‹ Traité de médecine légaleChapitre 39 sur 167 · ASPHYXIE PAR SUBMERSION · texte numérisé non relu

ASPHYXIE PAR SUBMERSION

ni

ixte, on retrouve les altérations qu’oient le plus fréquemment les cadavres i noyés; peu d’écume dans la trachée, ni ou point d’eau; les poumons médio- •ement gorgés ; sang à droite et à gaue du cœur, mais un peu plus à droite u’à gauche; les vaisseaux veineux et les •tires en contiennent ; substance cérërale piquetée; eau dans Pcslomac. Main- •nant, pour appliquer ces données aux lestions de survie , disons que la mort plus prompte est celle par apoplexie ; eut ensuite celle par asphyxie. La mort plus lente est celle qui succède à la ncope : la syncope peut durer fort longmps , surtout si l’eau dans laquelle mbe le noyé n’est pas froide , et la mort a lieu que lorsque l’individu est re- ■nu à lui-même. La question de survie •ésoudre entre plusieurs individus toms ensemble à l’eau exige donc d’abord xamen attentif du cadavre pour décir à quel genre de mort l’individu a pcombé , mais d’autres considérations ivent aussi guider l'expert : celle de ge : un enfant connaissant moins le nger qu’un homme fait, tombera moins ' ilement en syncope ; celle du sexe :

femmes s’effraient plus aisément e les hommes; quelque circonstance rticulière au sujet, par exemple, la mstrualion , ayant lieu au moment de ncident, on sait que celte fonction die beaucoup la disposition naturelle ; femmes à l’évanouissement. Lorry,

1 croyait que l’évanouissement dans ■u rendait la mort plus prompte, sou- Icn 1751 qu’une fille de 25 ans avait

mourir avant son père et sa mère, i'és en même temps qu’elle, en passant ac d’Argenteuil : le motif qui lui fit brasser cette opinion était la circon-

nce concommittantc de la mehstruau. D'après ce que nous avons dit de durée de la mort par syncope, cette constance devrait aujourd’hui faire tenir l’opinion contraire à celle de ry. M. Fodéré , qui, en citant le fait Lorry, t)C l’a pas contredit, avait cernant entrevu la Vérité en traitant la ’stmn de survie par rapport au sexe ; va.t montre que chez, la femme la fai-

était souvent une cause de conscr- .” cvanouisseident auquel elle est "jette la rendant étrangère à ce qui donne, elle évite une grande partie horreurs du péril, peut profiter de les les chances heureuses, et souvent ’ retirée vivante d’affreux dangers quels d autres n’ont pu résister. ( Yol.

ii , pag. 238. ) \ oici d’autres circonstances particulières à l’individu: savait-il ou ne savait-il pas nager? avait-il un anévrysme qu’une émotion ait pu faire rompre? enfin , dans la chute dans l’eau , il a pu recevoir des lésions qui ont ajouté à l’influence des causes agissantes dans la submersion ordinaire. Une chute sur un rocher a pu fracasser la tète , un pieu déchirer la poitrine, le diaphragme , le bas-ventre, etc.

La question de savoir si un individu était vivant lorsqu’il est tombé à l’eau ne peut se résoudre qu’en étudiant successivement la valeur de tous les signes fournis par le cadavre. Pour qu’un signe démontre la vie au moment de l’immersion , il faut nécessairement que ce signe ne puisse être développé que par une action vitale, que ce signe ne puisse se rencontrer dans aucun autre genre de mort; enfin qu’il se présente constamment.

1° hajace est bouffie , rouge-livide , les paupières entr' ouvertes , Les pupilles dilatées , la bouche close , la langue entre les dents ; une bave écumeusc se voit à la bouche et aux narines. La langue entre les dents n’est pas un signe constant et se retrouve d’ailleurs chez presque tous les pendus. La dilatation de la pupille se retrouve dans beaucoup d’autres espèces de mort. Les autres signes sont purement cadavériques. Nous avons déjà noté , en faisant l’histoire de la puti efaction dans 1 eau , les divers états pai lesquels passe la face des cadavres : elle se ramollit, se distend par des gaz * prend une teinte verte , nuis brune. Les parties les plus minces , paupières , ailes du nez, se détruisent , puis paraît la couleur opaline, puis les corrosions superficielles , puis les incrustations.

2° La peau du cadavre est pale ; les muqueuses qui tapissent les ouvertures naturelles sont blanches et décolorées.

Signes communs à presque tous les genres de mort, fugaces dans la mort par submersion , surtout si le cadavre a été quelque temps exposé à l’air depuis la sortie de 1 eau.

' Il existe dés écorchures aux doigts

cède la vase dans les ongles (Zacchias). L individu pouvait avoir ecs écorchures avant de tomber à l’eau : pour qu’elles s’opèrent pendant l’agonie, il faut crue le tond de la rivière ou ses bords soient résistants. Les noyés du canal .Saint- Marini , dont les francs-bords sont maçonnés en moellon, présentent ces écorchures

plus souvent que les noyés de la Seine , dont le fond est sableux. Les écorchures cessent d’être visibles aussitôt que l’épiderme est épaissi par l’imbibition ; par conséquent , ce signe n’est plus perceptible du quatrième au sixième jour ; la présence du sable ou de la boue dans les ongles est insignifiante : le contact des mains avec le fond de la rivière suffit, pour que les ongles se chargent.

4° Les vaisseaux veineux sont gorgés de sang ; les ventricules cérébraux renferment de la sérosité ; la substance cérébrale ett dans l’état naturel. ]>!ous avons déjà dit que dans la mort par syncope le cerveau n’offrait aucune trace de congestion. Les phénomènes décrits ici ne se rencontrent que dans la mort par asphyxie mixte, et peu de temps après la mort. Au bout d’un certain temps , surtout dans l’été , la couleur et la consistance du cerveau sont altérées par la putréfaction.

5° L’épiglotte est abaissée. Ce fait est controuvé. L’épiglotte ne peut s’abaisser’ que quand la putréfaction a fait perdre l’élasticité à son cartilage.

6° Il existe de l'eau et de l’écume dans la trachée. L’écume et l’eau se trouvent effectivement dans la trachée d’un trèsgrand nombre de noyés , pourvu qu’on les examine le dixième ou le douzième jour de la submersion. Nous avons déjà vu combien ce signe a été controversé parmi les auteurs. Plusieurs de ceux qui avouent que l’écume et l’eau se rencontrent le plus souvent, tels que Desgrange de Lyon , Fini de Genève et M. Marc assurent que chez quelques noyés, on ne trouve ni eau ni écume , ce qui est vrai surtout quand la mort a eu lieu par syncope. Les expériences de Louis , qui fit périr des chiens dans des liquides colorés ; d’un autre médecin qui les noya dans l’huile ; de Goodwin, qui les noya dans le mercure, ont mis hors de doute la pénétration dans la trachée du liquide dans lequel l’animal est noyé. Mais le liquide ne peut-il pénétrer que pendant la vie? Louis et Zumer-Cox l’ont cru ainsi. Evers ajoute que cependant l’eau pénètre dans les poumons , si le ventre est comprimé de façon à vider la poitrine d’air et de mucosité. LesexpériencesdeMM.Or- Lla et Piorry prouvent qu’il entre toujours de l’eau dans le canal aérien des chiens que l’on a fait périr par strangulation , et que l’on a plongés dans l’eau peu de temps après la mort. L’eau peut même pénétrer jusqu’aux dernières rami-

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ficalions bronchiques , si l’animal a été tenu dans une position verticale la tête en haut : donc l’entrée de l’eau dans les bronches n’est pas nécessairement le résultat d’un acte vital. Il n’en est pas de même de la présence de l’écumc. Celle-ci, ne pouvant se former que par le mélange intime de l’air et de l’eau , a nécessairement besoin d’un jeu très-actif de l’appareil respiratoire. Un peu de mucus bronchique rend l’eau légèrement visqueuse, mais elle l’est assez peu pour que l’air s’y divise en globules extrêmement lins, en sorte que par un long et vif mélange il se forme une mousse très -légère , et qui ne peut se comparer nullement à celle qui se forme dans d’autres cas et avec la mucosité bronchique sans mélange d’eau. Comme il faut une plus grande force pour former cette écume dans la trachée que dans les petites divisions des bronches, M. Devergie ( Dictionnaire pratique ) a conclu que la présence de cette écume dans la trachée ou le larynx était une preuve plus certaine et plus forte de submersion pendant la vie que dans les cas où elle se rencontre seulement dans les dernières ramifications des bronches. On peut rencontrer, non pas delà mouse, mais de l’écume, dans d’autres genres de mort, chez des épileptiques , des asphyxiés , des pendus, des pneumoniques; mais la; mousse bien battue et à globules très-fins ne se trouve que chez les noyés.

7° On trouve dans la trachée-artère et les bronches des débris de végétaux \ de la vase ou des portions d’aliments .] Ces cas sont fort rares. La vase ne se trouve dans la trachée qu’après un fort, long séjour dans l’eau. Les débris d’ali-; ments ne pénètrent dans la glotte qu’a-j près avoir été expulsés de l’estomac par) le dévelpppement des gaz pendant la putréfaction ; ils peuvent y pénétrer aussi; pendant les efforts de vomissement qu& fait parfois le noyé durant son agoq

nie. J

8° Les cavités droites du cœur , et le<\ veines correspondantes sont disten -\ dues par du sang noir. Ceci est une preuve d’asphyxie, mais non pas d’asd phvxie nécessairement arrivée dans l’eaiu L’individu peut avoir été jeté à l’eaiii après avoir été asphyxié par le charbon! Nous avons déjà dit, en parlant des tra-| ces cadavériques de la mort par asphyxia chez les noyés, que les cavités droites) n’étaient pas si pleines, ni les gauches»; si vides qu’on l’a prétendu. Ensuite, 4 mort par apoplexie cl celle par syncope

ASPHŸSiK ï>Àk

'engorgent nullement les cavités gaulies.

9° Le sang reste Jluicle même dans

■s vaisseaux qui pénètrent la substance

es os. Ceci est vrai après toutes les morts abites , mais vrai surtout après la mort ar submersion.

10° Le diaphragme est abaissé, parce ue la mort survient pendant l'inspia<ion. D abord, rien ne prouve que la îort survienne précisément pendant inspiration ; ensuite comment l’amplianon de la poitrine et le refoulement des •iscères du bas-ventre résisteraient-ils i poids de 1 eau et de la pression atmos- -lerique? Becker, Littré, Senac, Petit et etharaing prétendent avoir trouvé chez s nov es les poumons remplis d’un air IJ* sortait avec impétuosité quand on ivrait la trachée-artère. Si le fait est ai, voilà sans doute une cause de reniement du diaphragme ; mais quel ’>tacle retenait cet air dans les poums? un spasme permanent de la glotte?

, nous savons que la glotte n’est pas jette a des spasmes que la mort ne réi\e pas. Louis avait raison de nier ces

ts , ou de dire qu’il ne les concevait • s.

il0// existe de l eau dans V estomac quelquefois dans les intestins. (Ambr.

■ne , Roderic de Castro, Zacchias. ) Ce t est très-fréquent et prouve la vie - U.S-?Il * * V?nS,,VU à ffuel moment le noyé fiait de 1 eau et en grande quantité, déglutition ne s’opère que pendant la > et 1 eau ne peut forcer le passage de ; sophage après la mort. Mais pour corner la certitude de la vie au moment 1 immersion , il faudrait avoir la ;uve l’individu n’avait pas avalé ter.curement cette eau, ou bien que

\ afass,ns ne l’ont pas introduite res 1 avoir tue. Plater croyait que l’eau n trait pas toujours dans l’estomac :

*s. " donnait une mauvaise preuve :

dit n en avoir jamais vu couler que vetements, lorsqu’on suspendait les 'é9 par les pieds.

?p LfrvSenCie d’urine dans h vessie.

’rtvioientp0 >lSerVe ffUC dans ,e cas de 'on .Ira , ' Y émission d'urine:

-es"ie ™ "ne quantité dans

. pZÆ T -'a sécréti»" <»"«-

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.?Sitda"s.la -ssic, c’est que fct

•sion Du 1,2! a“ mnmcnl «le l'imbomme toujours pressé de

Med, LégK

iSfrÉMÉnéfON.’ ^3

parler sur toutes les questions , un obsci valeur plus minutieux" que sagace ne doit être écouté qu’avec défiance, car il répète les dires d’autrui ou hasarde des conjectures insoutenables : M. Piorry est très-souvent dans ce cas. Ici , par exemple, il aurait dû d’abord prouver que la mort violente fait toujours expulser l’urine aux chiens et toute l’urine contenue dans la vessie ; puis, que ce qui se passe chez le chien a lieu également chez l’homme : or , ceci est de toute fausseté. Les pendus rendent souvent du sperme , mais rarement de l’urine ; et chez les noyés qui portaient d’autres preuves de la vie au moment de l’immersion, on a souvent rencontré la vessie vide ; souvent aussi on y a trouvé une urine rosée ou sanguinolente. Cette petite hémorrhagie qui mêlait du sang à l’urine est aussi une preuve de l’existence de la vie au moment de la submersion.

Malgré le doute dont nous avons frappé chaque signe en particulier, il ne faut pas s imaginer que l’on ne puisse jamais asseoir un jugement sur le genre de mort auquel a succombé un individu dont Je cadavre est retiré de l’eau. Un groupe de symptômes d’une valeur douteuse pour chacun d’eux en particulier, a toujours une valeur suffisante pour qu’on eu tire une conclusion décisive. S’il en était autrement, jamais nous ne concilierions lien pour le diagnostic d’une maladie car les symptômes des maladies aussi sont incertains, car ils ne sont pas constants dans chaque maladie , et ils ne sont pas bornés à l’espèce que l’on a actuellement sous les yeux. De tous les signes celui qui, isolément, a la plus grande vaicui , est la présence dans les voies aériennes d’une écume non muqueuse.

Celle mousse est une preuve d’autant plus décisive que la vie existait et était énergique au moment de la chute dans 1 eau , qu elle monte plus haut dans les bronches et dans la trachée. L’eau non ccumeuse dans les bronches peut s’être introduite apres la mort. L’eau dans l’es! tomac peut avoir été avalée par l’indiyidu avant son agonie, ou avoir été in roduitc par les assassins après H

Il est bien essentiel de savoir combien

de temps peuvent durer, dans les cadavres

des noyés , les symptômes que nous ve-

nons de passer en revue. Celle durée est x, niable selon les saisons. En général elle va jusqu’à ia période où commence

la putréfaction gazeuse. Dans la saison froide, celte période commence au quinzième jour, dans les saisons chaudes au bout de deux ou trois jours, dans les saisons moyennes au bout de six ou huit jours. Parcourons rapidement tous les signes énumérés, et nous verrons que la putréfaction les anéantit. La couleur de la peau n’est plus pâle, la langue n’est plus entre les dents, la bouffissure et la lividité de la face sont d’une autre nature ; les écorchures des mains ont disparu dans le développement de l’épiderme ; la substance du cerveau devient verdâtre ; les vaisseaux sanguins se sont vidés de sang ; les gaz développés dans les poumons ont chassé l’écume des bronches et de la trachée ; l’eau qui était dans l’estomac a pu remonter dans la bouche avec des aliments poussés par le jeu des gaz ; la fluidité du sang ne se peut plus constater, puisque les vaisseaux se sont vidés. Or, il arrive très-souvent, surtout dans l’été, que la lenteur des formes judiciaires retarde l’ouverture des cadavres jusqu’à l’établissement de la putréfaction. Il faut alors que l’expert motive sur cette circonstance l’impossibilité de répondre à la question de savoir si l'individu vivait quand il est tombé à l’eau. Quant à la question qu on ajoute ordinairement à celle-la : l’individu s est-il jetc k l’eau tout seul, ou bien y a-t-il été jeté par force? elle est presque toujours insoluble. On ne peut constater une violence étrangère que par les blessures ou les contusions reçues par le patient en se débattant contre ses assassins. Encore faudrait-il bien voir si les contusions ne sont pas le fait de la chute dans l’eau. Cette dernière opinion sera probable lorsque les contusions occuperont les parties saillantes : le nez, les pommettes, les genoux, les coudes, le front. On pourra au contraire les attribuer à des assassins , si elles occupent les parties charnues et enfoncées, qui ne sauraient etre atteintes dans une chute.

La police de Paris, qui déploie une grande sollicitude pour faire donner des secours aux noyés , a déposé dans plus de vingt-cinq endroits voisins de la rivière ou du canal , ce qu’on appelle des boîtes à asphyxiés. Voici de quoi se composent ces boites : une paire de ciseaux, une chemise , une couverture de laine , un bonnet , des frottoirs de laine, deux brosses pour frictions, deux fers a ic passer pour réchauffer la peau , un double levier pour ouvrir les dents ; un lube

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laryngien de Chaussier , une sonde de gomme élastique , un soufflet , une machine à fumigations , quatorze rouleaux de tabac en feuilles , une pierre à fusil , amadou et briquet, un tuyau et une cannulle fumigatoire , une bouteille d’eaude-vie , une bouteille d’eau-de-vie camphrée, un flacon d’ammoniaque, idem de mélisse, idem de vinaigre des quatre voleurs, un gobelet et une cuillère d’étain , des plumes pour chatouiller la luette, une seringue à lavement; plusieurs paquets d’émétique, des bandes pour la saignée.

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