DE LEUR LIBRE ARBITRE
parfaitement éduqué, ne peut porter tout entière la responsabilité de ses actes criminels. Ceci doit s appliquer surfont aux délits reposant sur des idées compliquées, telles que les délits politiques, la fausse monnaie , la contrebande , le faux en écriture. Pour les délits plus simples, telsque le vol direct, RI. Itard assure que les enfants qui ont passé quelques mois dans une institution ont déjà une idée très-nette de la criminalité et des diverses peines qu’elle provoque. Ainsi donc , il y aurait toujours lieu d’excuser par l’article Ci du code pénal un vol commis par un sourd-muet qui n'aurait pas passé au moins quelques mois dans une institution spéciale.
La manière d’interroger un sourdmuet accusé , ou un témoin sourdmuet, est donnée par l’art. 333 du code d’instruction criminelle : « Si l’accuSé est sourd-muet et ne sait pas écrire, le président nommera d’office pour son interprète la personne qui aura le plus ‘ d habitude de converser avec lui. Il en sera de même à l’égard du témoin sourdmuet. Dans le cas où le sourd-muet saurait écrire , le greffier écrira les questions et observations qui lui seront faites , ci les seront remises à l’accusé ou ail témoin, qui donneront par écrit leurs réponses ou déclarations. Il sera fait lecture du tout parle greffier. » Le jurisconsulte de Halle que nous avons déjà eu maintes occasions cle citer a donné en détail l’interrogatoire qui fut adressé a iffiuning, sourd-muet coupable d’assassinat. Bruning savait lire cl écrire.
Luand on lui demandait par écrit quel était son nom, il l’écrivait vivement. On lui demanda qui a tué le coutelier : sa victime exerçait cette profession. Il écrivit encore son nom en se désignant luimemc du geste, lloffbauer dit avec raison qu on n’est pas en droit de voir là un aveu manifeste du crime, car souvent les sourds-muets imparfaitement éduqués croient que toutes les questions écriles qu ou leur adresse sont une invitation d écrire pour prouver qu’ils connaissent ici art, et alors ils donnent l’échantillon
Je plus sur et le plus familier de leur savoir en traçant les lettres de leur propre nom. A d autres questions écriles, Bru- Jing ne voulut pn^o,1 no sut pas répondre. I elle tut celle-ci : est-ce là le lieu ou vous avez tué le coutelier? On écri v.l encore tons ses yous . où csl votre argent alors ,1 se fouilla , et, montrant ses pocl.cs Villes, exprima par des ee.tes
médecine
qu’on l’avait dépouillé de l’argent qu’il possédait au moment de son arrestation.
Hoffbauer conclut, surtout d’après cette réponse, que l’accusé comprenait ce qu'on lui donnait à lire. M. Itard combat cette conclusion dans une note : selon lui , il suffit que l’accusé ait déchiffre un mot, qu’il devait être fort accoutume a écrire, argent, pour avoir fait tous les restes que nous avons rapportés. t)uant aux autres, il les épelait ou lisait sans les comprendre; il en aurait meme pu -peindre plusieurs qu’il n’aurau pas compris davantage. En France , l’interrogatoire d’un sourd-muet est délégué parles tribunaux , aux chefs d’institutions spéciales , partout où l’on en peut trouver. L’intervention de ces hommes précieux diminue de beaucoup les embarras de la justice. Si le sourd-muet a reçu de 1 instruction , son intérêt peut le porter a la déguiser pour diminuer sa culpabilité.
Dans ce cas , M. Itard indique comme un procédé infaillible pour le forcer a se servir de tout ce qu’il sait , de l accuser d’un délit beaucoup plus grave , et tout autre que celui pour lequel il est poursuivi. S’il sait écrire, il aura vivemen recours à ce moyen pour se justifier e l’on connaîtra par ses réponses toute la portée de son intelligence. En résumé , un sourd-muet hors d’état de couveiser mir écrit doit être assimile a un idiot , un sourd-muet à qui une éducatmn spéciale a donné cet avantage est pour 1 intelli g-ence et le libre arbitre au niveau d un homme ordinaire
LÉGALE
QUP. XLY1II. — MALADIES SIMULEES OU DIS- SIMULEES , FOLIE.
La folie annule la responsabilité d’un méfait- Bien des coupables peuvent donc être tentés de se faire passer pour fous. La folie véritable expose à 1 interdiction et au confinement dans un liup^at , es fous véritables qui conservent assez d
^àr l’expérience , doivent toujours se
tenir en