ASPHYXIE PAR SUBMERSION
Comme la médecine légale est une ience pratique, plaçons-nous au point vue- pratique en étudiant cette espèce asphyxie. Quand le médecin est requis : ur visiter un noyé , sa requête peut oir pour but, ou la levée du cadavre , l’ouverture du cadavre. Dans le preier cas, les questions à résoudre sont 5 suivantes : L’individu est-il mort?
puis combien de temps? La mort este le résultat de l’immersion? Lorsque médecin est requis pour l’ouverture cadavre, la première question est cen- ; résolue affirmativement par un preer expert ; les autres sont posées de la me façon. De plus , il y a quelques rires questions à résoudre ; les voici : mmersion a-t-elle été accidentelle , lontaire ou forcée? Entre plusieurs ■rsonnes tombées à l’eau à la fois , et nt ou va ouvrir les cadavres , dans el ordre la vie a-t-elle cessé chez elle ? els individus ont survécu aux autres?
ur répondre à la première question '•esséeau médecin qui vient lever le lavre d’un noyé (la mort est-elle réelle?), i aut examiner si la chaleur existe ou na rigidité est établie , si la putréfacn commence. Dans le cas où l’on ne uverait ni putréfaction ni rigidité, onviendrait d’administrer des secours, ur répondre à la seconde question 'mbien de temps le cadavre a-t-il séirné dans l’eau?), nous devons renier aux détails donnés déjà en faisant Hsloire de la putréfaction. Pour réidre à la troisième, il faut chercher à dérieur du cadavre si l’on aperçoit • ce de blessures : la violence ne peut "duirc que d’après celte trace-là. Mais umc on n’a pas le droit d’ouvrir le cavre que l’on ne vient que lever , on que de commettre des erreurs et de indre pour des blessures ou des contuns des effets de la putréfaction dans ni, des vcrgeturcs ou ecchymoses entériques. D’autre part, des blessures des ecchymoses provenant réellement violences peuvent exister et être ma*
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quées par les taches de la putréfaction. Le doute ne peut cesser qu’en faisant des incisions pour voir la nature intime de ces états divers. Il faut déclarer ce doute dans son rapport et s’en référer aux lumières qu’apportera l’ouverture du cadavre, que l’on demande à l’aulorité. Car le médecin requis pour la levée doit sévèrement s’interdire l’usage d’un instrument tranchant. On a long-temps cru que la mort de tous les noyés était uniforme. Les anciens et les modernes, jusques et y compris Sylvius, s’imaginaient que , dans la submersion , la mort était causée par la grande quantité d’eau qu’on avalait. Plater fut le premier à remarquer que cette quantité était insignifiante pour l’estomac ; il affirma , au contraire , que c’était dans les poumons qu’il entrait de l’eau à la place de l’air. Pierre Lasene et Zacchias attribuèrent la mort à la suffocation et non à l’eau avalée. Wepfer , Waldschmidius, Conrad Beska, Senac , firent des expériences d’où ils conclurent qu’il n’entrait de l’eau ni dans l’estomac ni dans les poumons, les noyés s’abstenant de respirer et mourant suffoqués.
Morgagni ne crut pas non plus à la pénétration de l’eau dans les poumons, bien qu’il observât l’écume dans les bronches. Haller, d’abord partisan de cette opinion ,
1 abandonna ensuite. Les expériences de Liltre et de Louis mirent hors de doute la pénétration de l’eau dans les poumons et sa coopération à la formation de l’écume. Goodwin, Menzies et plus tard Berger, ont confirmé celait. Mais tous ces auteurs ont eu le tort de ne considérer dans la submersion que des phénomènes mécaniques sans aucun égard aux affections morales. L homme qui tombe à l’eau conserve l’intégrité de ses facultés intellectuelles ou perd connaissance immédiatement; un troisième cas mixte est possible : il ne perd connaissance qu’après avoir conservé quelque temps sa présence d esprit. II ne va pas toujours au fond du liquide, surtout s’il ne tombe pas de haut ets’il est très-couvert de vêtements. L’air qui adhère à ces vêtements, celui qui est logé dans leurs interstices, leur légèreté spécifique par rapport a l’eau, soutiennent quelque temps Je corps à la surface de l’eau. Ensuite, si l’individu sait nager fut— il décidé à se détruire , il fera toujours quelques mouvement de natation • s’il ne sait pas nager, il fera quelques mouvement instinctifs : dans les deux cas il flottera entre deux eaux. Bientôt le besoin de respirer se fait sentir, impérieux,
irrésistible; mais au lieu d’air, c’est de l’eau qui se précipite dans sa bouche ; la glotte se contracte violemment pour repousser le liquide, comme dans le cas où l’on avale de travers en buvant; l’œsophage, moins irritable, a fait un mouvement de déglutition, et l’eau a pénétré dans l’estomac. Malgré la contraction de la glotte , ou par le fait de la répétition du même acte d'inspiration dans l’eau , un peu de liquide a pénétré dans les bronches ; battue fortement par les quintes de toux , et mêlée intimement h l’air qui restait dans la poitrine, elle s’est convertie en une écume fort ténue. Enfin , les forces abandonnent l’individu , soit par la lutte qui les épuise , soit par le commencement de l’asphyxie, et le noyé tombe au fond de l’eau. A ce moment, on voit crever h la surface du liquide une série de bulles d’air ; c’est le reste d’air que la poitrine contenait , et qui en est expulsé par le retour sur elles-mêmes des parois de la poitrine, au cas que l’asphyxie se soit établie pendant l’inspiration. Dans le cas où l’effroi fait perdre connaissance au moment de la chute dans l’eau , ou bien dans le cas où l’individu qui tombe à l’eau est dans un état d’ivresse qui le prive de sa présence d’esprit, il survient une syncope qui dure jusqu’à la mort.
Cette syncope s’établira plus promptement si le liquide froid ajoute le saisissement de la température à celui de l’émotion morale ou à l’étourdissement des fumées du vin. Enfin, la mort du noyé, au lieu de commencer par les poumons ou par le cœur , peut commencer par le cerveau, dans l’une des circonstances suivantes : un individu pléthorique, à col court, homme d’âge mûr, tombe dans une eau froide et éprouve un raptus vers le cerveau, qui lui donne une attaque d apoplexie. Un autre , tombant dans l’eau de haut , et la tête la première , se heurte violemment contre un rocher , un pieu ou tout autre corps dur qui lui fracasse le crâne et lui cause au moins une commotion cérébrale. Mais l’état le plus commun des noyés est un état mixte entre celui qui cause la syncope et celui qui amène la mort par asphyxie : l’individu , après quelques moments de lutte et d’intégrité des facultés intellectuelles, s’effraie et perd connaissance ; la syncope survient sur une asphyxie qui commençait à peine. Ces distinctions , sans lesquelles on ne pourrait nettement décider les questions de survie , ont été établies par M. Mare dans le mémoire
LÉGALE
qu’il ajoute à la suite de sa traduction du Manuel d'autopsie cadavérique de Rose. Là aussi se trouve appréciée la x^a leur respective des signes à l’aide desquels on cherche à déterminer si un individu élait vivant au moment de soi immersion.
Examinons maintenant l’état des organes selon le genre de mort, d’abord dam le cas de mort par asphyxie. Si l’on exa mine le cadavre peu de temps après 1; mort , la coloration de la peau est pei intense , mais plus forte à la face , parc» que le noyé a retenu sa respiration ; 1; bouche renferme un peu d’écume ; la lari gue est placée entre les arcades dentaires ; la trachée et la division des bronches renferment de l’écume ; de l’eau i l’état naturel , c’est-à-dire non mêlé< d’air, on en trouve fort peu, parce qui les principaux efforts ont été expiratoires ; les efforts inspiratoires ont étt courts et arrêtés brusquement par la tour convulsive. Les poumons offrent uie teinte violacée ; ils contiennent beaucoup de sang fluide , moins cependant que dans l’asphyxie par le charbon ; il: sont très-développés , et quand on coupt le médiastin , leurs bords antérieurs si recouvrent. Il est rare que le cœur soi distendu par le sang : ses cavités droite en contiennent une assez grande quan tité, ainsi que les veines caves. L’oreil Jette gauche renferme toujours du sang le ventricule n’est pas complétemen vide ; l’estomac renferme presque tou jours de l’eau : sa quantité peut aller un litre et demi. Les intestins ont un teinte rosée ; le foie et la rate contien nent beaucoup de sang ; la vessie con tient assez souvent un peu d’urine rosé< ou sanguinolente. Les vaisseaux du cerveau renferment un peu de sang; la substance médullaire est piquetée; la con cavité des ongles offre assez souvent di la vase ou du sable.
Dans la mort par syncope , face pûD ainsi que la peau de tout le corps ; tra chée vide ou ne contenant qu’un pei d’eau sans écume ; poumons peu développés , de couleur naturelle , un pf gorgés dans leur partie la plus déclive Cœur ayant autant de sang à gauche qù < droite , cerveau et autres organes dan:
l’état naturel; estomac ne contenant pà:
d’eau. Dans la mort par apoplexie, on ni peut trouver des altérations remarquables que vers le cerveau ; mais la rapidité de la mort rend ces altérations forl fugaces. Enfin , dons la mort par cause