‹ Traité de médecine légaleChapitre 70 sur 167 · NAISSANCES PRÉMATURÉES ET TARDIVES · texte numérisé non relu

NAISSANCES PRÉMATURÉES ET TARDIVES

fille née sans cheveux et presque sans on- une femme de Beaucaire qui avait eu des gles.qui vécut jusqu’à l'âge de treize ans. grossesses de onze , de quatorze de dix- Le bon sens dit que les chances de vie huit et vingt-trois mois. La faculté de augmentent à mesure que la naissance Leipsickadnietdesgrossessesquiauraient naturelle ou provoquée par quelque acci- duré deux ans. L histoire de l’académie dent se rapproche du terme ordinaire de des sciences et les commentaires de Van la grossesse. Néanmoins, l’autorité d’Hip- Svviéten rapportent l’histoire d’unefemrne pocratc a lait regarder le septième mois qui eut deux grossesses , une de trois et comme plus favorable que le suivant, l’autre de cinq ans.

On a dit, quand on n’a plus soutenu l’in- La crédulité a ses bornes, et la nôtre rie fluence du nombre sept , ou qu’on n’a peut aller jusqu’à croire à de telles propas été préoccupé de l’action du pair et longations de la grossesse. Dans tous ces de l’impair , qu’à sept mois l’accouche- cas , la date de conception n’est pas cerment était souvent naturel. On a cité des taine , et nous ne pouvons expliquer les femmes qui a toutes leurs grossesses ac- apparences qui ont trompé les témoins couchaient naturellement à sept mois, et peut-être aussi la femme elle-même * Telle était l’épouse de ce magistrat d’Aoste que par une maladie qui a existé quelque

dont hodéré était le médecin. On a dit, temps seule, une hydropisiede matrice mais on ne l’a pas prouvé par des statis- une grossesse nerveuse, une môle lestiques, que l’accouchement était plus sou- quelles auront ensuitecédé la place à une vent naturel au septième mois qu’au grossesse; la durée de celle-ci aura été huitième, etqu’alors dans celui-ci l’en- mêlée à la durée de la maladie I es cas faut subissait les conséquences de son entourés de plus d’authenticité sont ceux immaturité , plus celles de l’avortement, que les tribunaux ont eu à juger et là on toujours plus pénible quel’accouchement ne trouve pas ces prolongations démena tu rel. On a parlé d’une sorte de crise surées. Il est vrai qu’il faut rapporter h qui se ferait au cinquième quaternaire , da!c de la conception aux derniers mo crise ordinairement accompagnée de la raents de lavie d’un mari, ce nui est ««J sortie d un peu d’eau. Les femmes don- difficile quand le mari est mort de mort lient a ce trouble le nom d entrée demois, naturelle, et qu’alors un certain espace et leur expérience a trouve le mot propre: est ajouté forcément à la durée officielle

nous avons déjà parle de cette crise, qui de la grossesse. C’élait une pareille né-

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jalonne dans la grossesse les époques où les règles avaient coutume de couler.

L’accouchement lui-même arrive à l’une le ces crises. Or, cette entrée de mois a ueu au huitième comme au septième ai ois. Zacchias, qu i a secoué le joug hippo-

cessite qui répugnait à Louis et à Bouxaid, et qui leur firent repousser les naissances tardives en principe, après avoir eu d’excellentes raisons pour en repousser quelques cas particuliers , où évidemment il y avait eu fraude de la

:rati(jue pour l'in fluence du nombre sept, part dôalemine Tel étuitcnii^lTï’’6 A souvient qu’un fœtus de huit mois es épouse de Sri™ Y „ ‘1“!' JI<leR™“.

Après Petit et Le bas, M\I.‘ Fodéré "t Cr-

ierait d’autres résultats

La questi'iH des naissances tardives n’a puron les ont résumées" et Vé'f.'.'f.b^'-Î aHflc :,USSI controversée parmi les sa- noussemblecependant nue l onia u iV 11 ÏÏfcri- '-junseonsuuessccox v»,, Ionien raism. decroTreqnë e, Ubre „ ‘"f l>e‘it oténls dos tribunaox en p.ulillc „,L! ri

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elit et Lebas. Jean Dortomau , profeseurde ecole de Montpellier, et cité par rassendi daus la vie de Peresc, a soigné

de retomber dans un'état moindre,' sont

j 9(3 médecine

des molifs auxquels toutes les femmes p n’ont pas la force de résister ; que la vertu même peut ne se présenter aux yeux de l’intérêt que sous l’apparence d'un vain fantôme de perfection, après que la mort a brisé la chaîne du devoir que 1 on avait le plus respecté. Il faut donc chercher des exemples de naissances tardives là où aucun intérêt ne pousse a la fraude. 11 en existe en assez grand nombre. Lamothe, Lebas, Traci, Lepecq de la Clôture, Antoine Petit, en ont cité : des médecins en ont observe dans leur propre ménage, tels sont Dulignac, chirurgien-major du régiment d’Asfcld, qui a vu sa femme accoucher deux fois apres treize mois, et une fois après onze mois de grossesse; Panenc, chirurgien d’Aix, dont l’épouse fait trois garçons à neuf mois et quatre fill, s à dix mois. Fodéré lui - même

voit madame Fodéré avoir deux grossesses

de dix mois et demi. Christophe Misnerus épousa la veuve d’un libraire de "WolfenbutLel , laquelle , au rapport de Heisler, était accouchée treize mois après la mortdeson mari. Les collatéraux, considérant que celte veuve avait mené la vie la plus retirée, et n’avait vu d’autres personnes que sa merc , quelques femmes lionnêtcs et son médecin, n’osèrent point contester la légitimité de l’enfant. Ne nous bâtons pas de soupçonner ce médecin qui était selon toute apparence Misnerus luimême. Une autre grossesse , cette fois officiellement de Misnerus, se prolongea aussi jusqu’au treizième mois.

La naissance tardive ne pourra elre

convenablement expliquée que lorsqu’on aura expliqué l’accouchement naturel.

Or, toutes les hypothèses proposées pour celui-ci, pèchent par quelque point. Le retour sur elles-mêmes des libres de l’utérus , distendus au dernier degré de leur élasticité , ne peut rendre compte de la fixité assez générale du terme de l’accouchement, car l’élasticité des fibres est très- variable selon les individus. Le besoin de respirer, qui ferait faire des efforts de sortie au fœtus, est aussi problématique puisque les accoucheurs modernes regardent le fœtus comme entièrement passif dans l’acte de l’accouchement.

Cette opinion me paraît un peu contrariée par ce qui a lieu dans les superfétations. Comment tout le contenu de l’utérus ne se vide-t-il pas à la fois? Sans doute, il y a action élective dans les parois de 1 utérus, et le coin dans lequel l’enfant non mûr est relégué ne se contracte pas. Mais alors l’enfant qui sort n'est poussé que

légale.

ir u n côté de l’utérus ; sa sortie n’en est cependant pas plus irrégulière. Zacchias, qui a compté pieusement la durée de la grossesse de la sainte Vierge et celle de sainte Anne, sa mère, ap ouvé que Marie et son fils étaient nés aa dixième mois, c’est-à dire après ce septième quaternaire complet si chéri d’Hippocrate. 11 a établi aussi, mais sur des preuves sans doute moins respectables, qu’HercuIe était né au dixième mois. Ce qui n’empêche pas que Zacchias, qui répugne aux naissancesplus tardives que ie onzième mois, n’ait émis sur la prolongation de la grossesse, une hypothèse qui noussrmble fort vraisemblable. « Les causes de l’enfantement étant dépendantes de la matrice, du corps maternel etdu fœtus, il peutarriver qu’aprês avoir tenté une crise pour l’expulsion du fœtus, la grossesse continue jusqu’à une nouvelle crise dans laquelle le fœtus concourt avec la nature : cela peut particulièrement arriver lorsque les eaux de l’ammos sont très-surabondantes, et que le fœtus n’a pasprisdurant la gestation la quantité de nourriture suffisante pour son accroissement. » Fodéré, qui a sans doute cité Zacchias de mémoire , s’est trompé dans l’indication du lieu auquel il l’a emprunté. Je n’ai pu le retrouver dans le texte, c’est pour cela que je me suis résigné à citer Zacchias en français.

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