‹ Traité de médecine légale, suivi du traité des exhumations juridiquesChapitre 16 sur 25 · TEA.1TE · texte numérisé non relu

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quahîes observés par le docteur Güntz, en plongeant des enfans nouveau-nés dans de l’eau très^froide et dans le même liquide chaud. ^

Action de V eau froide. Si l’on placé dans l’eau qui est sur le point de se geler, ou qui est déjà en partie glacée, le cadavre d’un enfant qui vient de mourir, l’eau pénètre promptement dans les oreilles , dans la bouche et dans les hârinés; il se dégage des bulles d’air, et, quelques ihstans après , la xôideur cadavérique se ma- . nifeste et ne tarde pas à s’emparer de toutes les parties; le corps paraît gelé ét immobile au fond du liquide et aü milieu de la glace. Une heure après la submersion, le doigt, appliqué sur la peau, n’y laisse aucune impression; le thorax cède légèrement, le ventre a encore moins d’élasticité; les cartilages des oreilles, du nez, et le cordon ombilical , ainsi que le pénis , sont si fragiles, qu’ils se brisent par ùn choc un peu brusque et restent dans la glace ;, les membres s’arrachent en entier, si' on essaie de fléchir violemment leurs articulations.

Le corps a perdu beaucoup de son volume ; le globe oculaire et le scrotum paraissent surtout bien diminués ; la diminution est moins sensible dans les autres parties. Le poids du cadavre , débarrassé de la glaee qui adhère à sa. surface, est aussi moindre qu’avant la submersion. La p^u est blanche, luisante, et marquée ça et là de taches brillantes ; on voit rarement des parcelles colorées en rouge pâle. La cornée , qui n’est pas encore tout-à-fait terne , permet de voir l’iris à travers ; le cercle de la, pupille, d’une grandeur ordinaire , est gris noir ; les lèvres sont d’un rouge pâle , les bords

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des gencives d’un rouge clair , l’émail des dents blan-^ jchâtre , et le dos de la langue rouge pâle , tandis que sa face inférieure est d’un gris bleu; les mamelons sont bleuâtres, le cordon ombilical nacré, et tacheté dé points d’un bleu foncé; sa surface incisée offre une couleur rouge clair ; le pénis , le scrotum et la peau des grandes lèvres sont d’un blanc rougeâtre ; les ongïés des doigts sont d’un violet pâle ; ceux des orteils ont une tednte plus claire ; les bouts des dernières phalanges offrent souvent une nuance de sang clair.

Le cadavre ne répand point d’odeur; la température est à zéro ou au-dessous. Le scalpel ne peut diviser ■qu’avec beaucoup de peine , et , si l’on emploie un instrument plus fort , on voit que toutes les parties intérieures sont roides et luisantes ; des fragmens de glaçons, quelquefois colorés en rouge, se déposent sur les bords des parties incisées et les rendent brillantes. La circonférence de tous les organes est diminuée. Le cerveau se rompt facilement par petits fragmens , et offre des fissures irrégulières qui paraissent partir des ventricules. Le thymus , un peu plus dur que les autres viscères , n’a presque pas diminué de volume. Le péricarde -adhère au cœur et se déchire quand on veut l’en séparer; le cœur contient souvent beaucoup de sang congelé. Les poumons qui n’ont pas encore respiré sont très-petits, durs, unis, et se précipitent rapidement au fond de l’eau ; quand au contraire iis ont respiré , ils remplissent la cavité pectorale , sont granuleux à la surfiice, tendus, élastiques, et surnagent, quoique difficilement. Le diaphragme est ridé et pré-

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sente des enfoncemensdu côté du ventre; celui-ci nest ^pnflé que lorsqu’on a introduit des alimens dans i’estomae après la naissance ou lorsqu’il s’est dégagé des gaz; dans le cas contraire , les intestins sont affaissés, et forment aux endroits qui contiennent du méconium <les cylindres durs et élargis. Le foie e^st volumineux, plus convexe qu’à l’ordinaire ; les bords des lobes, droit et gauche, sont un peu plus courbés; sa face concave est luisante à raison des gouttelettes de sang qui se sont congelées. Là cavité de la vésicule biliaire est fortement ridée. La rate est arrondie , tendue, dure; le pancréas facile à déchirer; les reins sont consistans et roides; les parties génitales internes sont un peu dures et moins volumineuses. -

La couleur Aes viscères est en général plus claire que si le cadavre eût été exposé -à l’air. Le derme est d’un rouge blanc. La graisse est d’un blanc jaunâtre," les muscles d’un brun clair, les os d’un rouge clair, excepté les pariétaux qui sont d’un rouge tirant sur le bleu; les cartilages sont blancs, légèrement rosés en plusieurs endroits. Là substance corticale du cerveau est blanche ; la substance rnédullaire est d’un jaune brunâtre, et couverte de points rouges; la moelle épinière et les nerfs sont d’un blanc rougeâtre. Le cœur, couleur de chair, tire cependant un peu sur le rouge; les poumons qui nont pas encore respire sont d’un Touge bleu, et d’un jaune clair si la respiration a eu lieu. L’estomac et le canal intestinal sont d’un rouge pâle, marqués çà et là de taches jaunes provenant de la bile ; le foie est brun foncé , bleu noir, et marqué en

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jaune j la vésicule biliaire est d’un jaune foncé et d’un blanc rougeâtre. La rate est noire ou bleue ^ le pancréas est d’un rouge blanc, la surface des reins d’un blanc brunâtre. Toutes ces parties renferment du sang gelé, d’un rouge fcuîcé , <jui passe au rouge clair par le dégel, La durée de cette période est indéterminée.; tant que le corps est dans les mêmes conditions, il ne change point d’état^ on n’observe donc pas les, périodes ultérieures de la décomposition. Mais si le' cadavre est en outre sous l’influence de quelques agens mécaniques, tels que des glaçons mobiles, des animaux voraces , etc., il éprbuve des chahgemens notables les: glaçons détachent quelques fragmens des parties moilés, quelques doigts , quelques orteils et même des membres entiers; ils compriment les parois des trois cavités, les percent^ et finissent par broyer les ©s. Les animaux aquatiques et voraces enlèvent les parties, charnues. Le courant contribue également à détruire la connexion des diverses parties et à-.les disséminer; il élève le cadayre du fond de l’eau , et il l’entraîne plus ou moins haut avec les plaçons. , ^

Jction de Veau très-chaude. Quand on verse de l’eau très-chaude sur le corps d’un enfant pôuyeau-né , que l’on laisse dans ce liquide, j usqu ’à ce que la température ne soit plus que de 30“ R. , on remarqué que l’épiderme se soulève et se détache facilement, qu’il est ridé, rétiforme, surtout là où la chaleur a exercé sâ. principale influence ; les poils peuvent être . faéil^ent srrachés; les cheveux ne sont plus solidement ira.plantgs.; lesos du crâne peuvent être déplacés; la fontanelle , frontale est

Ihôlîe^ lès èàÿtilagès 4és oreilles et du ‘ nez sont souples et les paupières toujours ouvertes ; les yeux sont lâcheïûerit maintenus dans les orbites ; le cordon ombilical est très'iràiuolli , l’anus leèlâcbéj et les articulations trèsinobiles. Lés ongles des doigts et deS orteils tiennent encore solidenaent par leurs racines.

Le cadavre èxbale une légère odeur de gibier trempe dans l’eau bouillante^ et îie présente point de tatbes eadavérïquës; il est d’un blanc jaunâtre, rouge dans Quelques endroits; les points du réseau èutané soulevés dïent stir le blanc dê lait ; les yeux ont p^du leur éclat; les bords des lèvres sont d’Un rouge brun clair ; la langue ^ les parois de la boücbe sont brunâtres; le cordon oftïMlîcal est d’un blanc sale , sans aucune tacbe bleue; lés ongles des doigts sont d’un gris pâle , et blancs aux extrémités ; ceux des orteils sont blancs. En ôuvrantle oorps, oU voit que 'toutes les parties sontdans un état de flaccMifeé remarquable ; c’est mèmè à ce seul catâC' ‘têré qu’oh peut les distinguer de celui d’un mrfant bOuvëau-itïé ; ‘mort depuis peu de temps.

L’eau dans laquelle le corps a été plongé est d’ttn i^Uge pâle , trouble et mêlée de cheveux.

: fQiMîid, UUlieU d’à^r ainsi j étifàit hôvzlUr lè câdâVre 'pendant -Une yeMt-feM/e dans l’eau , l^épiderme se dé- Mehèptn gràuds lambeaux d’un blanc de lait ; le corps, àont leà parties pâfUiSseat avoir moins de cohésion, U ecfiiiseryé 'sês formes j quoique cependant la tète soit |àss ai^ufeusè, -le menton et lèâiez aplati; mais ceei dépend de la pression exercée par les parois du v^e; les cbevêtix s’arrachent avec facilité; les poils -sont

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en partie suspendus dans l’épiderme détaché , en partie légèrement implantés dans le derme ; les 04 de la tête se déplacent avec peine- Les deux oreilles, et même les cartilages du nez. adhèrent faiblement à; leurs points d’insertion. Le ventre est flasque , le cor-don ombilical et l’anus relâchés, les articulations îrès^ mobiles : le derme reçoit facilement et conserve les. impressions du doigt; aucune partie du corps, n’est élastique. Les parties, dépouillées d’épiderme, sont d’un jaune gris, clair, entremêlé de rose et uaême de rougeâtre ; les parties colorées sont d’un blanc grisâtre, les lèvres d’un brun clair, les parois de; la cavité buccale et la langue d’un brun encore plus clair , les ma-^ melons d’un rouge brun clair. Le çadavrè ne répand aucune odeur désagréable,

L’#au dans laquelle le corps avait bouifli était trouble et tirait sur le rouge; en en inettant un peu dans un verre , on voyait de la graisse et de l’écume surnager,, des grumeaux de méconium se précipiter, des cheveux et des poils rester mêlés avec le liquide-

Quand, après avoir examiné rapidement les corps que l’on a fait bouillir pendant une demi-heure avec l’eau , on les plonge de nouveau dans ce liquide bouillant, et quon prolonge l’ébulhtjon pendant une heure, et demie , en ayant soin de renouveler l’eau à mesure quelle s’évapore , on remarque que la surface de l’eau est épaisse, écumeuse, mêlée de graisse, de cheveux, de fragmens d’épiderine , de. sang, de mucus, et même de quelques parcelles de tissu cellulaire. Ipin essayant de retirer le corps ? on voit que ses formes , sont consL

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dérablëiîi<mt changées et en partie détruites; la tête se détache ; le cuir chevelu se déchire en plusieurs endroits ; les commissures membraneuses sont déchirées, et livrent passage à des lambeaux delà dure-mère et du cerveau, qui est ramolli et d’un blanc grisâtre, excepté vers les parties' internes qui sont rougeâtres. L’oreille droite et le nez n’existent plus. Les ouvertures des paupières et de la bouche ressemblent à de longues fentes étroites; la langue est petite et épaisse. Les tégumens et lesmusdes sont déchirés obliquement sans être frangés.; les artères proéminentes sur les parties déchirées, comme des pointes tuberculeuses, longues d’un pouce ; les vertèbres sont séparées dans un ou plusieurs endroits , et l’on voit sortir une j)ortion,de l’enveloppe delà moelle épinière. La cavité pectorale est ouverte; l’on aperçoit des déchirures profondes et transversales qui pénè trent jusqu’aux muscles intercostaux. L’ahdomen, tiraillé et affaissé , était fendu depuis le nombril jusqu’à la région pubienne; q^tte fente donnait issue à une partie des inï-estins en bouillie et à du méconium; il n’y a plus ni cordon ombilical ni scrotum ; le pénis est réduit à un petit bouton, et l’ouverture de l’anus remplit l’espaee, limité parles ligamens sous-sciatiques. liCS extrémités supérieures sont presque dépouillées de parties molles; la main droite et les doigts de la main gauche n’existent plus, et l’on ne trouve dans l’eau que les noyaux ossifiés des os qui les formaient. Les extrémités inférieures, presque entièrement dépourvues de parties molles , ont éprouvé des altérations encore plus considérables. La jambe droite est séparée de la

cuisse ; l’extrémité gauche , dont îe pied n’exîste plus , s’est détatdiée de la cavité cotyloïde au moment où l’on a retiré le corps de l’eau. La plus légère- traction suffit pour désunir les. articulations. Les épiphyses cartilagineuses sont détachées de quelques os^ notamment de ceux qui ne tiennent plus à l’ensemble. Les muscles j. presque complètement dissous, ne présentent que eà et là un peu de solidité et une structure fibreuse i le derme et le tissu adipeux sont séparés des muscles , et comme renversés dans plusieurs endroits. Le cerveau, les nerfs et les gros vaisseaux sont assez consistans , surtout si on les compare aux autres parties.

Les couleurs, sont en général plus pâles que lorsque l’ébullition n’avait diiré qu’une demi-heure; l’épiderme est gris jaune , les muscles brun clair, et les os gris jaune. A l’intérieur, on voit que les poumons, le foie et la rate ont été dissous, et comme fondus; que le thymus et les reins sont durcis et tenaces; que îe diaphragme est réduit à son aponévrose centrale , et que tout le sang a été enlevé par. l’eau.

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