‹ Traité de médecine légale, contenant le traité des exhumations juridiquesChapitre 38 sur 55 · MALADIES MENTALES · texte numérisé non relu

MALADIES MENTALES

Les questions médico-légales qui se rattachent à ces maladies sont nombreuses et souvent très difficiles à résoudre.

(t) Ce n’est que depuis peu de temps que nous avons en France des travaux sur ce sujet. Us ont pour litre :

Examen des procès criminels des nommés Tdger, Papavoine, etc., dans lesqpiels

Le législateur a prévu un grand nombre de cas où l’homme étant privé plus ou moins d’instruction, de raison, de liberté morale, le caractère légal de ses actions est modifié; l’homme est privé, en tout ou en partie, de l’exercice de ses droits civils, et les actes répréhensiblès qu’il commet ne le rendent plus responsable de la même manière devant les tribunaux.

Je ne veux point engager ici une discussion métaphysique sur la raison et sur la liberté morale. Ce sont des faits connus de tout le monde. Chacun sent combien l’homme, dont les facultés mentales sont saines, peut délibérer ses actions, apprécier les motifs qui peuvent influencer son jugement, prendre la résolution qui est plus conforme à sa raison et à ses sentimens ; en un mot, se décider avec discernement et volonté pour tel acte plutôt que pour tel autre. Mais personne n’ignore, non plus, qu’une foule de causes peuvent affaiblir ou troubler l’intelligence, altérer les sentimens naturels, exciter des penchans et des désirs insolites, gêner ou détruire la liberté, faire fléchir la volonté ou même la forcer irrésistiblement.

Ce sont ces causes que je dois étudier ici dans leurs rapports avec les lois ; les unes sont des maladies, d’autres sont des états d’exaltation passagère et naturelle ; quelques-unes se rapportent à une sorte d’imperfection de l’entendement. Je les comprendrai toutes sous les. titres suivans : 1° Folie ou aliénation mentale; 2'dé-

Taliénation mentale a été alléguée comme moyen de défense, suivi de quelques considérations médico-légales sur la liberté morale ; par Georget, 182S.

Discussion médico-légale sur la folie ou aliénation mentale, suivie de l’examen du procès criminel d’Henriette Cornier, et de plusieurs autres procès dans lesquels cette maladie a été alléguée comme moyen de défense ; par le même, 1826.

Observations médico-légales sur la monomanie homicide ; par le docteur Brierre de Eoismont. 1827.

Nouvelle discussion médico-légale sur la folie ou aliénation mentale, par Georget, 1827.

Médecine légale relative aux aliénés, aux sourds-muets , etc. , ou les lois appliquées aux désordres de l’intelligence ; par Hoffliauer, docteur en droit et en philosophie, professeur à l’université de Halle, 2® édition ; traduite de l’allemand par le docteur Chambeyron, avec des notes de N. Esquirol sur les aliénés, et d’itard sur les sourds-muets.

Les ouvrages purement médicaux pourront être également consultés Tels sont le traité de Pinel sur l’aliénalion mentale, les travaux d’Esquircl, et le Traité pratique et médico-légal sur la Polie', par Georget, 2® édit.

lire fébrile, assoupissement ; 3° surdi-mutité j k° somnambulisme. Dans l’article consacré à la folie, je dirai un mot des passions et du fanatisme, de la faiblesse d’esprit des enfans et des vieillards, de Tépilepsie, de l’hypochondrie, de l’hystérie, des désirs insolites chez quelques femmes enceintes, et de l’ivresse.

POLIE ou ALIÉNATION MENTALE.

Un sage, dans le sens des lois et des jurisconsultes, est celui qui peut mener une vie commune et ordinaire ; un insensé est celui qui ne peut pas même atteindre jusqu’à là médiocrité des devoirs généraux (D’Aguesseau). L’homme en démence est celui qui ne remplit pas les devoirs les plus ordinaires de la vie civile. S’écarter de la raison sans le savoir, parce qu’on est privé d’idées, c’est être imhécille; s’écarter de la raison le sachant, mais à regret, parce qu’on est esclave d’une passion violente, c’est être faille; mais s’en écarter avec confiance, voilà ce qu’on appelle être fou. Le fou est celui qui ne peut pas remplir la destination humaine; celui-là est sage, qui la remplit entièrement; celui-là est moins sage, qui la remplit moins parfaitement; mais celui-là est constamment un fou, un insensé, qui ne la remplit en aucune manière, qui ne sait ni suivre l’instinct de la nature, ni se soumettre aux lois de la société et de la morale (1).

Comme on le voit, les jurisconsultes, dans les définitions qu’ils ont données de la folie, ont plutôt cherché les caractères de 1^ maladie dans son influence sur les actions de l’homme que dans la nature du désordre de l’entendement.

L’aliénation mentale présente des états si divers de l’entendement, qu’il est à peu-près impossible de la faire connaître par une définition claire et précise. Le malade qui est privé complètement d’idées et de senlimens, dont les sensations et les besoins sont presque nuis, ne ressemble -guère à celui dont l’esprit, devenu, plus actif, ènfante continuellement des idées, et ressemble encore moins à cet autre dont l’entendement est sain, éxcepté

(1) Répertoire tie jurisprudence^ art= Démenck.

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