TRAIÏE
tenait un de sang fluide; ses parois n étaient pas rouges. . ; V - ^
Le foie, la rate', le pancréas , lès reins , les uretères et la vessie étaient dans Vétàt normal il y avait dans cè'derriier organe" environ trois onces d’urine. La vésicidé du fiel renfermait de la fiile rougeâtre. L’estomac, de couleur naturelle à l’extérieur, non distendu, contenait une quantité ordinaire d’uné matière grisâtre , pulpeuse, comme chyméuse, semblable à celle qui existait dans la trachée; cette matière nageait dans un liquide vineux rougeâtre ; la membrane muqueuse de ce viscère était rosée dans toute son étendue , ce qui paraissait tenir à ce que l’individu était mort pendant la digestion. Le pharynx renfermât aussi une grande quantité de màtiêre pulpeuse , grisâtre j semblable à la précédente. Le duodénum et le jéjunum paraissaient sains ; le dernier de ces intestins contenait beaucoup de liquide blanchâtre épais. L’üéon et les gros intestins étaient le siège d’une inflammation évidente; leur membrane interné était d’un rouge vif; on voyait dans une partie de leur étendue un liquide gluant, rougeâtre, ayant l’aspect de gelée de groseilles ; là partie inférieure dti rectum était distendue par une matière fluide bourbeuse.
OBSERVATION l3®.
Le I I avril 1827, dans la matinée, on a retiré de là Seine le cadavre d’un homme athlétique, âgé de vingtcinq ans, qui s’y était jeté huit jours auparavant. Exa-
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. 3l
niiné deux heures après, ü était de couleur natuféÙe et nullement gonflé, excepté la fece, qüi était légèrement tuméfiée et d’un rouge foncé. Le i3, à onze heüfes dii'ma'tîn, la peau du crâne est d’un brun yèrdâtré; la face est très-tuméfiée , d’un vert foncé et d’dh rouge bcracé foncé par parties; les lèvres déformées sont très- tuméfiées , et laissent entre elles un espace de quelques lignes ; la ■ langue dépasse les dents de trois à quatre lignes; le nez est d’un vert foncé; les paupières sont fermées et très-tuméfiées; en les séparant^ dn voit les yeux' pleins, humides et peu saillans. La peau du col est d’un vert bouteille , excepté à sa partie antérieure et moyenne, qui est d’un rouge assez intense, et qui est dépourvue d’épiderme. Le thorax est d’un- vert un peu moins foncé que le col; on y voit des lignes violacées qui suivent la direction des vaisseaux souS-cutanés; èette teinte verte est d’autant moins marquée, qu’ôn s’approehe davantage de la région hypogastrique , dont la peau n offi-e guère qu’une couleur blanche verdâtre ;- on remarque sur les flancs et sûr les parties latérales du thorax des plaques d’un rouge brun peu intense. Tout le tronc est emphysématéiix. Les membres thoraciques, d’un blanc verdâtre, sont également emphysémateux et sillonnés de lignes vertes qùr suivent la direction des veines 'soùs-cuta-’ nées; qüelques-unes de leurs parties sont dépouillées d’épiderme. Les cuisses ont à peu près la couleur naturelle; la droite, privée d’épiderme dans son tiers inférieur et antérieur, offre une couleur jaune d’ocre sale , résultât dé là dessiccation de la peau ; l’épiderme de la
TRA-IÏE
cüis^:ga«<die est çnléve dans tQüte sa face, interne. Les, jaiabfeS j de couleur à péa près, naturelle, uffrent çà et
là des tUïdies vei’dâ'lr^ et ruugeâtres remayqu%ble&fl: surtout à la partie supérieure -et antérieure.etài^JWaL' léole interue. Les pieds sont; pourvus depiderme. Le serpmm est exeessivenaent disteudu .pay ga:^ (%La terapératuye avait varié depuis le i i ,^ 4® t,o,àç%Pfr^;p^ . th.- eeptigr, ), , .... h
, ÇMf^ertfire. Le tissu . eeliulaire :(ki crâpe jest, ipâltré d’un licfuide rouge assez clair;, Leaucpup; p},U5; t
à ,1a partie ^postérieure ^-où, il rest;d’un rpu^e;;%?pé. fétide.jt lorsqu’on ,be sépare des parties voisines ,;d: «en dégage dp? ga? fétides. Lp péripste np sê. j^façfcp pa^' faciieuient. L^ .muscles teroporaux sont assez résisteps* d’un rouge yiplaçé pen fdupf et infîteésr de liquide > mais non macérés. Ln euleyant les os du crâne ,, pu déchire le siiius longitudinal supérieur , et if s’en eppaJp une assez grande quantité do sang duideupir. La dweraère offrpyinp iteinte à peine yiplaççç r si no n’esJi l?.. long du .sinus longitudinal , où elle est plus prononcée; du reste, elje n’est pas soulevée par desjga^. L’arachnoïde et la picrmère ne sont pas.cplpréesj pn remarque seulemept des stries rouges qui corresppudent aux vaisseaux; plusieurs ramifications de çes vaisseaux CQn■^ tiennenîpdu sang noir foncé. L’extérieur du cervepu e^st. d’un gris légèrement verdâtre; il ep est deiinème dç toute l’épaisseur de la substanee corticale; la partie médullaire est blanche à peu près comme dans l’état naturel , et n’êst le siège d’aucune injection vasculaire ; il n’y a point de sérosité dans les ventricules cérébraux?
DES EXHDMATIOHS JURIDIQUES.
la consistance de cet organe est à peu près comme dans l’état normal. Le cervelet , beaucoup moins consistant que le cerveau , offre aussi moins de blancheur dans sa partie médullaire. En coupant les sinus latéraux, il s’écoule une assez grande quantité de sang noir fluide mêlé de quelques caillots peu consistans et de beaucoup de gaz.
La cavité des plèvres contient de l’un et l’autre côté, mais surtout à gauche , quelques onces d’un liquide rouge foncé. Les poumons sont adhérons sur plusieurs points à la plèvre costale droite ; ils sont libres à gau* che; leur couleur est rouge , marbrée de brun , comme dans l’etat naturel J leur volume est ordinaire; ils sont très-crépitans , et beaucoup moins mous que ceux des cadavres qui sont restés long-temps dans l’eau ; lors* qü’ott les comprime , il s’en écoule des gaz et un liquide sanguinolent : on ne voit sur aucun point de leur sur* face que la plèvre soit soulevée par des gaz; leurs vais* seaux contiennent du sang noir assez épais. Le larynx^ la trachée-artère et les bronches ne renferment ni -vase , ni écume ^ ni aucune autre matière ; leur membrane interne est d’un rouge violacé. Le péricarde, distendu par des gaz, contient environ une once d’un liquide sanguinolent. Le cœur, dont la consistance est normale, n’offre point de sang dans ses cavités gauches , tandis qu’il y a un caillot consistant dans le ventricule droit ; la face interne de ce ventricule est de couleur lie de vin très-clair; lacouleur.de la surface interne du ventricule gauche est naturelle. Zæ diaphragme est refoulé en haut.
TRAITÉ
-- Le tissu celluiaire des parois de l’abdomen est d’un jAiiùê rerdâtre. Les muscles sont rouges. La cavité du péritoine renferme beaucoup de gaz et fort peu, d’un liquide rouge peu foncé* L’estomac est distendu par dêS'^ï; sa membrane séreuse, généralement peu co- Ipréeq nffre cependant eà et là quelques plaques jaunâtres, rougeâtres et violettes : il est légèrement emphysémateux dans toute l’étendue de sa face ântéiieure ; il nte renfermé qu’une petite quantité d’un liquide vineux mêlé de: quelques portions d’alimensf sa membrane muqueuse j diversement ; colorée j est jaune ,; rctôée ^ rouge et violette par plaques; il y a un emphysème sous-muqueux eonsidérabléi Les intestins sont affaissés; les grêles j de couleur naturelle , offrent dans certains points des ramifications vasculaires injectées, et dans d’autres un emphysème sous- péritonéal assez marqué; le Côlon est verdâtre , le rectum de couleur ordinaire. La tunique inimne du canal intestinal est dans l’état normal; oii trouve des matières fécales molles, verdâtres, dans le colon et dans le rectum. L’ épiploon ne présenté rien de remarquable. Le contient une assez grande quantité de sang fluide mêlé de gaz ; il offre la couleur et la consistance ordinaires; oh distingue dans beaucoup d’endroits la substance jaune qui entre dans sa composition. La vésicule biliaire, d’un jaune orangé foncé, renferme de la bile de même couleur. Le pancréas est un peu plus rougeâtre que dans l’état naturel. La rate , d’un vert foncé à l’extérieur , lie de vin foncée à l’intérieur, est trèsemphysémateuse , se déchire assez facilement , et con-
tient une assez grànde quantité de liquide d’un «riolèt foncé. Les reins sont à peu près dans l’état naturel ; toutefois , leur couleur tire un peu' plus sur le violet; et lorsqu’on les presse il én sort un liquide semblable à rbuile. Les uretères sont d’un violet clair. La vessie, non contractée sur elle-même j est vide et dans l'état naturel. L^ vaisseaux veineux contiennent en général Une assez ^ande quantité de sang, moitié fluide, moitié coagulé ; voÀÏs les caillots sont peu consistans; on voit à la surface de ee sang des gouttelettes d’huiléi L aorte abdominale et thoracique renferme aussi du sang, mais en quantité moindre; leurs parois sont rougeâtres.
OBSÉRVATiON lijf'*.
Wolf, âgé de vingt-six ans, se jeta à l’eau ié premier décembre 1826; il en fut retiré le 20 du même mois dans la iharinée. Examen du corps ce mêmè jour à midi. La face est légèrement gonflée, décolorée, excepté à la partie moyenne du front depuis la iucine du faez jusqu’à l’implantation des cheveux , où elle présenté, dans une étendue de deux pouces et demi environ, une teinte d’un rouge ocracé; la partie interne de chaque paupière supérieure et la partie postérieure du bord libre dés lèvres offrent aussi une teinte analogue. Le menton et la lèvre supérieure sont les seules parties de la face recouvertes d’épiderme , et encore est-il très-ramolli et comme retenu par la barbe. Les paupières sont fermées et sans gonflement. La bouche est en tr’ou verte ; la langue est dans la bouche; elle
TRAITÉ
est de couleur naturelle et peu gonflée ; les gencives sont livides; la peau du col, dépouillée d’épiderme, est de couleur naturelle, à Téiception de quelques légères marbrures rosées; celle qui recouvre les deux grands pectoraux est livide, si ce n’est près du sternum, où elle offre une couleur rouge cerise. La partie antérieure des bras , des épaules , des cuisses, est d’un blanc tirant légèrement sur le violacé; cette teinte est encore moins sensible dans la peaü de la partie postérieure du corps. Les mains et les pieds sont en partie dénudés d’épiderme, qui est blanchâtre, gonflé et ramolli; il y a de la vase entre les ongles et les doigts; le pénis et le scrotum sont dans l’état naturel ; la peau est encore consistante dans les endroits où elle est à nu, car elle résiste assez lorsqu’on cherche à l’arracher avec des pinces. Le cadavre est flasque. Le si décembre^ a onzC; (i), la peau correspondante au pectoral
et au bras droit est presque entièrement décolorée'; on remarque près de la clavicule gauche une plaque verdâtre ; la face et les autres parties du corps sont à peu près dans le même état. Le 23 décembre!, la face est un peu plus rouge; on n’observe aucun autre changement notable!
Ouverture du cadavre. Le cadavre exhale à peiné une odeur fétide : on voit une infiltration séro-sanguinolente considérable au-dessous des tégumens du crâne, et notamment à la partie supérieure et latérale
(i) Depuis deux ou trois jours, la température variait
de 0° à 4® +
PES EXHUMATIONS JÜBIDIQÜES. 3^
gîmehe. -dufe-mère ést imbibée de sang, sürtbùt dans !e trajet des vaissèaiix, <jm sont vides et pàrfaiïèment dessinés en noir par la rnadère colorante du sang <jui y est- restée attachée. Les veines de la pié-mèrë cérébrale sont légèrement injectées par^^un sang trèsc noir, un peu poisseux ; lëurs-p^ârôis sont affaissée^. îië cerveau ne paraît pas - putréfié ;> sa ' substanéè grise: ést pulpeuse ; la substance médullaire est plus thoîle dans l’état naturel , et d’un blanc tirant un peu sur le jaunâtre. Il n’y a point de sérosité;jdans les ventricules. On ne découvre point d’épanchement sanguin. L’arachnoïde' et la pie-mère qui; recouvrent: ia;ibase. dif 16ervelet.sont; rouges; effet de l’imbibition sangumeüLês poumons sont crépitàns;;::nbnirvâdési,yeti>nn^'ttaBUrté trace Æ écume ', ni- d& Mqùidè éemneux celui d^u :cÔté droit est adhérent ài la plèvre costale.; l’autre ^st jibrei: aussi trouve-t-on dans le cqté /gauche'dei la poitrmè environ unè demi-livre de sérosité sanguïnolenteytandis qu’il ny en a pas à droite^ Il a point dlécianë dans, ht U'achée^artère ni dans les bronehesp\es^ derniè'réss ramifications bronchiques contiennent un peu de liquidé nom spumeux , rougeâtres la membrane muqueuse’ dé la trachée-artère et des bronches est d’un rouge briin, couleur qui tient évidemment à une imbibition sànguine pGstérieureà la mort. Le ccèur est mou ; sa cavité droîté ; ainsi que les gros troncs vasculaires -, sont remplis d’un sang noir peu liquide. Le diaphragme - est refoulé en haut: L’abdomen contient environ dix onces de sérosité rougeâtre. L’estomac et les intestins sont d’un rouge de vin à l’extérieur, ce qui est encore l’effet d’une ira-
TRAIT
b^itipii eadavéïique. Le? membrane? muqueuse et musculeuse de; ces organes sont de couleur blanchâtre. L’estqjuaç renferme enyirpn huit onces de liquide. Le fpip, de couleur et de consistance ordinaires , est asseZr gorgér de sang. La raté -et les reins sont dans l’état natur=eh La yessie contient environ trois cuillerées à bouche d’urine feinte en rouge, offrant la même couleur que la séfosite abdomihaiie dont nous avons parié.
-'OBSÉSVATÏOîf^ a5-.-
âgé de. trente ans ^ id^une' forte constitution , a été retiné de la Seine le 9 âvrd 1827 au spir ; tout porte à croire qu’il était dans l’eau depuis trois semaines environ, ;Oh l’a examiné lé lendemain à deux heures de raprès-raidi. La face est tuméfiée , et d’un rouge d’ocre assez foncé dans presque toute son étendue ; k:couleur du nez est encore plus foncée; la peau 'qui recouvre la mâchoire inférieure est décolorée ÿ si ce, nkst qu-on ÿ voit çà et là des vergetures, verdâtres. La bouche est entr ouverte ; la langue , de eouléur naturelle, -est serrée entre les dents; les lèvres sont d’un vert .peu foncé ; les paupières , très-rapprochées lune de rautre, jaraissent être pressées eh avant par le globe de loeil; les yeux sont pleins; la peau du crâne est d’un rouge d’ocre. Les membres sont à peu près dans l’étàt naturel; seulement ils présentent quelques lignes rougeâtres qui suivent le trajet des vaisseaux spüsreuianés. Le col, gonflé, verdâtre, offre cà et là en avant des taches d’un violet assez foncé, non Girconscrites. Aü
DES EXHUMA f IONS JURIDIQUES. 3g
milieu de la face antérieure du therax il y. a une plaque d’up rouge ocracé qui s’étend depuis là fourchette du sternum jusqu’à quatre polices- et demi au-dessous/, large de quatre pouces en haut et de deux en bàs:^;ce qui lui donne une forme d’un triangle tronqué 5 à l’un des angles de ce triangle, la partie rouge est privée d^épiderme J sur d’autres parties du. thorax, on remarque des taches verdâtres qui sont d’autant plus foncées et d’autant plus larges , qu’elles sont situées plus près du Gol : toutes ces- parties sont couvertes d’épiderme. L’ab? doraeh , quoique tendu , est peu' volumineux ; il est à peine coloré , si ce n’est vers les parties latérales^ ©ù l’on aperçoit quelques taches vertes peu cabsidérablés; Ee scrotuin est tuméfié 5 la verge est dans qn état érec-r tioh molle; L'épiderme des pieds et dés màitis est adheîrent; il avait été enlevé sur différentes parties, dû corps j lorsque celui-ci avait été nettoyé par les. garçons dé la morgue. Le la avril, à dix heures du matin ,1e cad.àvté était bien plus tuméfié ; la face , d’un volume considérable, est d’un vert brun foncé dans presque toutç son étendue; il en est de même de la peau du crâne et du col. L’œil droit est tri^^saillant entre les paupières; le gauche, est toujours fermé., Le thorax est d’un vert plus foncé; que le vert-:pré ; il y a des portions de peau desséchée au niveau des muscles pectoraux. L’abdomen présente une teinte moins uniformément verte que le thorax; les flancs sont d’une eoüleur plus foncée; Les membres thoraciques sont d’un vert clair dans les parties qui ne sont pas desséchées ; celles-ci sont d’un jaune plus ou moins foncé; on observe aussi quelques lignes
TfiAXTE
d’un bleu foncé qui suivent la direction des vaisseaux. Les membres inférieurs offrent çà et là des plaques vertes ; il y a plus de parties jaunes desséchées qu’aux membres thoraciques; on remarque aussi à la partie supérieure -des cuisses; et à la partie interne; et iufér rieure du, pied droit, des. taches d’un rouge ocraeé.jLa peau du creux des àissélles et de la portion du coiàut laquelle la tête appuyait, n’est pas colorée.-'
. : Là tissu icellülaire de la partie antérieure de la tête në présenté rien de remarquable ; celui de,la partie pbs? tér-ieure est gorgé de sang Éuide très-noir et très-fétide. Le périoste se détache avec facilité ; il est .d’un rouge violet postérieurement, et dans cette partie il recouvre une certaine quantité'de sang semblable au précédent. En ouvrant le crâne , il s’exhale une odeur infecte , due probablement à des gaz qui étaient situés éatre laidurC'^ mère et les os : en effet, on trouve cette membrane assez éloignée de la voûte crânienne. La dure-mère est d’un violet foncé; elle est soulevée en forme de vessie, par des gaz qui se trouvent en assez grande quantité, entre elle et le cerveau dans la région frontale. La surface externe du cerveau est d’un rouge brun , tandis que la couleur de la substance; corticale est verte-grisâtre, et celle du tissu médullaire : blanche- verdâtre ; la consistance de ce viscère est assez diminuée , puisqu’il coule comme une bouillie épaisse; et très-fétide lorsqu’on . l’abandonne à lui-même après en avoir coupé quelques lambeaux. Le cervelet, d’un vert plus foncé que. le cer? veau , est encore plus mou.
Lé tissu cellulaire des parties antérieure et latérale
du thorax, est infiltré de gaz j il en est de même de celui qui sépare les muscles de cette région.: est Tefoülé en haut jusquCa là cinquième 'vraie cote. On trouve dans la cavité des plèvres,, plus à droite-qii’à gauche, une certaitie quantitéd’un liquide rouge foncé, fétide. Ije'médiastin ne présente pas l’aspect humide qui lui est propre. Jjés'pbumdns , libres de toute iadhép renée, sont d’uh:irouge’ peu fonce à la; partie; posté-: rieure, et verdâtres eh avant ; leur surface: : extern eri^ surtoutàhLbàse, offre une multitude de vésiculei , véritables bulles formées par des^ gaz développés : entre le tissu dn pohmoh et la plèvre , qu’ils ont soulevée ; sont crépitàns ; lorsqu’on les pressé , il en sort à peine un liqùide^sanguiridlent, mais il se dégagé assez de gaii Lé larynx, la trachée-artère et lés bronches, d’un rouge violet à l’intérieur , rte contiennent aucune trace d’écume .* oh n’ÿ trouve qu’une petitè quantité d’un liquide rouge semblable à celui qui existe dans là cavité des plèvres , du péritoine et dans l’estomae. Lé péricarde ne contient ni gaz ni liquide. Le cœur, flasque , n’est point desséché ; ses ventricules sont vides ; le droit est d’un rouge brun dans presque toute son épaisseur ; le ga.uche est d’un rouge moins foncé, et la .rougeur s’étend à peine à un quart de ligne dans le tissu charnu.
La cavité du péritoine est distehdue par une grande quantité de gaz fétides, ce qui augmente le volume de l’abdomen ; elle contient aussi trois oh quatre onces d’un liquide rouge , sanguinolent, d’une odeur insupportable. La surface externe de l’estomac est d’un brun
4a . - .,TBAfïÊ ...
violet à sa partie antérieure, et d’uir rouge moins foncëen arrière; sa membrane muqueuse, :d’un rQugê vio4> lacé, offre çà et là des plaqués, assez larges d’un vert noirâtre,. que l’on n’enlève pas en frottant avec lea:ab pel; dn voit près du cardia un emphysème sous-mu-, queux de peu d’étendue : ce yiscèré ne contient gùèfê que trois à quatre onces dmn liquidé rouge foncé, sembkble à celui qui existait dans la, teacbée-artère et dans, la cavité des plèvres. Les intestins sont distendus par des : gaz ; . ils sont d’une couleur rosée à rextérieur ,^ excepté le -colon; gauçbe , qui; est 'vèrdâtre ; leurs tuniques sont emphysémateuses; lorsqu’on les i;qcise j il eu sort dés gaz très- fétides; leur membrane interne est, d’un rouge violet, résultat probable de l’imbibition cadavérique. L’épiploon est légêrément verdâtrei Là rate est volumineuse, distendue par des gaz j d’un vert gris foncé à d’extérieur et noirâtre à l’intérieur , facile à déchirer ; par la pression , on en fait sortir un liquide qui a la couleur du bistre lorsqu’il est étendu en couchesminces. Le foie offre une couleur verte plus foncée encore quecelle de la rate, surtout a rintérieùr; il est assez consistant ; on ne distingue plus la substance;jaune^ La vésicule biliaire est emphysémateuse, et renferme de la bileassez fluide , de couleur safran foncé, La couleur des reins est un peu plus foncée que dans l’état naturel ; les diverses substances qui les composent sont assez distinctes; ils se déchirent assez facilement. Les uretères sont violets. La vessie - n’est pas contractée sur elle même et ne renferme pOint d’urine ; sa membrane interne est incolore et soulevée çà et là par des gaz, ce
quilui donne une apparence vésiculeuse; ses vaisseaux sontpour la plupart iVÿccÉe^ en rouge clair. Aucun dès organes abdominaux n’est de$séclié. L’aorte est vide. La veine cave inférieure contient un peu de sang fluide; les parois de ses vaisseaux sont d’ün rouge foncé. ( Du p àu i2 avril;la température avait varié de i 4 à 20®-}- <S^ th. Centigr. )
militaire , âgé de viïi^-six ans , s’est fêté à l’eau le I®*' mars ^827, et èn a été retiré le 3d du même mois. Ali sortir de la Seine; lé cadavre , qnoique légèrement tuméfié , était pâle ;.màîs ayant été exposé à* la »io7g«e pendant trois jours', ilna pas tardé à se colorer et à së gonfler. Le 2 avril , à trois Heures j rl offrait l’étât süiyant(i)': ' *
Face tuméfiée et d*un rOuge bnin y Héaucotip plus foncé et presque noir auprès des lèvres , au nez' et aux paupières; celles-ci sont fermées du côté gauche; tandis qu’à droite elles sont écartées par la ^illie que forme le globe oculaire qui est repoussé au dehors. La langue, fortement serrée entre les dents, sort de la bouche d’environ deux lignes; la portion qui nest pas en Contact avec l’air conserve sa coûlëur naturelle , tandis^qUe la partie qui fait saillie est brune. La peau des parties antérieure et latérale du cou et de la poitrine est d’iiri
(i) Pendant ces trois jours la tempéralurè de l’atmosphère a varié de 70 à 16® == o° lh. centigr.
44 TRAITÉ
vert foncé ,* celle de l’abdomen et des membres est d’un vert plus clair 5 maiS: il est à remarquer que Iles parties pcistérieures, du , corps .qui> reposent sur; là pierre, les portions niterjies des; cnissesiqui;;soht appliquées Tune cOÉtre rautrej et.la partie interne des bras qui touche le^tronc, sont, presque imcoloresjoce qui^tjent évideniT ment à .ce que l’air n’a pas agi immédiatement sur ces parties. Le scrotum est tuméfié , emphysémateux et incolore. Presque toute la.surfaçed.q.çorps est dépouillée d’épiderme , non pas qu’il en fût ainsi quand le cadavre a été /refilé .dp .l’pau^çpîor^ d’ppiderme : couvrait une grapd.e pprtije de lpfP^4%i^aisil é^it tellempntramolU et sqnleyé qu’ila été .fecilement détaphé par-les; lotions qui<obtété.faites pour nettoy^le corps. PartQUtoùl’épir derme , manque , les veines spus^eutanées sont parfaitenient dessinées par larlyaiissudatipn du ;sang au trayers de leurs parois. La consistance de la peau est à peu de chose près la même^ quedans l’état naturel. Le tissu céllulaire spus-cutané est .;généralement emphyséma^ teux..^.:,..^.. ^ . ;■ .. n.:-,;
Le tissu , cellulaire, des téguraens du crâne eat infiltré de sérpsité sanguinolente. Le périoste se détache avec la plus grande facilité, et sa face inférieure est également spuîeyée. et colpxéeparde la sérosité rouge. La dure-mère du cûté gauche est d’un rouge brun : dans, toute son étendue, tandis que de l’autre coté on. n observe qu’une injectipn très-prpnoncée de l’artère inéningée moyenne. Le sinus longitudinal supérieur et les. veines qui s’y rendent sont distendus par des gaz. On voit au-dessous de la pie-mère cérébrale du côté gauche
une infiltration considérable de sang noir sanieux^Xe cerveau est verdâtre , très-ramolli, et prêtàse d'échirér lorsqu’on ne le soutient pas; les deux substances qui le constituent sont très-distinctes ; la blanche offre plus particulièrement l’aspect verdâtre dont nous avons parlé. Le cervelet est encore plus mou que le cerveau, dont il partage la couleur.
Les muscles des parois thoraciques |Sont mous et ke déchirent facilement; il existe des gaz; entre les poumons et ses parois. Les cavités des plèvres renferment chacune environ six ou huit oncès d’un liquide rougeâtre, sanguinolentet fétide. Les poumons sont d’un rouge brun, peu crépitans et emphysémateux, au point quela plèvre qui les recouvre est soulevée çà et là par des gaz , et forme des vésicules de la grosseur de petites noisettes; ils contiennent peu de sang; toutefois, lorsqu’on les presse , on fait refluer un liquide rougeâtre , écumeux, et il sort d’une des bronches gros comme une petite lentille d’une matière blanche, jaunâtre, s’écrasant facilement, et ressemblant à une portion de haricot cuit. La face interne du larynx, , de la trachéeartère et du commencement des bronches, est violette, parfaitement lisse , sans la moindre trace d’écume. On voit à la partie supérieure du larynx quelques parcelles de cette matière molle d’un blanc jaunâtre, que nous avons déjà signalée en petite quantité dans une des bronches. Le cœur est très-volumineux et flasque ; il ne renferme point de sang ; il est d’un violet foncé à l’intérieur : cette couleur teint les parois charnues de l’organe dans l’épaisseur d’une ■ ligne environ. L’aorte
TRAITÉ
contient un peu de san^ flkide; il y en a encore moins dans’ la . veine j^ve : lâ: membrane interne de tous les vaisseaux sanguins est d’un rouge violet.
li’abdomen est distendu par, des gaz. Le diaphragme est: refoulé vers la poitrine ^ surtout à droite^ où l’on remarque, entre lui et le foie une quantité notable de gaz. La rate est volumineuse , molle ^ remplie d’une sâoie brunâtre liquide. Les réins y de couleur ordinaire, ont perdu un peu de leur consistance. Le foie est à peü près dans l’état naturel , si ce n’est qu il est verdâtre à sa surface. La vésicule du fiel est bjançbâtre , emphjr sémiateuse^ et renferme delà bile rougeâtre* L’estomac, très-ample j est distendu par des gàz ; il contient envi*ron douze onces d’une bouillie clairé, , aù milieu , de laquelle nagent des débris de haricots semblables, à ceux qüé contenait le larynx et une des bronches ; sa membrane interne est injectée en violet. Le. canal intestinal est rougeâtre à l’extérieur èt peu injecté j il contient aussi des matières molles grisâtres. La vessie n’est pas: affaissée sut elle-même; elle ne léhferme guère qù’dne cuillerée à café d’urine d’un jaune citrin : sâ membrane muqueuse est dans l’état naturel.
GBSERVATiÔIÏ
N..i. ^ âgé de cinquante ans , a été retiré de l’eau le. d avril à'huit heures du matin , trente-deux jours, après s être jeté à la rivière. On l’a examiné le lendemain à trois heures de l’après-midi (la température de l’atmosphère avait été de 1 1 à i8® o° th. centigr. pendant ces deux
DES EXHÜMATIOITS JURIDIQUES. 47
jours )i La surface du corps était presque entièrement dépouillée d’épiderme,* la où il en restait ëncorn, on pouvait le détachèr très-ïacilMnent avec la pointe d’un scalpel pu avec l’ongle. H y avait de la vase dahs l’interstice des ongles dëS mains. La face était tuméfiée^ diversement colorée par plaques vefteS ^ roüges , brunes; la peau du crâne était d’ûn rouge brun ; les veines soüS-Gütanées de la tête étaient distendues par d^ gaz et par une Sanie fétide. Les paupières de l’œil droit étaient entr’ouvertes ; celles de l’autre œil étaient rapprodiéeSi La langue né dépassait pas les dents et n’était pas serrée par elles. La peau du thoràs^ et de la jrârtie supérieure de l’abdomen était d’un vert jaunâtre; celle du bras gâjïcbe offrait çà et là des plaqUes d’un vert foncé et des lignes d’un brun foncé qui suivaient le trajet des veinés sous^cutanées* Les membres inférieurs étaient moins colorés. Le scrotum était dans l’état iiatütel. H est à remarquer que là portion de là peaü du cou sur laquelle appuyait le menton , et qui n’avait pas eu le contact de l’air , n’était pas colorée ; il en était de même de la peau du crCux de l’aisselle. Le derme n’offrait aucune trace de corrosion. Le tronc , mais surtout la poitrine et le cou, étaient le siège d’un emphysème considérable^
Les muscles femporo-maxillaires étaient ramollis et comme imbibés d’une sanie rougeâtre mêlée de gaz; le tissu cellulaire de la région mastoïdienne droite était également infiltré d’ün liquide sanguinolent , ce qui lui donnait au premier abord' un aspect gélatineux. La dure-mère de la région frontale était séparée delapor-
tion correspondante du cerveau par une quantité considérable de gaz, en sorte qu’il, semblait y avoir là une vessie gonflée d’air , et divisée en deux parties par la faux du cerveau. Lorsqu’on incisait la méninge dans cét endroit j il en sortait une grande quantité de, gaz d’une fétidité insupportablè : du reste, cette membrane offrait une couleur rougeâtre. Le , cerveau présentait la meme nuance à l’extérieur , effet de rimbibition ca-^ davérique; il était vert à l’intérieur , où l’on remarquait plusieurs petites cavités remplies de gaz; il était ramolli; cependant les deux substances médullaire et corticalé étaient bien distinctes. Le cervelet était beaucoup plus mou et de la même couleur; toutes les parties de l’encéphale situées à la base du crâne étaient diffluentes. .
Le diaphragme était refoulé en liaut. Le cœur est flasqué, d’un violet foncé à l’intérieur cette couleur teint les parois charnues de l’organe, dans l’épaisseur d’une demi-ligne environ , . surtout dans les cavités droites; le ventricule pulmonaire renferme une petite quantité de sang noir liquide. On voit , cà et là' dans, le larynx et dans la trachée-artère des corpuscules blanchâtres , ressemblant au premier abord à des grains de sable, mais qu’on écrase facilement, commé si c’étaient des haricots cuits ou du fromage ramolli. On n’aperçoit aucune trace d’écume ni de liquide. La membrane, interne qui tapisse ces organes ainsi que-celle des bronches , est d’un rouge violet uniforme. Les. poumons sont très adhérons; aussi ne trouve-t-on pas de liquide épanché à leur surface ; ils offrent une couleur brune
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verdâtre foncée, et sont gorgés d’un liquide sanguinolent; lorsqu’on les presse, il en sort une assez grande quantité de sang liquide, d’un brun foncé mêlé de gaz* On neretparque ap-cune vésicule gazeuse entj^u'Japlèvre eîle poumon. L aorte, l’artère pulmonaire , les veines caves et pulmonaires, sont d’un rouge violet : on y trouve à peine du sang fluide noir, mais il est mêlé de beaucoup de gaz,
La cavité du péritoine est considérablement distendue par des gaz, La face externe de l’estomac est d’un rouge cerise; les veines coronaires sont également distendues par des^gaz ; la membrane séreuse des intestins offre -une coùleur légèrement rosée ; Je colon est notablement distendn par des gaz. L’estomaç renferme environ six onces d’un ebyme liquide, dans lequel pn voit nager des flocons blancbâtres analogues à ceux que contenaient le larynx et la tracbee; sa membrane muqueuse est légèrement violacée,’ tandis que la tunique interne des intestins est dans l’état naturel. Le foie est d’un rouge brun uniforme ; on pe peut plus distinguer la substançe jaune de la brune; sa consistance est ordinaire* La rate est verte à l’exldrienr et brune à l’intérieur; elle ne se déchire pas plus facilement que dans les cas où la mort est récite. Les reins sont d’un violet foncé; du reste , leur consistance est ordinaire , et on y distingue bien encore les diverses substances qui les forment. La vessie est distendue, et rrniferme environ quatre onces d’urine citrine ; sa mem brane muqueuse est de couleur naturelle. ■
OBSERVATION l8^
âgé de soixante ans, s’est jeté à l’eau le i*^ janvier 1827, et en a été retiré, le 8 avril. Il a été examiné six heures après, lors de son arrivée à la morgue. La peau était entièrement dépouillée d’épiderme," elle offrait une teinte d’un blanc rosé au tronc, aux bras et aux cuisses, et était parsemée çà et là de plaques larges comme la main, d’un rouge assez vif; les jambes étaient colorées en bleu d’indigo dans toute leur étendue. La face, légèrement tuméfiée , était d’un blanc grisâtre, tügüeuse, consistante, ayant l’aspect du gras dés cadavres, surtout au bord libre des lèvres et au menton. On ne saurait mieux comparer la couleur grise de la peau de la face et du crâne , qu’à celle de la face des cadavres qui sont restés pendant quelque temps dans une dissolution de sublimé corrosif. Les yeux étaient saillans, les paupières très-écartées et comme recroquevillées. Le scrotum est distendu par des gaz. Il n’y a plus d’ongles. On remarque à la partie postérieure des fesses et des cuisses* un assez grand nombre de corrosions de quatre à huit lignes de longueur, de deux à trois lignes de large; dans plusieurs de ces corrosions, semblables du resté à celles qui ont déjà été décrites en parlant de la putréfaction dans l’éau stagnante ( v(^. page i3 ), le derme est entièrement détruit , tandis que dans d’autres la destruction est moins avancée; la partie antérieure des cuisses est également le siège de semblables corrosions; mais elles sont plus petites, circu-
laires et moins nombreuses. Lorsqu’on cherche à arracher la peau avec des pinces dans toute autre partie que là où elle est corrodée, on s’aperçoit quelle ne se déchire pas facilement . Le g avril , la face est dans le
même état , si ce n’est qu’elle est un peu plus tuméfiée ; la couleur bleue des jambes a presque entièrement disparu, et est remplacée par une nuance d’un vert sale qui existe, déjà d’une manière irrégulière sur toute la surface du corps, excepté à la face, et qui alterne avec des plaques rouges. Le cadavre exhale une odeur bien plus fétide que la veille. Le lo avril, la couleur verte est beaucoup plus foncée ; toute la surface du corps est luisante et couverte d’une matière huileuse. Le ventre est ballonné. Une sanie rougeâtre sort de la bouche. La face, quoique tuméfiée, conserve à peu près l’aspect qu’elle avait le premier jour, si ce n’est qu’elle a légèrement bruni. Il est difficile d’imaginer une odeur plus insupportable que celle qu’exhale le corps (i).
Ouverture du cadavre. Le périoste est déjà entièrement décollé; il existe entre lui et la peau un liquide sanguinolent qui infiltre le tissu cellulaire et lui donne l’aspect d’une gelée rouge. Il n’y a point de sang-èntre la dure-mère et le crâne. La méninge, d’une couleur violette claire dans touté son étendue , est notablement soulevée par des gaz à la région frontale; ceux-ci sè dégagent en répandant une odeur excessivement fétide lorsqu’on incise la membrane. La surface, du c^-
(i^ Du 8 au lo avril, la température a varié de ii à j8° + O® th. centigrade.
THAITÉ
▼eaB offre une teinte roogeâtre, surtout eii aérant, îâ où les. gaz étaient accumulés; la couleur^ beaucoup moins foncée en arrière, laisse apercevoir la teinte:grlse -verdâtre de la Substance cérébrale. Quoi qu’il en soit, la surface de l’encéphale n’est pas desséchée} comiae cela; a lieu pour d’autres organes^ En coupant le cerveau > on le trouve très-ramolli , mais on peut distinguer lès deux substances : la médullaire est d’un gris verdâtre , la corticale est un peu plus .fQneée. Le ramollissement des parties inférieure^ de Cet organe est encore -plus considérabiei Le cervelet est difïluent , pultàcé et sous formé d’une sanie d’un gris rougeâtre»
Là poitrine } le Col et l’abdomen sont le siège d’uri emphysème considérable. Les deux cavités des plèvresrenferment une quantité notable de gaz très-fétides et quelques cuillerées d’un liquide brunâtre sanguindlènt, qui est Un peu plus abondant à gaucbéi Les poumons, nullement àdbérens, sônt péu dilatés et comme revenus sur eux-mêmes , d’un vert foncé à la surfrce , . bruns -entre; lés lobeS} çr^épitaris; leur tissu ressemble à eelui d’une rate ramollie ; lorsqu’on les comprime , ils fournissent des gaz et un liquide d’un roùge brun fétide. Lê -larjnX} la tr'àcbée-artère et les brortehes contiennent une , assez grande quantité de corpuscules d’un blanc grisâtre , faciles à écraser} et Semblables à de la, pulpe dê harieots euits»,t?« n’y apfrçoit amune. trace d’ écume ni de liquide. membrane interne qui les tapisse est d’un rouge violet uniforme. La portion du médiastin qui correspond au péricarde, le bord antérieur des poumons et une partie de la face supérieure du dia-
t)3ES EXHUMATIONS JURIDIQUES.
phrisgmê, n’offrent pas i’aspecthumide qu’ils présentent ordinairement ’yils paraissent comme desséchés. Oii remarque un ^état de dessieoation-semblable à la surface interne du péricarde et à la surface externe du cœur, qui semblent cdllées : du reste, ce dernier organe est mou,' facile à déchirer, d’un brun très -foncé à l’hltérieur du yentrieule droit, un peu luoins coloré dans le ventricule gauche. On remarque une petite quantité de sang-noir collée aux parois internes de ces ventricules. Le refoulé en haut^ surtout à
droite, où d est 'séparé du foie par des gaz fétides;
Les parois abdominales sont -épaisses , et Condennérit beauccaip dé graisse, dont les globules sont séparés par dés gaz. La face intem e du péritoine est desséchée et collée au grand épiploon ; il existe aussi beaucoup de gaz dans la cavité péritonéale. L’estomac est d’ün rouge violet à l’extérieur ; ses parois sont emphyséniateusés. La surface externe des intestins grêles estd’un rouge brun, tandis que cetté couleur: est moins foncée à l’extérieur des gros intestins. L’épipîoort est, desséché ^àaxis, plusieurs points, qui offrent une couleur brune. On trouve dans l’intérieur de l’estomac trois ou quatre cuilim-ées seulement d’une matière pultaeéégri^ sâtre, dans laquelle nagent des flocons semblables â ceux que l’on a retirés du larynx, de la trachée-artère et des bronches ; sa membrane muqueuse est moins rouge que iâ séreuse, tandis que la tunique interne des intestins offre à péu près la même couleur que rexterne. Le foie est d’un rouge brun uniforme ; on ne péut plus distinguer la substance jaune de la brunelii se déchire
TRAITÉ
facilement ; sa face supérieure est desséchée dans une assez grande étendue. La rate, couleur de lie de vin, est aussi très-desséchée; aussitôt qu’on cherche à la séparer, elle se déchire et se réduit en une sanie rougeâtre. Les reins sont d’un violet foncé , très-mous : on a de la peine à distinguer les diverses substances' qui les composent. La vessie, non contractée sùr elle -même, ne renferme qu environ une demi-cuillerée à café d’urine rougeâtre; sa membrane interne, légèrement rosée, est soulevée sur plusieurs points par des gaz, ce qui constitue des vésicules de la grosseur d’une noisette. L’aorte contient à peine un atome d’un liquide rougeâtre peu foncé. La veine cave inférieure est vide ; les parois de ces vaisseaux sont d’un brun foncé.
OBSERVATIOÎI 19®. -
L..,., noyé le i5 décembre 1826, futretiré de laSeine le 20 avril 1827, dans la matinée, et examiné le meme jour à deux heures. La peau du crâne et lé périoste étaient détachés de manière à laisser voir à nü tout le coronal et la moitié des muscles temporaux qui étaient d’un blanc grisâtre; cette peau était assez résistante; la face interne qui recouvre le périoste était d’un rouge violacé. Les parties osseuses, déppuillées, étaient d’un, rouge lie de vin peu foncé , excepté aux bosses frontales, dont la couleur était à peu près naturelle. On remarquait sur les portions de peau nort détachée des plaques d’un rouge ocracé , et un assez grand nombre de corrosions. Les' paupières existaient encore; elles
DES EXHU3IATIONS JURIDIQUES.
étaient écartées et comme mâchées. Les yeux étaient vides; presque toutes les parties molles du nez étaient détruites; il en était de même de la lèvre supérieure , de sorte que l’on voyait tout lé bord alvéolaire supérieur. La lèvre inférieure, renversée en. dehors', était amincie, comme desséchée et mâchée, La peau: du menton présentait plusieurs lambeaux:;.celle des joues était détruite dans, rétendue d’un pouce envirpay à partir de la commissure des lèvres. L’oreille, gauche était en lambeaux ; on né voyait qu’une partie du car^tilage de l’oreille droite : ea général, la peau de-la face était le siège de corrosions nombreuses; et offrait càiet là une nuance grise.,, noirè et rougèâtre. Le thorax: et l’abdomèn étaient très-distendus par, des gaz ; leur couleur était d’un vert foncé,:excepté çà. et là , où Toh remarquait des taches d’un rouge brun bu d’un jaune verdâtre. Les membres thoraciques avaient une .couleur moins foncée ; on y voyait quelques lignes vasculaires bleuâtres. La main droite, presque blanche ; était; le ^siége de corrosions , surtout aux environs du poignet. La main gauche , grisâtre dans certaines parties ; d’un rouge brun peu foncé dans d’autres, offrait à sà face, dorsale une corrosion large et profonde , qui méftaiità nu les tendons des extenseurs. La couleur des cuisses était jaune verdâtre ; leurs parties supérieures toutefois étaient d’un vert plus intense. On . remarquait sur la cuisse droite un grand nombre corrosions en géné-. ral fort larges. Les faces antérieure et externe des genoux étaient aussi le-siége de corrosions profondes; la moitié externe de la rotule gauche était mise à nu. Les
TRAITÉ
jambes étaient d’un jaune verdâtre en dehérsy et d’un vert.peu foncé en dedansjla gâucbé présentait supérieurement une marque circulaire de tréis lignes dé large, d’un -rongé d’ôcre, où l’on voyait 'plusieurs àôrrosiàns; là xiroite offrait une de là ^grandeur d’un écu
dèï troisjivrés,. qui laissait vèir le tibia à tiu} plus ëri dedans et aùim^e niveau, il y êii avait uiié autre naoins largeyiinais qui occupait- toute l’épaisseur de là péâü. Lés -pieds avaient la eouleuf ocracéé dont nous âvoilS dqà pârlé; ie gaacîïe était entièrement dépouillé d’épi-s^ deriné, et la peau était comme desséchée : le droit êonservait encore des ongles et une grande partie désOii épiderme; ils n’étaient le siégé d’aucune corrosiOtti'
Le lendemain à deux heures , là face et le tfone étaient dans le .même état ; la coüléur verte des cuisSês; ainsi que les diverses taches rouges j étaient plus fOh-i Gée8i(ï). . : . .
Okverture du cadavre. A l’ouvertUre dé la tête , il s’échappa une grande quantité dë gaz félidés j qui étaient logés entre là dure-mère entièremênt décollée > et la face interne des os qui forment la voûte dü crâne, La méninge représente Une espèce de poche d’nh vert foncé à sa partie antérieure , violette èh arriéré, reté'!nmit là substance cérébrale à deitti-liquéfiee, dont ellé reçoit tin mouvement de fluctuation quand Oti agite la tête du Cadavre. Le cerveau, malgré sa difflùeôéé; laissé éûcôre apercevoir Une différence dans la colo^
(i) La température avait varié pendant, ces deux jours de 10 âï8°*|-ô'' tli. èenl, . ^ .
ÿation de ses deux substances ':da corticale à’ ax\e
couleur; rôuge violette à Féxtérieuret ardoisée à i’inté^ vïe\iT\hL médullaire estgri^tre. Lune et lautre exhalent- une odéiir insupportable. ' ’
Toutes les parties moites de la région antérieure du' ihorase soni imbibées d’un liquide rougeâtre mélangé areé des ’gaiz d’une fétidité repoussante; Les; muscles de; cette région sont encore roügès 'mais très-ramollisV ( Il :en est de même de eèu’x des autres parties du corps.) Des gaz se dégagent au moment où l’on ouvré le thorax et lé péricarde; toutes les parties qui étaient encontâctavec ces gaz parais^nt avoir perdu leûr humidité. Le cœur B&t mou /flasque, d’uné cotileür violeîté ses parois Joffi'ent lâ' même feinté violette dans toutelenr épaisseur; ses cavités sont vides , mnsi‘ que\ celles des gros- vaisseaux dé la poitrine , dans lesquelles la couleur violette est très-marquée; '
-Ilri’ya pas de liquide dans les pÆpreÿ. Les poumons sont emphysémateux ; on voit à leur surSàce de grosses bulles de gaz retenues par la plèvre, fiés orgahes sont refoulés en Haut oü en arriéré ; ïîsme sont pas gorgés dè sang^ leur couleur est brune. La trachée-artère est d’unemollesse extrême, -ce qüi vient de ce que les eercegtçc cartilagineux ont entièrement perdu leur élasticité. L’iâtériëttr- de ce éondüit ét cnlui dn laryiik of;^
. firent une couleur brune très-fôncéê ; ces parties ne ren- Jerment pas décufne : deux petits graviers noirâtres ont été rencontrés dans la trachée.
L’incision des parois de i’abdomèn àonne lien à la sortie de gaz qui Occupaient la cavité du péritoine.
TRAITE
Celui-ci paraît, dans les points où il était en: contact avec, ces gaz , un peu moins humide que dans ceux où les organes sont contigus les uns avec les autres. Les épiploons sont noirâtres. La portion de péritoine qui revêt la face supérieure de l’estomac est soulevée par des gaz, au point dé présenter une bulle dé la grosseur d’ün .œuf. Les veines coronaires sont aussi distendues par des gaz. La cavité de Testomac ne contient qu’une petite quantité dediqüide de couleur lie de vin , épais et très-:fétide,,; la membrane muqueuse est généralement noire; sa portion splénique seule offre une couleur rouge violette ; raclée avec un scalpel , elle conserve sa eoulèur. intestins gros et grêles sont distendus par des gaz : les premiers sont verdâtres à l’intérieur ; les seconds sont d’un rouge violacé peu.foncé, surtout dans les parties qui n’étaient, pas en contact avec les gaz du péritoine.; La face supérieure du foie est desséchée, présente une plaque blanchâtre semblable à de la moisissure ; ses deux faces sont recouvertes de granulations blanchâtres, opaques; on voit aussi de semblables granulations à la face interne des veines du foie. Le tissu de cet organe est mou, flasque et se déchire comme celui de la rate ;;il est d’une couleur olive sale, moins foncée à l’extérieur qu’à l’intérieur;: on n’y distingue plus l’une de l’autre les deux substances qui le forment. La rate, verte à l’extérieur, de coideur lie de vin à l’intérieur, est réduite en bouillie.
Les reins sontbruns tant à l’extérieur qu’à l’intéiieur, où les deux substances ne sont plus distinctes l’une de l’autre. La vessie est entièrement vide ; sa face interne
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. Bq -
est violette dans quelques points , rosée dans d’autres 5 la membrane muqueuse est soulevée par. dès gaz;
La veine caveinférieure est vide et peu colofée ; il en est de même de la portion abdominale de l’aorte.
femme âgée d’environ 3 o ans , retirée de l’eâu le 12 avril à huit heures, est examinée le^même jour à deux heures; elle s’était jetée dans la Seine huit jours auparavant. Lê ; crâne est dépouiUé dans les deux tiers antérieurs et latéraux ; la peau n’est plus adhérente dans le tiers postérieur ; cette peau est dure, d’un blanc jaunâtre , semblable au gras des cadavres ; on y remarque quelques plaques rougeâtres. La peau de la face présente la même couleur et des plaques semblables , mais d’un rouge plus clair. Les yeux sont largement ouverts; les paupières semblent ne ;plus exister ; mais en examinanravec attention , on voit que leur largeur seule a diminué : l’œil gauche est entièrement vide ; le droit est plein et peu saillant. Les parties molles du nez sont détruites ; la lèvre supérieure l’est également; de sorte que l’on voit à découvert toute la partie antérieure du hord alvéolaire supérieur, et les ouvertures antérieures des fosses nasales qui sont séparées par leur cloison osseuse et par le cartilage qui est presque desséché. La peau de la mâchoire inférieure est en partie détruite ; celle qui reste , et qui est suffisante pour que l’on reconnaisse la forme du menton, est séparée de l’os, et présente dans toute son
épaisseur Taspect dû: gras des^^égd-àvfes.' Le bord libre de la lèvFe-'iftférllîürfe' est détruite Lés bréillés sont d’un blanc niât j mncés ceniraé 'mâcbéfes. ' ■ ; '
Le col et la partie supérieure et nioyènne du thorax jusqu’aux mamelles , d’un rouge ocracé , sont le siège de corrosions nombreuses^ dônt'léfônd a la même couleur. La partie supérieure des mamélles est d’un vert bleuâtre ;çettes-ci sont distendues pardes gazi Le reste du itrôôe én avâUî est d’une couleur blanchâtrë-, èt présente ça et là des plaques véfdâtrèis de peu d’étendüé ; té'v^ïre j'Lallohné J ôfbé -à sà partie inférieure des éràillures semblables à eeîies qui' existent chez leS femmes qui , ont eu des enfans. Entre TombiHc ét le pubis , on observe un grand nombre de' corrosions ^ doUt quelques-unés suht tresdarges et laissent Voir la graisse sous-cutariée à nU. La moitié supérieure dü dos est d’un Haric rosé; au-dessous de cètte portion, la péaü est blanébè dans l’éieridue de 6 ponces environ. Lès lombes' etlés fesses sont aussi le siège de corrosions nohîbreüsés , qui occupent presque toute i’épaîsseùr de là peau, et dont lé fond présente Une matière rodssàtre
etflüidé.
Lés membres tboraciques- sont d’un blanc verdâtre supérieurement; la partie antérieure des avant-bras jusque auprès du poignet offre une couleur ii/ené /«-' digo clair ; la peau du poignet est détruite , et l’on voit les tendons â nu : on trouve encore des corrosions nombreuses sur le dos et dans la paume de la main. Les cuisses, diiri blanc salé, présentent aussi beaucoup corrosions en est de même de la jambe
gauche qui est d’un b^u (Tindigo ^hL jambe droite est én partie dépouillée; ie tibia est dénudé dans presque toute son étendue; il en .^t de mêine de la face supérieure du piedjusque près des orteib, en sorte que l’on voit les tendons des extenseurs à nu. Lès. portions de ^eau qui resïént sur cè-membre sont^ également, colorées en bleu j et cette couleur ne cesse des deux côtés qu’à 6 lignes de- la première phalange dès orteils. Les muscles- des euisfees sont un peu moins . rouges que dans l’état naturel , mais ils se déchirent , fàeilément ; .ceux.dçS jambes SQBt verts à la surjfkce et d’un rouge vermeil à rintérieur, excepté dans lès.endroits où les sont, très-fofîes j car là leurs parties pro^ fondes sont d’un rouge pâle ; on les déchire: avec faéilités Les parties génitales exterriesj sont comme mâchées, , . ' :
Il n’y a d’épiderme nulle part ; la. peau- du tronc et , des membres thoraciques est assez résistante;: celle de la face J du crâne, et du .éol, s’enlève par morceaux lorsqu’on la tire avec des,pinces ; on trouve à la surface de -la peau une matière jaune liquide ,semblabl« à;. 1 huile d’olives.
Crâne. Le périoste. se détache avec la plus grande facilité. La dure-mère , d’un violet très-clair, est séparée antérieurement du cerveau par des gaz, qui forment une vessie de la grosse,ür d’un oèuf de poule ^ ét qui se dégagent en exhalant nne odeur fétide lorsqu’on incise la méningé» L’arachnoîd® , la pièrmère et la surface du leerveau offrent une couleur lie de vim cîairè. L’intérieur dé l’encéphale ^t d’un gris verdâtre; on
62 TRAITÉ
peut encore distinguer les deux substances : la corticale est; d’une couleur beaucoup plus foncée que la médullaire ; la consistance du cerveau est singulièrement 4i™iuüée; il coule lorsqu’on l’abandonne à luiniême ; sa fétidité surpasse tout ce que l’on peut imaginer. Le cervelet est encore plus ramolli que le cerveau.
ThoraXi Le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire est emphysémateux; Todeur qui sé dégage lorsqu’on incise les parois de la poitrine est des plus insupportables. Lés muscles^ pectoraux, dentelés, sterno-cléido-mastoïdiens , sterno -hyoïdiens , etc. , sont d’un beau rouge et assez consistans. La cavité des plèvres renferme une grande quantité de gaz fétides , qui s’échappent avec bruit ( sorte de souffle ) lorsqu’on ouvre la poitrine ; on y trouve aussi environ cinq onces de chaque côté d’un liquide rbüge foncé, d’une odeur infecte ; la plèvre pulmonaire est soulevée çà et là par des gaz ; en sorte qu’il y a plusieurs vésicules à la surface des poumons ; ces organes adhèrent par places à la plèvre costale ; ils offrent une couleur rouge brune comme dans l’état naturel ; ils sont peu volumineux, crépitans,; se déchirent facilement; pressés fortement entre les mains, après avoir été coupés en morceaux, il n’en sort que des gaz et une petite quantité d’un liquide rougeâtre. Le larynx , la trachéeartère et les bronches sont vides ; o« n aperçoit aucune trace d^écume.ni de membrane muqueuse,
d’un violet foncé dans toute son étendue , est cependant marbrée de taches d’un vert sale au larynx et à
DES EXHDMAÏIONS. JUBIDIQDES. 63
la partie supérieure de la trachée. Le péricarde n’offre dans sa cavité ni gaz ni liquides. Le cœur est flasque ; le ventricule gauche , vide , est presque de couleur naturelle ; le droit contient un peu de sang fluide, d’un brun foncé; sa face interne présente la même couleur, qui ne s’étend qu’à une ligne eiiviron dans l’épaisseur des parois duce ventricule. Aucun des organes ■ contenus dans le thorax ne paraît avoir été desséché. Le diaphragme, est refoulé en haut.
La cavité de l’abdomen renfermé des gaz excessivement fétides ; plusieurs portions de; la face interne du péritoine sont desséchées; d’autres sont soulevées par des .gaz; ce quî leur donne une apparençé vésiculeuse. Les muscles sterno-pubiens (droits) sont d’un vert foncé,; et se déchirent avec la plus grande facilité. L’estomac, distendu par des gaz , est d’un rouge violet assez foncé à l’extérieur et en avant ; la partie postérieure offre la même couleur vers le grand cul-de-sac , tandis qu’elle est de couleur naturelle à la région pylorique ; on remarque dans cet endroit plusieurs huiles gazeuses entre les tuniques péritonéale et muqueuse. On n’aperçoit aucune trace de dessiccation. La membrane muqueuse de ce viscère^ est comme granulée , jaune d’ocre dans plusieurs points, d’un rouge violet vers le cardia, et recouverte d’un enduit olivâtre assez épais. On ne trouve à l’intérieur de ce viscère que des gaz très-fétides. Les intestins sont également distendus par des gaz d’une odeur insupportable ; le duodénum, le jéjunum et l’iléum sont d’un rouge clair à l’extérieur dans une certaine étendue , et de couleur naturelle sur
TRAITÉ
d’autres points j les gros intestins sont verdâtres : on voit cà et là dans la longueur du canal intestinal des plaqpies œdémateuses; la membrane muqueuse est rouge dans les parties qui correspondent aux portions extérieures colorées, et pâle sur les autres points. L’é^ piploôn gastro-coliquéj d un jaune verdâtre, est moins humide que dans l’^at naturel ; il se décdiire assèz ia^ eîlement. pancréas est violet, peu consistant , et ne présente plus de granulations distinctes. Le coüleuT dé chocolat à l’eau , est le siège dune altération remarquable ; on voit à sa face supérieiiré , çà et là et sous forme de bandes , une matière granulée , éesséchée^ d’un blanc assez édatant ou; d’un blanc jaunâtre, ayant l’aspect du gras des cadavres : cette matière existe aussi, mais moins abondamment , dans le tissu dé l’organe : du reste, la consistance de ce viscère est très-molle; on le décliire avec beaucoup; de facilité, et Ü n’est plus perniis de reconnaître la substance jaünC ; la membrane péritonéale qui lé recouvre est soulevée par des gaz et forme des ampoules trèsvolumineUses, surtout en haut. La vésicule du fiel, d’un blanc sale à l’extérieur , est vide et très-emphÿsémateüse ; sa surface interne est récouverie d’un enduit épais d’un vert d’oseille cuite. La rate, de qouieur verte foncée -à l’extérieùr , est lie de; vin à l’intérieur ;i elle eOntient hCaucoup dè gaz-, et se déchire très-facilemerit^: lorsqu’on la comprime, on la transfomie en une sanie épaisse et livide. Les rC/ns sont d’un violet foncé ; ils sé déchirent facilement, et ce n’est qu’avec peine que f on peut distinguer les diverses substances qui en-
DES EXHUJIATIONS JURIDIQUES.
trent dans leur composition. Les uretères sont d’un brun violet. La vessie n’est pas contractée, elle est vide; sa membrane interne, d’une couleur violette, est soulevée dans plusieurs points par des gaz qui forment des vésicules. La matrice est assez consistante , d’une couleur violette dans toute son épaisseur.
OBSERVA TlOiS 21*.
Madame X*** n’a été retirée de la rivière qu 'environ un an après s’être noyée. Il n’existait plus de cuir chevelu; toute la calotte osseuse était dénudée ; les orbites étaient remplis par une masse dure; solide, presque entièrement composée de gras des cadavres, figurant assez bien un cône dont la base, placée en avant , paraissait offrir les débris d’une cavité , et dont le sommet, dirigé en arrière , était formé par le nerf optique. Le centre de cette masse semblait formé par le paquet de tissu cellulaire qui remplit la partie postérieure de la cavité orbitaire. Sur le pourtour de la masse , on apercevait la trace des nerfs qui se distribuent aux parties accessoires de l’œil , ainsi que les débris des muscles qui l’environnent. La peau du nez, de là lèvre supérieure, et celle de la partie inférieure de la face, étaient détruites; les mâchoires étaient dépourvues de dents , en partie désarticulées; il n’y avait aucune trace de langue; la bouche était remplie par de la vase. Les parties molles qui unissent le col à la poitrine étaient entièrement désorganisées par l’eau; les cavités des plèvres communiquaient à l’extérieur par de larges ouvertures; le
TRAITÉ
Sternum et une partie des cartilages des côtes 'étaient tout-à-fait à nu. Le tronc était séparé en dèux portions , à là hauteur de la ceinture , probablement par la pression exercée sur les parties molles par les liens des vêtemens que cette femme avait portés. Les deux jambes et les pieds ne consistaient plus que dans les os qui en forment la partie sobde; les mains et les avantbras ayant été entraînés par l’eau, les membres supérieurs formaient deux moignons, à la partie inférieure desquels l’humérus venait faire saillie.
La peau présentait une disposition bien remarquable : dans toute la région antérieure du corps, elle avait acquis une dureté considérable, plus prononcée aux joues, aux mamelles, à l’abdomen et à la partie antérieure des cuisses. Elle donnait un son très-clair quand on la percutait avec un corps dur, tel qu’une clef ou un scalpel. En arrière, elle était encore molle, lisse, ne présentant aucun tubercule , fortement comprimée, et donnant la preuve la plus évidente que le cadavre était resté couché sur le dos. Toute la surface de la peau était hérissée de mamelons ou petits tubercules , dont les tins, placés sur l’abdomen, avaient le volume et la forme de petits tuyaux de plume couchés les uns sur les autres, et se superposant eii partie; ceux des cuisses étaient arrondis, moins saillans; sur les épaules et à la partie supérieure du dos , ils étaient beaucoup plus petits , pyramidaux , et très - pointus à leur sommet. Gette disposition tuberculeuse ne se remarque jamais que sur les parties de la peau et du tissu cellulaire sapo-
nlfiées J et paraît dépendre dè là décomposition du gras des cadavres ammoniacal (stéarate, oléate et margarate d’ammoniaque), par le carbonate et le sulfaté de chaux qui sont dissous dans l’eau 5 il se formerait alors par suite de doubles décompositions 5 du sulfate Oü du carbonate d’ammoniaque solubles, et du stéarate, del’oléate et dù margarate de chaux insolubles ,• ét qui se déposeraient sous forme de mamelons ou de tubercules : c’ést du moins ce que tendent à prouvèr les rècberches de M. Barruel , qui , ayant ,analyàé ces sortes d’incrustations , a trouvé qu elles constituaient effectivement un savon calcaire. Néanmoins, pour former la couche calcaire qui recouvrée la surface de ces mamelons, il est probable qu’une portion des sels de la rivière s’y dépose j ou au moins qu’une grande quantité de chaux fait partie de la couche superficielle du savon. Il résulterait de là que plus une rivière serait chargée de sels, plus l’incraistatiori calcaire serait facile.
Le tissu cellulaire graisseux était saponifié dans toute son étendue ; seulement il offrait quelques différences dans ses propriétés physiques. Celui dè la région antérieure du corps était dur, solide, très -léger, ne paraissant contenir que très-peu de liquide , remplissant toutes les cellules du tissu cellulaire , èt dessinant parfaitement ces cellules. Celui de la partie postérieure dù tronc était au contraire mou, jaunâtre, pesant, imprégné de liquide, offrant l’aspect du lard, recouvert par la peau dont l’épaisseur était plus considérable que daHs l’état habituel j on n’y distinguait aucune^
TRA.ITÉ
cellule; c’était un tout homogène qui paraissait résulter d’une pression exercée pendant long- temps sur ces parties.
En général , tous les muscles superficiels qui ne sont pas recouverts par des aponévroses denses, et dont la trame celluleuse a beaucoup de communications avec le tissu cellulaire sous -cutané, étaient convertis en gras des cadavres , et confondus avec le tissu cellulaire graisseux. Tous ceux au contraire qui étaient enveloppés d’aponévroses denses, ou qui étaient séparés par des membranes séreuses , avaient conservé leur état musculeux.
Dans un très-grand nombre de points , les muscles avaient acquis une couleur rose vive , très-prononcée, en meme temps qu’ils étaient imbibés de beaucoup de liquides , amincis , et leur tissu plus dense.
Parmi les vaisseaux, les artères offraient une tendance à la saponification , quand les veines étaient denses, d’un tissu serré, résistant, se laissant difficilement déchirer ; elles paraissaient avoir acquis plus dè solidité. Le ventricule droit du cœur offrait à peine des tracés de saponification, tandis que le ventricule gauche presque entier avait éprouvé ce genre d’altération.
Toutes les membranes sérçuses avaient résisté à la "putréfaction, et paraissaient encore avoir "acquis plus de solidité par leur contact avec l’eau. Le Cerveau, réduit à un volume bien inférieur à celui qu’il a ordinairement, était totalement converti en gras des cadavres; la forme de toutes ses parties était conservée ; seulement, à sa surface-, existait une matière pultacée d’une
DES EXHUMATIONS ÏÜRIDIQÏJES* 69
odeur infecte. Les os du crâne étaient extrêmement cassans.
Les poumons étaient réduits au dixième environ de leur volume , du reste parfaitement conservés. En les insufflant , on leur donnait un volume six ou sept fois plus grand. La trachée consistait dans une série de cerceaux encore en placé, quoique totalement dépourvus en avant des membranes qui les unissent. L’estomac et toute la co uche superficielle des intestins étaient détruits ; il ne restait que des cavités peu distinctes les unes des autres. Les intestins profonds étaient conservés; ils contenaient encore des matières fécales.
Il est important de noter que les deux cavités de la" poitrine communiquaient avec l’eau par deux ouvei'tures très-larges existant au sommet de la poitrine, et résultant de la destruction des parties molles de la i‘égion inférieure du col; la cavité abdominale communiquait aussi avec le hquide , par une destruction analogue placée sur le tronc à la hauteur de la ceinture. ( Alph. Devergie. Annales d’kygiene et de médecine page 180. Octobre 1829. ) (i)
(i) Il est à regretter que , dans cette observation, il n’ait point été fait mention de l’état des épiploons, du foie , de la rate J du pancréas , de la vessie , des organes génitaux , ni des tissus cartilagineux , tendineux et nerveux.
TR.^ITÉ
Résumé des changemeas physiques qu’éprouvent les tissu? qui se pouri’iss^nt dans l’eau.
P^au. Les changemen's qu'éprouve la peau peuvent être rapportés à sa coloration, à sa consistance et à sa saponification.
A. Coloration. La couleur de la peau des cadavres qui sont restés plus ou moins long-temps dans l’eau, pouvant ne pas être la même au moment où l’on retire les corps , que lorsque déjà ils ont été exposés pendant un ou deux jours à l’air, il importe de distinguer ces deux cas.
Coloration de la peau des cadavres au moment ou ils sortent de î eau. On conçoit combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, de décrire ces cbangemens de couleur, d’après des observations faites sur les cadavres des noyés que l’on retire de l’eau ; il faudrait pour cela s’être trouyé plusieurs fois, et aux heures convenables , sur les points des fleuves où l’on pêche ces corps : aussi cette description , que nous sachions, n’a encore été donnée par personne. Nous avons pensé pouvoir résoudre le problème , en plaçant dans de grandes baignoires des cadavres nus d’enfans nouveaunés et d’adultes. ( Voyez les Observations i^®, 2® et 3®, page I ’^® de ce vol. et suiv.) Il résulte évidemment de ces observations, 1° que les parties colorées en verdâtre ou en violet au moment de l’immersion dans l’eau, se décolorent graduellement par leur séjour dans ce
liquide; 2® que peu de temps après que cette décoloration a eu lieu , il se manifeste sur certaines parties une teinte rosée , rougeâtre , bleue et même verte , dont l’intensité va en augmentant de plus en plus , quoique ces parties restent constamment sous l’eau ; 3® qu’aussitôt que l’épiderme des parties ainsi colorées se détache, le derme mis à nu présente la même couleur, mais qu’il suffit ordinairement de vingt-quatre heures pour qu’il soit complètement décoloré; 4° que, dans cet état, il ne se colore plus facilement tant qu’il reste sous l’eau , si l’on en excepte toutefois certaines petites taches bleues et d’autres blanches, bordées d’un cercle rougeâtre, dont il est souvent le siège ; 5® qu’au contraire , il sç colore constamment, avec promptitude et avec des teintes différentes , si , après avoir été dépouUlé d.’épiderme, il est en contact avec l’air (i).
Coloration de lapeau des cadavres des noyés quelque temps après leur exposition a ïair. Il faudrait encore distinguer ici les cadavres garantis par leurs v’êtemens, de ceux qui étaient tout nus; on conçoit facilement en effet que l’air atmosphérique, doit exercer une action différente, surtout si le cadavre n’est déshabillé que long-temps après avoir été; retiré de l’eau. Quoi qu’il en soit, nous nous bornerons à parler des corps
(i) D’après le docteur Güntz (ouvrage cité), les gaz, qui, se dégagent pendant la putréfaction des cadavres dans l’^au , sont de l’acide carbonique ( en moindre, proportion qu’avec le contact de l’air) , de l’hydrogène carboné (en grande quantité ) , de l’hydrogène sulfuré et de l’hydrogène phosphore.
TRAITÉ
des noyés garantis par leurs vêtemens , et que l’on déshabille une , deux ou-trois heures après leur extraction de l’eau ; c’est le cas le plus ordinaire des noyés qui sont apportés à la morgue , où nous avons fait nos observations (i).
©n n’observe aucun changement de couleur à la peau j si les cadavres ne sont restés que quelques heures dans l’eau , et qu’on les examine au bout de dix ou quinze heures d’exposition à l’air, la température de l’atmosphère variant de 4® à lo^-rj-hf* H pourrait en être . autrement si le thermomètre marquait de 18® à 26®-f-o“; alors la peau du cadavre pourrait se colorer promptement en rouge , en vert, etc. , par places.
Après quelques jours d’immersion, chez les adultes, la peau , examinée peu d’heures après la sortie de l’eau, peut n’offrir aucune coloration insolite, comme elle peut être colorée; toutefois , même dans le cas où nous admettons qu elle ne sera pas colorée, il faudra en excepter la face, où elle est d’un blanc plus mat, et l’épiderme des mains et des pieds qui commence à blanchir; cette coloration s’observe d’abord à la partie interne des doigts ét à la paume des mains , puis à la face dorsale de celles-ci, et, à peu près à la même époque , à la face plantaire des pieds, et plus tard à leuÉ partie dor-
(i) La morgue est un établissement où l’on expose les corps des noyés , et de tous les individus inconnus qui ont succombé à quelque genre de mort violenle que ce soit : l’exposition dure trois jours, à moins que les cadavres ne soient reconnus plus tôt.
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. yS
sale. Les cadavres sont-ils exposés à l’air pendant quinze OU vingt heures, la température de l’atmosphère ne dépassant pas 6“ ou 8®-|-o®, il n’y a aucun changement notable , tandis que si la température de l’air a varié de i6° à 25® + O®, la face, la poitrine, l’abdomen sont plaqués de rouge, de vert, de brun, etc. ( Voyez Observations 5® et 1 3® }.
L’action de l’air sur la peau des submergés, comme on le voit, est des plus remarquables; les effets en sont d’autant, plus sensibles que la température de l’atmosphère est plus élevée, et que le séjour des cadavres dans l’eau a été plus prolongé , comme nous nous en sommes assurés pan des expériences directes. On peut établir que jusqu’au moment où la peau se saponifie, ces effets de coloration sont d’autant plus marqués que l’extraction des corps s’est faite plus tard. La peau prend une teinte brune , qui ne tarde pas à passer en partie au vert foncé , et il est à noter, comme l’avait déjà signalé l’un de nous {^'voy. Médecine légale y tome II, page 335 , édition de .iSaS) , que cela se manifeste plus rapidement/à la poitrine qu’au bas-ventre; ce qui est le contraire de ce qu’on observe sur les cadavres qui n’ont point été submergés: chez ces derniers, la putréfaction commence par l’abdomen, pour gagner la poitrine , le col , la face et les membres , tandis que chez les noyés la face , le sternum , et la partie inférieure du col, sont les premières parties pourries. Plusieurs portions d’épiderme , tant à la face qu’à la poitrine , sont soulevées par un liquide d’un bleu rougeâtre, et forment des taches qui contrastent avec d’autres nuances.
TJRAITE
En été , la coloration dont nous parlons est déjà trèssensible quelques heures après la sortie des cadavres de l’eau , tandis qu’en hiver elle ne se manifeste pas au bout de plusieurs jours , même lorsque les corps sont restés pendant vingt ou vingt-cinq.jours dans la rivière. Du reste , on peut prouver que cette coloration est due à l’action de l’air, parce que les parties de la peau qui sont préservées du contact de cet agent conservent leur pâleur : telles sont les aisselles , la partie interûe des bras , lorsque ceux-ci sont appliqués contre la poitrine , la partie du thorax qui est en rapport avec^ le bras, le dos, la partie interne des cuisses, si celles-ci sont appliquées l’une contre l’autre.
Plus tard, les cadavres que l’on retire de l’eau présentent, au sortir du liquide, des phénomènes de coloration de la peau analogues à ceux que nous avons dit être le résultat de l’action de l’air; cela* tient, dans quelques cas, à ce que les corps, devenus plus légers, sont venus, du moins en partie, à la surface du liquide, où ils ont été frappés par l’air; mais dans un beaucoup, plus grand nombre, de. cas, la coloration tient à une autre cause , puisque les cadavres ne sont pas venus à la surface du liquide. Déjà, à cette époque, les membres, qui jusqu’alors avaient été incolores, offrent des plaques verdâtres, jaunâtres. Après trois ou quati’e mois de séjour dans l’eau , nous avons souvent vu la peau, des jambes revêtir une couleur d’indigo très-, foncée , nuance qui disparaissait peu à peu quand le corps du noyé était exposé à l’air, et alors la couleur clevenàit brunâtre.
DES EXHUMATIONS JUBIDIQUES. ^5
Lorsque la peau se saponifie, ce qui a lieu à une époque très-variable, suivant l’âge, le sexe, etc., elle prend une couleur d’abord jaunâtre , puis d’un blanc mat, et les parties ainsi saponifiées ne se colorent plus sensiblement par T’influence de l’air atmosphérique. Alors, c’est-à-dire entre deux mois et demi et quatre mois pour les adultes , la peau présente des nuances très-variées, les parties savonneuses ayant l’aspect du gras des cadavres, tandis que les autres portions sont colorées en jaune , en rouge , en vert, en brun , et même en bleu.
Il arrive enfin , comme dernier phénomène de coloration de la peau , qu’elle se recouvre d’une croûte blanche calcaire , dont nous avons déjà parlé. ( Voyez Observation ai®.)
B. Consistance. Les cbangemens que la peau éprouve dans sa consistance ne sont pas moins remarquables que ceux qui tiennent à sa coloration.
La peau, déjà dépouillée de son épiderme, se ramollit de plus en plus , et tend évidemment à sç, détacher par lambeaux ; elle résiste d’abord beaucoup à la pointe des pinces; cette résistance va eu diminuant: bientôt on remarque à sa surface une multitude de points très-rapprochés, conune ulcérés , qui ne tardent pas à constituer de corrosions. Ces pertes de
substance , indiquées pour la première fois par Tun de nous , sont évidemment de deux sortes : i? celles qui se forment dans les parties où il y a des plexus vasculaires très-considérables , et où. le tissu cellulaire souscutané est ti’ès-lâche, comme aux aines, dans la région
TRAITÉ
soas-clavîère, à la partie supérieure et interne des cuisses. Ces corrosions commencent par des taches pointillées, violettes ou d’un rouge brun; il semble qu’un liquide de même couleur soulève la peau ; bientôt après , celle-ci se perfore dans toute son épaisseur, le liquide s’écoule , et alors l’ouverture est régulière , comme si elle avait été faite avec un emporte-pièce, sans que les bords soient frangés. Un ou deux jours après, plusieurs de ces ouvertures qui se touchaient presque, sont réunies et forment une corrosion plus ou moins large, aussi régulière que les points qui lüi ont donné naissance ; ce n est que quelque temps après, et par suite de l’action de l’eau sur les bords trèsamincis , que ceux-ci sont en partie détruits et d’une manière inégale, ce qui leur don^ un aspect a la fois frangé et filamenteux : dans, çet état , le tissu cellulaire sous-cutané, mis à nu, est infiltré, comme gélatineux, d’une couleur violacée ou grisâtre ; celles qui se développent dans les parties où la peau recouvre un tissu cellulaire dense et serré, et où il n’y a pas de plexus vasculaires considérables',^ comme au dos, vers l’omoplate, etc. Cés corrosions commencent par une destruction du derme, qui n’a pas été préalablement coloré ni soulevé , et ressemblent à des ulcérations cicatrisées de petite - vérole ; leur fond est blanc, leurs bords réguliers ou irréguliers ; leur partie centrale est plus corrodée que leur circonférence , ce qui leur donne un aspect légèrement creux : plus tard , la destruction ayant augmenté , la perforation du derme arrive et commence par le centre; alors on voit le tissu cellu-
DES EXHUMATIONS JURIDHJUES. 77
laire sous-cutané qui est jaunâtre , infiltré, humide, et recouvert par les bords irréguliers de l’ouverture ; dans cet endroit, les franges de la peau ont une couleur bleuâtre due aux parties sous-jacentes que l’on aperçoit à travers les portions amincies et transparentes du derme qui n’ont pas été détruites.
La peau des diverses régions du corps peut être le siège de semblables corrosions ; nous les avons vues indistinctement partout , et nous ne saurions partager l’opinion de M.. Devergie, qui les place plus particulièrement aux yeux, au nez, à la bouche, aux aines, à la partie antérieure de la poitrine , et à la partie interne des jambes. L’époque à laquelle paraissent ces corrosions est extrêmement variable j nous les avons observées chez des enfans nouveau-nés, après un séjour de seize jours dans l’eau , par une température qui avait varié de ii® à 17° IL, et chez des adultes qui avaient été retirés de l’eau au bout de trois mois (en hiver); tandis que nous n’en avons trouvé aucune trace chez des hommes de trente à cinquante ans , qui étaient restés dans l’eau pendant six ou sept semaines,. par une température atmosphérique de 8® à 16® R. Quelquefois on voit à la surface de la peau une matière jaune liquide semblable à l’huile d’olives.'Lorsque les cadavres sont restés long-temps dans l’eau, la peau, au lieu de présenter dans toute son étendue ce ramollissement qui est le prélude des corrosions dont nous venons de parler, est saponifiée par parties, et ressemble au gras des cadavres , ou bien est dure et extrêmement dense par places. (Voyez Observation ao®.)
TRAITE
Saponification. Indépendamment des changemens dé coloration et de consistance , la peau en éprouve d’autres qui se rapportent à la saponification; elle cliaiigé de nature et se transforme en gras des cadavres, véritable savon composé d’acides gras qui sont fournis par la décomposition de la graisse , et d’ammoniaque qui provient de l’union de l’azote et de l’hydrogène de la peaui Cette saponification commence dans les parties de la peau placées sur le tissu cellulaire le plus chargé de graisse ; c’est ce qui fait qu’on l’observe plutôt chez la femme que chez l’homme, le tissu cellulaire de ce dernier contenant, en général, beaucoup moins de graisse. Nous ne l’avons jamais remarquée chez Y homme adulte avant la fin dù troisième mois en AiVer, et elle avait commencé par la face. ( Observation 18®.)
Du reste, on ne peut rien préciser sur l’époque de son apparition , tant il y a de variétés;
Nous ne terminerons pas tout ce qtii se rapporte aux altérations de la peau , sans parler des expériences déjà anciennes de Bichat. Mise en macération dans l’eau, à un degré moyen de température, dit ce célèbre anatomiste , la peau humaine se ramollit , ne se gonfle presque point, hlànchit sensiblement , reste long-temps sans éprouver aucune autre altération qu’une putréfaction infiniment moindre que celle des tissus musculaire, muqueux, glanduleux, etc., soumis à la même expérience. Cette putréfaction enlève l’épiderme et paraît beaucoup plus marquée du côté de cette membrane; Au bout de deux mois, là peau li’a encore perdu que très-peu de consiétance; elle n’est point pulpeusè;
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comme le sont à cette époque les tendons et les muscles macérés J elle ne commence à se réduire en pulpe fétide qu’au bout de trois ou quatre mois. Un échantillon, conservé depuis huit mois , offre encore sa forme primitive ; mais il flue sous- les doigts dès qu’on le presse un peu. {^Anat. générale^ tome II, page 682.)
Épiderme^ Si l’on étudie l’action de l’eau sut l’épiderme isolé de la peau , on le verra blanchir^ devenir mou, plus opaque, et ne point se rider ni se putréfier; il s’élèvera seulement à la surface du liquide une foule de molécules qui, en se réunissant, formeront une pellicule blanchâtre. Après un séjour de deux ou trois mois dans l’eau , l’épiderme se ramollit , ne se gonfle point, et se déchire avec une extrême facilité; il ne se réduit point en une pulpe analogue à celle des autres organes que l’on a également fait macérer. Après les cheveux et les ongles , l’épiderme est la substance animale la plus incorruptible. (^Anat. générale^ tome II, page 768.)
Quant à l’épiderme qui fait encore partie du cadavre, après avoir blanchi, il se plisse de plus en plus; l’épiderme des mains et des pieds s’imbihe plus aisément que celui des autres régiofîs du corps; aussi remarquet-on les chângemens dont nous parlons d’abord dans ces parties où il devient d’un blanc mat, et ressemble à celui qui aurait été pendant long-temps en contact avec des cataplasmes émolliens ; plus tard il se soulève et finit par se détacher au plus léger effort ; dans les eaux qui ne sont pas stagnantes , le courant suffit pour l’enlever par lambeaux plus ou moins larges : ce sont
TKAITÉ
les portions qui avoisinent les articulations qui nous ont paru se séparer les premières; toujours est-il que, dans nos expériences, il était déjà détaché dans plusieurs parties , quand celui de la paumé des mains et de la plante des pieds tenait encore assez fortement. En général , il ne se colore pas lors même qu’il recouvre des parties de derme fortement colorées ; quelquefois cependant nous l’avons vu offrant une teinte olivâtre. ‘
Ongles. Les ongles des mains se détachent les premiers, puis ceux des orteils, sans qu’on puisse dire, même d’une manière approximative, l’époque de leur chute. Chez le sujet de l’observation iS®, qui était resté dans l’eau pendant quatre-vingt-dix-huit jours (en hiver), il n’y avait plusd’ongl,es, tandis qu’on en voyait encore au pied droit d’un individu qui avait étéiretiré de l’eau cent vingt- cinq jours après y être tombé. ( Observation 19®. )
Cheveux et poils. Us deviennent de moins en moins adhérons , mais ils ne se pourrissent pas. « La macération , dit Bichat, qui rend l’épiderme extrêmement facile à sè rompre , quoiqu’elle le ramollisse peu , laisse les cheveux avec leur résistance ordinaire , à moins quelle ne soit poussée à un degré que je n’ai point éprouvé. »
Imiterons-nous le docteur Alphonse Devèrgié, qui, dans un mémoire intitulé Recherches sur les noyés (i).
(i) Annales (F hj^iène et de médecine légale, n® d’octobre
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. 8l
a cru pouvoir reconnaître, au moins d’une manière approximative , et principalement d’après les caractères que présente la peau , l’époque de la submersion. « Quelques médecins légistes pensent, dit-il, qu’il sera toujours impossible de rien préciser à ce sujet. J’avoue qu’il serait difficile de tracer des descriptions rigoureuses ; mais de ce que l’on prévoit un but difficile à atteindre , est-ce ime raison pour ne pas faire quelques efforts pour y parvenir ? J’ai la conviction que si les médecins veulent tenir compte des altérations que j’ai notées pour tel ou tel séjour dans l’eau, ils ne commettront plus des erreurs aussi choquantes que celles que je viens de signaler. Je dois prévenir que tout ce qui suit se rattache à la putréfaction que subissent les cadavres des noyés en hiver. Plus tard, je chercherai à établir la marche de la putréfaction en été. » (P. i63.}
Gonvainèu qu’il est de la possibilité de résoudre jusqu’à un certain point un pareil problème, M. Qevergie reconnaît neuf époques : la première indique si la submersion date de trois à cinq jours ; la deuxième, de quatre àhuit jours; la troisième, de huit à douze jours; la quatrième, de quinze jours environ ; la cinquième, d’un mois environ;. la sixième, de deux mois environ; la septième , de deux mois et demi ; la huitième de trois mois et demi; enfin là neuvième, de quatre mois et demi.
Loin de partager l’opinion de ce médecin , nous nous attacherons à la combattre , et par des faits, et par des raisonnemens que nous croyons très-fondés ; il ressortira évidemment des uns et des autres que l’entre-
TRAITE
prise est au-dessus des forces humaines , et que le lecteur aurait tort de prendre pour guide des tableaux où l’on semble vouloir resserrer la nature dans des cadres plus ou moins étroits. Et d’abord remarquons d’une manière générale que le travail dont il s’agit présente une lacune capitale; on n’indique nulle part l’époque à laquelle il faut examiner les corps après leur sortie de l’eau , pour constater les phénomènes de coloration sur lesquels on base souvent la solution du problème : est-ce immédiatement après l’extraction des cadavres de la rivière , ou plusieurs heures et même plusieurs jours après? Les noyés n’étant apportés à la morgue quelquefois que plusieurs heures et même un ou plusieurs jours après avoir été retirés de l’eau, et le médecin qui veut les observer n’arrivant souvent que lorsque déjà les corps sont exposés à l’air depuis plusieurs heures , il en résulte évidemment que les observations de M. Devergie portent à la fois sur des sujets dont les uns peuvent n’avoir été en contact avec l’air que pendant quatre, cinq ou six heures, tandis que les autres ont du y rester dix-huit, vingt-quatre, treiite ou un plus grand nombre d’heures, de fait, nous l’attestons, pour avoir nous-mêmes suivi avec assiduité et pendant long -temps tout ce qui se rapporte aux travaux et aux usages dé la morgue. Or, parmi les quarante-sept observations qui ont servi de base au travail de M. Devergie, dix-huit ont été recueillies en mars , et vingt-neuf en avril, et nous voyons que pendant cés deux mois la température de l’atmosphère est quelquefois montée jusqu’à 17° et 19* ; certes, pour
DES ESHDMATIOWS IDEIDIQDES.
peu qu’on ait vu quelques cadavres de noyés , on comprendra facilement qu’une exposition à l’air déjà chaud , dont la durée a été si variable, a dû amener des changemens notables dans la coloration de la peau. G’ést, du reste, ce que mettront en évidence les faits suivans ;
A huit jours, dit M. Devergie, la peau de la face est d’un blanc plus mat que celle du reste du corps. Gr, nous avons vu la face d’un rouge foncé et 1© reste de la peau de couleur naturelle chez un individu qui était resté huit jours dans l’eau (pendant le mois d’avril), et dont nous fîmes l’examen deux heures après l’extraction du cadavre. (Observation lo®, page 3oo de la Médecine légale, 2® édition, et i3® de cet ouvrage.) (i)
Au quinzième jour, »- la partie moyenne du sternum présente une teinte verdâtre, v jfodi^e 167 du Mémoire cité.) Or, chez un individu qui resta dans l’eau depuis le i®"^ décembre jusqu’au 20, et qui fut examiné quatre ou cinq heures après l’extraction du cadavre , la peau qui recouvre les deux grands pectoraux était livide, si ce n’est près du sternum où elle offrait une couleur rouge cerise. (Observation ii® de la Médecine légale, et 14® de cet ouvrage. )
A un mois. On voit une plaque d’un rouge brun de
(1) Les diverses citations que nous allons faire poui’. combattre le travail de M. Deveigie, sont toutes tirées des observations publiées par l’un de nous en 1828 , dans les leçons de Médecine légale , par conséquent un an avant l’impression de son mémoire. Il est assez remarquable que M. Devergie n’ait pas cru devoir en prendre connaissance.
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six à huit pouees de diamètre au centre et à la partie supérieure du sternum ; cette plaque est bordée d’une aréolé verte ; les bourses sont énormément distendues par des gaz; les paupières et les lèvres sont vertes. (Mém. citéj page i68.) Or, chez un individu âgé de vingt-six âiis , noyé le mars , retiré de l’eau le 3o du même mois , et examiné le 2 avril , la peau des parties antérieure et latérale du cou et du thorax était d’un i>ert foncé; lés paupières étaient presque noires, (Voyez Méd. légale^ observation i3® et 16® de cet ouvrage.) Chez un autre noyé, qui était resté trente-deux jours dans l’eaü , d’où il fut retiré le 8 avril, et que nous examinâmes le lehdemaiii , la peau du thorax était d’un 'Vert jaunâtre ^ et le scrotum dans Y état naturel. (Voyez Médi légale , observation i4® et ly® de cet ouvrage.)
A trois mois et dèmi. Le tissu cellulaire n’offre plus cette teinte rouge des époques précédentes; le foie, ramolli, est d’un brun 'verdâtre; la peau des membres présente le même aspect que celle du centre de l’abdomen, c’est-à-dire qu’elle est opaline; les ongles sont tombés. ( Mémoire cité, page 176.) Or, chez un individu que l’on retira de la Seine le 8 avi’il, et qui s’y était jeté le I janvier , on remarqua , six heures après sa sortie de l’eau , que le tissu cellulaire du crâne offrait l’aspect d’une gelée le foie était d’un rouge brun
uniforme; la peau des jambes était colorée en bleu et indigo dans toute son étendue , tandis qué celle du tronc était blanche rosécy parsemée eà et là- de plaques larges comme la main, d’un rouge assez vif; les ongles, il est vrai, étaient tombés. (Voyez Méd. légale observation
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i5® et iS** de cet ouvrage.) Mais chez le sujet de l’obseryation suivante, le pied droit conservait encore des ongles^ et pourtant le cadavre était resté dans l’eau quatre mois cinq jours. ( Frayez observation 19®. )
A quatre mois et demi. Il n’exis te plus que quelques débris des paupières ; les lèvres sont désorganisées par la putréfaction; la peau du tronc est d’un vert grisâtre ^ parsemée de taches noires ;\2i couleur des cuisses est jaunâtre; les jambes présentent des taches d’un Meu foncé; la trachée-artère est d’une teinte verdâtre; les cavités splanchniques paraissent contenir epc.ore plus de liquide d’un rouge brunâtre ; on remarque un commencement d’incrustation calcaire sur les cuisses. (Mém. cité, page 177O Or, ehei. un individu noyé le i5 décembre 1826, et retiré de l’eau le 20 avril 1827, on voyait, quelques heures après, que les paupières et la lèvre inférieure existaient encore, que la peau du thorax et de rabdoraen' était d’un vert foncé excepté çà et là oià il y avait des taches d’un rouge brun ou d’un jaune verdâtre; que la couleur des cuisses était verdâtre et d’un vert plus foncé en haut ; que les jambes ne présentaient aucune trace de bleu; que la trachée-artère était d’un brun très-foncé; qu’il n’y avait aucun liquide dans les cavités des plèvres ni de l’abdomen ; enfin qu’il n’existait aucune trace d’incrustation calcaire. ( Méd. légale^ observation 16® et 19® de cet ouvrage. )
A cinq mois et demi. Le cadavre d’une femme ouvert à cette époque a fait voir à M. Déverse que les paupières étaient détruites-, que la peau était dans \ état naturel-, ou présentait des incrustations calcaires ou des
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plaques rosées. ( Mëm. cité , page i y g. ) Tandis que dans l’observation de \à. Médecine légale , et 20® de cet ouvrage , qui a pour sujet aussi une femme qui était restée cinq mois huit jours dans la Seine, les paupières existaient leur largeur seule avait diminué, et la peau du corps était colorée en bleu en vert ^ en blanc rosé et en blanc sale. On ne voyait aucune incrustation.
Maintenant que nous venons de prouver par des faits combien les caractères sur lesquels M. Devergie a voulu baser la solution de sou problème sont sujets à varier aux époques qu’il a indiquées , et combien par conséquent on doit y attacher peu de valeur, il ne sera pas inutile dé présenter en abrégé l’énumérâtion des principales causes qui influent surda marche de la putréfaction dans l’eau; l’impossibilité de calculer, même d’une manière approximative, la part de chacune de ces influences, nous fit bientôt renoncer à l’idée que nous avions eue de dresser un tableau semblable à celui que nous venons de combattre.
Age. Dès qu’il est prouvé que les enfans nouveaunés sont arrivés , au bout d’un mois de séjpur dans Veau, au terme de désorganisation que les cadavres des adultes n’ont même pas atteint au bout de six ou huit mois , on ne saurait contester l’influence de Y âge sur la marche de la putréfaction des noyés.
Constitution de V individu. On comprendra facilement l’influence que doit exercer la constitution des individus sur la putréfaction des cadavres des noyés, en consultant ce que nous avons dit à la page 32y du
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tome en examinant l’influence de cette même cons^ titutîon sur les cadavres déposés dans la terre.
Sexe. Les m'êmes causes qui nous ont fait, établir ailleurs que les cadavres des femmes se pourrissent en général plus vite dans la terre que ceux des hommes, nous portent à émettre la même assertion à l’occasion des noyés : nous ajouterons en outre que la différence est surtout marquée, dans l’eau, par rapport à l’époque où la saponification commence. '
Etat de maigreur ou d’obésité. La putréfaction dans l’eau, comme dans tout autre milieu, marche plus rapidement quand les corps sont gras que lorsqu’ils sont maigres 5 l’influence de l’obésité doit même être plus marquée sur la putréfaction des noyés; en effet, plus ceux-ci seront gras, .plus iis tendront a quitter le fond du liquide pour se rapprocher de la surface et même pour surnager : or, en été , la température du liquide devant être souvent plus élevée vers les couches supérieures, surtout lorsque l’eau est peu agitée et assez abondante, la putréfaction de ces cadavres sera hâtée; elle le sera surtout s’ils surnagent, et qu’ils soient à la fois sous l’influence de l’air et de la chaleur atmosphérique. Par des raisons contraires , la tendance à la super,^ natation, par suite de l’obésité, fera que les cadavres se pourriront moins vite , surtout s’ils n’arrivent pas toutà-fait à la surface de l’eau, dans les cas où les couches les plus inférieures du liquide pourrontêtrephis chaudes que les supérieures. Ajoutons que , la saponification arrivant plus promptement chez les sujets gras que chez ceux qui sont maigres, la peau elle tissu cellulaire pré-
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senteront cètte transformation à des époques fort différentes, chez des individùs qui n’offrent pas le même de^é d’obésité, et sur lesquels nous supposerons, pour un instant, les autres influences agir de la mfme manière.
Etat de santé ou de maladie. S’il ne nous est pas permis de démontrer qu’un individu malade depuis quelques jours seulement, et atteint d’une affection aiguë , se pourrit dans un espace de temps différent de celui qu’il emploierait s’il était tombé dans l’eau dans un état de santé parfaite, nous pouvons néanmoins assurer qu’il en est ainsi dans les cas où la maladie durant depuis long-temps , les individus sont parvenus à un état de marasme, et pour ainsi dire de desséche- ment, qui doit les placer dans des conditions moins propres à parcourir rapidement les diverses phases de la putréfaction. Nous ne prétendons pas que ce soit là le seul genre d’influence que puissent exercer les maladies ; nous le signalons parce qu’il est le plus facile à constater.
- Etat 'vivant ou mort de V individu qui se jette ou que ■Von jette à Veau. L’époque à laquelle la rigidité cadavérique se manifeste , et la durée de cette rigidité n’étant pas les mêmes , suivant la température du milieu dans lequel sont plongés les cadavres , et la putréfaction ne se développant que lorsque la rigidité a cessé , il est évident que le moment où les cadavres commenceront à se pourrir variera beaucoup chez les individus qui sont tombés dans l’eau vivans, et chez d’autres qui y ont été jetés après la mort , pendant qu’ils étaient en-
core roides, et même lorsque déjà ils subissaient un commencement de putréfaction.
Température du liquide dans ses di^érenZes couches. Dès qu’il est prouvé qu’en été les couches supérieures pourront être plus chaudes que les inférieures, surtout dans les eaux stagnantes et dans celles dont le courant est à peine sensible , il est évident que la température des couches moyennes différera aussi des précédentes. Dès-lors les cadavres qui, par une cause quelconque ^ séjourneront plutôt dans telle région du liquide que dans telle autre , se pourriront plus ou moins vite, tout étant égal d’ailleurs. L’influence de la différence de température se fera surtout sentir en été, parce qu’alors, à raison du peu de conductibilité des liquides , l’équilibre tardera beaucoup à s’établir entre l’eau de la surface et du fond , notamment lorsque la température de l’atmosphère prendra tout à coup un accroissement subit, et que la rivière ou les lacs seront profonds; en hiver, au contraire, les couches inférieures plus chaudes , en se déplaçant , communiqueront plus facilement de la chaleur à celles qui sont situées au-dessus.
Température atmosphérique. L’influence de la température de l’atmosphère est incontestable , quoique beaucoup moins prompte que sur les cadavres qui se pourrissent à l’air ; en effet , la température de l’air n’exérce d’influence que par l’intermède de l’eau, qui se trouve échauffée ou refroidie suivant que la saison est chaude ou froide : or, comme les effets de la chaleur atmosphérique sur de grandes masses d’eau ne
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sont pas instantanés il en résulte que ce n est qu’au bout d’un certain temps que l’influence des changemens de température atmosphérique peut se faire sentir sur les noyés.
Profondeur delà rwtàre.lLOuX étant égald’ailleurs, des cadavres, placés au fond de rivières qui offrent des profondeurs différentes, ne se pourrissent pas avec la même vitesse.; plus la rivière est profonde, plus les corps sont pressés, et moins ils sont disposés à se pourrir, plus aussi la couche du liquide qui les entoure est-elle à l’abri des variations de température atmosphérique, c’est-àdire plus elle tardera à s’échauffer en été: or, nous savons que la chaleur est un des élémehs qui favorisent le plus la putréfaction.
, État, renouvelé ou tranquille du liquide. Il résulte dés expériences faites par l’un de nous, en iSaS, que, les cadavres sê décomposent beaucoup plus rapidement dans l’eau renouvelée què dans l’eau stagnante. {Med., /(%•., p. an, tom. a, deuxième édition.) 11 est donq évident que de deux noyés, chez lesquels toutes les autres conditions seraient les mêmes, et qui resteraient pendant un mois dans l’eau, celui-là se pourrirait plus vite qui aurait été mis dans une. eau incessamment agitée par des vents; cet effet serait surtout sensible, si la masse du liquide qui recouvre le corps n’était pas trèsconsidérable.
État contus ou sain du . corps. Il paraîtra sans doliîe inutile de dire que les individus vivans, qui ont été confus en tombant dans l’eau, parce qu’ils ont rencontré
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pilotis, de grosses pierres, etc., ou parce qu’ils sont tombés de très -haut, ou enfin parce qu’ils ont été meurtris par des coups, se décomposeront plus vite que ceux qui seront arrivés dans l’eau dans des conditions opposées, le sang épanché dans le tissu cellulaire souscutané s’altérant beaucoup plus vitë' que lorsqu’il est ‘ enfermé dans les vaisseaux.
Nature du terrain sur lequel reposera le corps. Si le terrain est vaseux , mou , nullement anguleux, le corps s’y enfoncera en quelque sorte, et n’en recevra aucune atteinte 5 tandis que s’il est anguleux, raboteux, il pourra déchirer la peau, et déterminer des solutions de continuité , qui hâteront la décomposition putride.
Poissons.) animaux voraces ^ etc. On conçoit que ceux des cadavres dont la peau sera attaquée, déchirée ou érodée par ces sortes d’animaux , seront pourris beaucoup plus vite , tout étant égal d’ailleurs , que les autres.
Epoque a laquelle le cadavre paraît a la surface du liquide ou près de cette surface. Cette influence , qui est incontestable , rentre dans ce qui a été dit à l’occasion de Y obésité des corps, et de la température des différentes couches du liquide et de l’air.
Etat nu ou habillé du cadavre. Si les vêtemens ne sont pas serrés, et que l’eaii puisse être en contact avec la peau , cette influence est nulle ou presque nulle ; mais elle est très-puissante dans le cas contraire, lorsque des corsets ou des bottes , appliqués d’une manière serrée sur le corps, empêchent, du moins pendant fort long-temps, le contact du liquide; toutes les parties
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couvertes et en quelque sorte à l’abri de l’eau, se conservent presque intactes.
Nature du liquide. Il suffit de jeter un cpup-d’œil sur les nombreuses expériences rapportées dans l’ouvrage de madame d’Arconville (i), pour être convaincu de la différence que présentent les mêmes matières animales qui se pourrissent dans l’eau distillée ou dans celle qui contient telle ou telle autre espèce de sel, les unes se pourrissant beaucoup plus vite que les autres (2),
(1) Essai pour servir à V histoire de la putréfaction , par iriadanae d’Arconville. Paris, 1766.
(2) Le lecteur sera peut-être tenté de nous accuser de plagiat , lorsqu’il trouvera les plus grandes ressemblances entre les faits qui constituent l’article que nous avens intitulé : Résumé des ehangemens physiques qu'éprouvent les tissus qui se pourrissent dans /’ean, et ceux qui font la base du mémoire déjà cité du docteur Devergie. Nous devons à cet égard une explication. Notre résumé est basé sur les vingt-six observations qui le précèdent ; or , vingt-trois de ces observations étaient publiées en entier dans la Médecine légale dès l’année 1828 , c’est-à-dire , vingt mois avant la publication du travail de'M. Devergie. A l’exception des incrustations calcaires signalées par ce médecin, et dont nous n’avions pas parlé, parce que nous n’avions jamais ouvert de cadavres qui fussent restés plus de cent soixante jours dans l’eau, il n’est point un seul fait essentiel du mémoire de ce médecin qui ne se trouve dans nos observations. A la vérité, nous n’avons pas, comme lui, résumé ces faits dans le but de déterminer Pépoque de la submersion , parce que nous avons préféré ne rien dire que d’induire lès experts on erreur ; nous n’avons pas non plus déduit de nos observations les altérations successives qu’ éprouvent
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Tissu cellulaire. Les changemens qu’éprouve le tissu cellulaire peuvent, comme ceux de la peau , être rapportés à sa coloration., à sa distension par des gaz ou par des liquides , à sa consistance et à sa saponification. Dans les premiers temps , la couleur du tissu cellulaire ne change guère; plus tard, lorsque, par suite delà putréfaction et du développement des gaz, la sérosité rou¬
les divers tissus dans l’eau , parce qu’aloi's nous ne voulions éclairer que la question médicodégale , relative à la submersion pendant la vie ou après la mort. Mais qu’importe? les faits devant servir à tracer ce résunié n’étaient pas moins publiés par nous. Nous nous serions bien gardé de réclamer là priorité pour un objet aUssi minime , si M. Devergie, en citant notre travail, n’en eût pas donné - au . public une idée inexacte : « M. Orfila , est-il dit, a tenté quelques essais dans le but de parvenir à une détermination approximative, a Tel n’a pas été notre but , et nous avons eu soin de le dire à la page ig8 de la Médecine légale, deuxième édition ;,nous nous proposions seulement de faire connaître les drfiférencés produites dans la putréfaction par des milieux differëns. Plus loin : « Les expériences faites avec des portions de foetus ou d’adultes v'dans de petites quantités d'un liquide toujours le même ou renouvelé bien rarement , ne nous ont pas, je crois, assez rapproché de la vérité. » Or , nous avons dit , page 211 du même ouvrage, avoir, agi sur des fœtus entiers, et avoir renouveléV eau jour et nuit pendant vingt-deUx jours... Plus loin : «M. Orfila a relaté vingt-deux ouvertures de noyés, d’oit on peut déduire quelques données propres à éclairer le sujet qui nous occupe. » Il eût été plus exact de dire : «A un trèspetit nombre d’exceptions près , les faits contenus dans notre mémoire ont été connus de M. Orfila , qui les a décrits dans les vingt-deux ouvertures de noyés qu’il a publiées; mais il ne
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geâtre du sang transsude à travers les parois des vaisseaux, il sé colore, par son mélange avec ce liquide, d’abord en rose, puis en rouge groseille, et même quelquefois en rouge brun. Nous avons vu aussi le tissu cellulaire de l’abdomen d’un jaune 'verdâtre , tandis que déjà celui de quelques autres parties du corps était
les a pas fait servir à la détermination des époques auxquelles la submersion a eu lieu. »
Ces inexactitudes ne sont pas les seules qu’ait commises M. Devergie, à l’occasion de notre travail sur les noyés. Il dit, en effet, à la page Syi du tome 3^ àn Dictionnaire de médecine et de chirurgie : « M, Marc est un.de ceux qui ont le mieux précisé ce que l’on pouvait attendre des signes de la submersion pendant la vie : depuis cette époque , M. Orfila a fait de nouvelles recherches ; elles ont co/j/îrme ce que M. Marc avait annoncé. On doit cependant de plus à M. Orfila d’avoir éclairé, par des expériences sur les animaux ^ des faits im-, portans. »
Or, nous voyons, en comparant quelques-unes des assertions de notre savant confrère aux nôtres , qu’il existe entre elles des différences capitales.
1°. «La certitude que nous avons acquise, dit le docteur, Marc, qu’il ne peut entrer àe liquide dans la trachée-artère que du 'vivant du submergé ^ Une peut s’en introduire api’ès la mort, le cadavre, eût-il même passé plusieurs jours sous, l’eau, doit nous faire considérer, etc..,. (^Manuel d'autopsie , de Rose , traduit par Marc, page iy5.)Or, noué établissons que les liquides peuvent s introduire après la mort, non-seulement dans la trachée-artère , mais jusqu’aux dernières [ramifications bronchiques. ( Médecine légale X. a, page 345- ) M. Devergie répétera-t-il ce qu’il a dit à la page 574 du dictionnaiz'e déjà cité, « que la conclusion dont il s’agit
rouge et rouge brun. A une époque plus éloignée, à peu près lorsque les corrosions paraissent à la peau, ou quand là saponification commence, le tissu cellulaire, surtout celui qui est sous -cutané, tend à se décolorer et à devenir d’un blanc grisâtre : apparemment que le sang qui l’avait infiltré jusqu’alors se décompose pour
n’est pas toiit-à-fait rigoureuse , attendu que nous concluons de ce qui arrive chez les chiens , ce qui doit survenir chez l’homme ? » Nous répondrons que plusieurs mois avant la p«hlicalion de l’article où M. Devergie fait cette remarque , nous avions inséré dans les Archives générales de médecine une note dans laquelle nous prouvions le même fait par . des expériences sur des cadavres humains, ( Voyez tome 17®. )
2». et Le diaphragme est refoulé dans l’abdomen : ce caractère est essentiel , dit le docteur Marc , et manque chez tous ceux qui ont été submergés après leur mort. » (Ouv. cité ,, page 177. ) Nous avons annoncé que le diaphragme n’était jamais refoulé dans l’abdomen lors de la submersion pendant la vie. (Voyez Médecine légale, pageSSo, tome 2.)
3®. « Les cavités droites du cœur sont gorgées de sang, et les cavités gauches vides, ainsi que les vaisseaux correspondans.» (Marc , page lyS. ) Nous avons dft avoir toujours Vu ies'cavilés du cœur et celles des gros vaisseaux entièrement ou presque entièrement vides à l’autopsie des cadavres d’individus submergés vivans, et qui avaient long-temps séjourné dans l’eau. ( Médecine légale , tome 2 , page 349- )
Il aurait fallu reconnaître ces différences, tout en rendant justice au mémoire important de notre honorable et savant confrère , le docteur Marc , dont nous avons souvent cité ailleurs les travaux avec éloge. ( V oyez Leçons de médecine /égale. ) OP4FII.A.
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fournir l’ammoniaque nécessaire à la formation du gras; nous dirons toutefois que déjà, dans plusieurs parties, ce tissu est arrivé au point de blancheur dont nous parlons, que dans d autres ilest encore très-rouge; c’est particulièrement au crâne que l’on remarque la teinte rouge du- tissu cellulaire.
La distension de ce tissu par lés gaz qui se développent pendant la putréfaction dans l’eau, ne présenterait rien d'extraordinaire, si elle n’était pas poussée à un^ degré extrême, lorsque les cadavres ont été exposés à l’air après avoir été retirés de l’eau (i). Plus tard, lorsque la saponification est. prête à s’opérer , au lieu de continuer à se, distendre , le tissu cellulaire s’affaisse. La distension de ce tissu par le liquide ’rougéâtré qui transsude des vaisseaux, est ordinairement beaucoup moins sensible que la précédente , et n’offre rien de remarquable.
La cùnsistance du tissu cellulaire varie aux différentes époques de la submersion ; à l’état normal dans les premiers temps, il est plus mou lorsque déjà les sucs rouges l’abreuvent; quelquefois même, surtout à la tête,
(i) Outre les fluides aériformes qui remplissent les interstices et le tissu même des muscles , outre ceux qu’on rencontre dans le canal intestinal, dans les vaisseaux, et principalement dans les veines , nous en avons vu distendre la duremère comme un ballon , enfler le scrotum, et causer l’érection du pénis , occuper la cavité des membranes séreuses , former au-dessous de ces membranes des bulles arrondies et multipliées, donner lieu aussi à un emphysème sous-muqueux, soit dans le canal intestinal, soit dans la vessie.
il présente la, mollesse et l’aspect d’une gelée à moitié fluide. Plus tard, il devient plus dense, sec et filandreux; alors il commence à se saponifier. La saponification change complètement sa nature ; il se transforme en gras des cadavres, et n’offre plus l’aspect celluleux ; il devient quelquefois solide et même dur, tandis que dans d’autres circonstances , il est mou , jaunâtre , et semblable à du lard. Ce n’est guère qu’au bout de trois ou quatre mois , pour les adultes , que ce changement a lieu. -
S’il est vrai qu’en général les changemens que nous venons de signaler sè manifestent d’abord à la face et au scrotum , puis au cou et au thorax , et en dernier lieu aux membres, il est également certain que nous avons quelquefois vu la face et d’autres parties du corps distendues et colorées outre mesure , tandis que le scrotum était dans l’état naturel.
Bichat, après avoir établi que le tissu cellulaire se pourrit moins vite a Vair que les organes glanduleux et musculaires, parle de l’action de l’eau sur ce même tissu. Au bout de trois mois de séjour dans l’eau à la température des caves , le tissu cellulaire extérieur aux artères ne paraissait avoir subi aueune altération. Le soUs-cutané, le sous -séreux et l’intermusculaire se pourrissent plus vite, mais moins à proportion que celui de beaucoup d’autres organes. La résistance opposée" par ce tissu à l’action de l’eau est moindre quand on le fait macérer avec des organes qui se résolvent facilement en putrîiage, que lorsqu on l’y expose seul ou avec des tissus qui ne s’altèrent presque pas par l’eau •
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comme ies nerfs, par exemple; et en effet, après six mois de macération , Bicliat a vu le tissu cellulaire qui sépare les faisceaux nerveux aussi ferme et aussi distinct qu’auparavant. {Anat. gén.^ tom. i, p. 69. ) Muscles. Nous^ trouvons encore dans les muscles des changemens de coloration .^ consistance de nature. La couleur rouge sè conserve en général pendant plusieurs mois, et devient même plus foncée, puis elle passe au rose , et tend de plus en plus à pâlir, j usqu a ,ce quelle soit devenue d’un blanc grisâtre , jaunâtre ou rosée, comme le gras des cadavres ; à cette époque, les muscles sont effectivement transformés en savon ; quelquefois çependant la couleur rose persiste fort longtemps; certains musclés résistent en quelque sorte à la saponification , tandis que d’autres sont déjà saponifiés et confondus avec le tissu cellulaire sous-cutané ; il est des cas où les muscles sont d’un vert foncé; les sternopubiens offraient cette couleur chez une femme qui fut l’etirée de l’eau cinq mois huit jours après s’être noyée ; tandis que les pectoraux étaient rouges , et ceux de la face saponifiés. ( /^oj.pag. 828 de la Méd. lég!)ïjé& différences àe consistance né sont pas moins remarquables que celles de coloration et de nature; en effet, les muscles se ramollissent d’abord par leur mélange avec la sérosité rougeâtre qui transsude des vaisseaux, et peuvent être déchirés avec assez de facilité : toutefois, nous avons vu à cet égard des variations extraordinaires : chez le sujet qui vient d’être cité, les muscles pectoraux étaient assez consistans , tandis que les sterno-puhiehs se déchiraient à la plus légère traction ; et
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chez un noyé qui n’était resté qu’«« Tnois dans l’eau , c’estrà-dire quatre mois huit jours moins que le précédent, les muscles pectoraux se déchiraient avec grande facilité : à la vérité , ce sujet ne put être ouvert qu’après trois jours d’exposition à l’air. Plus tard , lorsque les muscles sont sur le point de se saponifier, ils deviem nent plus minces et beaucoup plus denses.
Bichat, après avoir établi quelesmusclessepourrissent beaucoup plus vite que les tissus fiibreux, cartilagineux et fibro-cartilagineux, ajoute qu’ils se ramollissent dans l’eau au bout d’un temps assez long , et qu’ils se changent èn une espèce de putrilage différent de celui qui se forme à l’air libre. D’autres fols, dit-il, ils se transforment en une matière analogue au blané de baleine ; alors leurs fibres sont dures et solides j mais il s’en faut de beaucoup que tous les muscles conservés dans l’eau présentent ce phénomène. Quand il se manifeste, trèssouvent une espèce de produit rougeâtre, disséminé d’espace en espace sur la surface du muscle , et qui est un effet évident de la décomposition, annonce et ensuite accompagne cet état, sans lequel il a -^ussi souvent lieii. (j/inat. gén., tom. a , p. aSy.)
Tissu fibreux. 11 résulte de toutes nos observations , que le tissu fibreux résiste long-temps à la putréfaction. Voici ce que Bichat avait déjà établi à cet égard. Quand on fait macérer ce tissu , il se ramollit , sa densité diminue, mais il ne se boursouffle point comme on l’a dit; ses fibres alors peuvent s’écarter les unes des autres; on voit distinctement entre elles le tissu cellulaire qui les unit. Enfin, au bout d’un temps
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très-long , elles finissent par se changer en .une pulpe mollasse , blanchâtre , qui paraît homogène* Les tendons • sont les premiers à céder à la macération ; viennent ensuite les aponévroses : parmi eèlles-ci, celles qui sont formées par Fépaiipuissement; d’up tendon ^ se ramollissent plus vite que celles qui sont destinées à envelopper les membres J que le fascîa lata par exemple. Les membranes fibreuses , les capsules et les gaines de même nature sont plus résistantes. Enfin , ce sont les ligamens qui cèdent le plus tard à l’action de l’eau , qui tend à les ramollir,* cependant , lorsqu’ils viennent primitivement d’un tendon , comme le ligament inférieur de la rotule , ils sont plus prompts à être macérés. {Anat. gén., t. a, pag.i5,5.)
Os. Presque toujours les os ont une tendance marquée à passer au rose : nous les avons vus d’un rouge lie de vin peu foncé dans certaines parties, après quatre mois jîinq jours observation 1 5®) 5 quelquefois ce¬
pendant ils deviennent verd&tres et même noirâtres. Ces çhangemens de couleur, qui sont en général plus manifestes dans les os longs que dans les nutres, nu s’observent guère que long-temps après la submemon ^ lorsque déjà les os ont été en contact immédiat avec l’eau. Un séjour prolongé dans ce liquide rend aussi les os beaucoup plus friables.
Caî’tilàges. A^rès le tissu osseux, aucun ne résiste autant à la putréfaction et à la macération ; les cartilages peuvent se conserver fort long - temps dans l’eau sans éprouver d’autre altération qu’une légère coloration en jaune, Bîçbat dit, avec raison, qu’il faudrait plus d’un-
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an pour les réduire à cette pulpe mollasse , muqueuse , âuente, où la macération amène la plupart des or*"* ganes.
^^Metjzbranes séreuses. Les merrdjranes séreuses résistent long-temps à la putréfaction ; du moins pouTonsnous assurer qu’elles n’étaient pourries dans aucune des observations que nous avons rappôrÉées ; on peut même dire qu’elles préservent, un ceftdm point ^ ieii'à. putréfaction, plusieurs des organes qu’elles enveloppent d’une manière serrée. Dans certaines circonstances, elles se dessèchent. Nous n’avons pas vu sans étonnement, sur des eadaviCs qui avaient séjourné de trois à cinq mois dans l’eau, la plèvre, le péricarde éf le péritoine, desséchés et endurcis comme dû parchefniiï, sans que nous ay OrUs pu nous rendre raison du phénomène quelquefois les cavités formées par ces membranes séreuses endurcies contenaient un liquide sanguinolent; d’autres fois il n’y en avait pas ; il est- donc pas exact de dire cpxe toujours les cavités dont il s’agit offrent une collection de sérosité sangurnolente; cela a lieu , il est vrai , surtout dans la plupart des cas où , les noyés étant restés long-temps dans l’eau ^ le sang a pu transsuder abondamment des vaisseaux , à moins cependant que la durée de l’immersion n’ait été assez prolongée pour que la peau du cou, de la poitrine ou dame partie de l’abdOmen^, ayant été détruite , les liquidesépanchés; dans les cavités séreuses aient pu s’écouler; Biehat avait déjà vu , en soumettant le tissu séreux à Ife macération, combien il était difficile délC réduite en pulpe : la plus mince, la plus fine de ces membranes ,
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dit-il, l’épiploon y a résisté pendant un temps très-long. Les tendons, qui sont si résistans et qui supportent de si grands efforts pendant la vie, étaient déjà pulpeux dans l’éau, que l’épiploon était intact.
Epiploons. Après s’être long-temps conservés, ils finissent probablement par se saponifier. L’épipioon gastro -colique, après un séjour de trois semaines dans l’eau , était verdâtre.; après trois mois et huit jours, il était desséché.^ et brun dans plusieurs points, tandis qu’il était noirâtre après quatre mois cinq jours. L’épiploon gastro-colique était jaune verdâtre et facile à déchirer chez un sujet qui était resté cinq mois huit jours dans l’eau.
Membranes muqueuses. Le tissu muqueux est, après le cerveau , celui qui s’altère le plus vite par l’action de l'eau, d’après Bichat. Il se réi^uit alors en une pulpe rougeâtre très-différente de celle qui se forme pendant la putréfaction du même tissu à l’air. Lorsqu’on fait macérer tout l’estomac,, déjà cette pulpe s’est détachée, que le tissu musculeux et la membrane séreuse n’ont subi que peu d’altération.
Encéphale. La substance corticale du cerveau est la première partie qui se pourrit; elle devient d’un gris verdâtre : nous l’avons vue de cette couleur chez un individu qui n’était resté que huit jours dans l’eau ( voyez observation lo® ) ; la substance médullaire était encore blanche. Quelque temps après, celle-ci acquiert la même couleur; elle était verte chez trois individus, dont l’un n’était resté dans l’eau que trois semaines, et les autres un mois (en hiver), ce qui
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prouve l’inexactitude de l’assertion émise par le docteur Devergie, savoir, que cet effet n’a guère lieu qu’à trois mois. ( Voyez les obs. 12 , i3 et i4-) Assez souvent la partie la plus extérieure de cet organe est d’un rouge plus ou moins foncé , effet de la transsudation du sang des vaisseaux et de l’imbibition cadavérique. Après cinq mois huit jours de séjour dans l’eau, nous avons encore pu distinguer deux nuances manifestes dans les deux substances de l’encépbale. La consistance de cet organe diminue de plus en. plus, au point que nous bavons vu une fois, au bout de trois semaines, couler comme une bouillie épaisse, lorsqu’on l’abandonnait à lui-même après en avoir coupé quelques lambeaux; sa fétidité surpassait tout ce qu’on peut imaginer. Plus tard , il se saponifie : dans l’observation 21®, il était réduit à un volume bien inférieur à celui qu’il a ordinairement, et totalement réduit en’ gras des cadavres ; la forme de toutes ses parties était conservée ; seulement à sa surface existait une matière pultacée d’une odeur infecte ; chez la femme, qui n’était restée que cinq mois huit jours dans l’eau, il n’était paç encore saponifié. Le cervelet subit les mêmes altérations que le cerveau, et en général d’une manière plus prompte. Les méninges se colorent promptement en rouge, en rouge violet, et même en brün , du moins dans une partie de leur étendue ; assez souvent la dure-mère est séparée du cerveau par des gaz qui forment une ou plusieurs vessies quelquefois plus grosses qu’un œuf de poule ; du reste , le tissu fibreux de cette membrane n’est détruit qu’au bout d’un temps fort long. Nerfs. Ils ne subissent au-
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cune altération sensible , même au bout d’un temps fort long. Voici ce que disait Bich^ à l’égard du système nerveux : « La substance cérébrale et celle de la moelle se putréfient avec une extrême facilité quand on les soumet à Taedon réunie de l’air èt de Xeaw; elles prennent alors une couleur verdâtre, et cependant acquièrent de V acidité et rougissent le papier bleu. Ce sont même , je crois, parmi les^ substances animales , celles qui présentent le plus vite ce phénomène. La substance médullaire nerveuse paraît au contraire résister beaucoup plus à la pourriture; les nerfs sont même une des parties del’écGnomie animale lesraoins putréfiables. Pendantla vie, on les trouve souventintacts dansmi membre gangrené, au milieud-’undépôt, ete. : sur le cadavre qui se pôuriit, ils gardent leur blancheur et leur consistance au milieu de la noirceur et du ramollissement général. J’ai observé que l’eau delà macération du système nerveux donne très - peu d’odeur, tandis que celle du cerveau est fétide. Ces phénomènes n’auraient pas lieu évidemment, si la substance médullaire du nerf était aussi putréfiable que celle du cerveau. Cependant il est manifesté que c’est spécialement au névrilèrae que les nerfs doivent cette espèce d’incorruptilailité ; car j’ai observé' qued’op tique ou la substance médullaire prédomine, que Folfactif et l’auditif, qui paraissent dépourvus de ce néyriième; se pourrissent plus facilement que les autres: J’ai remarqué aussi constamment que tandis que là substance blanche de là moelle épinière, se pourrit', sonenveloppe est intacte, » (^Anat% gém, 1. 1,
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Organes de la respiration. Quelque temps après que les eadavres sont dans l’eau, il s’opère un dégagement de gaz dans les poumons , et eeux-ci ne tardent pas à se distendre et à remplir la totalité de la cavité de la poitrine : nous avons vu quelquefois, au bout d’un mois de séjour dans l’eau en hiver, les poumons emphysémateux, au point que lafplèvre^ui les recouvrait était soulevée çà et là par des vésicules grosses comme de petites noisettes. Après avoir été ainsi distendus, les poumons s’affaissent, leur volume se trouve considérablement diminué et leur densité augmentée ; du reste, leur couleur, leur aspect ne^ diffèrent pas de l’état normal. Dans l’observation où le cadavne était resté à peu près un an dans l’eau , ils étaient réduits au i^ième environ de leur volume, et bien conservés; on pouvait les insuffler et les dilater six ou.sept fois autant. Quelquefois les poumons contiennent dans leurs dernières; * ramifications bronebiques une plus ou moins grande quantité d’un liquide semblable à celui dans lequel la submersion a eu lieu : c’est particulièrement lorsque les cadavres ne sont restés que quelques jours dans l’eau; mais encore faut-il ^presque toujours, pour la découvrir, examiner les poumons peu de temps après la sortie des corps de l’eau; autrement elle disparaît promptement. Le larynx ,\ÿL trachée-artère , \es bronches et leurs divisions, conservent leur aspect lisse, mais se colorent très-promptement. Leur membrane interne était d’un rouge- violacé chez -un individu qui n’était resté dans l’eau que huit jours- pendant le mois d^avril; d’autres fois elle est d’un rouge-brun et même
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brune; dans certains cas, nous avons trouvé dans ces conduits des parcelles de matières molles, comme graisseuses, véritables débris de matières alimentaires. Jamais nous n’avons vu d’écume ni de liquide écumeux dans les conduits respiratoires , si les cadavres étaient restés dix ou douze jours dans l’eau; nous n’en avons aperçu que lorsque la, submersion était fort récente, et que les cadavres étaient examinés peu de temps après leur sortie de l’eau. Du reste, nous croyons avoir suf-.. fisamment expliqué ces phénomènes ailleurs. ( Voyez Médecine légale^ tome II, page 34o.) Plus tard, les cerceaux cartilagineux perdent leur élasticité, se déforment, et finissent par se réduire aux fibrô-cartilages, les tissus membraneux intermédiaires ayant été détruits les premiers par la putréfaction.
Organes 'de la circulation. Le ccewrtend de plus en plus à se ramollir; il finit par être tou t-à-fait flasque ; sa couleur sé fonce et passe ^accessivement au rougeviolet et au rouge-brun presque noir, surtout dans l’intérieur des cavités droites et pendant les temps chauds ; quelquefois sa surface, au lieu de rester humide, se dessèche d’une manière remarquable; enfin il se saponifie, notamment dans sa partie gauchè. Chez la femme qui fait le sujet de l’observation ai®, et qui était restée environ un an dans l’eau , le ventricule gauche du cœur presque entier était saponifié, tandis que le droit offrait à peine des traces de saponification; on n’en apercevait pas non plus chez le sujet de l’observation ao®, qui était resté cinq mois huit jours dans là rivière.
Les artères et les veines , mais surtout ces dernières,.
contiennent du sang 5 elles sont le siège d’un développement considérable de gaz ( voyez observation 17®) qui ne tardent pas à déterminer la transsudalion du sang à travers leurs parois, et à les colorer en rouge, en violet ou en rouge-brun ; d’où il suit que cette coloration sera plus intense dans les portions des vaisseaux où il y avait plus de sang et où il s’est dégagé plus de gaz. Nous avons vu, cbez un individu qui était resté plus de quatre mois dans la rivière, la veine cave et l’aorte abdominale peu colorées , tandis que chez d’autres sujets qui n’étaient restés dans l’eau que deux ou trois semaines , ces vaisseaux étaient fortement colorés. Indépendamment de cette coloration, les artères et les veines se ramollissent, deviennent flasques, et leurs parois s’affaissent à la longue ; alors elles ne contiennent plus de gaz; plus tard les artères 'finissent même par se saponifier, tandis que les veines acquièrent plus de densité. Cfiez la* femme qui était restée dans l’eau pendant un an environ ( voyez observ. 21*^), les artères offraient une tendance à la saponification , tandis que les veines présentaient un tissu serré, résistant, et paraissaient avoir acquis plus de solidité. Bîchat, après avoir établi que les artères exposées à l’air se pourrissent presque aussi difficilement que les cartilages et les fibro-cartîlages , dit que l’eau dans laquelle ont macéré des artères exactement isolées de tout tissu voisin, n’est pas fétide; en comparant cette eau à celle qui a servi à la macération des muscles , la différence est trancbante. Une preuve manifeste de la résistance des artères à la putréfaction et à la macération, c’est
€e qu on observe dans les viscères qui ont long-temps macéré où qui sont pourris, comme dans le foie, la rate, les réins. Dans l’un et l’autire cas, dans le premier surtout, ces viscères se trouvent réduits à une espèce de putrilage. Eb bien! leurs artères ont conservé leurs tissus encore très-durs , dans le ramollissement général. Sur le vivant , ces vaisseaux-j sont aussi infiniment moins susceptibles de putréfaction que la peau, le tissu, cêllulaire , etc. Le tissu veineux se pourrit plus facilement que l’artériel , mais bien moins que d’autres;, par exéinple , que le musculaire. L’eâu où il a macéré isolément est beaucoup moins fétide que celle où une portion égale de tissu musculaire aurait séjourné. ( Anat. génér. , tome pag. 286 et 409* ) "
^ Sang, . Là quantité de sang contenue dans le cœur et dans les, gros vaisseaux varie beaucoup ; toutefois, elle n’est pas, très-considérable, et nous n’avons jamais, pu vérifier cette distension des ventricules du cœur et des vaisseaux par le sang, dont parlent les auteurs : à l’ouverture des cadavres qui avaient long-temps séjourné dans l’eau , nous avons toujours vu les cavités du cœur et celtes, des gros; vaisseaux entièrement ou: presque entièrement vides; du. reste, le sang est d’un rouge-brun, noirâtre , et presque toujours Gette fluidité en
effet manque rarement chez Tbomme ; une fois seulement, dans nos nombreuses ouvertures de noyés, nous avons trouvé quelques caillots fibrineux dans le -sang.
^ Organes de la tligestîon. Le cariai digestif est décoloré chez les noyés qui ne sont pas restés long-temps
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dans l’ean ; mais il ne tarde pas à rougir, au point qu’il suffit quelquefois d’un séjour de deux ou trois semaines dans la rivière pour que Y estomac soit d’un rouge violacé ou même d’un brun violet ( obsery. i5®);
cette rougeur, qui s’étend bientôt à toutes les tuniques du viscère, pourrait en imposer d’autant plus pour une phlegmasie , que dans plusieurs de ses points il existe un emphysème sous-muqueux, emphysème que l’on a par conséquent trop exclusivement considéré comme le résultat d’un travail inflammatoire. Nous avons vu, dans un cas, la portion de péritoine qui revêt la face supérieure de l’estomac soulevée par des gaz, au point de présenter une balle de la grosseur d’un œuf. Les intestins subissent les mêmes altérations que l’estomacf mais en général elles se manifestent plus promptement dans les intestins grêles que dans les autres. Tous ces viscères finissent par se rahaolljr, deviennent grisâtres" et se détruisent. Chez la femme qui était restée un an dans l’eau ( voyez obs. 21®), l’estomac et toute la couche superficielle des intestins étaient détruits j il ne restait que des cavités peu distinctes les unes des autres. Les intestins profonds étaient conservés et contenaient encore des matières fécales.
Organes glanduleux. Avant de parler des organes glanduleux en particulier, il ne sera pas inutile de mentionner les principaux résultats obtenus parBiehat. Les glandes, dit-il, cèdent diversement à l’action de l’eau : le foie y résiste plus que k rein, qui, au bout de deux mois d’expériences faites dans des vaisseaux placés dans des caves , a été réduit en une bouillie rougeâtre na-
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géant dans l’eau , tandis que le premier conservait , à la même époque et un peu plus tard, sa forme, sa densité, et avait seulement changé sa couleur rouge en un brun bleuâtre, caractère opposé à celui du rein, qui reste dans la macération tel qu’il est. Les glandes salivaires contiennent beaucoup de cette substance blanchâtre, onctueuse et assez dure, que présentent toutes les parties celluleuses long-temps macérées ( grâs des cadavres) ; ce n’est pas le tissu glanduleux qui a changé, mais uniquement la graisse contenue dans la cellulosité ici très-abondante. ( Anat, gènér. , tome II , page 58o. )
. Foie. Le foie se rairiollit de plus en plus, ce qui empêche de bien distinguer les diverses substances qui le composent ; sa couleur se fonce aussi et présente diverses nuances^ suivant qüe le foie était primitivement ' de telle ou telle autre couleur. Nous avons souvent vu, après trois mois de séjour dans l’eau en hiver , sa face supérieure desséchée dans une assez grande étendue , offrant çà et là des plaques blanchâtres semblables à* de la moisissure; d’autres fois et plus tard, c’était une matière granulée, comme desséchée , d’un blanc assez éclatant ou d’un blanc jaunâtre, ayant l’aspect du gras des cadavres ; ces matières existaient aussi , mais moins abondamment, à l’intérieur de l’orgâne, dont la con- . sistance était diminuée au point de se laisser déchirer très-facilement T la membrane péritonéale qui le recouvre était soulevée par des gaz , et formait quelquefois des -ampoules très-volumineuses. La 'vésicule du fiel se conserve long-temps , blanchit quelquefois , et devient souvent emphysémateuse. La rate tend aussi à '
se ramollir, à se foncer en couleur et à devenir emphysémateuse : dans un cas, nous l’avons vue très-desséchée à l’extérieur , et aussitôt qu’on cherchait à la séparer elle se déchirait et se réduisait en une sanie rougeâtre ( -z/o/cjs observation 17®); chez l’individu qui était rest^ pendant quatre mois cinq jours dans l’eau, elle était lie de vin à l’intérieur et réduite en bouillie. Le pancréas aussi se fonce en couleur, devient violet , perd de sa consistance , et n’offre plus de granulations distinctes, •
Organes ui'inaires. Après trois mois de séjour dans l’eau en hiver, nous avons toujours vu les reins d’une couleur plus foncée, quelquefois même bruns; leur consistance était tellement diminuée qu’on les déchirait avec la plus grande facilité, et l’on ne pouvait plus distinguer les deux substances qui les composent..Les deviennent rouges d’abord, puis d’un brunviolacé. La vessie se conserve long-temps sans altération , puis sa membrane muqueuse devient rosée, rouge, violette, et se soulève par des gaz qui se dégag-ent dans le tissu cellulaire sous-muqueux. Nous n’âvons jamais remarqué ces altérations pendant le premier mois du séjour des cadavres dans l’eau.
Organes génitaux. La matrice tarde beaucoup à perdre sa consistance; sa couleur devient également rouge violette.
Après avoir fait connaître les altérations successives que présentent les divers tissus qui se pourrissent dans l’eau à une température moyenne, nous croyons devoir indiquer, d’une manière^uccincte, les faits les plus remar-
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