‹ Traité de médecine légaleChapitre 95 sur 167 · PROFESSIONS · texte numérisé non relu

PROFESSIONS

La division des âges en croissance , consistance , cleclin, établie par Aristote dans son livre de la vie et de la mort est plus séduisante que vraie. Quelques organes déclinent, tandis que d’autres sont consistants et même croissan ts. 1 1 faut donc adopter une division moins générale pour serrer la vérité de plus près. La sous-division des trois classes d’Aristote est assez commode sous ce rapport. La première période se sous-divise en trois: la première et la seconde enfance , l’adolescence. L’dge con sistant se compose de la jeunesse et de l’âge viril. Le déclin comprend la vieillesse et la décrépitude. Les anciens, avec leur respect mystique pour le no libre sept , comptaient par sept mois la marche des âges de la vie. Il faut convenir que dans la première moitié de la vie, la superstition îles anciens est assez excusable , le chiffre sept est le facteur commun des dates de la révolution des âges: première enfance de un à sept ans , seconde de sept à quatorze, adolescence de quatorze à vingt-un ans, jeunesse de vingt-un à vingt-huit, etc.

En traitant la question de l’infanticide, nous avons déjà donné les moyens d’évaluer l’âge de l’enfant nouveau-né jusqu’au quarantième jour. Le développement du corps et de l’instinct de l’enfant peut servir à évaluer son âge jusqu’à la périodeoù les dents paraissent. Les premières incisives sortent ordinairement vers le sixième ou le septième mois de la vie : ce sont les moyennes de la mâchoire inférieure ; quelques semaines après paraissent les correspondantes de la mâchoire supérieure ; puis sortent les incisives latérales de la mâchoire inférieure suivies des incisives latérales de la mâchoire supérieure. Après un repos de quelques mois , du douzième au quinzième mois de la vie, les premières molaires paraissent en bas, puis en haut.

Quelquefois elles sont devancées par les canines. Quand celles-ci et les premières molaires sont sorties , les secondes molaires paraissent. Cette réunion constitue la première dentition, qui n’est guère complète que vers deux ans ou deux ans et demi. A quatre ans et demi sortent quatre autres molaires qui ne tomberont pas à la seconde dentition. Vers sept ans, les vingt premières dents tombent dans l’ordre de leur sortie, et sont remplacées

DENTITÉ , INFLUENCE UE I.’agE , UU REGIME, ETC., ETC.

aar des dents permanentes : celles-ci difèrent un peu des dents de lait; aussi eur comparaison peut-elle servir à établir l’âge approximatif d’un enfant placé >ur la limite de la première et de la seconde enfance- Les dents de lait sont demi transparentes et paraissent bleuâtres. Les incisives sont très-petites, figurant un coin dont le tranchant est mousse 2t dentelé comme une scie ; les premières molaires ont quatre tubercules à leurs couronnes ; celles de la seconde dentition l’en ont que deux. Les secondes molai- •es de la première dentition ont cinq ubercules a leurs couronnes; celles de a seconde n’en ont que deux.

Béclard, dans son mémoire sur l’oséogénie , a indiqué des particularités d ossification à l’aide desquelles on peut îvaluer d’année en année l'âge de l’in lividu jusqu’à l’apparition des dents de agesse. Mais, excepté cc dernier signe , ous les autres ne se peuvent observer ua la dissection , et conséquemment il aut recourir à d’autres moyens quand n doit estimer l’âge d’un individu viant. De sept à quatorze, le corps prend entement son accroissement en lonueur; le corps et les membres sont effies , la voix est grêle; après quatorze ns, 1 accroissement devient plus rapide ,

•-1 s’arrête ordinairement vers la dix-huiième année; en même temps les signes le la puberté se sont manifestés aux paries génitales , et par Je changement du irnbre de Ja voix; au moment où s’ahè\c 1 accroissement en longueur, comlence 1 accroissement qui prononce les ormes. Chez les femmes , les deux dimensions marchent plus simultanément,

1 1 accroissement ainsi que la puberté se irononcent plus tôt et plus vite. Quaorze ans est l’âge moyen de l’éruption les règles. Chez les eunuques, l’accroisement de I adolescence s’opère sans s’acompayner des changements propres à la liberté et à la virilité. Leur tête ne grosit pas à proportion du reste du corps, ui prend un embonpoint précoce; le ernum demeure court comme chez les em.ncs la voix demeure grêle ; la barbe f,ara‘t jamais; ils grisonnent tard et

ont rarement chauves. Ces particulariés d organisation rendent difficile d’éaiuçr I age exact d’un eunuque entre adolescence’ cl la vieillesse. De vin*tinq a trente-cinq ans, le corps éprouve u*u de changements, et on n’a pour pprecier l’âge que le plus ou moins embonpoint, le plus ou moins de force

et de raideur de la barbe, la distance de sa limite supérieure d’avec les yeux.

Avec les progrès de l’âgé, la joue est envahie presque tout entière par les poils. Chez les femmes, ce solstice est encore plus difficile à apprécier ; les altérations des traits qui accuseraient un certain âge par suite de la maigreur pourraient être effacés par le retour de l’embonpoint.

Les premières périodes de l’âge viril ressemblent beaucoup à la mure jeunesse ; les sourcils s’épaississent , les cheveux sont encore touffus et commencent à peine à grisonner , le front et le pourtour des yeux se rident. Chez l’homme livré au travail mental , l’alopécie du sommet de la tète et du front est assez fréquente et plus précoce. Quand la vieillesse commence, le teint devient violet ou jaune tanné, les cheveux blancs, pendant que la barbe n’est encore que grise, la vigueur musculaire diminue; l’activité des sens est moindre ; les yeux, qui n’étaient pas myopes, sont devenus presbytes; plus lard, l’affaissement inter-vertébiaux diminue la taille; les articulations sont raides ; les sinus frontaux sont plus saillants; souvent les cheveux sont perdus en totalité; les rides ont envahi toute la face; le nez s’est allongé, la chute des dents a fait saillir le menlon et raccourcir Ja face. Dans la décrépitude, tous ces phénomènes se sont augmentés, et, de plus, les extrémités sont plus froides, la faiblesse plus grande, les sens plus obtus, la raison obscurcie. Un observateur exercé trouvera le moyen d’évaluer l’âge d’une figure d’emblée , et sans avoir égard à aucun trait en particulier. I outelois , celte physionomie d’ensemble, qui ne se peut décrire, varie selon les nations, et même selon les classes de la société. La figure d’un paysan de quarante ans porte l’empreinte de la fatigue physique ; celle d’un homme riche du même âge peut ne porter l’empreinte que de la corruption morale.

L’etude morale de l’individu auquel on doit assigner un âge est un secours puissant, ajouté à l’observation de son corps et de sa figure ; les physionomies cl les degrés de l’intelligence .■«ont, c mme l’expression des figures, variables scion les nations et selon les classes de la société. On doil donc toujours tenir compte de l’éducation en même temps que de l'âge présumé de l’individu que l’on interroge. L’échelle chromatique de l’intelligence, selon les âges, ne peut se fonnu-

1er en termes assez précis ni surtout se formuler assez brièvement pour que nous puissions la placer ici : c’est pour cet objet surtout qu’il est nécessaire que l’expert médecin légiste soit moraliste praticien. L’évaluation de la raison aux diverses périodes de la vie a guidé le législateur qui a fixé a tel ou tel âge l’aptitude à telles fonctions, ou les notions de morale sans lesquelles il ne peut exister ni libre arbitre ni culpabilité. Nous reviendrons sur cet intéressant sujet en traitant de sa liberté , de sa raison , de son développement cl de son aliénation.

Assigner un âge à un individu donné n’est qu’une partie du problème. Il faut encore établir que la physionomie de cet individu , telle qu’on se la rappelle, a pu subir les changements qu’elle présente aujourd'hui : retrouver légitimement dans l’adulte au nez droit, à la chevelure brune , au teint pâle et bilieux , l’adolescent qu’on" avait connu avec des cheveux blonds , un teint rosé et un nez retroussé. Lavater a donné , dans une de ses planches, la série des phases par lesquelles passe la même figure aux divers âges de la vie. Je ne saurais mieux faire que d’y renvoyer.

L’on ne peut donner que des cflTijeclures sur les variations successives du même trait; mais sur ce terrein mouvant, on ne saurait choisir un guide plus ingénieux que le ministre de Zurich. Passons aux autres causes capables d’altérer la physionomie , et commençons par le climat.

Supposons qu’un homme habite depuis son enfance un pays froid et sec , où sa poitrine souffre d’une irritation continuelle ; son corps est dans un état de marasme, son teint est plombé ou cuivré. Qu'il passe dans un pays méridional, voisin de la mer où l’hiver est court et doux, où les autres saisons sont égales, l’atmosphère habituellement chaude et humide, la cessation de l’irritation de poitrine permettra à la nutrition de s’opérer plus complètement ; l’individu acquerra de l’embonpoint; son teint deviendra clair et vermeil. Qu’au lieu d’un homme valétudinaire, ce soit un homme bien portant qui se déplace, et que le nouveau pays qu’il habite diffère beaucoup du sien, qu’il aille, par exemple, de la zone tempérée aux zones torrides et y séjourne pendant longues années , il pourra être méconnaissable quand il rentrera dans sa patrie ; aux altérations que l’àgc aura imprimées à ses traits se joindra un changement radical de teint : de clair et rosé ,

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il sera devenu tanné et peut-être bistre; la scléroli | ne sera jaune. Que l’individu fut doué d’un obésité remarquable dans son pays natal, et qu’au changement de teint se joigne la maigreur lorsqu’il y rentre, il sera vraiment méconnaissable.

En Hollande, en Angleterre, on voit tous les jours revenir des Grandes-Indes des individus ainsi métamorphosés : on sait que le séjour des régions équatoriales active les fonctions du foie, et répand la bile dans le sang et dans tous les tissus : souvent même , cette activité va jusqu’à causer lihypertrophie et la suppuration du foie.

Le changement de nourriture, s’il est profond , peut produire des altérations remarquables dans le teint et surtout dans l’embonpoint. On s’en aperçoit chez les gens qui passent subitement d’une condition riche à la misère, et, vice versa , de la misère à l’aisance et à la fortune. L’embonpoint à gros ventre est fort rare chez les personnes peu aisées. Dans l’état militaire , cette particularité nuance assez fidèlement les grades : en France , où les simples officiers sont très peu payés, il est rare de voir un gros ventre sous de petites épaulettes. En Hollande, en Angleterre, où la paye est beaucoup plus élevée, on trouve souvent des lieutenants chargés de gros ventre , qui ne commencent en France qu’au grade de commandant ou de colonel. L’influence du régime sur la physionomie se voit plus manifestement encore dans les prisons , les bâtiments , les villes assiégées. La nourriture grossière et chétive non-seulement cause l’amaigrissement, mais encore altère la couleur de la peau ; elle produit de plus des affections scorbutiques , lorsque la captivité, la navigation cru le siège se prolongent long-temps.

L’influence des maladies sur la physionomie ne peutêlre révoquée en doute, surtout [tour celles qui agissent directement sur la peau , telles que les lèpres , les dartres, la syphilis invétérée, l’ictère. Le traitement d’une maladie peut ajouter aux effets de la maladie ellemême: ainsi, dans le traitement de l’épilepsie par le nitrate d’argent , le corps muqueux de Malpighi acquiert une couleur sombre qui donne au malade le teint d’un mulâtre. Nous n’avons pas besoin de parler ici des altérations profondes que cause une maladie aiguë qui a londu les chairs , ou une maladie chronique qui les fait dépérir plus lentement ; des

IDENTITÉ. INFLUENCÉ DE l’aGE, DU RÉGIME, ETC.. ETC. 235

îangements contraires apportés par la clysarcie morbide, la bouffi sure ou l’iiyropisie , îles désordres causés par l’apolexie , l'cpilep ie, la perte du nez, d’un :il , d’un membre, une blessure reçue la face, une fracture, une luxation qui nid boiteux, une maladie spontanée ou •aumatique de l’épine dorsale, qui cause gibbosité , etc. , etc.

Les passions, qui sont de véritables ma- (lies de l'ame, sont comme les maladies guës ou chroniques : l’effet de ces derières sur la physionomie est d’activer, î hâter l’influence de l’âge. Le souci, t’il soit timide ou hardi, qu’il ait un but roïsle et étroit, ou un but large et noe , prononce les traits et les rides , »te le grisonneraient ou la chute des teveux , modère la tendance à l’embon- )int. Les passions aiguës produisent îelquet’ois des effets d’une rapidité inoyable. Une profonde terreur a blanchi biteinent les cheveux , ou les a fuit nber en quelques heures. Le premier et a été observé chez la reine Marieitoinette dans sa prison, chez le cornéen Suint-Prix, qui avait passé, dit-on, ie nuit dans le Rhône, suspendu à un neau du pont Saint-Esprit, après le ufrage du bateau qui le portait. Sehenus rapporte , d’après Lemnius , qu’un npereur ayant condamné à mort , pour use de viol, un beau jeune homme, lui-ci fut tellement affecté de cette uvelle que sa barbe et ses cheveux vinrent blancs, et que son visage fut ortaltéréen quel [lies heures qu’ayant ru devant le tribunal pour entendre i arrêt, il ne fut plus reconnu de peruie, pas même de l’empereur, qui crut ’on lui présentait un personnage supsé , ou que le coupable avait em- >yé l’art pour blanchir sa barbe, ses •veux et se défigurer; mais ayant vu e c’était là un effet naturel de la crainte supplice , cet empereur fut touché compassion , et pardonna au jeune Time, le jugeant assez puni par la réhition qu’avaitopérée en lui la crainte me peine due à son crime. Les rrialureux condamnés au supplice sont orlairement si défigurés que lorsqu’ils dent pour aller le subir, on a de la inc a les reconnaître , et souvent le uple s’est obstiné à croire qu’on avait sa leur place des personnages supposés, a condition sociale exerce une influence •la physionomie de l’individu. On peut r dans Labruyère les deux portraits du be et du pauvre, mais tous les traits des-

sinés parce grand peintre sc rapportent plutôt à l’expression acluelledes traits ou, comme l’appelle Lavater, a la patbognomonie, qu’aux modifications permanentes de cts traits ou à la physionomie proprement dite. L’aisance ou la misère rentrent dans les influences du régime et des passions, en tant que favorisant l’embonpoint cl le bon teint par la nourriture succulente et par les préoccupations agréables, ou poussant à la maigreur et au teint terreux, par la nourriture chétive et . le souci. Ces effets opposés seront beaucoup plus manifestes si la même personne a passé de l’aisance à la misère ou réciproquement de celle-ci à l’aisance. La possession perpétuelle de la fortune diminue annuellement quelquefois les préoccupations agréables pour y substituer l’ennui. De même, un homme qui n’a jamais connu que la médiocrité, la supporte sans impatience et peut par la contre balancer l’effet fâcheux du régime.

Nous pouvons rattacher au chef de la condition sociale les diverses professions, qui impriment quelques traits caratéristiques à la physionomie. L’agriculteur qui a passé une partie de la vie à bêcher la terre reste courbé vers la région des reins. Le porte faix, le porte-balle, le gagne-petit, ont les épaules voûtées. Le militaire se tient droit et les épaules effacées : le tailleur a les genoux en dedans et les doigts marqués parle contact de l’aiguille comme ceux des couturières; le cordonnier a les pouces très-élargis ; les joueurs de violon et de guitare ont des durillons à la pulpe des doigts de la main gauche ; le joueur de harpe en a aux deux mains. Tous les artisans et manœuvres ont les mains fortes et calleuses. Pendant les guerres de ia Vendée les bleus fusillaient comme gentilshommes tous les prisonniers auxquels ils ne trouvaient pas des mains de cette espèce. Le cavalier a les jambes cagneuses, le piéton aie pied grand et le talon fort en arrière.

L’individu qui a quelque intérêt à se déguiser ne se contente pas des altérations que le temps a imprimées à sa physionomie, il y ajoute encore les ressources du costume, les secrets de l’art cosmétique. Comédien dans le monde , il emprunte les auxiliaires par lesquels le comédien produit l’illusion sur la scène.

11 rase sa barbe ou la laisse pousser, couvre son front chauve d’une perruque, ses yeux de lunettes, prend les habits d’un autre sexe, d’une profession ou d’une

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condition qui n’est pas la sienne, noircit ses cheveux gris ou blancs. Ce dernier point a fait un jour appeler par la cour d’assises de la Seine un chimiste distingué simultanément avec un coiffeur. La cour avait intérêt a savoir si on pouvait donner aux cheveux une teinte plus claire que leur teinte naturelle : le coiffeur Michalon répondit qu’il ne connaissait que des moyens de teindre les cheveux en plus foncé. M. Orfila apprit à la cour les expériences faites par Vauquelin sur la matière colorante des cheveux. Il démontra la possibilité de les colorer jusqu’au blanc et par conséquent de borner l’opération à quelques-unes des nuances intermédiaires. L’agent de cette décoloration est le chlore. Mais les essais n’ont jamais été faits jusqu’ici que sur des cheveux séparés. Pour décolorer ainsi des cheveux tenant à une tête, il faudrait prendre des précautions extrêmes pour empêcher que l’individu ne se trouvât dans l’atmosphère du chlore employé pour obtenir une action prompte. Le chlore étendu d’eau teindrait et attaquerait la peau. Il en serait de même de l’acide nitrique, qui jouit aussi de la propriété de décolorer les cheveux.

Maintenant que nous avons parcouru tonies les données de la grande question de l'identité, nous devons comprendre les embarras dans lesquels elle doit toujours jeter et les juges et les experts. Ainsi que dans la plupart des antres questions de la médecine légale , les signes isolés ne peuvent produire que des doutes ; ici, la réunion -le ces signes est elle-même douteuse , car dans son évaluation, il faut toujours faire la transposition de l’âge, opération complexe par le nombre de matériaux qu’elle embrasse, indécise dans ses résultats par la chatoyance de ces matériaux. Nous l’avons dit d’après d’Aguesseau, l’interrogatoire de l’individu et sa confrontation aux lieux et aux personnes qu’il doit connaître, sont au premier rangpour la valeur des preuves, lorsqu’il s’agit de contester l’identité affirmée par l’individu. Si, au contraire , l’identité est niée par lui, son intérêt le jette dans un rôle négatif, et alo s l’examen du corps prend la première importance. Les témoignages établissent qu’il portait telle tache ou envie ; il faut la retrouver ou apercevoir à sa place la cicatrice de la plaie par laquelle elle aura été enlevée. Les témoignagesétahlisse tqu’il éprouva telle fracture, qu’il avait telle difformité, telle

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cicatrice. Tl faut retrouver trace de fout cela. Puis viennent dans une ligne, inférieure les témoignages qui établissent la physionomie de l’individu quand on l’a perdu de vue; son teint, sa taille, sa couleur d’yeux et de cheveux, ses traits. On cherche si l’âge, le climal, le régime, peuvent expliquer les altérations manifestes , ou bien s’il reste assez de ce passé pour qu’on le reconnaisse encore.

Lorsque la question d’ideniilé sc rattache à un forçat libéré ou échappé, il est essentiel de constater si l’individu porte ou non la trace du fer que le bourreau lui imprima brillant sur l’épaule. Les signes des lettres ne sont pas toujours visibles, car la cautérisation peut avoir formé une escharre profonde suivie d’abondante suppuration. Si l’individu a pris de l'embonpoint plus tard, la cicatrice peut avoir été distendue et disparaître ou devenir très-confuse. Oria proposé l’application d’épispastiques ou de rubéfiants , pour faire reparaître cette cicatrice, mais un médecin attaché à la Force, M. Jacquemin, a montré qu’une simple friction, donnée rapidement avec les doigts, ou une percussion répétée avec le plat de la main, produit instantanément et sans douleur l’effet des rubéfiants La peau rougit par l’injection du tissu capillaire ; la cicatrice, plus dense que le reste de la peau, se dessine en blanc sur le fond rouge. Alors on peut reconnaître les lettres si leur empreinte n’a pas été fondue dansl’escliarre, ou leurs linéamentsconfus et tiraillés, si ces lettres n’ont été que déformées pendant la suppuration et la cicatrisation de la plaie.

Enfin , nous mettons au dernier rang la reconnaissance de l’individu par les parents, amis, nourrices, domestiques.

Dans l’affaire du mendiant Monrousseau, l’avocat-général Bignon exprime sur ce:

sujet des considérations qui fortifient; notre opinion : « Il n’est rien de si aiséi à surprendre d’une fausse opinion quel le peuple. La nouveauté de quelque ob-i jet, une nouvelle fausse ou mal rappor-t tée, un mot porté fortuitement dans lest oreilles, qui trouve, je ne sais comment, i créance dans l’esprit de quelques-uns,} passent incon tin en ta ceux desautres pour? une vérité certaine. La persuasion s’cnl propage par une contagion secrète. C est} cette prévention populaire qui a fait au-l trefuis l’apothéose de Romulus, qui a:

persuadé aux uns qu’ils l’avaient vu dispa-î raîlre; aux autres, qu’ils l’avaient viij monter au ciel . C’est celte prévention qm,

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