‹ Traité de médecine légaleChapitre 36 sur 167 · CHAP. XXII. > — DS L’OPIUM · texte numérisé non relu

CHAP. XXII. > — DS L’OPIUM

n sait que l’opium est le suc propre tüsieurs espèces de papavcr , et nouent du pnpaver orientale. Bien des 1 croient que les orientaux gardent [ eux le suc obtenu par des incisions iquées à la capsule , suc qui est le • pur et le plus actif, tandis qu’ils ne ent au commerce étranger qu’un suc nu en broyant toutes les parties de lanfe et les soumettant ensuite à la sion. Ce suc, beaucoup moins pur ■ autrefois connu sous le nom de meum. Le commerce nous fournit cinq cipales espèces d’opium, que M. Gui- •l a analysées compara ti vcmen t. Yoici

5 gros 20 grains; celui de Constantinople^ gros 55 grains; ceux de Perse et de l’Inde en ont donné encore moins. On voit déjà une grande cause d’incertitude dans les effets de cette substance , selon l’espèce d’opium dont on se sera servi. II faut y ajouter une autre cause d’incertitude provenant de la diversité des manipulations des pharmaciens, manipulations qui isolent ou affaiblissent plus ou moins les matériaux actifs de l’opium. Ce remède énergique a été analysé dans ces derniers temps avec un soin tout particulier par MM. Robiquet , Pelletier , Couerbe , Sérulas , etc. ; on y a trouvé une grande quantité de matériaux immédiats , dont nous allons énumérer les principaux. Quatre alcalis : la morphine, la narcotine, la codéine, la narcéine (ces deux derniers ont été découverts, le premier par M. Robiquet, le second par M.

Pelletier) ; une substance cristallisable et qui ne se combine pas avec les acides appelée méconine par M. Couerbe qui l’a découverte; deux acides , dont l’un l’acide méconique, est combiné avec quelques-uns des alcalis et parfois avec tous, et 1 autre est l’acide acétique; deux matières huileuses, l’une fixe, l’autre volatile: la première est très-souvent combinée avec la narcotine, car on a remarque que celle-ci était beaucoup plus soluble dans les huiles , et qu’administrée dans cette dissolution elle produisait plus d eilet ; une matière gommeuse , une matière resineuse qui, suivant quelques chimistes, offre deux variétés ; puis enfin les se!s qm se retrouvent dans tous les produits végétaux, et notamment le sulfate de potasse, de chaux, etc. Il ne faut pas esperer de retrouver tous ces produits m meme toujours les principaux, lorsque 1 opium est mêlé aux matières animales ou végétales , a plus lorte raison quand 1 action Chimique de décomposition a été aidée par la chaleur , le mouvement la

fermentation digestive et les autres agents vitaux, pendant un long séjour de l’opium danslestomac. Christison, que nous avons déjà eu souvent l'occasion de citer comme habile expérimentateur, a vainement cherche trace de l’opium dans l’estomac d une femme qui avait été empoisonnée par deux onces de cette substance et nui avait succombé en cinq heures. Dans un autre cas, deux onces ayant été avalées, la

sonde, introduite dans l'oesophage, re* pompe au bout de deux heures les liquides contenus dans l’estomac. Enlin, dans un troisième cas, sept gros d’opium occasionnent des vomissements; les matières vomies sont analysées comme celles que la sonde avait repompées, et ni dans les unes ni dans les autres, le professeur d’Edimbourg ne peut constater la présence dcl’opiurn. Plus tard, ilmêleàdulait, à du porter dix grains d’opium brut, et les réactifs ne donnent que des résultats indécis.

Bulcner a déclaré aussi que les éléments de l’opium étaient extrêmement difficiles à retrouver dans les liquides animaux ou végétaux. On se souvient de l’inutilité des analyses chimiques faites sur le cadavre de là victime de Castaing. Pour diminuer les difficultés , il faut , dans une analyse de ce genre, poursuivre plus particulièrement les deux éléments principaux de l’opium, l’acide méconique et la morphine. Gomme l’acide est souvent le seul élément qu’on retrouve, on a inféré qu’il était toujours plus aisé à découvrir. Le procédé le plus simple et le meilleur pour arriver à ce but est du à MM. Du— ilôt et Hare : on fait bouillir l’opium dans l’eau distillée ; on obtient une liqueur colorée en brun qui surnage, un résidu blanc composé de ligneux, de narcotine, etc. ; on sépare au moyen du filtre ou de la décantation la liqueur, et on la traite par l’acétate de plomb ; il se précipite un méconate de plomb , et il reste en solution de l’acétate de morphine; il y a un échange de bases et d’acides. Voilà déjà l’acide méconique isolé de la morphine.

Pour séparer l’acide méconique du plomb qu’il a saturé , prenez le précipité , suspendez-le dans une certaine quantité d’eau que vous ferez traverser par un courant d’acide hydrosulfurique ; il se formera un corps noir, qui est du sulture de plomb ; l’acide méconique reste mele au liquide: filtrez; faites bouillir pour chasser l’excès d’acide hydrosulfurique ; évaporez jusqu’à siccité. Parfois 1 acide méconique est mêlé à de la matière colorante ; dans ce cas, dissolvez de nouveau ; décolorez par le charbon ; évaporez, et vous avez l’acide méconique sous forme d’unepoudre grise. Si vous la chauffez de façon à la sublimer, elle cristallisera le long des parois du chapiteau, puis vous la recevrez ; mais alors, elle pourra être changée de couleur, parce qu il se sera formé de l’acide pyro-mécomque.

Vous voulons aussi obtenir la morphine ; comment s’y prendre? Vous l’avons lais-

LÉGALE.'

sée combinée à l’acide acétique du sud de plomb employé dans notre analyl La liqueur dans laquelle l’acétate de m pliine est dissous contient encore bca coup d’acétate de plomb : en la travJ sant par un courant d’acide hydrosul rique, le plomb sera précipité en suif i noir; beaucoup d’acide acétique resl libre dans l’eau; mais l’ébullition le dissiper , et , lorsque l’acétate de m< pliine se précipitera , il sera neutre, ce sel était coloré, on pourrait le décij rer par le charbon. L’acétate de morph ayant les mêmes caractères que la m phine, et même les ayant plus francs, | a peu d’intérêt à séparer la base de J eide. Toutefois , il est aisé de s’empa de l’acide au moyen de l’ammoniaqi on filtre; l’acétate d’ammoniaque est lubie et passe ; la morphine reste su| filtre ; pour l’enlever , on lave le fil avec l’alcool ; on évapore, et l’on obi] la morphine cristallisée.

L’acide méconique solide a une tei grise ou blanche ; il est soluble dans l’( et colore en rouge-violacé les sels de toxyde de fer. En sa qualité d’acide rougit la teinture de tournesol. De ma en leur qualité d’alcali , la morphine codéine et la nareéine verdissent le s' de violette. La narcotine , quoiqu s’unisse aux acides , n’a pas cette j priété. La morphine solide est d un b jaune , cristallisée ou cristalline qi elle est en poudre. Sa saveur est j marquée, parce qu’elle est peu solq Combinée à un acide , elle acquiert saveur très amère, parce qu’elle est e très-soluble. Introduite dans un tub chauffée légèrement, elle se fond c prend en masse comme de la cire, est très-soluble dans l’alcool. Cette j tioii a un caractère spécial : quand < ajoute de l’acide nitrique , elle dc,> jaune, puis rouge. La strychnine au traire devient jaune et non pas roug contact du même acide. Ces coulc\j prononcent d’abord au fond <i'u v< parce que l’acide , beaucoup plus J que l’alcool, a gagué cette région. traitant de l’acide nitrique, nous a déjà dit que, dans celte expérience tait l’acide nitreux qui colorait la i phine. Lorsque la morphine est en tact avec l’acide iodique, et qu’on a une goutte d’eau, l’acide iodique s lore en jaune-rougeâtre et dégage odeur d’iode : ceci prouve que l’acii décomposé. Une autre preuve esi l’amidon concentré mis en contact

de l’opium.

ni sc colore en bleu. M. Sérulas a proposé l’acide iodique , ainsi employé , omuie réactif de la morphine. Une trop rande quantité d’eau empêcherait le sucés de l’expérience. La morphine mise n contact avec l’acide nitrique se colore n jaune, puis en rouge de sang. Au ontact de l’air, cette couleur diminue et lisparait. Si l’on mêle à la morphine, surout à un cristal de morphine, un sel de ritoxyde de fer, ce sel devient bleu. Cette ouleur sera verte si le sel est trop jaune ; ussi, le trito-sulfate de fer est préférable îtrito-hydroehlorate. La coloration dont ous parlons ici n’a pas lieu lorsque la lorphine est mêlée à l’alcool. — L’acétate e morphine, à cela près, a tous les carac- :res de la morphine; mais il est plus )luble , surtout dans une eau aiguisée acide acétique. Il jaunit et rougit par icidc nitrique. Il se colore en bleu par »n contact avec un sel de peroxyde de r peu acide, et non pas, comme on a utume de le dire , non acide ; car ces •lssont toujours avec excès d’acide. L’adeiodique etl’amidon peuvent agir avec i comme avec la morphine pure , touurs en ayant soin d’ajouter fort peu eau.

-Mais la valeur de tous les réactifs que •us venons d’indiquer est peu considéble. Les poisons métalliques se signant dissous dans GO ou 80 mille parties ■au. La morphine et l’acide méconique happent aux réactifs du moment qu’ils ut étendus dans 3 ou 4 mille parties véhicule. Etudions cependant les prolés conseillés pour retrouver la morine mêlée aux matières animales. Les ux principaux sont ceux de MM. Du- |n et Lassaigne. Ce dernier a été moié un peu par Christison et M. Dever- ' > le x ° ici : on Jave le canal digestif ec de 1 eau aiguisée d’acide acétique ; us avons déjà vu que la morphine, mêà l’acide acétique, devenait beaucoup ts soluble; on filtre ; on évapore jusà consistance d’extrait; on traite par cool ; on lave à plusieurs reprises cet rait par l’alcool, cl pour ne rien perdre ce ui-ci , on peut en distiller une par- , pui, <>t; évapore au bain-marie; on en c icsidu par l’eau; on évapore , . mveau,; on emploie les réactifs pro- :sd s,"nalcr l’acétate de morphine. Le ts souvent, il y a de la matière animale : ts ce cas lorsqu’un a repris par l’eau tsidu de la dissolution alcoolique il ti-adcr cette eau par l’acétate ’de “b. L alcool, surtout employé bouil-

lant, enlève aux tissus animaux la graisse et une assez grande portion d’autres matières animales. M. Orfila considère le procédé de M. Dublan comme bien inférieur à celui de M. Lassaigne. Voici en quoi il consiste : on ajoute de l’eau aux matières trouvées dans l’estomac ; on en lave les tissus avec un liquide que l’on évapore ensuite jusqu’à siccité ; on traite le résidu à trois reprises par de l’alcool très-reclifié ; l’alcool s’est chargé de l’acétate de morphine. M. Dublan croit que l’alcool entraîne fort peu de matière animale : nous venons de dire que cela n’était pas exact. Il traite son alcool par la teinture de noix de galle , qui lui donne deux combinaisons différenles, l’une insoluble, de tannin et de matière animale ; l’autre soluble , de tannin avec la morphine. Le gallate ou tannate de matière animale, étant insoluble, se précipite ; on le sépare par le filtre, et, dans la liqueur qui a passé , on a le gallate de morphine en solution. Pour mettre la morphine à nu, il ne faut que s’emparer du tannin : pour cela faire , on verse dans la liqueur une solution de gélatine, qui se combine avec le tannin et forme un composé insoluble ; la morphine reste en dissolution ; mais si l’on verse trop de gélatine, l’alcool en dissoudra une partie, ne fùt-ce que par l’eau qu’il contenait déjà et par celle que la solution gélatineuse y ajoute ; un peu de matière animale a donc pu etie melee au gallate de morphine ; de plus, l’acide galiique n’a nullement agi sur la graisse. Le procédé de M. Dublan a donc l’inconvénient d’ajouter de la matière animale, qui gênera beaucoup pour expérimenter la morphine par les réactifs. L’acide nitrique , par exemple, ayant la propriété de jaunir toute matière animale , cette couleur, déterminée par lui, serait insignifiante quand on rechercherait la morphine. Comme l’alcool empêche la réaction par le péroxyde de 1er, on évapore la solution alcoolique de morphine et 1 on reprend le résidu par l’eau.

■ Lorsque l’acétate de morphine est mêlé à une liqueur végétale, on peut employer le procédé de M. Lassaigne, que nous avons déjà conseillé pour lesliqueurs animales etmémepour les lissusanimaux.

I oulefois, quand ce sel est mêlé au vin , au café, a la bière, au cidre, en une proportion un peu considérable, les réactifs pourront immédiatement en signaler la présence.

La morphine, donnée en fractions de grain, produit des cllcls identiques à ceux

MÉDtèîtfE Légale.

(le l’acétate (le la même hase : c’est qu’il se trouve toujours dans l’estomac assez d’acides pour la saturer et la rendre soluble. La morphine, donnée à forle dose, ne se comporterait pas comme l’acétate, précisément parce que les acides ne seraient pas assez abondants pour la saturer. Les effets de la morphine ou de l’acétate à petite dose sont une tendance à un sommeil calme, avec contraction de la pupille , plus fréquente que la dilatation. A la dose d’un ou deux grains, il survient une autre série d’effets : soif sans rougeur à la langue , nausées, vomissements sans symptômes d’irritation de l’estomac, tendance à un sommeil agité, soubresauts des tendons, spasmes ; le coma n’est pas profond ; le malade se réveille au moindre bruit et s’agite. Il y a des sueurs copieuses, qui ne se trouvent pas dans l’empoisonnement par les autres substances narcotiques, la belladone par exemple, et qui sont beaucoup plus fortes que dans l’ivresse causée par l’alcool ; de plus, le malade éprouve des démangeaisons telles que M. Bally a déclaré qu’il ne voudrait jamais croire à l’empoisonnement par l’acétate de morphine chez un individu qui n’aurait pas éprouvé ce symptôme. Souvent les démangeaisons amènent des éruptions, qui sont le prurigo , l’urticaire ou l'eczema. A la dose de douze ou de quinze grains d’acétate de morphine, une excitation plus forte, des convulsions qui durent quelques minutes, puis cessent ; la faiblesse et l’irrégularité du pouls , des nausées , des vomissements, des déjections. MM. Bally, Trousseau et Bonnet ont vu que trèssouvent la sécrétion de l’urine était suspendue, et, quand la vessie en contient, le malade ne la rend qu’avec beaucoup de difficulté. Dans des expériences sur les animaux, on a pu administrer, sans causer la mort, un , deux et trois gros d’acétate de morphine. M. Vassal a vu des hommes qui en pouvaient prendre sans danger quinze grains ; biais c’étaient toujours des personnes accoutumées à l’opium à haute dose. La morphine est-elle décidément un principe sédatif ou irritant de l’opium? La question n’est pas encore jugée. ]\ï. Orfila l’a long-temps regardée comme irritante , et les expériences récentes de M. Martin- Solon ont prouvé que la codéine avait des vertus sédatives beaucoup plus franches que la morphine. Du reste , les incertitudes qui se retrouvent à chaque pas dans la chimie organique existent

sans doute dans les analyses de l’opiui Nous ne savons pas dans quel état pa ticulier ces matériaux, que nos analys isolent , se trouvent dans l’opium li même. M. Raspail accuse la chimie créer de toutes pièces ces produits. ( qu’il y a de sûr, c’est que toutes les pr parations opiacées produisent des efli narcotiques et calmants, et que le mêr individu , quand il se sera accoutume une en particulier au point de n’en pl ressentir les effets, trouvera des ressou ces dans les autres.

Nous allons maintenant nous occup de l’opium lui-même. Il est en mas?

brunes plus ou moins considérables, e halant une odeur vireuse spécifique, dissolution aqueuse est brune; elle pi cipite par l’ammoniaque en gris-jaunâti Ceprécipilé contient la morphine, l’aci méconique et la narcotine. La même queur mêlée au trito-sel de fer se colc en rouge. Traitée par l’acétate de plom elledonne, comme nous l’avonsdéjà vu,i méconate de plomb et un acétate de me phine. Ni l’acide iodique en solution l’acide iodique solide ne produisent d’i fet sur la solution aqueuse d’opium ; m; si l’on traite la solution par l’ammoni que, qu’on sépare le précipité et qu’ l’essaie par l’acide iodique , puis par solution d’amidon, on a d’abord la co leur jaune-rougeâtre et l’odeur d’iod puis la coloration en bleu. L’acide nit que fait rougir la solution d’opium. M toutes ces analyses , faites directeme sur l’opium, sont peu concluantes ; il h en isoler les deux portions essentielle la morphine et l’acide méconique. Ne avons déjà vu que ce résultat pouv être obtenu au moyen de l’acétate plomb. Le laudanum de Sydenham celui de Rousseau réagissent comme f solution d’opium par l’ammoniaque l’acide nitrique. Un sel de fer, par î contact , rougit et signale l’acide mé( nique. Règle generale : dans toute p paration opiacée , il faut , répétonssignaler la morphine et l’acide méco que, indépendamment de l’odeur vireu Celle-ci cependant est le seul caractf que l’on puisse retrouver dans l’eau <| tillée d’opium , qui, à la vérité, est jji délétère. Pour retrouver l’opium en sy stance ou le laudanum dans l’estomsj^ on lave scs tissus avec de l’eau aiguii; de vinaigre ; on fait bouillir; on filt^ on ajoute de l’acétate de plomb; l’ac| méconique combiné au plomb se pr(^ pile; l’acétate de morphine est disso-

faible dose, l’opium est sédatif ; à forte ose, il cause des convulsions. Pendant in action , la pupille peut présenter eux états différents, la dilatation ou la ïntraction :• ce dernier état est le plus abitueljla proportion est de dix-neuf ■r vingt cas. Tous les autres symptômes Mit identiques à ceux que nous avons écrits déjà à propos de l’acétate de morhine ; seulement les démangeaisons, les options et la suppression de l’urine nt plus rares.

On a proposé quatre contre-poisons

• l’opium, le vinaigre, le café , le camire, le chlore. Evidemment le vinaigre

• peut agir comme antidote , puisqu’il "dite la solution des éléments les plus tifs de l’opium. On peut citer en euve de cette assertion les expériences r des chiens qu’on a vu périr plus tôt ■and on leur a donné l’opium mêlé au naigre. 31a is, au contraire, lorsqu’on a ecté 1 opium dans le tissu cellulaire, et on a fait avaler le vinaigre, les accints de l’empoisonnement ont été dinues. Donc le vinaigre agit sur le ■terne nerveux en neutralisant l’inence délétère de l’opium. Le précepte i résulte de là , c est qu’il ne laut jais que le vinaigre et l’opium soient lés dans le même endroit, et que si stomac renferme l’opium , le vinaigre ut être donné à respirer, en frictions ou lavements. 11 n est prudent de le faire lier que lorsque tout l’opium est vomi, calé, qui selon toute apparence agit lement sur le système nerveux, n’a

' ,ron?;me vinaigre l’inconvénient de dre 1 opium plus soluble. Aussi peuti administrer avant même que l’opium : vomi. Le camphre donné en quan- \mc Peu considérable n’est nullement atff. tu I on force la dose, il devient son véritable. Le chlore n’exeroe tion favorable que lorsqu’il est trèsîdu. Si on l’employait concentré il sera,t Par bii-même un empoisonnent nouveau, car mêlé à l’opium il ne end pas plus actif, à la façon du vinai-

• Ainsi donc, la première chose à faire

t dvT,S°nrîemcnt Par ]cs opiacés ,

ent S Co„Cr„ ' r°U°n 'c vomis!

ent. a, on n y peut réussir, on fait 1er une tasse de café m i- , lavement d-, • • ’ ct 1 on d°nne

nvement d eau vinaigrée. Quand le ussement à eu lieu, on fait avaler vinaigre coupé de moitié ou de deux i d eau Comme l’opium détermine

congestion cérébrale, quoi qu’en ah

1 1 loi,rens» ,a saignée de la jugu- Méd. Lég.

DE L OPIDM.

l.ure pourra être fort avantageuse. Mais il fautla faire petite, et si l’individu n’est pas lort , s’en abstenir. Pour compléter cctlc leçon , nous dirons quelques mots des autres matériaux de l’opium et des préparations pharmaceutiques les plus employées. La narcotine ne peut être signalée par les agents chimiques dans le cas d’empoisonnement par l’opium. Le cas serait différent si elle avait été donnée seule. La narcotine est cristalline , ct ses cristaux sont plus volumineux que ceux de la morphine. Elle est sans saveur ni odeur, insoluble dans l’eau , soluble dans l’alcool et dans l’éther Le tnto-sulfate de fer et l’acide iodique n’ont pas d’action sur elle. L’àcide nitrique la jaunit , mais ne la rougit pas à moins qu’elle ne contienne^ quelques portions de morphine. Chauffée, elle se lond en jaunissant et se prend en une masse blanche par le refroidissement.

Elle est tres-soluble dans les acides comme la morphine, et, de plus, elle est solubledans 1 huile. Elleparaitavoir beaucoup plus d’action dans celte dernière solution que dans les acides, car, donnée seule elle est sans effet notable, meme a la dose de 120 grains. ]\ous avons déjà dit qu il y avait toujours des acides dans 1 estomac. Cependant, il ne faut pas croire encore que la morphine, à laquelle nous avons vu produire des effets toute seule soit toujours saturée par les acides avant t agir. 31. Martin Solon a expérimenté la morphine chez des individus à qui il avait donné préalablement la magnésie ct 11 C1? a Pas moins obtenu des effets narcotiques. CTctl e differente prouve de

«üle CT ,Trl'e dc,a n;|rcotincdonnée

in rd°'S’ C" (!lss,,|utiori dans

t, , ?.a l".lc acli0'' fortement «ci-

tante et détermine des convulsions à ta, dose de 10 a 15 (trains. En solution dans acide acétique ou l'acide sulfurique elle

cause des secousses encore plus fortes

Ma.s dans Eac.de hjdrochloriquc ou ni!

es.1 sons effet même a la dose le 00 g ra.ns La narcéinc et la méconine soûl dis matériaux inertes. M. Orfila les a injectées dans les veines sans obtenir le moindre résultat. La codéine est très!

sédative au rapport de MM. Barbier d Amiens et Martin Solon , mais Gril Rory d Edimbourg a vu le nitrate de codeinc produire des «citations très-IuL

santés L opium en substance est, comme nous lavons dit, moins actif „

^.c curs.c t alement la monde,,!

1 lais les extraits, soit aqueux, soit aicooli-

médecine légale.

que, sont plus' actifs que sa solution dans l’eau. Le premier ne perd rien de son énergie quoiqu’il soit privé de narcotine. La solution vineuse d’opium est plus énergique que les extraits. Tel est le laudanum de Sydenham. Le laudanum de Rousseau est deux fois plus actif que celui-ci. Enfin, les gouttes noires surpassent encore de beaucoup 1 énergie du laudanum de Rousseau. Nous savons aujourd'hui que l’opium et toutes ses préparations données en lavement agissent plus fortement qu’avalées ; et la raison véritable de cette différence est trouvée ce nous semble. La force digestive e l’estomac peut rapidement altérer la composition chimique du remede et diminuer ses propriétés. Dans les gios intestins, il n’y a qu absorption et non pas digestion. Au temps de Zacchias, on croyait précisément le contraire. Et ce médecin déclare qu’il faut double dose de poison pour tuer en lavement ; la pratique médicale de son temps suivait les memes proportions pour obtenir les effets thérapeutiques. Une cause de confusion est l’évacuation alvine sollicitée par presque tous les remèdes injectés par le rectum, et j'avoue que Zacchias a ete ami de la raison et de la vraisemblance lorsqu’il a dit qu’un poison acre, meta lictuc^ donné en lavement , solliciterait des selles qui le rejetteraient au dehors. Mais les préparations opiacées solliçitent trespeu la contraction de 1 intestin , et cependant le même Zacchias dit que si 10 grains d’opium suffisent pour tuer dans l’estomac, il en faut 20 pour tuer cil lavement. Quod vero non possiteadem vetieni quantité per os 'xMjg* ver clrsteres immissa occidere , decla raturexemplo medicamentorum usualium, quorum semper duplicem re-

nuirunt quantitatem media in chjstc-

ribus ■ unde si deeem opu grand per os exhibita occidere passent , per aiium Jnünistraia vix usque ad^inU occiderent , et sic de Pl $

nue nous sommes en train de faire de citations, ajoutons quelques mots d ll«p «nrrate plus connus , mais qui cxpi quent cette dissidence: ars longa, ex perientia fdllcix.

ciiap. xxm.

. pE l’acide iiydhocyaniquë

Plusieurs espèces d’acide Hoxyde de mercure, l’eau dis, idée,

la limaille de fer et l’acide sulfurique selon la méthode de Schéele. Celui-1 contient un vingt-quatrième de son poif d’acidediydrocyanique. Une autre espèc est préparée en faisant passer un coi rant d’acide hydrosulfurique dans ui solution de cyanure de mercure, elle coii tient un douzième d’acide. Enfin, la pli pure est celle qu’on obtient d’après b procédés de Vauquelin etdeM. Gay-Lu sac , en traitant le cyanure de mercu solide par l’acide hydrosulfurique g:

zeux, ou par l’acide bydrocblorique. G a alors de l’acide liydrocya nique pri d’eau, et très-pur. Dans cet état, c’a un liquide plus léger que l’éther sulfu que , exhalant une odeur d’amandes ad res plus sensible d’un peu loin que très-près. Une goutte versée sur du p pier se volatilise en partie et se solidifi la première partie en enlevant à l’an, son calorique , s’est réduite en vapeucj a opéré la congélation de l’autre. A i température très - peu élevée, lac hydrocyanique se volatilise en totali il bouta 26 —0. Qu’il soit en vapi ou à l’état liquide , il s’enflamme à 1’ proche d’un corps en ignition. La flad qu’il donne est purpurine. On peut j ce moyen s’assurer aisément si un appaj dans lequel on prépare cet acide en laij échapper quelques parcelles par les < vertures lutées. L’acide hydrocyana s’altère très-aisément; il se colore i brun dans un espace variable entre qu; heures et sept jours après sa format!

Cette couleur brune peut aller jusqi noir ; elle tient a la mise à nu du cl bon et au changement de proporj d’une portion des éléments de l’aci changement qui a fait combiner cet al avec l’ammoniaque formée à ses dépi On sait que le cyanogène est compos* carbone et d’azote ; l’hydrogène quj joint pour le constituer acide, h une certaine portion d’ammoniaqu se combinant avec l’azote. Le mél de l’acide hydrocyanique à l’alcool pêche sa décomposition. Si on satur la solution de potasse, une goutte d’ hydrocyanique , la liqueur reste fore ; mais si on y ajoute quelques gdi de proto-sulfate et de persuïfale cfl mêlés , on voit paraître une coloratiw bleu- verdâtre (bleu de Prusse), et soi un précipité, qui est du tritoxyde djl En ajoutant une ou deux gouttes <11 bydrocblorique, le dépôt est dissout* couleur bleue n’en paraît que plus ■

A la longue, la matière qui formel

couleur Lieue se précipite. L’acide hydroeyanique également mêlé de potasse, et traité par la solution de sulfate de cuivre, donne un précipité blanc-jaunâtre, verdâtre ou bleuâtre, qui additionné de quelques gouttes d’acide bydrochlorique devient blanc. Ce précipité en grosse poudre pesante est du cyanure de cuivre. Enfin, une goutte d’acide hydrocyanique versée dans du nitrate d’argent donne un précipité blanc, lourd, cailleboté, «soluble dans l’eau et dans l’acide nirique froid, soluble dans l’ammoniaque.

..e précipité, qui est du cyanure d’arrent, se distingue du chlorure d’argent, n ce qu’il ne devient pas facilement nolet au contact de l’air, et qu'il est soublc dans l’acide nitrique chaud. Voilà !onc quatre caractères principaux indicés pour signaler la présence de l’acide ydrocyauique :

L’odeur d’amandes amères ;

La couleur bleue par la potasse et les :1s de fer ;

Le précipité blanc- verdâtre avec la Dtasse et le sulfate de cuivre ;

Le précipité blanc cailleboté par le traie d’argent.

I.e premier est très-important, niais, ître qu’il ne se manifeste pas toujours, i n est pas toujours disposé à percevoir juger convenablement les odeurs. Le cond s’obtient au moyen d’experiences licates, et qui ne réussissent pas touirs ; d’ailleurs, la réaction par les sels

DE l’acide ïrYDRÔCT’ANlQUE .

par le nitrate d’argent. Il peut y avoir des phosphates : ils ont la même propriété. On fait disparaître ces chances d'erreur en faisant bouillir le précipité dans l’acide nitrique. S’il y avait mélange d’hydrochlorate ou de phosphate d’argent ou cyanure d’argent, par l’ébullition, celui-ci resterait seul. Le cyanure de potassium se conduit avec tous les réactifs de la même façon que l’acide hydrocyanique lui-même’; donc, les difficultés que nous avons rencontrées en traitant de l’acide sulfurique , et de la confusion de son analyse occasionnée par la rencontre des sulfates se trouvent ici, et le seul moyen de sortir d’embarras est la distillation. Ces embarras se rencontrent, lorsqu’on a affaire à l’acide hydrocyanique étendu d’eau, ou mêlé aux liqueurs végétales ou animales. Etendu d’eau, l’acide hydrocyanique exhale encore l’odeur d’amandes amères; il ne peut plus s’enflammer à moins que l’eau qui l’éteild ne soit en fort petite proportion. Cependant, quand il a séjourné quelque temps dans un vase recouvert, l’espace vide entre le couvercle et la liqueur est rempli d’une vapeur d’acide hydrochlorique qui peut prendre feu. La volatilisation s’est opérée. L’acide de Schéele ne prend pas feu et ne cristallise pas spontanément comme l’acide pur, mais il agit comme lui sur les persels de fer et de cuivre , et sur le nitrate d’argent. Le vin, le café, la bière , le lait, auxquels on mêle de l’acide hydrocyanique, ne

fnr „• i ; 1 ^ «« «.cic uc i aciue nvarocyanique, ne

^,e des proportions changent pas de couleur d’abord. Au e ifftftS Z d,S hyd™yam- bout d’un certain temps, tous ces linp Vn1!?*1 1 • liqU1ide quon exa" q^des acquièrent une couleur brune dé-

n d.x-mdljèmc de pendante de la décomposition de l’acide,

s,df o i • ^ °e’ qui a conse,lle que nous avons déjà expliquée II s’est

Ï ™ mni7e ’JTT r CC réa,C,lif ‘!0nc »"« oeJrtaineP qVnMc d'to-

snffit m./l? M Pr scnslbl„e- drocyanate d'ammoniaque. Dans des

0 «-*• pi.» ou

permanent. U disparaît au bout pC emi-heurë , tandis que le bleu russe se prononce d’autant plus que rf!nfCU|^ res^s plus long-iemps

siblP lî,Ma'3 1^plus sf,r ct 'c plus n i ' est évidemment

d argent, qui a été conseillé 1 • ^ay-Lüssac. Cependant il a des m ven icnts que nous allons faire coure. Dans lcs )iqUClirs ou matières

paria combinaison de celuici avec les éléments des matières animales. Soit qu’on ait à analyser des liqueurs colorées ou des tissus animaux le procédé doit être le même. Il faut laver ces tissus à l’eau distillée. M. Lassaigne a fait observer que c’était toujours dans celui où l’acide avait été déposé dans l’estomac, le gros intestin, une plme, etc.» qu’il fallait la rechercher. QuoiqUil soit absorbé , il on reste tou-

>u examine, il Y a nresnuc tnnïn, « -l1, T aosorr)e’ en reste tou-

MÉDECINE LÉGaIE*

séparé en deu.t parties : sur une, on agira par les réactifs ; on distille l’autre. La distillation doit se faire au bain marie , sans dépasser la température de 70 ou de 80°. Cette chaleur est suffisante pour volatiliser l’acide hydrocyanique. A la cornue est adapté un ballon à deux tubulures, ballon qu’on entoure d’un mélange frigorifique fait de glace et de sel. Ce procédé laisse perdre beaucoup d’acide : on en perd moins en faisant arriver un tube plongeur dans une solution de nitrate d’argent, qui se sature à mesure que l’acide se dégage. Cette solution doit être contenue dans une éprouvette longue et étroite, en sorte que le gaz ait à traverser une longue colonne de liquide. Lorsque la justice demande simplement s’il y a acide hydrocyanique, la distillation est un auxiliaire précieux des réactifs. Lorsqu’elle demande combien d’acide hydrocyanique a été donné , la distillation est encore plus indispensable. La saturation du nitrate d’argent est donc le moyen principal par lequel on évaluera cette quantité. Le même moyen , mais employé directement et non comme complément de la distillation , serait applicable lorsqu’on aurait à déterminer la proportion d’acide hydrocyanique contenu dans un sirop. On précipiterait l’acide par le nitrate d’argent, et on pèserait le cyanure obtenu. Ce procédé fut suivi par MM. Magendie, Gay-Lussac, Orfila et Barruel , quand ils eurent a analyser le sirop du Codex après l’empoisonnement des sept épileptiques de Bicêtre. Pour calculer la proportion d acide hydrocyanique d’après le cyanure d’argent obtenu , il faut se souvenir de la composition du cyanure d’argent , qui est

de :

Cyanogène. . . • 32,300

Argent 135,100

Plus celle de l’acide hydrocyanique , qui est de :

Cyanogène 96,34

Hydrogène 3,00

Quelques règles de trois suffiraient ensuite pour achever la solution du problème. La perte éprouvée par la distillation ouïes expériences n’est pas, comme l’a cru M. Orfila, d’un tiers, niais seulement d’un cinquième environ. Lorsqu <m ne sait pas de prime-abord si on a a faire à l’acide hydro-cyamque ou a un evanate , les tâtonnements auxquels on est condamné rendent bien diflici e a solution du problème des quantités d a-

cidc. Passons à l’étude des effets de l'a eide hydrocyanique sur l’économie ani male : c’est le plus violent des poison connus : même à l’état de vapeur, il peu donner une mort très-prompte à qui 1 respire, et causer des souffrances grave aux personnes qui se trouvent près d’u appareil où on le prépare, lorsque et appareil perd. Les symptômes éprouvé par ces personnes ont été dans ce ca une céphalalgie avec douleur particu lière du cuir chevelu, une faiblesse très grande, des pandiculations , une pesan teur du sternum , un fourmillement d tout le corps avec tendance à la transpi ration; le poison agit sur toutes les rt gions du corps. Berzélius rapporte u exemple de mort occasionnée par l’acic hydrocyanique répandu sur le br< d’un individu : on constata que la pea n’offrait aucune solution de conlinuit Une goutte inoculée ou injectée dans li veines foudroie un animal ; le même e fet a lieu si le poison est déposé sur conjonctive ou sur une autre muqueus On a cru remarquer qu’injecté p; l’anus , l’acide hydrocyanique exerça une action moins prompte qu’avalé. Ce ne serait pas contradictoire à ce que noi avons dit en terminant le chapitre préc< dent. L’action digestive n’a pas le tem de s’exercer sur un poison qui tue • quelques minutes, et l’absorption d( être plus prompte dans l’estomac q dans le colon. La rapidité de la mort la quantité du poison nécessaire pour donner sont en proportion avec la tai de l’animal. Lés chiens et les chats su combent instantanément dans nos exp riences. A Genève, bn a vu un élépha furieux, que l’on voulait tuer par l’aci hydrocyanique , avaler impunéme plusieurs onces d’acide médicinal. Ce préparation cause la mort des gros chie; à la dose de 4 à 15 gouttes, et au bç de 10 ou 15 minutes. Deux médicame sont préparés avec cet acide : le sirop codex en contient une proportion frayante, un dixième de son poids: ai une cuillerée suffirait-elle pour donne mort ; le sirop de M. Magendie ne co tient qu’un 129= d’acide : aussi peu être donné à la dose ordinaire des siroi La différence de composition de ces ; dj acides causa à Bicêtre la triste mépj qui coûta la vie à 7 hommes. M. Feri| ayant éprouvé de bons eflets du sirop Magendie contre l’épilepsie, voulut l’i sayer sur les épileptiques de son ser\ à l'hôpital de Bicêtre. On était arriva

ASPHYXIE

îuitième malade, lorsque le premier •prouva des convulsions, et mourut; les tutres suivirent bientôt après ; on arrêta leureusement l’administration du remèle. C’était le sirop du Codex , et non la ormule de Magendie , dont s’était servi e pharmacien de l’établissement. Les ;ymp tûmes éprouvés par les malades fu- •ent d’abord la perte de connaissance, mis des mouvements convulsifs et un ipistothonos : l’un succomba au bout de mit minutes, celui qui survécut le plus mg-temps expira au bout de trois quarts 'heure. A l’ouverture des cadavres, on ’ouva un peu de rougeur à la muqueuse astrique, et un engorgement des vais- -aux veineux; mais cet engorgement it bien plus manifeste au cerveau; le ang était très-noir et très-fluide; l’oeur d’amandes amères n’a pas été rejnnue par tous les spectateurs. Lorsa'on a ^employé l’acide étendu pour ire périr des chiens, on a observé que s symptômes de l’empoisonnement se trtageaient en trois périodes : dans la •emière , perte de connaissance, et état ; convulsions; dans la seconde, gêne : la respiration , fluxion vers la tête, •célération du pouls, peu ou point de ■nvulsions ; dans la troisième enfin , faiblissement général et mort. Cette stinction va nous servir pour le traiteent de l’empoisonnement. La décourte d’une espèce d’antidote est due à M. Coullon et Simeon : le premier *vait d abord pas été heureux en comttant par le chlore l’empoisonnement r l’acide hydrocyanique ; le second, mptant au moins que le chlore serait opre à neutraliser les vapeurs de l’ale qui pourraient se dégager d’un aprcil ou il le préparait, répandit une rtaine quantité de chlore dans le labotoire. Le succès répondit à son atlte ’ Ce fut alors que l'idée lui vint :mployer le chlore gazeux comme antite de l’acide hydrocyanique. Il prit chien de forte taille, auquel il ina deux gouttes d’acide pur dans la eu e, en une minute les convulsions

ranimal l»‘'^aissait

in avr i i»1 lmeon *ui arrosa le mu-

ne nartt6 ^h,0™ée , composée me partie de chlore liquide concen-

, et de quatre parties d’eau ; au bout

‘ne heure, le chien faisait quelques

uvements inspiratoires; au bout de

, le chien fut assez bien rétabli pour

nger avec appétit. M. Orfila répéta

e sérié d expériences avec lç chlore

et obtint les mêmes succès ; mais il faut que le chlore soit employé avant que la congestion sanguine se forme. Pendant la période de collapsus, il serait à plus forte raison sans effet. L’ammoniaque , préconisée bien avant le chlore, paraît n’agir que comme un stimulant des nerfs stupéfiés par le poison ; mêlée à l’acide hydrocyanique, elle n’empêche pas l’empoisonnement, non plus que donnée immédiatement après l’acide. L’hydrocyanate d’ammoniaque paraît être un poison assez subtil; cependant, administré un peu plus tard, l’ammoniaque trèsétendue d’eau, paraîtrendrequelques-uns des services du chlore ; aussi faut-il ou faire respirer ce liquide à toute époque de l’empoisonnement ou l’administrer en boissons pendant la période convulsive, lorsqu’on ne peut pas se procurer du chlore. L’infusion de café et l’huile de térébenthine, préconisées comme l’ammoniaque à titre d’excitants des nerfs stupéfiés, ont eu très-peu d’effet dans les expériences sur les animaux vivants empoisonnés. Il en est de même de la saignée, que cependant le docteur Hunn a employée une fois avec succès. C’était sans doute un cas où l’acide prussique avait déterminé un engouement sanguin des poumons et la congestion du cerveau. Les affusions d’eau froide, vantées par le docteur Herbst , sont surtout dirigées contre la congestion cérébrale ; on peut les employer simultanément avec l’ammoniaque à l’intérieur, et surtout le chlore inspiré. Si l’on arrivait auprès du malade assez tôt , peut-être ferait-on bien d’administrer un vomitif et de hâter son effet en chatouillant la gorge. Il est rare que l’on ait à traiter des phlegmasies à la suite de l’empoisonnement qui n’aura pas emporté le malade.

CHAr. XXIV. • — ASPHYXIE.

De V asphyxie en général. — Il nous reste, pour compléter l’histoire des poisons, à traiter des poisons gazeux : mais Je siège de leur action principale les fait rentrer dans la classe des asphyxies, aussi n en devons-nous parler qu’a près avoir donné les notions générales préliminaires sur l'asphyxie. On doit entendre par ce mot la suspension primitive de la respiration , capable d’entraîner celle de la circulation, et par suite la cessation complète de toutes les tondions et la mort. .Son nom grec est donc mal choisi, et conviendrait mieux à un accident qui

commencerait dans le cœur ; mais enfin il a prévalu. Les causes de l’asphyxie sont très-nombreuses. On a coutume de les rapporter à deux chefs principaux : par défaut d'air respirablc , et par les gaz délétères. Nous avons suivi cette dicho-

EÉGALE.

tomie dans notre table synoptique des poisons et desasphyxies ; mais ici, moin^ gênés par l’espace , nous allons donnei un tableau dans lequel nous établiront des divisions plus détaillées et plus rné-i thodiques.

ASPHYXIE

Par cessation primitive des phénomènes mécaniques de la respiration.

1° Par cessation d’action des muscles inspirateurs.

Par obstacle mécanique appliqué à ces muscles.

Asphyxie par compression des parois de la poitrine.

— par compression de l’abdomen.

— par défaut de l’influence nerveuse que reçoivent ces muscles.

— par section de la moelle épinière.

— des nerfs diaphragmatiques.

— par la foudre.

par inertie des muscles inspirateurs.

- — r par le froid.

— par débilité générale ( asphyxie du nouveau-né).

2° Par cessation d’action des poumons.

Obstacle mécanique appliqué à ces organes.

Accès d’air dans les plèvres.

Hernie des viscères abdominaux dans la poitrine.

Défaut d’influence nerveuse reçue par les poumons.

Section des nerfs de la huitième paire.

Le premier effet de toute espèce d’asphyxie est d’occasionner à la respiration une gêne que l’on combat par deux espèces de mouvements , les uns volontaires : ce sont des efforts d’ampliation de la poitrine et delà toux ; les autres, instinctifs, les bâillements et les pandiculations. Après ce sentiment de gêne survient une pesanteur de tête, une faiblesse des membres , un affaiblissement des facultés intellectuelles , une anxiété précordiale ; l’individu tombe en faiblesse et en syncope. Malgré la diminution de la respiration , la circulation persiste, la face est vultueuse , sa peau s’injecte, puis devient violette ; enfin, le pouls s’aliaibht, la respiration cesse entièrement. La sur-

Par cessation primitive des phénomènes chimiques de la respiration.

Par privation d’air.

— le vide , explosion de poudre.

— obstacle mécanique à l’entrée de l’ai

dans les poumons.

— corps étranger dans la trachée.

— strangulation.

— submersion.

— défaut d’air respirable.

— l’air trop raréfié.

— gaz azote.

— gaz hydrogène.

— gaz protoxyde d’azote.

Action délétère sur les poumons et i’c conomic.

1° Par gaz irritants.

Acide sulfureux.

Chlore.

Ammoniaque.

2° Par gaz délétères.

Acide carbonique.

Oxyde de carbone.

Hydrogène carboné.

Gaz acide nitreux.

Gaz hydrosulfurique. ,

Hydrogène phospboré.

Hydrogène arseniqué.

Gaz des fosses d’aisance.

Gaz de l’éclairage.

face du corps est parsemée de plaqu rouges ou violettes, plus ou moins noi breuscs, plus ou moins coloi cos. Le poi disparait en totalité; il ne îestc, po distinguer le corps d avec un cadavr que la persistance de la chaleur et l a scncc de la rigidité cadavéïique. Sij mort survient, voici l’état où l’on r<j contre les organes: à l’extérieur, les yç sont brillants et sàillants , la peau^ i rosée ou violacée, non seulement a, face, mais au tronc et aux membres. Pç ne pas confondre cette couleur parti^ lière et ces plaques avec les lividités , davériques, il faut remarquer que , premières se trouvent partout, mais s| tout aux parties les plus élevées du cor

ASPHYXIE

nclis que les lividités tenant à la stase i sang et à sa chute vers les parties déives, occupent uniformément la partie ferieure. Souvent la rougeur de la peau i des plaques est telle qu’à la première ie on peut reconnaître qu’on a affaire une asphyxie. Dans la boite céré- *ale, les vaisseaux veineux sont un peu jrgés de sang, la substance cérébrale t piquetée; mais en général l’engoueent sanguin occupe les sinus et les vei- ■s. La langue offre à sa base une rouur marquée de la muqueuse, rougeur ’on observe aussi dans le larynx , la tehée et les bronches. La coloration de muqueuse dans la trachée est parfois rtée à ce point que les cerceaux caragineux en paraissent plus distincts et us blancs par le contraste. Dansl’intémr de la trachée se rencontre une mare spumeuse et sanguinolente, qui 1ère beaucoup de celle des noyés :

le-ciest a bulles beaucoup plus petites, constitue une mousse plutôt qu'une une. Les poumons sont très-volumi-

ix et remplissent la cavité de la poile, au point de repousser en quelque te les côtes. Quand on coupe les méstins , les rebords des poumons se ’isent ; quand on incise leur propre istance, on les trouve pénétrés d’un ig épais et noir qui s’écoule en nape, nme si on incisait une grosse veine; r tissu est rouge-brunâtre. Les autres -ères, le foie, la rate, les reins, i’es- ;iac, offrent cette teinte brune et cette thore veineuse. Au cœur, on trouve cavités gauches vides, le côté droit endu de sang; il en est de même des nés caves. Le sang est rarement coae , mais il est épais et fluide. Pour iner la théorie physiologique des faits ;nous venons d’enregistrer, nous nous virons principalement des belles exiences de JJichat, dans 3es recherches la vie et la mort. Le sang privé d’oxye demeure veineux, et arrive en cet aux poumons et au côté gauche du ir , les poumons peuvent continuer à : traversés par le sang, alors même ‘ s sont affaissés sur eux-mêmes : ils t donc les premiers à ressentir la slu- V .,0n fluc,cause le sang non revivifié.

eux , e est le cœur gauche et la s ancc ( ii cœur elle-même qui subit c influence; les quatre veines pulmires versent dans l'oreillette gauche *"<g no.r qui passe dans le ventricule ans 1 aorte* r^’s artères coronaires on reat les fibres du cœur lui-même.

Ainsi, la force contractile du centre de la circulation est radicalement diminuée.

Les derniers battements du cœur vident ses cavités gauches; les cavités droites s’engorgent de plus en plus. Les poumons, stupéfiés, ont cessé de livrer passage au sang que l’artère pulmonaire leur envoie incessamment. Le ventricule gauche se remplit donc ; les veines caves continuent à .verser dans l’oreillette, qui s’emplit aussi passivement. Le sang qui est lancé dans la grande circulation par l’aorte est le plus tard dépravé. Celle circonstance et la grande distance qui sépare le système capillaire général du cœur font que ce système est de tout l’arbre circulatoire le dernier à ressentir les atteintes de l’asphyxie : aussi la vie s’y maintient-elle plus long-tempsqu’ailleurs : de là la prolongation de la chaleur. Les altérations de couleur que subit le sang et les obstacles mécaniques de la circulation expliquent l’apparition et la couleur des plaques qui apparaissent à la peau; en même temps que le sang non ravivé se distribue aux organes par l'artère aorte, cette artère en envoie au cerveau. Ce sang produit un effet délétère sur le centre nerveux , de là les céphalalgies , le trouble des idées , la perte de connaissance. Le cerveau, par l’action nerveuse qu’il exerce sur le cœur, réagit à son tour sur cet organe et hâte sa paralysie. Esquissons maintenant le traitement général de l’asphyxie. La première indication à remplir , on le sent bien , doit cire de faire cesser la cause du mal. Il faut donc exposer le malade au grand air et essayer de rétablir la respiration, en faisant contracter artificiellement la poitrine. Pour cela , une personne en resserre les parois en pressant sur les cotes , tandis qu’une autre presse l’abdomen pour refouler en haut le diaphragme ; en abandonnant ensuite les côtes à leur ressort naturel, et les viscères abdominaux a leur poids, ou produit un vide que Pair extérieur se hâte de remplir. On peut aider l’excitation vitale des poumons, en secouant fortement le malade par les épaules ou sous la région axillaire. I l parait que les premières sensations éprouvées lorsque la respiration recommence sont fort douloureuses, et que le malade, avant de reprendre sa connaissance entière, éprouve un accès de fureur qui le fait se jcltcr sur la personne qui lui porte secours, et l’attaquer et la mordre; d autres lois la douleur lui occasionne des convulsions violentes. Un

autre moyen n employer pour rétablir la respiration est l’insufflation ; elle peut se pratiquer de deux façons : ou bouche à bouche , ou au moyen d’un soufflet. Les partisans de l’insufflation bouche à bouche disent que l’air qu’on envoie dans les poumons du malade est chaud , et ne lui cause pas la sensation pénible que le froid ajoute sans doute au renouvellement de la respiration. Mais cette température froide est un stimulant de plus, et puis l’air expiré par des poumons vivants est déjà privé d’une grande partie d’oxygène ; il vaut mieux décidément employer l’insufflation artificielle. Pour cela, on introduit le tube laryngien de Chaussier, qui, garni d’une rondelle, ne peut pas trop s’enfoncer dans la gloitc ; on y ajuste un tuyau de soufflet , et fon souffle avec précaution, en ayant l’attention d’ouvrir le soufflet avant de l’ajuster au tube laryngien. Après qu’on a soufflé, il faut presser les parois de la poitrine et îe bas-ventre pour opérer une expiration artificielle. M. Leroy d’Etioles, ayant insufflé les poumons d'animaux , a vu que les cellules pulmonaires se détruisaient par la violente distension qu’elles subissaient; il eu a conclu que l’insufflation était dangereuse chez l’homme. Mais M. Piorry, ayant repris en sous-œuvre les mômes expériences, a prouvé qu’il fallait pousser l’air avec beaucoup de force pour opérer ce déchirement, qui arrivait du reste plus vite chez les petits animaux, chevreaux et agneaux, sur lesquels M. Leroy d’Étioles avait opéré, que chez l’homme. En usant du soufflet avec modération, on n’a donc rien à craindre. On peut ajouter à tous ces moyens, les excitants externes, les frictions. Les mariniers accoutumés à donner leurs soins aux noyés de la Seine les emploient si rudement, que lorsque l’individu n’est pas rappelé à la vie, on lui trouve à la région sternale une grande plaque comme parcheminée , qui provient de la manœuvre des 1 rie— tions et du dessèchement opéré ensuite par l’air sur la peau. Les frictions peuvent être faites avec les mains nues ou armées d’une flanelle ; et celle-ci peut cire sèche ou imbibée de liqueurs stimulantes. On a conseillé encore de piquer la peau avec lapointe d’un scalpel ou avec des aiguilles, d’acupuncturer des organes essentiels , tels que le cœur, le diaphragme , les nerfs du cou. On sent qu’une grande réserve doit accueillir de pareils conseils. Les moxas, le papier brûlé sur la peau, les allumettes brûlées

LÉGALE

sous le nez, auraient moins d’hicon-' nients. Les mariniers emploient aussi fumigations données par le fondemei et particulièrement celles de tabac. P< cela, leur appareil est fort simple : ils servent d’une pipe ordinaire, dont ils troduisent le tuyau dans l’anus; ils so fient sur le fourneau garni de tabac allumé. Les qualités toxiques du tai font qu’il serait dangereux d’insister li long-temps sur ce moyen. La saignée utile, seulement quand la face est v tueuse. Ce n’est pas en quelques minu qu’on peut réussir à rappeler à la vie asphyxié ; plusieurs heures de soins si le plus souvent nécessaires : aussi faut-il réellement l’abandonner et dés pérer de le ranimer que lorsque la c leur vitale est dissipée et que la raid< cadavérique commence à s’établir.

ASmyxiE PAR LES GAZ.

Avant de parler de l’effet des gaz les poumons, occupons-nous d’une qu lion assez importante , et qui a été b diversement résolue. Quel est l’effet l’introduction des- gaz dans le sang?

chat a dit qu’une bulle d’air introdi dans la circulation , arrête cette fonctJ et occasionne une apoplexie et une s; cope. Les chirurgiens ont adopté ci opinion, et ont expliqué par la pénél tration de l’air dans les gros vaisse la mort subite survenue pendant qc ques grandes opérations. Psysten a des expériences desquelles il a tiré conclusions bien opposées : il a injc différents gaz dans les veines, sans oc sionner d’accidents graves. Il en a ainsi absorber jusqu’à deux cents cei mètres cubes , par portions de vî centimètres à la fois. Les gaz , selon physiologiste, seraientdissous parle sa el ce n’est que le trop grand volume I irait former un obstacle aux poumou à l’oreillette droite. Ces faits, en les s posant authentiques, prouvent coml il faut être réservé pour applique l’homme les conclusions auxquelles!

arrive en expérimentant sur les i maux.

Les gaz que l’on veut étudier doi\r être recueillis d’abord dans des va| On se servait autrefois de bouter pleines d’eau; mais la portion de liqr qui reste attachée aux parois se it promptement aux gaz solubles, et* modifie. 11 vaut mieux remplir les vl de sable fin, que l’on verse au lieu où1*

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