‹ Traité de médecine légaleChapitre 32 sur 167 · DU SOLF.ATE DE ZINC, DU PLOMB ET DE SEÜ PREPARATIONS · texte numérisé non relu

DU SOLF.ATE DE ZINC, DU PLOMB ET DE SEÜ PREPARATIONS

mage économique de parties égaies d’étain et de plomb. Proust a démontre que l’étain s’oxydait d’abord, et par conséquent s’usait par le nettoyage ou par sa dissolution dans les menstrues usités dans les ménages. Les sels d’étain sont très-peu vénéneux. Mais une fois l’étain diminué de proportion , le plomb lui-même est attaqué ; il faut donc que la police oblige les étameurs à mettre une fort petite proportion de plomb dans la matière de l’étamage. Ce que nous avons dit des altérations subies par le plomb en contact avec 'eau, explique les accidents produits par ’eau qui avait séjourné quelque temps laus des vases de ce métal. MM. Barruel :t Mérat ayant analysé trois voies d’eau jui avaient séjourné deux mois dans une :uve de plomb, y trouvèrent plusieurs >nces de carbonate de plomb. L’eau des ontaines garnies de tuyaux de plomb a tonné des coliques violentes à tous les abitants d’un quartier ou d’un village ui en avaient bu. Cela s’est observé sur- 3ut immédiatement après la pose de uyaux neufs. Le fait n’est pas difficile à ipliquer. L’eauqui coule dans les tuyaux our alimenter une fontaine publique ient d’une rivière et plus souvent d’une ource. Dans les deux cas , dans le derier surtout, elle contient beaucoup de arbonates qui y sont dissous pas l’excès 'acide. On sait combien cet acide est bomlant dans les prolondeurs de la -ire. La forte pression qu’il subit facite là son mélange avec l’eau , mais au )nt.ict de 1 air , il se dégage, et le caronate calcaire se dépose par son insoludité. La première eau de source qui me dans un tuyau de plomb forme onc rapidement un oxyde et un carboate de plomb, que le mouvement en- •ame et qui d’ailleurs peut être soluble <u excès d acide. Mais en même temps commence à se déposer une couche de I calcaire, qui peu à peu recouvrira ute la surlace du tuyau , en sorte que s masses d’eau subséquentes seront m* effet sur le métal. Ce danger de l’eau traverse les tuyapx,de plomb, a été •iiv (j,^I.an<^ architecte romain Vi- , J,’:* 7t,éVi d’aPrès Vitruve par Paul t ;iU 8ej°U''’ mème très-court, du

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la forêt noire. MM. Barruel et Mérat ont conslaté qu’une cbopinc de vin pouvait se charger de 1 2 grains de cet oxyde en deux jours; par conséquent, la proportion serait de 24 grains pour un litre et de 15 onces par muids. Les confiseurs mêlent souvent , sans le vouloir, une certaine proportion d’oxyde de plomb aux sirops qu’ils clarifient avec l’acétate de plomb; ils ne savent pas enlever ensuite l’excès d’oxyde dont l’acide du sirop est chargé. Les oxydes ou les carbonates de plomb peuvent être avalés à dose assez élevée sans produire d’autres accidents que quelques coliques et des évacuations alvines. Cela tient au peu de solubilité de ces préparations. L’acétate a été aussi donné à dose assez forte aux phthisiques!; quelques-uns en ont pris jusqu’à 20 ou 25 grains par jour, mais ils avaient commencé par un demi-grain ou un grain, et avaient augmenté graduellement , cependant il n’est pas rare, même parmi les phthisiques de rencontrer des individus qu’un peu plus d’un grain incommode beaucoup. M.

Fouquier avait prescrit à un de ses malades-là une pilule composée d’un grain d’opium et d’autant d’acétate à prendre chaque jour: la première causa des coliques, la seconde des vomissements, la troisième tous les accidents d’un empoisonnement véritable, cependant l’analyse constata que le pharmacien n’avait strictement mis qu’un grain d’acétate, et que cet acetate n’etait mêlé d’aucune substance toxique. Parmi les phthisiques moins susceptibles , on ne dépasse pas la dose de vingt grains par jour sans occasionner au moins des coliques. MM.

Mérat et Orlila ont vu que plusieurs gros d’acétate étaient nécessaires pour tuer les chiens , quand on ne liait pas l’œsophage ; un gros suffit quand on a lie ce canal. Ce que nous venons de rapporter des effets de l’acétate de plomb chez les phthisiques est une preuve de plus que le volume des espèces n’est pas un gui île cei tain pour juger de l’analogie des eilets dos poisons. L’homme, quoique plus volumineux que le chien, est doué d une sensibilité bien plus exquise. Les symptômes de l’empoisonnement par le plomb se manifestent par un goût sucre métalliquectastringent à là bouche : ilyn constrictions à la gorge, nausées, vomissements de matières filantes, blanchâtres, parfois sanguinolentes , coliques fortes', déjections abondantes de matières qui peuvent être jaunes-vcrdàtres, rouges ou

sanguiuolcntcs ; convulsions , accély-

ration de la respiration et mort au bout de deux ou trois jours. Les désordres cadavériques sont peu remarquables ; on ne rencontre guère que la trace d’une phlegmasie assez intense. Les accidents occasionnés par les émanations saturnines sont bien différents. Les ouvriers qui manient le plomb métallique ou ses préparations, sont sujets à ce qu’on nomme la colique des peintres. Après une constipation assez longue, ils ressentent des coliques d’abord légères, et qui peu à peu deviennent plus fortes et paraissent avoir leur siège autour de l’ombilic ; les selles, fort rares, n’amènent que des matières dures, noires et arrondies comme les crotins des chèvres ou des brebis. Puis ■viennent des mouvements convulsifs , des paralysies de quelques parties du corps , des bras, des jambes, etc. La douleur, que les malades rapportent à l’abdomen, cède tellement à la pression qu’ils se font parfois marcher sur le ventre pour la soulager. Dans l’empoisonnement véritable au contraire , l’abdomen est doué d’une sensibilité qui rend la moindre pression insupportable.' Le ventre est rétracté au point que l’ombilic ressemble à un entonnoir. L’action des miasmes de plomb n’est pas aisée à expliquer ; toutefois, on ne peut pas dire qu’ils irritent la muqueuse , car jamais la muqueuse ne l’ougit pendant cette maladie. S’il y a de l’irritation, ce n’en est tout au plus que le premier degré, puisque les sécrétions sont suspendues.

Ceci amènerait une application curieuse de la théorie de Christie Turnebull sur les deux grandes affections des muqueuses, le catarrhe etl’irritation. L’augmentation de secrétion n’a lieu que dans la première, mais il resterait encore à expliquer l’absence de la sensibilité, qui est fort exaltée dans la seconde. La membrane péritonéale ne paraîtnullement affectée : donc, la maladie a son siège principal dans la tunique musculeuse et dans le système nerveux général des intestins. On sait les succès dès long-temps obtenus par le traitement de la Charité ,

qui consiste principalement dansl’emploi

des purgatifs drastiques. M. Gendrin a employé avec succès l’alun contre la colique des peintres ; il l’a donné à la dose d’un gros à trois gros. Quant à l’empoisonnement direct par les préparations de plomb avalées, il consiste dans l’emploi des émétiques, des purgatifs et des antiphlogistiques ; les bains tièdes , les lavements, etc, Ace poison, comme à

LÉGALE

tous les autres , on a cherché à oppost des antidotes. Celse a conseillé conti l’empoisonnement par la céruse, le bro de noix, qui contient, comme chacun sai une forte proportion de tannin. Guc rin de Mamers, qui attache une granq importance à l’usage des infusions vég< taies astringentes, les a conseillées coma antidote du plomb aussi bien que de pre que tous les autres poisons métallique L’on parait aujourd’hui attacher plus < confiance dansl’emploi des sulfates de m gnésie, de soude , et même dans celui d sulfates de chaux, qui se trouvent dai l’eau de puits. Ces sels décomposent pl rapidement lespréparations deplombqi les liqueurs végétales astringentes. S survenait des paralysies après un emp< sonnement par le plomb, on les traiter! comme on traite celles qu’occasionne plomb en miasmes, les bains de Barég d’abord, puis les purgatifs, enfin des a plications locales de strychnine par la m thode endermique.On pourrait aussi do ner la strychnine à l’intérieur. Le dire teur d’une manufacture de céruse à C chy, M. Roard, et après lui M. Gendrii ont essayé la limonade sulfurique et 1 lotions avec le même liquide, contre maladie saturnine.

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