement a eu lieu par les cantharides?
Là cantharide des boutiques (cantharis vesicatoria, meloe vesieatorius , lytta vesîcatoria) est un insecte de l’ordre des coléoptères (1), dç la section des hétéromères (2), de la famille des trâchélides (3).
Caractères dù genre cantharide. Crochets des tarses profondément bifides; élytres de la longueur de l’abdomen (4), flexibles, recouvrant deux ailes ; antennes filiformes, manifestement plus courtes que le corps, avec le troisième article beaucoup plus long que le précédent; palpes maxillaires un peu plus gros à leur extrémité ; corps allongé, presque cylindrique ; tête grosse, presque en cœur; corselet (thorax) petit, comparativement à la longueur du corps, presque carré, un peu plus étroit que l’abdomen; articles des tarses entiers ; mandibules se terminant én une pointé entière. Cantharide vésicatoire. Vert doré, antennes noires.
Les cantharides renferment, d’après Robiquet : 1° une huile verte, fluide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, et nullement vésicanté; 2° une matière noire, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, et qui d’après cet auteur n’est point vésicanté ; 3° une matière jaune, visqueuse, soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool à la température ordinaire, nullement vésicanté ; h° la eantharidine; 5° une matière grasse, insoluble dans l’alcool, nullement épispâstique ; 6° du phosphate de chaux qui forme la base du squelette ; 7° du phosphate de magnésie ; 8° une petite proportion d’acide acétique ; 9° une plus grande quantité d’acide urique {Annales de chimie., tome lxxvi).
(1) Les coléoptères ont quatre ailes, dont les deux supérieures, pliées simplement en travers, sont en forme d’étui crustacé et à suture droite ; ils ont des mandibules et des mâchoires pour la mastication.
(2^ Les hétéromères ont cinq articles aux tarses antérieurs, et quatre aux deux derniers.
(3) Les trâchélides ont la tête triangulaire ou en cœur, séparée du corselet par un rétrécissement brusque, en forme de col.
(4) Elytres, du grec âXnrpov, gaine, enveloppe, étui/ ailes supérieures des insectes qui en ont quatre.
Les cantharides peuvent être réduites en une poudre impalpable, d’un gris sale , généralement mate, parsemée de points luisans très brillans , à reflets métalliques, presque toujours de couleur vert doré et jaune doré, rarement bleu , plus rarement rouge. Si l’on change l’angle d’incidence sous lequel arrive la Im mière, on perd tout-à-coup de vue les points éiincelans, mais on en aperçoit d’autres qui brillent du même éclat. La poudre de cantharides offre une odeur âcre et nauséabonde. Lorsqu’on la met sur les charbons ardens, elle se décompose à la manière des matières animales, dégage une fumée d’une odeur fétide, et laisse du charbon pour résidu. L’eau de rivière versée sur cette poudre se colore en jaune. L’éther sulfurique , mêlé à la poudre fine de cantharides , acquiert sur-le-champ une teinte jaune verdâtre. L’alcool ne tarde pas à se colorer en jaune ou en rouge, suivant le temps pendant lequel il a agi et son degré de concentration ; dans cet état il porte le nom de teinture alcoolique de ernitha-! rides, que l’on prépare ordinairement dans les pharmacies , en substituant à l’alcool i’eau-de-vie ordinaire.
Caractères de l’alcool cantharide (teinture alcoolique des pharmacies, préparée avec l’eau-de-vie ordinaire). Elle est précipitée en blanc par l’eau; en rose clair par l’eau de tournesol ; en blanc tirant légèrement sur le jaune, et seulement au bout de quelques instans, par le cyanure ferruré de potassium; en jaune clair par les sulfures solubles, et le précipité est grumeleux; en blanc, par le carbonate de potasse : le précipité est pub vérulent, et ne paraît qu’au bout de quelques instans ; en jaune verdâtre par les acides chlorhydrique et sulfurique : le précipité est composé de très petites lames, et avant de se ramasser, la liqueur était trouble et. d’un jaune serin ; en jaune par l’acide azotique : ce mélange présente à sa surface, au bout de vingt-quatre heures, une matière grasse, rougeâtre, d’une odeur semblable à celle de la graisse que l’on a fait chauffer avec l’acide azotique. L’infusion de thé y fait naître un précipité grumeleux très abondant, d’un blanc jaunâtre.
Cantharides mélangées à du chocolat. D’après Barruel, ce chocolat, lorsqu’il est frappé par la lumière solaire, est parsemé de points brillans réfléchissant les couleurs verte et mordorée de la poudre de cantharides. Lorsqu’on l’a fait digérer pendant quelques heures dans de l’éther sulfurique, à la température de 30“ c., et que l’on évapore la liqueur filtrée, on obtient un pro-
duit blanc ressemblant assez au beurre de cacao, et doué de pro. priétés caustiques {Annales d’hygiène et de ynêdecine légale^ tome XIII, année 1835).
La cantharidine içyexûQ de petites lames micacées,
d’une saveur excessivement caustique, insoluble dans l’eau, soluble dans ce liquide lorsqu’il est mêlé à la matière jaune, soluble dans l’alcool bouillant, dont elle se dépose par le refroidissement en paillettes cristallisées à la manière du blanc de baleine, soluble dans les huiles de térébenthine, d’amandes douces et d’olives bouillantes, ainsi que dans l’éther. Elle est fusible à 210“ c. Chauffée un peu plus fortement, elle se sublime en partie en petites aiguilles brillantes. Les acides azotique et chlorhydrique la dissolvent à l’aide de la chaleur, sans altérer sa couleur, tandis que l’acide sulfurique chaud se colore en la dissolvant. La potasse et la soude caustiques liquides peu concentrées la dissolvent à froid.
Cantharides mélangées à des liquides alimentaires., aux matières 'pomies ou rendues par les selles, à celles que l’on trouve dans le canal digestif après la mort, etc. — Les liquides alimentaires et les matières vomies seront étendus en couches très minces sur des plaqùes de verre ; dès qu’ils seront desséchés, on les exposera à la lumière solaire, et l’on apercevra des paillettes de cantharides, que souvent on ne verrait pas à la lumière diffuse. Si on fait l’expérience pendant la nuit, on fera usage d’un globe rempli d’eau, tenu à la main entre la lampe et les objets à examiner ; cet appareil projettera sur ces objets ^une lumière assez intense pour laisser peu de chose à désirer.
Les matières fécales molles et pulpeuses seront délayées dans l’alcool, étendues en couches très minces, et desséchées sur des plaques de verre ; celles qui seraient moulées et dures seraient d’abord desséchées, puis dissoutes dans l’alcool et évaporées comme les précédentes.
Quant au canal digestif, après l’avoir séparé des parties environnantes, on l’insufflera fortement et on le fera sécher, en ayant soin de le tendre dans une direction verticale et de lester par un poids l’extrémité inférieure. Dans cet état, on divisera par tronçons la partie que l’on veut examiner, et on les coupera longitu-
dinalement, de manière à avoir desfragmens delà grandeur et de la forme d’une carte à jouer. Si l’on n’avait pas tendu ces tissus verticalement, de manière à effacer les anses, les courbures, etc., lorsque après la dessiccation ou voudrait effacer les plis, afin d’avoir une surface plane, la membrane muqueuse se fendillerait et perdrait son aspect poli ; et s’il se trouvait quelque parcelle de cantharides à l’endroit de ces éraillemens, elle disparaîtrait.
Les matières qui recèlent en plus grande quantité des parcelles de cantharides sont, au premier rang, celles qui sont contenues dans les gros intestins; les fèces rendues pendaut la vie sont quelquefois aussi très riches ; viennent en second lieu les mucosités renfermées dans l’intestin grêle, puis enfin celles qui tapissent l’estomac. Il en est de même pour le canal digestif ; on trouve moins de cantharides dans l’estomac que dans les intestins, et le gros intestin, quoique fort court, en offre autant que l’intestin grêle.
Mais, dira-t-on, quelle importance attacher à la présence des • paillettes dès que les cantharides ne sont pas les seuls coléoptères qui présentent la coloration à l’aide de laquelle on prétend les reconnaître ; ne savons-nous pas qu’on la remarque aussi dans la senterelle marquetée, dans les cétoines africaine, dû chêne et dorée, dansle goliafh brillant, àÿim le lamprime cuivreux, àaûûs V euclore verte et des vignes, dans les macraspés brillante à quatre doigts, dans le bousier dans les
buprestes à bande, foudroyant, rude, unicolore et rétréci, dans le taupin resplendissant, dans le eieindèle champêtre, dans les elivines brillant et rutilant, dans le carabe doré et dans le glaphyre du mélilot? A cela je répondrai qu’excepté le bupreste peut-être, ces insectes ne sont ni vésicans ni vénéneux; de plus, quelques-uns ne se trouvent pas en France. Il faudrait donc pour s’exposer à l’erreur, je ne dis pas pour la rendre inévitable, ainsi que le dit M. Poumet, à qui j’ai emprunté ces détails, une foule de circonstances dont la réunion (condition obligée) est une supposition chimérique. Il faudrait, en effet, puisqu’on ne vend nulle parties objets dont je parle, les recueillir soi-même, les réduire en poudre très fine, et les administrer en les regardant comme des cantharides, c’est-à-dire s’exposer à manquer le
but qu’on se propose, faute de connaître les uns et les autres ; et comme une pareille tentative ne déterminerait aucun symptôme d’empoisonnement, il serait de toute nécessité que la personne exposée fût précisément, et tout juste ce jour-rlà, sinon morte, au moins atteinte du côté de l’appareil digestif d’une maladie aiguëy grave, développée subitement, sans cause aucune appréciable ; de plus, joignez à ces symptômes les troubles fonctionnels propres aux organes génito-urinaires. Je le répète, cette accumulation de conditions nécessaires est presque une impossibilité, ne se rencontrera peut-être jamais, et ne touche que très peu à ma conviction. Cependant, je conçois que l’opinion contraire trouve crédit auprès de quelques consciences qui ne sont cependant ni timoréesni mé-^ ticuleuses; c’est là une de ces circonstances qui souvent seprésern tent devant les tribunaux. La vérité se montre à tous les regards: c’est bien elle; dn la voit, non pas tout-à-fait à nu pourtant, un voile blanc la couvre encore; il est léger, d’une. entière diapba^ niéité,ne dérobe rien à l’œil le moins exercé, au tact le plus obtus; mais enfin c’^est toujours un voile^ Alors, des voix intérieures se fout entendre, le doute s’élève, et la conviction s’évanouît. Le prévenu est absous ; mais cet acquittement n’est pas rinnocence^ el le temps ne la lui rendra jamais (ouvrage cité, p. 34).
Ist-il indispensable , pour affirmer qu’il y a eu empoisonnement par les cantharides, de retirer la cantharidine ? Evîdem^ ment non ,. si l’on a pu recueillir une ou plusieurs cantharides'' entières, ou bien une quantité de fragmens ou de poudre de ces insectes suffisantes four les hien caractériser, et que l’on ait constaté , en outre les symptômes et les altérations des tissus que ce poison détermine le plus ordinairement. 11 n’en serait pas de même si l’expert n’avait pas pu se procurer une portion dé l’insecte entier ou divisé ; dans ces cas , il faudrait nécessairement chercher à extraire la cantharidine, et s’il ne parvenait pas à l’obtenir, il se tiendrait sur la réserve, et, suivant que le commémoratif, les symptômes et les lésions de tissu se rappocheraient plus ou moins de ceux que l’on observe dans l’intoxication qui m’occupe, il établirait des soupçons ou des probabilités d’empoisonnement. Il faut dire toutefois qu’il arrivera bien rarement que l’on retire de la cantharidine des matières suspectes à
l’aide de l’éther, alors que ces matières ne renfermaient pas des parcelles de cantharides visibles à V œil nu, parce que les cantharides ne contiennent guère que l/250 de leur poids de caniharidine, d’après Thierry, et qu’il est par conséquent presque impossible d’en obtenir en agissant sur une proportion de cantharides que l’œil n’aurait pas aperçue.
Cantharides dans ùn cas d' exhumation juridique. Lès expériences tentées par moi d’abord, et ensuite par M. Poumet, ne laissent aucun doute sur la possibilité de découvrir les cantharides après une inhumation prolongée.
Expérience «Le 8 novembre 4826, j’ai enterré, dans a'ae boîte mince de sapin , un intestin contenant 4 grammes de cantharides pulvérisées, un blanc d’œuf et de la viande. L’exhumation de la botte a eu lieu le 43 août 4827 (278 jours, plus de 9 mois apr^}. La matière renfermée dans riotestin était convertie en gras de cadavres , et on apercevait çà et là, même à l’œil nu, une multitude de points brillàns d’un vert magni^ figue, qui étaient formés par la poudre de cantharides. En traitant cette masse par l’eau bouillante, le gras de cadavres entrait en fusion, et venait à la surface du liquide sous forme d’une couche huileuse , tandis que les particules brillantes se déposaient au fond du vase; on pouvait ainsi ramasser une assez grande quantité de ces particules pour s’assurer qu’elles pospédaient toutes les propriétés des cantharides pulvérisées » {Eæh. jtié-
Expérience^ 2®, Le 7 septembre 4 844 , à une heure du soir, je fis prendre à un chien de petite taille 4 2 grammes d’emplâtre vésicatoire préparé à la pharmacie centrale des hôpitaux. Cette quantité qui, d’après la formule, représente et contient à-peu-près 2 grammes 40 centigrammes de poudre épispastique , fut divisé en 32 pilules égales , admmistrees toutes de suite, dans un bœuf bouilli, haché, mâché. Dans la nuit du 7 au 8 , l’animal rendit vingt-et-une des trente-deux pilules ingurgitées la veille , c’est-à-dire les deux liera de la dose. Il n’en avait donc conservé qu’un tiers , ou 8o centigrammes : auæi, le 9, était-il complètement rétabli. ■ ■ ■ ' '
Le 9 septembre , à une heure du soir, je donnai à ce chien 4îgrammes de-poudre vésicante incorporée dans des confitures.. De ce -mélange je fis onze pilules , qui furent recouvertes de pains à chanter et ingérées de suite.
, A cette seconde tentative , le chien a eu deux yomissemens abondans. Aucune pilule ne fut rendue entière, mais un tiers environ du poison fut rejeté. Cet animal est le seul qui ait présenté quelques symptômes du côté des organes externes de la génération. Le pénis était gonflé, distendu, raide, non douloureux au toudher. Le gland sortait du prépuce, rouge
écarlate, odorant. Le chien le léchait à plusieurs reprises ; les testicules présentaient la même indolence et la mêmie tuméfaction : pour se soulager, l’animal traînait et frottait rudement l’anus sur le carreau. Cet état dura à peine un quart d’heure, puis tout disparut. Trois jours après il avait tout surmonté. Je fus obligé de le sacrifier, et le pendis le 42 septembre à une heure du soir, quarante-huit heures après la deuxième expérimentation , quatre-vingt-seize heures après le premier empoisonnement.
Le 43 septembre, Je plongeai le cadavre dans un grand baquet. L’eau le recouvrit entièrement pendant les deux tiers du temps, après quoi il revint à la surface et surnagea jusqu’à la fin. Il était resté quinze jours juste dans l’eau, lorsque le 27 septembre, je procédai à l’ouverture du corps. Je retirai tout le canal digestif, mais ne l’examinai que le 5 octobre, c’estràdire vingt-trois jours après la mort. Les matières contenues dans l’estomac ont misa nu une vingtaine de paillettes. Celles de l’intestin grêle, une dizaine seulement. Mais ce que je pus faire sortir du gros intestin me donna un résultat beaucoup plus satisfaisant , 70 ou 80 paillettes. La face interne de l’estomac n’en a offert que deux. L’intestin grêle, quatre seulement ; et je n’en ai compté que vingt-et-une dans le gros intestia (PoüMET, Thèse déjà citée).
Expérience 3®. Le 48 septembre 4844 , à une heure du soir, je fis avaler à un chien de moyenne taille, tenu à la diète depuis plus de trente heures, 5 grammes de cantharides pulvérisées, suspendues dans 95 gram. d’eau. Un quart environ fut rejeté immédiatement , de sorte que la dose conservée n’est guère que de 3 grammes 50 centigrammes à 4 grammes. De plus, comme ce chien aboyait fort et continuellement , je lui ai lié les deux mâchoires. Ledendemain 49, à sept heures du matin, l’animal était mort, raide et froid. Il a succombé hier à-peu-près vers minuit, douze heuresi environ après l’ingestion du poison.
Le même jour, j’enveloppai le cadavre dans un morceau de toile, l’enfermai dans une boîte de sapin, et j’inhumai le tout à une profondeur telle qu’il y avait 0“, 65 cent, de terre par-dessus la boîte. Elle y resta pendantvingt-neuf jours, c’est-à-dire jusqu’au 4 8 octobre, époque à laquelle je procédai à l’exhumation et à la nécropsie. Le canal alimentaire est assez résistant dans toute son, étendue; le plan musculeux est épais, facilement reconnaissable; sa coloration est d’un rose vermeil : excepté le rectum, qui est un peu distendu par des gaz , le resté de l’intestin est contracté et revenu sur lui-même. L’estomac renferme encore des mucosités blanchâtres qui , soumises aux procédés ordinaires d’investigation , ont fait briller quatorze paillettes, débris des cantharides. De l’intestin grêle j’ai retiré des matières blanchâtres aussi, et qui , traitées de même, m’ont fourni dix points brillans. Les matières fécales retirées du gros intestin, dissoutes dans l’alcool, étendues , évaporées, ont fourni tant de.paillettes, qu’il est impossible de les compter. A la marge de l’anus, dans le sillou
Interclunal, entre les poils , j’ai enlevé des restes de matières fécales au milieu desquelles j’ai retrouvé trois points, restes de cantharides. Environ 0“,05 cent, de la portion cervico-thoracique de l’œsophage ont été tendus. Après dessiccation complète j’ai compté sur la face muqueuse sept ou huit paillettes brillantes. A la face interne de l’estomac j’ai pu compter un ibon 4iombre de paillettes. L’intestin grêle n’en renfermait que quelques-unes. Enfin, dans le gros intestin, on en voyait briller huit ou dix {Ibid.).
Expérience 4®. Le 49 septembre 4844, à midi, j’administrai à un chien de petite taillé, tenu à une diète absolue depuis trente heures, 3 grammes 30 centigrammes du même poison, suspendu dans 90 grammes d’eau. Le surlendemain 4 9, à sept heures du matin , il fut trouvé mort, raide et froid ; il avait eu deux vomissemens et une seule selle.
Toutes les conditions de l’inhumation, de l’exhumation, de la nécropsie, ■sont identiquenaent les mêmes que celles de l’expérimentation précédente : je ne les répéterai donc pas.
Les matières retirées de l’estomac ont été délayées dans l’alcool, étendues par couches très minces sur une plaque de glace. Après dessiccation, ila quantité des paillettes était si grande, qu’il serait impossible de les compîer. Celles qui étaient contenues dans l’intestin grêle, soumises aux mêmes moyens d’analyse, m’ont donné pour résultat vingt ou vingt-cinq parcelles brillantes. Quant aux fèces retirées du gros intestin, elles ne m’ont présenté que cinq paillettes visibles. Du pourtour de l’anus, j’ai enlevé, par le igrattage, un détritus pulpeux, au milieu duquel brillent trois débris de coléoptères vésicans. Même résultat à la face interne d’une portion de l’œsophage. Le nombre des parcelles est bien plus grand sur la membrane'mu- •queuse de l’estomac. L’intestin grêle en contient trois ou quatre très facilement visibles à l’œil nu ; mais si l’on se sert de la loupe, on découvre des myriades de paillettes. Enfin, dans le gros intestin ,’ je n’en ai retrouvé que huit ou dix {Ibid.).
Expérience 5®. Le 44 septembre 4844, à midi, je fis prendre à on petit , chien, tenu à la diète depuis plus de trente heures, trente-huit cantharides entières ; ces insectes n’avaient pas été choisis, mais pris au hasard; ils pesaient 2 grammes 80' centigrammes , et furent ingérés en trente-huit boulettes enveloppées dans du bœuf bouilli, haché, mâché. Dans la nuit , l’animal eut un vomissement de matières alimentaires, du milieu desquelles j’ai retiré douze cantharides entières, ce qui réduit à vingt-six le nombre des coléoptères conservés , et, en poids , à 4 gramme 65 cent, la dose du poison. Le 46 , tout accident avait disparu ; il fallut sacrifier le chien, et je le pendis ; pendant la suspension, il y eut une selle dure. Le même jour, il fut enterré dans des conditions en tout et pour tout semblables à celles des expérimentations précédentes. Je le laissai en terre jusqu’au lundi, 4 avril 4842, époque à laquelle je procédai à l’exhumation et à l’ouverture du cadavre (deux cehts jours après la mort).
L’état de putréfaction, de ce cadavre était beaucoup moins avancé que in. ^ 40
je ne pouvais le supposer : la peau n’étaif perforée en aucun endroit ; les deux cavités thoracique et abdominale étaient distinctes et séparées par un diaphragme parfaitement intact ; enfin, le tube intestinal dans toute sa longueur, avait conservé encore assez de résistance pour pouvoir être dis^ séfué, insufflé et tendu : il en était de même de la vessie. A la marge de l’anus, dans le sillon interelunal, j’ai retrouvé un peloton de matières fé^ cales pulpeuses, du milieu duquel jtai retiré quinze cantharides presque toutes entières. Les matières extraites deî’estomac, évaporées, desséchées, ont fourni sept paillettes. Celles dé l’intestin grêle n’en ont présenté que trois , dont deux se sont détachées. Le gros intestin , toujours plus riche <|ue les deux autres portions du conduit alimentaire, eontenaitides matières fécales qui, délayées, évaporées, ont offert un nombre de paüiettes assez grand pour ne pouvoir pas être comptées. Rien à la face interne de l’estomac desséché. Une seule paillette sur celle de l’intestin grêle. Enfin, le gros intestin a fourni sur sa membrane muqueuse huit ou dix 4ft)ris -assez gros, mais dontquelques-uns.sesont détachés (Jôid.)..
Expérience 6®. Le 4 5 septembre 4 841 , à midi, j’administrai à un chien de petite taille, tenu à jeun depuis cinquante-deux heures , 4 grammes de cantharides pulvérisées suspendues dans 4ê0 grammes d’eau. Les symptômes prirent de suite une gravité extrême , et inmrchèrent avec la plus grande rapidité. L’animal eut des vemissemens si fréquens, si abon=dans, que presque tout le poison ingurgité a été rejeté. La nuit, il eut une selle dure, moulée, de, couleur marron. H mourut le 4 6, âdix heur^ du matin, et fut le même jour inhumé comme dans l’expérience 5®, ^oyez page 643. Il Testa enterré jusqu’au lundi 4 avril 4M2, époque à laquelle je procédai à l’exhumation et à l’ouverture du cadavre-(deux cents jouis après la mort).
Ce cadavre présente un état de putréfaction plus avancée que celui de l’expérience précédente. Les articulations tibio-tarsiennes et radio-carpiennes sont ouvertes ; le sternum et l’os maxillaire inférieur sont à nu ; l’anus est béant et largement ouvert. Aucun reste de matière fécale ne se voit à cet orifice. Le diaphragme est encore intact; l’estomac seul est distendu par des gaz ; tout le canal digestif, enlevé delà cavité abdominale le 4 avril, jour de l’exhumation , a été conservé dansl’alcôol pendant dix jours, et n’a été disséqué, ,vidé, insufflé, analysé, que le jeudi 44, c’està-dire deux cent dix jours ou sept mois après la mort. Les matières extraites de l’estomac ont présenté un grand nombre de paillettes brillahtes. Celles que j’ai retirées de l’intestin grêle se sont trouvées plus riches encore. Enfin le gros intestin renfermait des matières qui, analysées nomme les précédentes, ont offert un bon nonibre de débris de cantharides. L’estomac n’a pas pu être insufflé ni tendu ; lîétat avancé de putréfaction l’avait crevé en cinq endroits. Je Tai divisé en deux portions, en coupant suivant la grande et la petite courbure. Ces deux moitiés, tendues, desséchées, sont les pièces les plus riches que j’aie rencontrées. L’intestin grêle
était encore bien plus altéré ; je l’ai tendu par portions , et n’ai pu en insuffler que trois petits morceaux très courts. Après dessiccation de la face interne, j’ai'vu briller une dizaine de paillettes très distinctes.
Enfin le gros intestin, bien plus résistant que les deux autres, a pu être insufflé, après quoi il a présenté un bon nombre de débris de cantharides, surtout aux alentours de la valvule iléo-cœcale (Poumet , Thèse soutenue à la Faculté de médecine de Paris, le 7 ruai 4843).
Symptômes de V empoisonnement par les cantharides. Les symptômes produits par les cantharides introduites dans l’estomac sont les suivans : odeur nauséabonde et infecte ; saveur âcre, désagréable; nausées, vomissemens abondans, déjections alvines copieuses et souvent sanguinolentes , épigasiralgîe des plus vives; coliques affreuses ; douleurs atroces dans les liypochondres; ardeur dans la vessie; urine quelquefois sanguinolente ; priapisme opiniâtre et très douloureux ; pouls fréquent, dur; sentiment de chaleur très incommode; face vultueuse, respiration pénible, accélérée ; soif ardente ; quelquefois horreur des liquides; convulsions, tétanos, délire, etc. Le 21 août 1846, la Cour d’assises de la Vendée a condamné le nommé Jean Poirier à la peine de mort, pour avoir tenté d’empoisonner d’Hervonet en ajoutant à son potage la moitié d’un onguent composé d’un quart dé cantharides, d’un quart de poix blanche, d’un quart de cire, et d’un quart d’axonge (emplâtre-vésicatoire). D’Hervonet, qui ne succomba pas à cette tentative , avait éprouvé la plupart des symptômes qui viennent d’être mentionnés (Jour, de chim. méd., octobre 1846).
On observe aussi la plupart de ces symptômes dans le cas où la poudre a été appliquée sur Je tissu cellulaire ou sur la peau, et en outre, l’inflammation ou la gangrène de ces parties.
Lésions de tissu produites par les cantharides. Lorsque les cantharides ont été introduites dans l’estomac, on remarque quelquefois, dans la tunique interne du canal digestif, des tubercules fongueux, des varices, des ulcérations, des taches noires' formées par du sang extravasé. Elles ne déterminent pas toujours l’inflammation de la membrane muqueuse de la vessie et des parties génitales : ce genre d’altération a principalement lieu lorsque l’individu ne succombe qu’un ou deux jours après l’empoisonnement; il manque en général chez la femme; et lors-
qu’il a existé chez l’homme et qu’il a occasionné la gangrène du pénis, il disparaît après cinq ou six jours d’inhumation. Cependant si l’ouverture du cadavre est faite vingt-quatre heures après la mort, cette lésion pourra fournir des données importantes lorsqu’il sera démontré qu’elle n’est pas le résultat d’un cancer ulcéré de la verge, de la gangrène du scrotum après l’opération de l’hydrocèle, d’une infiltration urineuse suite d’une rupture de l’urèthre, rupture qui peut être l’effet d’une ulcération syphilitique, d’un rétrécissement, d’un cathétérisme maladroit ou forcé. Les lésions ne sont pas les mêmes dans le cas où la poudre a été appliquée à l’extérieur la partie avec laquelle le poison a été mis en contact est infiltrée, enflammée ou scarifiée ; la vessie et les organes génitaux sont ordinairement phlogosés , mais il est rare qu’on découvre la moindre altération dans le canal' digestif.
Action des cantharides sur l’économie animale. 1“ La poudre des cantharides, appliquée à assez forte dose sur la peau et sur le tissu cellulaire, ou introduite dans l’estomac de l’homme et des chiens, agit comme un poison irritant énergique ; elle est en outre absorbée et porte particulièrement son action sur la vessie et sur les organes génitaux (l).-
2° Les propriétés délétères de la poudre de cantharides ne résident pas dans toutes les parties qui les constituent.
8° Ces propriétés doivent être attribuées à la eantharidine, 2L}xprineife volatil huileuse , et peut-être aussi à la matière noire {voy. expérience 29® de ma Toxicologie , page 158 du tome II de la 4® édition).
4® L’huile verte, la substance jaune soluble dans l’alcool et la poudre de cantharides épuisée par Veau , produits dans les-
(1) Il est rare que les lissuS et les fondions des organes génito-urinaires soient altérés chez les chiens soumis à linfluence des cantharides, tandis qu’ils le sont àpeu-près constamment chez l’homme J’avais signalé ce fait qui a été depuis confirmé par les expériences du docteur Poumet. Ce médecin, en effet, n’a rien observé en expérimentant sept fois sur trois chiennes, et sur huit tentatives auxquelles il avait soumis sept chiens, il a noté une seule fois la turgescence des testicules, du pénis et la rougeur de ce dernier organe; et encore la tuméfaction était indolente et ne dura pas un quart d’heure, jamais d’hématurie; l’émission de l’urine se faisait sans douleur.
quels on ne trouve ni la cantharidine, ni l’huile volatile, ne jouissent d’aucune propriété vésicante.
5» La poudre de cantharides, privée seulement du principe volatil, agit encore comme caustique, mais moins que la poudre ordinaire.
6® Les extraits aqueux et alcoolique de cantharides, qui contiennent de la cantharidine, agissent avec plus d’énergie que la poudre ; mais leur action serait plus vive s^ils n’étaient point débarrassés du principe volatil.
7® L’action physiologique des divers produits vénéneux des. cantharides est absolument semblable à celle de la poudre.
8° La partie des cantharides soluble dans l’huile d’amandes douces, icjfectée dans les veines à une dose peu élevée, porte son action sur le système nerveux, et principalement sur la colonne vertébrale.
Des animaux qui produisent des accidens graves lorsqu ils sont introduits dans V estomac.
Il résulte d’un très grand nombre d’observations faites par le docteur Chisholm, que l’on pêche dans les mers des Indes occidentales, et dans certains endroits seulement, àes poissons qoQ l’on peut manger sans inconvénient , excepté depuis le mois de février jusqu’au mois de juillet, époque pendant laquelle ils côntractent des qualités délétères, sans qu’on puisse en assigner la véritable cause. Voici les noms de plusieurs de ces poissons : le perça major de Brown, le coracinus fuscus^ le sparüs cJirysops , le coryphœna hippurus de Lacépède , le scomher maximus , le murœna conger, le clupœa thryssa de Linnæus, le coracinus minor, et quelques variétés du cancer ruricola.
La plupart de ces poissons déterminent , peu de temps après leur introduction dans l’estomac, une démangeaison générale, dés douleurs atroces dans plusieùrs régions de l’abdomen et à l’œsophage, des nausées, des déjections alvines et des voraissemens fréquens, l’accélération du pouls, des vertiges, la perte de la vue, des sueurs froides, l’insensibilité et la mort. Quelquefois
on remarque aussi que la peau se couvre de lâches largeSj d'une couleur vermeille, ou que l’épiderme tombé, comme dans certaines espèces de lèpre. Gette maladie peut se terminer d’une manière fâcheuse dans l’espace de quelques minutes , d’une demiheure ou de plusieurs heures. Il n’est pas rare, lorsque lés symptômes que je viens de décrire cèdent à un traitement convenable, d’observer pendant plusieurs jours la paralysie des membres abdominaux.
Clu-pé cailleux tassart (clupæâ thryssa de L.). Un nègre du Grand-Mogol mangea de ce poisson \ à peine i’eut-il avalé qu’il éprouva des convulsions horribles et mourut une demi^ heure après. L’estomac et rœsopbâge étaient très enflammés.
Coracinus fus eus major. Les accidens déterminés parce poisson durent très long-temps, et il en résulte une maladie chronique caractérisée par la faiblesse et la paralysie des membres abdominaux, l’obscurcissement de la vue et la dureté de l’ouïe.
Sparus parges de Forster^ Il produit des effets analogues â ceux du coracinus mais ils ne sont pas aussi graves du moins dans les Indes occidentales.
Daurade ou (coryphæna câéruleô varie spléndens,
cauda bifurca j coryphænâ hyppurus de Làeêpèdéy dolphin des Anglais}.
Observation, Chisholm dit que ce poisson détermina chez un individu de l’îie de Grenade un violent mal de tête, des nausées, une éruption de taches larges, d’une couleur vermeille, une démangeaison insupportable, et un resserrement de la poitrine : ces symptômes cédèrent à un simple traitèmeht.
Contre (inürænâ major stibolivacea , conger-èèl dés An^ glaiè).
Observation. Dans le mois d’avril 4791, plusieurs individus de l’île de Grenade mangèrent de ce poisson. La nuit suivante , ils éprouvèrent; des tranchées, le cholera-morbus, une sensation particulière dans les membres abdominaux , que l’on pourrait désigner sous le nom de tiraillemens convulsifs. Un enfant qui en avait aussi mangé eut des défaillàüces. Lès n^res souffrirent plus que les blancs : ils éprouvèrent tous un goût cuivreux et une sensation dans l'œsophage, comme s’il eût été excorié. Ces sy mptômes persistèrent pendant quinze jours chez les nègres, et se terminèrent par la paralysie des extrémités inférieures. Un dé ces, individus eut une paralysie générale de tout un côté. Chez l’enfant, il se manifesta une
éruption très étendue dans le cuir chevelu, qui répandait une odeur fort désagréable. Ils furent tous rétablis nprès avoir souffert pendant plusieurs mois.
Scombre (scomber maximus , Eing fish des Anglais). Ce poisson, principalement la variété désignée sous le nom de hastar King fish, a déterminé quelquefois le ckolera-morhus et une éruption de couleur rouge.
Dans ses recherches sur les poissons et les crustacés toxicophofes , lues à l’Académie des sciences en 1819, M. Moreau de JonnèS range encohe parmi les poissons venimeux le diod&n orhieularis, poisson armé; le tetrodon mala, la lune; le halistes vêluta , la vieille ; le halistes monoceros , la petite vieillêf Xesox marginata, la grande orphie ; le sfhyrœna heenna , labéeune; les sparus psittaeus et erythrinus et sôûmher carangus. Parmi les crustacés toxicophores , on remarque le caneer rutieola, le toulouroux et le cancer hemhardus, le soldat. Les symptômes déterminés par ces animaux sont des douleurs d’estomac et d’entrailles, d’abord faibles et intermittentes, puis continues, et progressivement violentes et même atroces, dés nausées suivies de vomissemens répétés, des éblouissemens et des vertiges , un état spasmodique et même convulsif, un abattement ou plutôt une prostration de forc^ succédant aux douleurs spasmodiques de l’estomac , et présentant, sous l’aspect du coma, la crise finale de la maladie. On observe aussi quelquefois une inflammation de la peau semblable à l’éruption miliaire , accompagnée d’un sentiment de douleur brûlante , et suivie de desquamation de l’épiderme et de dépilation (1).
Des moules. ‘
Il est parfaitement démontré que des individus ont éprouvé, peu de temps après avoir mangé des naoules fraîches, des symptômes analogues à ceux que déterminent certains poisons îrri-
(1) On lit dans le Journal universel que plusieurs vignerons de Saint.Privé (près Orléans) furent très tnalades pour àvoir mangé une anguille qu’ils avaient pêchée dans un fossé très bourbeux ; des chiens et des chats qui-mangèrent les débris de l’animal périrent le jour même ou le lendemain.
tans ; mais il n’est guère possible, dans l’état actuel de la science, d’indiquer au juste la cause des accidens produits par ces mollusr ques, et que l’on a fait dépendre tour-à-tour d’une altération morbide qu’ils auraient éprouvée, des substances dont ils se nouE'- Tissaient , d’une petite étoile de mer que l’on y trouverait conr* stamment pendant les mois où elles sont nuisibles, d’une matièm que l’on appelle crasse, et qui existe dans la mer, enfin , d’unn disposition particulière de l’estomac des personnes qui les mangent, etc. Voici les symptômes que l’on a observés danscetter espèce d’empoisonnement : malaise général , pesanteur d’estomac, nausées, vomissemens, douleur à l’épigastre et dans plusieurs parties de l’abdomen, anxiétés précordiales, respiratiou difficile, stertoreuse, ou spasmodique et convulsive ; menaces de suffocation, pouls accéléré, petit, serré ; tuméfaction générale ou partielle, démangeaison quelquefois insupportable sur diverses parties du corps, suivie le plus ordinairement d’une éruption de vésicules , ou de pétéchies blanches ; quelquefois rougeur de la peau , enchiffrenement , refroidissement des extrémités, délire, soubresauts des tendons, sueurs froides, etc. Ces symptômes disparaissent presque toujours par l’usage d’un traitement approprié ; ils peuvent néanmoins être suivis de la mort , et alors on trouve des traces d’inflammation dans l’estomac et dans les intestins.