‹ Traité de médecine légale, suivi du traité des exhumations juridiquesChapitre 14 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la pulréfaction des cadavres dans l’eaii.

ici , comme pour la terre, iibus ferons connaître en detail un certain nombre d’ouvertures de cadavres qui étaient restés plus ou moins de temps dans l’eau ; la description dè ces nécropsiês sera précédée de quelques expériences qui nous ont paru propres à éclairer la question.

bàSERVATIÔN

Lé 12 mars i83o, on plongea dans un grand baquet à moitié plein d’eau de Seine le cadavre d’un enfant houveau-né, âgé de sept jours, mort depuis cinquante

TRAITE

heures : la coloration générale était naturelle , excepté que les paupières, l’oreille droite, la partie postérieure et supérieure des cuisses, et le scrotum étaient rouges ; le dos était légèrement violet j le ventre commençait à verdir-, et les ongles étaient bleuâtres:, -du reste, ie eorps oM:aitie volume , le poids et la longiieur ordînaires, i3 mars, La peau est d’un blanc mat; les paupières sont décollées et de couleur rosée ; l’oreille droite et les autres parties i|uè bous avons dit être rouges avant l’immersion , sont aussi beaucoup moins colorées. L’épiderme est d’un blanc mat aux membres , surtout aux mains ot aux pieds , où il est déjà ridé , mais non détaché. Il existe à la partie antérieure du tronc des petites écailles épidermiques, comme on en voit chez les nouveau-nés chez lesquels là ehuté du premier épiderme n’a pas encore eu lieu. *

ao mars. Le cadavre est toujours au fond de l’eau et beaucoup plus pâle ; toutefois, on voit à la région épig^astrique une plaque violette d’environ deux pouces; l’abdomen est légèrement verdâtre,; les taches des fesses etfdes testicules sont d’un violet plus çlair qu’auparavant'. L’épiderme de la paumé des mains commence à détacher. a,4 mars.lL?>. partie supérieure de la. face , les parties latérales du col, le haut du thorax .et les épaules se colorent en' gris très-légèrement verdâtre,, quoique le cadavre soit tOujpurs Testé au fond de l’eau ; le scrotum n’est plus que d’un blanc rosé très-clair. 26 La fesse gauche offre une ccdoration verdâtre. mars. Cette couleur est |d.us intense et ^s’étend plus bas sur le côté externe de la cuisse. La joue droite

-ÊES ESIIUMATIOXS JURIMQÙÉS.

est légèrement colorée en i-ose 5 le front ^ les panpières sont d’un gris verdâtre ; les parties latérales et infé^ rieures du coi sont violacées; le .cadavre est tonjonrs dans l’eau. 28 mars. L’abdomen est d’un bleu ardoisé, excepté un peu au-dessus de f ombilic; où il est livide. Il ny a bors de l’eau qu’une partie de la fesse gauche, et elle est d’un vert clair ; cette couleur s’étend même à la cuisse correspondante; la fesse droite qui est sous l’eau est rosée ; l’épiderme se détaché facilement par-»tout. 3o mars. Le côté gauche de l’abdomen, la cuisse et ia jambe correspondantes , sont hors de l’eau et colorés en vert; le côté droât et l’autre membre infériéar restent dans l’eau et ne sont point colorés; la Couleur delà partie antérieure du ventre est -plus fonféê. L’épiderme se sépare partout au plus léger effoji'E ; celûi des pieds ne tient pas moins que celui des autres parties; 3ï mars. De larges lambeaux d’épiderme se sont détaches des parties latérales du -ventre et du col ; l’abdomen paraît moins coloré, 3 avril. L’épiderme do'tté dans l’eau sous forme de larges plaques trandutidés et incolores; toutefois, les parties qui recouvraient les portions que nous avons dit être colorées en bîeü êâ y vert, etc. , ofïrent une teinte olivâtre. La peau-, dépouillée de sa cuticule , est déjà décolorée , et d’un blânc fûàt dans plusieurs des parties qui étaient fortement cdkiréès avant ia chute de l’^ideime; toutefois , eSe d’un bien ardoisé et noirâtre à la partie tmtérieure dé Càbdomen , d’un rouge vineux sale à la tête , et d’ùn rougè vineux três^pâle au menton et entre les sourcils. 5 avril. Les parties qui avaient perdu leur epiderraé le 3 avril,

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et qui étaient encore colorées, sont d’un blanc d’ivoire. Le tissu cellulaire commence à être distendu par des gaz. 6 avril. Le col qui avait été Complètement décoloré, redevient bleu , violet clair , et même rouge ; mais le cadavre est beaucoup plus ballonné, et par conséquent plus près de la surface du liquide. Le bras gauche est hors de l’eau. % avril. Une plus grande partie du corps est en contact avec l’air ; le tissu cellulaire sous-cutané est très emphysémateux ; la peaü des membres est soulevée j comme si elle eût été soufflée; lorsqu’on la pressé on ne sent pas la crépitation ordinaire du tissu cellulaire emphysémateux. On voit sur différentes parties du. corps des plaques jaunes là où le derme n’est pas. coloré, et verdâtres dans les parties qui offrent cette teinte ; ces plaques sont de grandeur et de forme variables; les plus petites ressemblent à des lentilles; le plus; grand diamètre des autres est à peu près d’un pouce ; elles sont entourées d’un cercle depetits points blailchâtres , durs , comme si c’était un dépôt calcaire. La couleur générale du cadavre est blanchâtre; la portion de l’abdomen qui était assez fortement colorée, 86; décolpre sensiblement, quoiqu’elle soit en contact ayeerrair. 9 avril. Les plaques deviennent de plus en plus nombreuses; le cadavre est plus emphysémateux; les membres abdominaux présentent encore une certaine résistance-, tandis que dans les membres supérieurs il ne reste plus que quelques traces de muscles , et les os semblent à nu dans le sac formé par la peau qui les enveloppe. Dans plusieurs endroits, cette peau est corrodée , et ^lorsqu’on presse dans les environs de

ces corrosions , il s’écoule une sanie d’un blanc rosé sale 5 qui est un reste de tissu cellulairé détruit^par.la putréfaction. 1 1 avril. De nouvelles corrosions se sont formées, et celles qui existaient sont beaucoup plus larges; une d’elles située au niveau du bord supérieur de l’os coxal droit , est très-considérable, et donne issue à des gaz et même à des portions de viscères abdbminaux ; la peau environnante est fortement plissée.; En général, cès corrosions se remarquent là où il y atait des plaques, et la déchirure de la peau semble correspondre à J’auréole calcaire que nous y avons indiquée. i3 a m7. Presque tous ^s viscères s’échappent, sous forme de bouillie, par les déchirures que nous signalons^ .

Le 12 mars i 83o, on à mis dans un grand baquet presque plein d’eau de Séîhé le cadavre d’un enfant nouveau-né, âgé de huit jours; et mort depuis trentesix heures ; sa couleur était naturelle ; excepté la partie postérieure du tronc qui était légèrement violette, l’oreille droite qui’ était rouge , et les ongles qui étaient bleuâtres ; il y avait tout autour de l’ongle de l’indicateur gauche une ulcération; du reste , le poids , le volume et la longueur de cet enfant n’offraient rien d’extraordinaire. ‘

i3 mars. Le corps est d’un blanc mat ; les paupières et les oreilles ne sont que légèrement rosées; le dos offre ’ à peine des traces de la couleur violette dont nous avons fait mention ; l’épiderme dés membres , d’un

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blanc mât, commence à se rider j surtout aux mains et aux pieds , mais il ne se détache pas# On remarque à la partie antérieure du tronc des petites lames blan« châtres j véritables écaillés provenant du premier épi* derBaé.:qui n’est pas encore tombé*

Le genou droit est la seule partie qui soit hors de l’eau il olfre une couleur rosée#, marst Cette couleur est légèrement jaunâtre ; le ventre est mn peu bàllonné j répidermè nese détache qu autour de l’ongle ulcéré* 20 Le cadavre est près de la sim*

face dé- l’eau 5 il est en général de couleur hknche ôrant sur le violet très*cMir4 les tfoux g^oux. font saiL lie hors de l^n^ et scmt colorés en r^e légèrêment jaunâtre, moins intense que les jours précédensj l’épiderme est soulevé, aux mains# a4 mars. La majeure partie de l’abdomen est verdâtre et hors de l’eau depuis deux joOrs , l’epiderme de la paume des mams ct de la plante des pieds se déchiré plus facilement^ 25 mars. les genoux j qui étaient devenus rouges parjeor expp* sition a l’arr , sont complètement décolorés ; la cuisse gauche est rosee, l’abdomen et , même la partie infé- rieure du thorax sont verts oi&rnars Le col et le haut du thorax offrent une teinte violette , les paupières,, le nez et les lèvres sont d’un rose jaunâtre , les membres inferieurs sont egalement rosés , excepte a la partie.an* terieure des jambes. 27 mars. Le cadavre, est toujours près de la. surface de Teau j excejÆe 1 abdomen j une ^rtie du thorax et les genoux^, qpi sont à 1 air. 28 mars. Le ventre, généralement véri, présente une tache ar* dois^id’éBvironL six lignes dânsson plus grand diamètre;

DES EXHUMATIOirS JDBIDIQÜES. 7

le col et le thorax deviennent plu& violets ; les i»einbreS supérieurs offrent déjà cette même teintej màis cîàire; 3o mars. Le poignet gauche est hors de leatt et verdâtre ; on observe la même couléur au-dessus du genou droit, immédiatement à côté de la portion qui est e» contact avec l’air, et qui par eonséquéat est à peiné couverte par le liquide ; la faœ antérieure des jambêà esfcdéjà rosée, açriL lès genoux ^nt jaunes, presque desséchés; ils ne sont jamais devenus verts , quoi-' qu’ils aient été presque constamment à l’air. 3 Lé ventre fit le thorax sont toujours hors de l’eau, et doîorésea verti>Le col est d’un rouge violet j là facè du» rouge cuivré ; on voit au côtégàuche dfi latête une tu-^ meur sous-épidermique produite par des gaz; les memhtes afodQiîH.naux s©nt rougesj.exceptéies genoux; cés. diverses cok>rations ne^ dépendent pas de l’épi derme car on peut enlever celui-ci par larges lambeaux et s’asisurm- qu’il est incolore; il existe comme aux pieds et aux mains, mais il se détache^ par le moindre frottement.. 4 «m7. Toutes les portions dépouillées d’épiderme qui éiniem, rouges hiêr et qui sont restées dans l’eau ,, sont presqùfi incolores. S avril. Ces portions sont d’un blanc d’ivoire ; le tissu cêlimlaire sous-cutané est déjà notablement distendu par des gaz. ^ avril. Le ventre, qui est en contact avec l’air, est plus ballonné et beaucoup moins coloré, quoiqu’il soit encore co uvert d’épiderme la portion qui est hors de leau est entourée de petits mamelons jaunâ&es , mous , comnm mueiiagineux qu’on= enlève facilement; les parties dépouillées d’éjâ-derme; qui sont dans leau, continuent à être ineoloî»s ;;

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le bras gauche et la partie postérieure des membres abdominaux sont le siège de petites plaques semblables à celles que 1 en a remarquées le 8 ayril chez l’enfant qui fait le sujet de l’observation précédente, g avril. Toute la portion thoraco-abdominale qui est en contact avec l’air , est desséchée ; l’épiderme adhère encore fortement; celui des pieds n’est pas détaché, mais il s’enlève par la moindre traction ; lès petites plaques indiquées hier sont plus marquées ; le tissu cellulaire est moins emphysémateux que chez, l’autre ; enfant ([ F", page 4)} les membres conservent toutes leurs parties, en sorte que lorsqu’on les touche à travers la peau, les chairs offrent encore une résistance sensible. Il avril. On remarque une corrosion au bras gauche, précisément à l’endroit où nous avons dit exister une plaque. i5 avril. Le cadavre est entier et un peu plus hors de l’eau; toutes les parties qui jusqu’à ce jour étaient restées dans le liquide et qui étaient blanches, se sont colorées en jaune sale légèrement ocracé, depuis qu’elles sont en contact avec l’air. La tête et les bras sont le siège d’autres corrosions , par lesquelles s’écoule une sérosité sanguinolente ; ces pertes de substance s’observent dans les endroits où il y avait eu des plaques. L’abdomen est sec , recouvert d’épiderme, coloré comme auparavant et . toujours hors de l’èau ; la partie antérieure du col est hors de l’eau depuis deux jours ; aussi est-elle emphysémateuse, et de blanche qu’elle était , est-elle devenue rouge sale tirant sur le rosé. Les pieds sont encore recouverts d’épiderme qui y tient à peine. 17 avril. Les corrosions

sont beaucoup plus grandes* on en voitune.trèsdarge au côté droit du thorax, par laquelle s’éehappënt-des débris; des muscles,: des côtes dénudées et une partie du poumon. Le lendemain-,, des portions des viscères dii ba^ ventre sortent, sous formej d’une sanie, par d’autres corrosions qui existent à l’abdomen.

Le 23 /uarjr i83o , oh a mis dans de Leau contenue dans une grande baignoire, le cadâvré d’un homme âgé de cinquante ans, mort trente heures auparavant. L’abdomen était légèrement verdâtre, lé col, lés parties latérales de la tête et le dos, offraient plusieurs plaques rougeâtres et d’un violet, assez foncé. Le aS mars ^ l’épiderme des mains commence à se rider, surtout aux doigts et à la face dorsalé| il est d’un blanc bleuâtre mat à la paume des mains ét à la plante- des pieds, où il est couvert d’une couche d’une matière blanche, facile à enlever, et semblable à la mie de pain bouillie dans du lait. Le thorax et 1© bras, qui n’étaient pas colorés au moment de l’immersion du cadavre dans le liquide, commencent à prendre une teinte légèrement verdâtre. 26 mars. L’enduit détaché hier de la paume des mains et de la plante des pieds ne s’est pas reformé. 27 mars. Toutes les parties colorées en rouge avant de mettre le cadavre dans l’eâu , sont actuellement d’un violet clair; 28 mars. L’abdomen est moins vert; l’épiderme est très - légèrement soulevé aux mains et aux pieds, et ne s’enlève qu’avec

peine;: 30 Celui de la paume des mains et de la

planté dés pieds ^ toujours d’un blanc mat , est beaucoup plus plissé et soulevé^ surtout vers les extrémités plantaires des orteils et palmaires des doigts ; célwi qui recouvre les autres parties du corps ne se soulève pas. Les ongles sont d’un gris verdâtre. On remarque à la face dorsale des mains quelques sillons verdâtres qui répondent aux.veineSi ^ Ji.mars. L’abdomen est à peine coloré, i*'*’ avril. Les diverses teintes vertes et violacées sont; encore moins foncées, 3 avril. L’épiderme est plus soulevé , et s’enlèvo, à l’aide d’une légère pression dans les .environs des articulations , à toute la partie supérieure de la face, au crâne, aux mains et aux pieds. Il existe des taches verdâtres et violacées dans la ré^on des^ stèmo-eléido-mastoïdiens et au-devànt du sternum. 4 Toutes les parties qui

ont été dépouillées d’épiderme hier, et qui étaient colorées, sont d’iïn blanc mat.. Les bras sont encore convertâ d’épiderme et présentent une teinte rosée. 5 amh L’épiderme s’ enlète par lambeaux énormes aux fesses, et par plus petites portions, à la partie postérieure du tronc ; on voit, près de la fossé iliaque gauche, une vésicule alongée remplie d’eau, qui a pénétré entre l’éjaderroe et le derme ,, un point où le premi^ de

ces tissus était déchiré. L’abdomen s’est coloré de nouveau, et il est aussi vert qu’au commencement de l’ex? périence; cependant le caifa.vre est toujours resté cai, fond de Veau. 6 avril. L’ épiderme s’enlève plus facilen^nt ; toutefois, il n’est pas eneore détaché de la plante des jâeds ni de la paume des mains, quoiqu’il soit ex^

DES EXHUMATiaKS JtUaîDIQIfES- H

cessitement soulevé • plusieurs lambeaux^ au contraire > sont déjà séparés de la ré^om dorsale des mainSi La jambe gauche est légèrement yerdatte et. couverte d’é^ piderme. On remarque à la partie interne d^ deux bras: des taches d’un rouge vif , en général petite et déformé diff^ente 9 thins quelques-unesde cestâches;^ l’épiderme est soulevé par un fluide i-ougeâtre qui les colore , ^ que Ton peut, déplacer par là ^us légère pression î vient-on à presser plus fort , l’épiderme se sépare et le liquide s’écoule ; dans quelques autres de ces taches, l’épiderme a déjà été détaché , et alors la couleur rouge sous-jacente a disparu ; . le: derme ; est blanc , mais il reste souvent tout autour de ce derme blanchi une ligne circulaire,, si la tache avait cette forr me rugueuse, adhérente, qui circomcrit en quelque sorte la tache qui existait auparavant, g at>nL Le thô* rax et l’abdomen sont en grande^ partie, dépouillés d^é? piderme, et on peut dire que partout où le derme est à nu, la couleur est d’un blanc mat j tandis qu’auparavant , lorsque l’épiderme existait cra pu-ties étmeiit colorées en violet ou en vert; toutes les portkms du corps couvertes ent»rê d’épiderme; conserreia . au contraire une coloration manifeste. L® ongles exisr tent etsontsolidementattaehés. lOiwriLVépidermèest en partie séparé à la jambe gauche, qui s’est déjà décolorée dans toutes les partie dépouillées de cuticulei On voit quelques petites taches d’un bleu indigo à la: partie latérale gauche du thorax et près du téton, du même côté , ainsi qu’à là parde droite dacoL Le cadavre ccm^ mence à avoir une tendance marquée à venir à la sur-

face. XX avril. Le moignon de l’épaule gauche et une petite portion du même côté du thorax font saillie hors de l’eau , et déjà l’aclion de l’air se fait sentir, car ces parties sont colorées en vert-de-gris si ce; n est le sommet de l’épaule qui est jaunâtre ; tout ce qui est sous l’eau est décoloré , excepté les. taches rouges et bleues dont nous avons parlé. 1 5 avril. On renôur velle Teau de la baignoire , . et pendant cette, opération, d’énormes lambeaux d’épiderme qui tenaient à peine au corps , sont détachés ; le derme; misià nii; est d’un blanc mat , même à l’abdomen ; toutefois , la cuisse droite et la jambe gauche sont d’un bleuclair; on remarque en outre çà et là quelques petites plaques, couleur dé café au lait clair, sans dureté ni élevure. Le Cadavre est un peu plus, hors de l’eau, et les parties qui ont le contact de l’air sont plus colorées et notablement emphysémateuses, xy avril. Le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré, de gaz dans plusieius endroits ; le ventre est ballonné, et le corps tend de plus en plus à surnager; déjà la presque totalité du côté gauche du thorax et de l’abdomen sont hors du liquide; les plaques jaunes sont plus rares. i9, ÆPri7;Le ballonnement est augmenté; la portion de la partie antérieure du thorax qui a surnagé la première j est devenue d’un gris verdâtre , et à peu près semblable, par sa consistance, à du parchemin mouillé. 21 avril. Les parties qui sont hors de- l’eau sont jaunâtres , aurores ou d’un vert plus ou moins foncé ; partout où des gaz ont soulevé la peau qui est en contact avec l’air, celleci est desséchée. 24 avril. Le menton , le col , le tho-

DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. l3

fax , la -plus grande partie de l’abdomen , et la partie antérieure de la cuisse gauche , sont hors de l’eau ; cette cuisse est d’un bleu très-clair; le genou est aurore ) tandis que les autres parties qui sont à l’air .et 'qui sont desséchées , sont colorées en rouge yen bf uir ^ en noir, en vert clair ou foncé et par plaques. Toutes /les portions du cadavre qui sont sous l’eau sont diun blanc mat , excepté là où nous avons dit exister des taches bleues ou roussâtres. En pressant la peau des bras # -des pieds et des jambes , l’empreiiite des doigts reste. Gn voit au pli de l’aine droite une coloration violette, comme pointillée, de forme triangulaire , et large d’environ deux pouces vers sa base; le derme qui la.-forme est très-aminci, comme soulevé, et semble prêt à se déchirer; dans cet endroit, la peau commence évidemment à se corroder. avriL La coloration des parties qui sont hors de l’eau est plus intense; raine droite est le riége d’une grande quantité de petites corrosions qui répondent aux divers points violets indiqués hier; quand on presse dans les environs de ces points, on fait sortir un liquide sanguinolent y et l’ouverture de la peau paraît régulière , comme; si elle eût été faite avec un emporte-pièce. Les petites plaques bordées d’un cercle rougeâtre qui existaient au bras et aux épaules, n’offrent plus de traces de- rougeur; elles sont d’un jaune sale. 26; açril. Les petites corrosions de l’aine sont réunies et forment une , large ouverture , très-régulière , dont les bords ne sont nullement frangés, et au milieu de laquelle on aperçoit le tissu cellulaire qui est infiltré de sérosité sanguino-

TRAITÉ

lente. La peau «nvironnante est extÉenjenient ajnineie. Ou remarque également à la région sacrée , ;pfé$ ée répauie gaucbe et au feras du même côté, plusieurs êÊccoriations d^un autne aspect que les ptécédentes, qui ressemblent assez aux eicatrices des ulcéraiions rarisoteuses j fitqui ne s eténdent pas à toute ! épaisseur du derme; celuirci n’est jai soulere ni coloré i elles sont airondiœ ou oralaires, et les plus larges ont trois ou quatre lignes de diamètie. o.’j mril. Les parties qui *soîitfeors de l’eau brunissent déplus énpiusiJes autres sont eomme les jours prééédens, si œ nest que la ■cuisse droite est le siège d’une Teuîtitudé de petites relies pôintilléies de yiolet^ et qui sons peu yont devenir des corrosions semblables à «elles du pU de lame droite. Il existe à la partie gaudre du col Une large corrosion intéressant déjà tout le esù^ps de la peau, et qui a commencé comme celles de l’aine ; on voit aussi sept ou huit petites tach^ violettes de même nature , «n avant de i’é^ule droite , au milieu de la peau qui recoavïie le ^and pectoral. 28 a^râ. Lés taches pointiüées 4e la cuisse et de l’épauJe droite format ,aufoard’hüi de larges corrosions , ofeint les m^^es caractères que celles de l'aine. Les autres que nous avons diteXistér au saerum , , sont plus larges et plus

profondes; aussi voit-on à leur centre lé tissu cellulaire souscutané qui est jaunâtre , infiltré, et recouvert par les bords irr-éguliêrs et feangés de l’ouverfeure.

DES EXHDMA.T;iO]fô JURIDIQUES.

OBSERVAÏIOIÎ 4^.

Quatre cadavres de uoyés qui n’étaieift restas dans r^u qu’une; deux ou trois heures , a^offiraiènt aucune alteration à rextérieur, même dix heures après-îaiH^irt'; la couleur de là peau était naîareiie ; l’epidêriBé n’étaiî ni démche ni soulevé; les paupières étaient feitpé^ , iâ bouche béante; la langue n’avançait pas jusqu’au bord des lèvres ; les doigts des mains étaient ^sè» fortement contractés; on ne voyait qu’une petite Quantité de , va]^ entre les ongles des mains et des jâeds et 4a peau qu’ils recouvrent; il n’y avait aucun indicé dè putréfaction ni de tuméfection. ( La têmpémturé^tait ih^-C^ttigr.^.:.' . ^ ' ; ’i ; -r-, uv,:v- .r j:..-

Trois cadavres de noyés qui étâieïa?restésleiaq à àx jours dans l’eau furent examinés deux heures après avoir été retirés de la rivière; ils étaient à peine tuméfiés ; 4a peau était de couleur ùa5i!«re?fepatlrotà;, excepté près des genoux , ou l’on voyait -deux eccftiymo^s îividès; les paupières , 4a bouebe, la langue, les doigts étaient comme dans les observations précédentes ; tduiref04s,4es ongles des pieds contenaient une beaucoujp pius^rande quantîtéde vase ; Todetrr étiîitpeu dësa^éàble et différente de celle qu’exhalent les cada.vres qui se décomposent à l’air. Le lendemain à midi, la face était déjà tuméfiée d’une manière sensible; les paupières^r-

TRAITÉ

tout étaient gonflées et d un rouge-brun ; les lèvres offraient une couleur verdâtre; les joues étaient brunâtres ; la poitrine et l’abdomen étaient d’un vert sale ; les menjbrés n’étaient pas coloréà. Le jour suivant, la tête, . était énormément tuméfiée et verte ; le gonfien}ent. .de ln face surtout était remarquable ; les yeux i sortaient presque entièrement des orbites; îe corps ; extrêmement ballonné^ était marbré de jaune et d.e; vert , et le système veineux superficiel se dessinait, à travers ceà marbrures ; les genoux étaient d’un brun noirâtre ; la paume des mains et la plante des pio^ls .'Çonservaient leur couleur blanche , tandis que :1a îaco dorsale de ces parties était verdâtre ; la couleur, d^udoSy^Surrlequei le cadavre avait été couché, était à peine altérée ; l’épiderme se détachait facilement dans plusieurs endroits, et il était séparé dans beaucoup d’autres ; l’odeur était infecte. (La température avait varié de i6® à i8® , th. centigr., depuis que le cadavre était exposé à rairi)) :

OBSERVATION 6f.

N...., âgé de quarante-cinq ans, tomba dans la Seine le 19 <yç^bre 1829 à midi ;ii] fut retiré le lendemain à huit heures du matin, et soumis à notre examen le même jour à deux heures. Il était roîde. La face était à peine gonflée , d’un rouge violet dans toute son étendue , mais surtout aux lèvres (i). Les paupières étaient

(i) Nous apprîmes par les personnes qui avaient retiré le cadavre de l’eau , que la face était pâle au moment ou on lef sortit de l’eau.

fermées avec force, l’œil plein et brillant. La bouche étmt entr’ouverte 5 et laissait sortir une jfâsez grande quantité d’eau. La langue dérouleur naturelle ne sortait pas, de la bouche. La peau des autres parties du corps était blanche et dans Tétat naturel. Il est bo n d’obser-^ ver qué le cadavre .ne fut déshabillé qu’à deux heures, et par conséquent que l’air extérieur n’avait agi que sur la face depuis la sortie du corps de Feau. Le aa décembre , même état de coloration et de roideur.

Ouverture du cadavre le a3 « midi. La roideur est à peine sensible ; le corps n’exhale point de mauvaise odeur ( la température était depuis trois jours de. o° à 4 Q° ; la coloration, de la peau n’a pas : changé 5 on ne trouve îppint de vase dans i’interstice des ongles^ à vérij:é ceux-ci sont très^enuris. Le cerveau est dans l’état naturel , sans injectiQn notable 5 il en est de rnême du cervelet et des méninges. Les poumons offrent une teinte yiolaçée , .surtout à leur partie postérieure î ils sont très-crépi tans , et ; contiennent peu de ^sang ; lorsqu’on lescomprirae , il en sôrtuniîquide rougeâtre écumeux ; les ramifications bronchiques, jusqu’à une trèsgrande profondeur , rénferinent beaucoup d’écume aqueuse mêléeidç vafee, de débris de végétaux, de pe^tits .morçeàux de bois et autres ordures; la trachéeartère contient aussi beaucbup d’éCume semblable ; la membrane mnqueuse présente çà et là quelques points rouges. Le; cœur est. très-volumineux; le ventricule droit Qsi repip^ de sang.fl,uide , noir.. Les veines caveset jugulairescpntiennent aussi beaucoup de ^ng noir fluide. Lé diaphragme est refoulé en haut. L’estomac a. 2

TRAITÉ

renferme environ huit onces d’un liquide aqüeitx^ jaunâtre, trouble ; les intestins en contiennent à peine : du reste, ces organes, paraissent dans l’état naturel, si ce n’est que l’intérieur des intestins offre çà et là quelques points -rougeâtres. Le foie et la rate sont un peu gor^ gés de sang. Les reins sont dans l’état natureh La vessie, peu distendue, renferme à peu près deux cuillerées à bouche d’urine presque limpide.

Le i®*" janvier 1 827 , à dix heures du matin , on i-etirâ du canal Saint-Martin le cadavre d’un homme âgé de soixante-dix ans , qui s’était noyé la nuit précédente. Examen du corps le mÊme jour a midi. La peau est de couleur naturelle; les paupières ainsi que la bouche sont entr’oüvertes ; la langue , de couleur naturelle , ne dépasse pas les dents. On vx>it dans l’interstice des ongles-des^mains une certaine quantité de -vase. Ouverture du cadavre le 5 janviet à une heure. Le cprps n’exhale point de mauvaise odeur; la face n’est point tuméfiée ; la peau n’est point colorée,; on remarqueseulement au dos quelques lividités cadavériques.- (La température avait varié dans les cinq jours précédons de ,0“ à 5®-^o^) Les veines de la dufe-mère sontinjectées de sang noir. Le sinus longitudinal supérieur est gargé de sang noir fluide. Les vaisseaux de la pie-mère sont presque dans l’état naturel. Le cerveau, de consistance et de couleur ordinaires, présenté; lorsqu’on le coupe, plusieurs points rougeâtres dont on fait sortir

DES EXHUMATIOÎÎS JURIDIQÜES. I9

un peu de sang 'par une légère compression. Les ventricules sont vides y excepté le latéral droit , dans lequel existe une petite quantité de sérosité limpide. Le cervelet est dans l’état naturel.

Le larynx est rempli de glaçons incolores assez volumineux ; on voit au commencement de la trachée-artère une petite quantité de mucus rougeâtre , mêlé de quelques grains sablonneux; du reste, il n’y a aucune trace d’écume. Les poumons sont d’un brun noirâtre dans toute leur étendue; ils sont crépitans et gorgés de sang, surtout à leur partie postérieure; on ne découvre dans leur substance ni vase , ni aucune matière terreuse. Le cœur contient , surtout dans le ventricule droit et dans l’oreillette du même côté , une certaine quantité de sang noir fluide. L’aorte et la reine cave descendante renferment aussi du sang noir fluide en assez grande proportion. Le diaphragme est refoulé en haut.

On trouve dans l’estomac une livre environ d’une bouillie claire , livide , évidemment composée d’eau , de vin et d’alimens à demi digérés; sa tunique péritonéale est marbrée de rouge ; sa membrane muqueuse est rouge et ulcéree dans beaucoup de points. Les intestins , d’un rouge violacé à l’extérieur, contiennent des matières fécales molles. La rate est dans l’état naturel. Le foie et les reins, de couleur foncée , renferment plus de sang qu’à l’ordinaire. La vessie est distendue par environ huit onces d’urine aqueuse, d’un blanc légèrement jaunâtre.

OBSEÉVAÏION 8®.

Le i8 janvier 1827, à .4 heures de raprès-midi, on a retiré des eaux du canal Saint-Martin le cadavre d’un homme inconnu , âgé d’environ soixantecinq ans , d’une forte constitution ; tout semblait annoncer que la submersion avait eu lieu peu de temps avant.: Le corps n’offrait aucune trace de- lésion extérieure; la couleur de la: peau était naturelle, les paupières étaient entr’ouvertes, la face n’était, point tuméfiée, la bouche était légèrement béante ; la langue, de couleur et de volume ordinaires , dépassait üh j)eu les dents, et était un peu serrée par les incisives moy ëhnes supérieures et inférieures; on voyait un peu de vase dans l’interstice des ongles des mains et des pieds. Ou- >verture du cadavre le 22 janvier. Le cadavre n’exhale point de mauvaise odeur ; la peau ulest ni colorée ni tuméfiée ; on remarque seulement quelques lividités cadavériques au dos et aux fesses., ( La température a varié depuis le 1 8 janvier de 0° 4 3®'^ o°,):Les veines de la dure-mère et celles qui rampent à la surface externe du cerveau sont légèrement injectées de : sang noir liquide. Le cerveau et le cervelet sont de couleur et de consistance naturelles; les ventricules ne sont le siège d aucun épanchement; on ne remarque point d’injection des vaisseaux qui se distribuent dans l’in^ térieur du cerveau. La trachée-artère et les bronches contiennent une quantité notable d’un liquide aqueux jaunâtre , mêlé de grumeaux blanchâtres , peu consis-

tans, semblables à des alimeiis mal digérés ; du reste bn rie Voit aucürie trace d’écume ; la rhèhlbrane muqueuse de' cés orgàries paraît dans l’état naturel. Lés poüriioris, forteiriént àdhérens à la plèvre costale , n’étaîerit péirit gorg^ dé sang ; ils étaient crépitans, de couleur naturelle , et n’offraient aucune trace de vaéé, ni dé la matière ^uméleuse qui existait dans la trâèliéë-artère èt dans les bronches. Le coeur, jtrèsvolüihiriéux , contenait une quantité notable de sang noir , ïlUidè j dans toutes ses cavités. Le diaphragme ri était pas rgfhulé en bas. L’estornac renfeiraait quelques ïribrééaux de viénde, une matière chymeuse et une assez grande quantité d’un liquide jaunâtre grumeleux, semblable à celui qUé ron âyâit déjà troüVé dans la tracbéé-artère et dàns les béonches. tes intestins gr^és:, étaient distendus par de l’eau hiêléé d’excrémens liquides jaunâtres ; la membrane séréUse du canal intestinal était rougeâtre , comme injectée , tandis que la membrane muqueuse était saine. L’estomâc, la rate, îeS reins et la vessie étaient sains ; ce dernier organe contenait une cuillerée à bouche d’uririe jaunâtre et trouble. Il y avait du Sang fluide et non dans les gros troncs veineux et artériels , mais surtout dans les premiers. ^

âgé de 24 ans , est tombé dans l’eau de la Seine , le aS janvier 1827, à une heure de l’après-midi, et en a été retiré vingt minutes après. Ouverture du cadavre

TRAITE

faite le surlendemain à midi. ( La température de l’atr mosphère: avait varié pendant ces trois jours de o” à 4° — ^0%) La face est pâle, les paupières sont rapprochées, les yeux sont pleins, l’humeur aqueuse est légèrement opaque ; les. lèvres sont écartées l’une de l’autre; leur bord libre est d’un rouge assez vif; les arcades dentaires, rapprochées postérieurement , ne sont séparées à leur partie antérieure que par la langue qu’elles serrentassez fortement, et qui dépasse les dents de quelques lignes ; du reste, cet organe est dans l’état naturel. La peau et la partie postérieure du tronc et des membres, surtout celle des membres abdominaux , est d’un rouge violet ;, on remarque sur les parties latérales d.u tronc des plaques larges comme la paume de la. main, de couleur violacée; enfin la partie ântélieure du thorax est le siège d’un assez, grand nombre de taches de la largeur d’une pièce de vingt sous, d’un rouge violet; le5 intervalles qui les séparent sont pâles et de couleur naturelle ; on trouve aussi quelques taches semblables à l’abdomen. Les vaisseaux de la dure-mère sont gorgés de sang noir fluide ; les sinus longitudinal et latéraux renferment une assez grande quantité du même liquide; les veines arachnoïdiennes, en contiennent à peine. La couleur et la -consistance du cerveau et du cervelet n’offrent rien d’extraordinaire; les ventricules sont vides ; mais lorsqu’on coupe le cerveau par tranches horizontales , on voit un trèsgrand nombre de, petits points rougeâtres dans la substance blanche, et par la compression, on en, fait sortir du sang noir fluide..

Le cœtir, peu volürniifieüx , renfermé dù sang noir dans les deux ventricuies. Le larynx n’offre rien de remarquable , si ce n est que sa membraiie muqueuse est d’un rougeviolet; cette couleur s’étend r toute la membrane interne de la trachée-artère j on voit au commencement de ce conduit aéwen deux morceaux de chou; près de la division des bronches on rencontre: une assez-grande quantité d’un liquidé aqueux quLne ; devient écumeUx que lorÆÎqu’oii le

poumon. La ; bronché droite renferme im éssez, grand nombre de. fiagméns d’ahmens ( choux, pain .) , et de l’eau qui ne devient écunieüse aussi qu’én comprimant le poumon; la raembrané muqueuses qui' la. revêt est d’un rouge violet; la bronche gauche contient aussi de réau et dés' matières alimentaires , mais en quantité moins notable. Les poumons sont un; peu adhérehsrà la plèvre costale; quand on veut détacher ces: adhérences, il' sort un peu td’écume par là boucher; ils sont moins crépitans et d’une couleur plus foncée que dans l’état naturel tlorsqu’on les incise et qu’on les comprime,; il s’en écoulé un.péu de sang noir fluide, et il se forme aussi une écume rosée. Le diaphragme est lé:; gèrement refoulé en haut.

L’estomac, très-dilaté , renferme une grande quanr tité de liquide mêlé à des alimens non digérés (choux et pain). Les intestins contiennent des matières molles . te foie est gorgé de sang noir fluidé , qui s’écoule en grande quantité lorsqu’on incise cet organe. La rate et les reins sont à peu près dans l’état naturel. La vessie, comme rétractée, renferme environ une cuillerée et

a4 TEAITE

demie à bouche d’urine opaline trouble. La veine cave contient une grande quantité de - sang noir fluide : l’aorte abdominale et les iliaques;en renfertiient également^ mais en moindre quantité-(i). -

GKBRVATIOW ro®. ' : -i ;

Le ao jiiillet 1770^ on trouva simlaToute deGouri celles à Dijon Le cadavre d’un homme incohnii; il était couché de son long, à plat i siir là face anterieure du corps, ayànt la tête tournée du coté dé la ville, lés mains.iâevées vers les côtés dé lâ tête ji appuyées par les paunies sur, le terrain-, ;et le visage, jusque près les oreilles , 'plongé dans une large et profonde /orniere remplie (£ eau bourbeuse et blanchâtre. Tout portait à croire que la mort du sujet datait au. plus de vihgtquâtre heures. : • - ' : - '

La face était l^memeat tuméfiée, et livide. Cette couleur était bornée à l’épaisseur de la peau; Les yeux étaient sàillans , les pupilles resserrées j il sortait ;pâr les narines, surtout en comprimant la paroi antérieure de

(i) La présence des alimens dans la trachëe-ai têrè dès individus qui font le sujet dé Cette observation et de célle qui précède , në tiçudrait^ellé pas aux efforts dê Vofnfesénient déterminés par l’impression de Veau trêsTfroide sur Fépigastrej au moment où la digestion stomacale était à peine commencée? Il serait impossible d’admettre ici l’explication de ce. phénomène, donnée par l’un de nous à la page 240 du tome 2? de la Médecine légale ( 2® édition ), puisque les cadavres n’offraient aucun indice de putréfaction.

DES EXHDMATIOHS JURIDIQUES. 25

la poitrine , une mucosité écumèuse et-sa-Bguinolehte. On voyait sur la portion saillante dé là joüé drôité une; légère éxcOriation où érâillemeht : circuîâÉÉ-é dé deux centimètres de large , éntièremétit' KoPfie-â la peau. La partie externe de la peau de toute la face antérieure du corps qui appuyait sur le sol, était d’üne couleur livide violacée. Les organes contenus dans le crâné étaient dans l’état naturel j sèulenient:;îes:.vaisseaux sanguins du cerveau étaiënt gdrgés de sang. Les poumons étaient gonflés , de couiéur briine , plus foncés sur leur face antérieure que dans leurs autres parties; la trâchéef-artère èt les -bronches contenaient un fluide muqueux , écuttieux ,. dont Oii^Ugmêntait la quantité en Gompiimant les poumons. Le cœur étâif gros et mou; le sang contenu dans ses-Cavités droites^ ainsi ^e, dans les grandes veinés, était noir; etéMiè^ rement fluide. Les cavités nasales et rarrière^boüche étaient remplies de mucosités écumêusés^ sanguinolentes, mêlées à quelques molécules terreuses -blanchâtres, de la même nature que l’eau bourbèuse de 1 ornière dans laquelle la- face était plongée. Tous les organes dé l’abdomen affectaient la disposition qui leür est propre (i)c; seulement l’estomac était très-distendu par une grande quantité de fluide rougeâtre , d’une odeur diCekceiite ^ Jertement virveusé y et par diverses substances aïïmentaires encore reconnaissables ; la membrane muqueuse de ce viscère é^t ^ns l’état

(i) Ce qui îend à faire croire que lè diaphragmé n’ëtâit pas refoulé en bas.

. î TRAITÉ

naturçL, ^ li ne ofut pas difficile de: eonçture que cet hqmme^eîait tpmiaé dans l’ornière, étant- dans un -état d’ivBesse, et que n’ayant pu se relever, il avait* péri, saffoquéirparndéfantjde respiration. ( Ghaügsieri); ;

-'r.ÜTiÊsfenanejagée de. trente airsi noyee de lundi: ot. mai .i^aï ^ firfiiiretirée de reau. le 'Surlendem3in ,^et;ou-. vefite Jei26 du même- mois. ^ ^ ; ^

/Evcamem dmicadavrer Oii remarque. quèlqnes.files^. sures légères sùr de frenty: et qudiques ; ecciiy-^ moseaian-dessus; des;- sourcilaj l’œil est parfaiteriient fèrnïé.ÿ^: pupâlleidans un etât de. dilatation; ordinaire 5 la, face ^est* encore incolore ; la langue ne sortipas de k. bbtuehe: ; il , ny à pas. d’écorehüres a ux mains; -ni iaux dôigtsjion trouve du safile et delà vase dans le creux^ de la-main et entre les- engles eT-Ia pean des doigts;;

:::Omerture du crâne. K l’ouverture du crâne , le sang qui â’est jéeoulé était assez fluide lë; -corps -ealleux a paru dans .son état naturel.. Les uvaisseaux- veineuk de la durerraère .èt de l’araehnôïde étaient- injectés. -Les ventricules latéraux renfermaient environ une petite cudlerée de sérosité sanguin oleùte ; les plexus choroïdes étaient injectés ; les veines de Galien étaient gorgées de sang ; les, substances corticale et niéduliaire étaient à peu près dans l’état naturel ; leurs petits vaisse aux étaient plus injectés.

Ouverture du thorax. Les poumons étaient volumineux et crépitans (plus livides à leur partie posté--

rieure); îe sang des veines puliçqnairqs et de^ ailles, veines était noir et duide.; Chi a tFOUvé,niV;inppus rcnir geâtre, et une petite quantité d’écuni^[5^ns.:la;=tra.chée-artère ; la bronqlie, droite .contena^^ grande quantité , d’écume-; sle.muctU; rpugeàtrej iç<Mamuniquait sa couleuu à ;la membrane inuqueuae de la trachée-artère ; aussi, . en enlevant cç mpcu&ç.]a.mem7 brane paraissait avec sa içquleqr pat^qrclle. régula pre^ sion, on' faisait sortir de i/a^. du ppïimqjj- ba;îrqçhéer artère fft les bronches ne reiifermaient jni paipni Le cœur, contepait d?ii,sangj noir fluide; il j.enAavËÛt beaucoup ' plus du ■yentricule droi^ ‘i'ïSé ; .daps. .le

gauche, qm en rBpferinaitjà,>peine-.--LerjSaa^ aqrtique était très-fluide et noir- ■ - , . -

Owerttir& -éU V ahdqmeji. Ji’estomac çpnîcpai^ quantité peu considéEdde de|iquide( cinqiOU s^ environ ); les intestjnsr reufejf niaient upç, grande tité du même liquidej; - f

OBSPRVA.T10N la®. ï

Lé mardi 17 avril 1827, on a retiré defla^eine le cadavre d’un commissionnaire âgé de quarante^einq ans, qui y était- depuis la veille. Le 20 ,ù huit heures du matin , il présentait l’état suivant ( la température avait varié pendant ces trois jours dè i i ^à i4° -j- 0° ) : il n’exhalait aucune odeur désagréable ; la peau était de couleur naturelle, excepté à la région frontale droite, au nez , à la commissure droite des lèvres, à la partiegauclie et inférieure de la poitrine , prèsdu genou

THAITi

àS

"^aùiélié, et au ïiivéàu d'uboril MÎÏërié'ur dü tibia du même éôtë ' bud’an'Vôÿàït’dës'pîàqüêS ^loréès, d’unelargeur vâÿialale/^'inais ^üi nedëji^âsâiêrit J)às celle d’iïn écu dé Sü frâties. Çiàÿftjî 8ës plàqüès'j lës trbis prèmiètes et k tfefffièîbëtéïéhï dé vCTÎtatdds ‘Contusions -j bu -des plaies cbftkiséë ëpânclieriiént ' de sang dans lé tissu cél-

lulaiée sous^Cutàné éôiréspohdant ; la plus remarquàbîè était (^Ré quîbccu^it ld'bord antérieur du nez . ou il ÿ“â¥ait^dénudàtfôn dés osét dé la 'partie supérieure du càrtfldg'el lies ■ dèüï âüïîéspîaqüeè'^ ^dé 'couleur jaune et brunâtrë^. étaîënt lé résultat dé la déssrccation de là pèâuf qur ayait été dépoUilïêé d’épïdérmé. Quoique la péàU' du' ëoi ét'de dâ^regibrf iriàssétériénnè droitè ne présentât aucune coloration in'sblitè j si‘ ce U’ést unè légérê'taelièbéunëâ droite ,• uïi péU àu-dëssus dé laUgle de IWs-maxillâiré inféüéüf taciië ^qUi était àü'ssi lé résultat de la désSiccation dé la péàu^ On a trouvé dés ecchymoses profondes et considérâMéS dérHère la âa^ vicule droite , au niveau du' corps thyroïde, mais surtout dans l’épaisseur dumUscle màsséter droit, qui était en quelque sorte le siège d’une tumeur sanguine (i).,

(i) Tous les renseignemens fecuéiliis sur cèt indiviUii portent à crbirë qu’il s’est suiéidé , èî que lès cottlusibUs ét lis écfcîiÿmoses dont nous venons 'dé - ffàrier^ peuvent bien êt¥ë le r^üîtat d’iinèîoü de plusieurs ehütës qu’il aura faites avant de tomber dans là i>ivière;rla quantité de vin trouvée dans l’es-?^ tomac semble annoncer en effet que cet bomme pouvait être dans un état d’ivresse lorsqu’il est entré dans l’eau ; mais il faut l’avouer , ces lésions sont assez graves, et de nature telle qu’il ne serait pas impossible qu’élles éussenl été produites' pa r des coups reçus dans une rixe.

DES EXHUMATIOÎÎS JURIDIQUES. 39

Les paupières et la bouche étoient l^ lqngpe

ne dépassait pas les lèvres , quoiqu’elle fut légèremgnt serrée par les dents. La face n’était pas turaéfiée.h£, padavre n’offrait plus de traces de rqideujf. ?^ . , 7 ;.I >

- Ouverture. La peau du crâne ,1e périoste e^la dlW" mère étaient dans l’état naturel. Lps veines^^®^ la pdemère étaient prnaqn®. P®rv;eaùj],4f ê%.

de consistance ordinaire',’ , présentait à la partie] qui correspondait à la çontusipn déjà réginni froAtalea.gne légère teinte rosée; uun coloration semblable serênMrquait à la partie postérieure dn inènae ootés II; dans les yen triéuîes latéjauii et dans le eapaj rachidien une quantité asse^ notable de séroMtév^I^eicer^elebétait dans l’état natureh] ; , - ; - 7. 1 r ].

Le diçLphragrm^ était rsfpulé en jusqu’au de la sixième côte sternale. Le larynx, la traqhée-artère elles bronnhes, dairs J’état norrnal

d écume; la trachée-artèrfe;renfer.niaituneun^èt’e.ï‘ul“

peuse, grisâtre, inêlée de PUints rouges , sap5;grayier;,;et une petite quantité, de liquide aqueux- Les ponmons , d’une couleur ardoisée naturelle , libres d’adhércnçe , étaient trèsrcrépitans et rte s’affrissaient poinf pap j’aç* tion de l’air; ils contenaient du sang fluide^: sanS; en être gorgés; lorsqu’on les pressait il en sortait dU jSang écumeux. On voyait dans chacune des cavités des plèvres environ trois onces de sérosité sanguinolente. Le péricarde et le cœur étaient dans l’état naturel ; il n’y avait qu’une petite quantité de sang liquide dans l’oreillette et le ventricule droits. L’aorte était vide et de couleur naturelle. La veme caye inférieure con-

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