‹ Traité de médecine légale, suivi du traité des exhumations juridiquesChapitre 24 sur 25 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

De l’ulilité des exhumations dans les questions médico-légales relatives à la détermination du sexe , de l’age et de la taille des individus.

Sexe. Plusieurs mois après l’inhumation , et quelquefois même un ou deux ans après , on peut encore reconnaître le sexe à l’inspection de -la barbe et • des organes génitaux; à la vérité^ces derniers organes peu^ vent avoir subi un degré de dessèchement et d’aplatissement tel, qu’il soit difficile au premier abord de distinguer le sexe , et qu’il faille séparer et disséquer attentivement les diverses parties. Plus tard , lorsque déjà le cadavre est réduit au squelette, il ne reste d’autre ressource pour résoudre le problème que l’inspection des os.

Chez la femme, la tête est plus petite, plus arrondie ; le tronc surtout, le col et lés lombes plus longs, et les cuisses plus courtes, en sorte que la moitié de la hau^ leur du corps ne correspond, plus , comme chez l’homme, aii puhis mêmcj piais au-dessus. Le thorax et le hassin sont plus évasés que chez l’homme; ;ce dernier est moins haut, plus circulaire et plus inchné sur le rachis. Les membres sont plus petits, plus arrondis; les genoux plus rappTOchés^; les os plus petits et d’un tissu moins compacte; leurs aspérités^ font moins de saillie.

^ge. Tant que le cadavre n’est pas assez pourri pour

TRAITÉ

qu’il ne soit plus permis de constater l’état des parties molles, on résoudra les -questions relatiyes à l’âge, en ayant égard à l’état de ces parties, notamment du cordon ombilical ^ de la peau , du cœur, etc. ; la stature, les dents, les cheveux et la barbe pourront aussi fournir des caractères quelquefois importans. Quand il ne reste plus de parties molles , on est obligé de cbercher a résoudre le problème d-après l’état plus ou moins avancé ds^ l’ossificatioUy ' d’après l’état des dents, la forme dé d’és bîaxillaire inférieur, etc. ( F’ le tome ï.P^de \at Médecme I4geà& par Tun ;dè lions,

■ Taûlè. Lorsque ^ déj ày fati suite de la putréfaetiôB , les os sont désarficttlés>-kjùe lie squélétté ne forme plus .nn tout , il est impôs^le de 'mesurer la tailla des individuSi Mous à vous pebsé qu’il serait utile de détérminensunnn grand Udtnbïe^ d'e-süjëts les longueurs de chacun des os des membres , celle des extrémités, et nelîfi du tronc depuis le- Vçrtei jusquà la symphyse du pubis. ; Moms avons dressé les deux tableaux ei-joints"; le: premier comprend 5 r Cadavres dont lès' mesurés oun été pFises avec le plus gmnd soin j le second rerifeime les mêmes mesutésprises sur 2O squelettes d’adultes;^ y les squelettes son témoins longs que les cadavres doù ils pro^enuméj. et en général là dîminution de longueuripeUf être'estimée d’un pouce et

îi) M. le docteur ChamBroty a bien voulu se charger de cette partie de notre travail, et nous nous èrà pressons de ïiii en'lémeigner tous nos reinetkiimens. '

demi à, deux pouces; en sorte qu’il faudrait ajouter un pouce et demi à deux pouces à k longueur totale de chacun des squelettes , pour avoir la longueur des sujets qui les ont fournis. Nous ne tirons aucune conséquence, aucune moyenne des données indiquées dans ces tableaux, parce que nous craindrions qu’on ne nous accusât de vouloir préciser en quelque sorte mathématiquement la taille d’un individu , d’après la longueur d’un ou de plusieurs os ; néanmoins nous sommes certains qu’il sera possible, dans le plus grand nombre des cas, en consultant ces tableaux et en ayant surtout égard aux longueurs du fémur et de l’humérus, d’arriver assez près de la vérité.

Hâtons-nous de dire que déjà Sue avait commencé un travail de ce genre , et qu’il était parvenu aux ré- "siiîtâts suivans :

Enfant Æ un an^ dont la grandeur était d’un pied dix pouces et demi. Longueur du tronc, treize pouces six lignes ; des extrémités supérieures , neuf pouces; des extrémités inférieures , neuf pouces.

Enfant de trois ans ^ dont la grandeur était de deux pieds neuf pouces et quelques lignes. Longueur du tronc, dix-neuf pouces environ; extrémités supérieures, quatorze pouces; membres abdominaux , quatorze pouces et quelques lignes.

Erfant de dix ans , dont la grandeur était de trois pieds.huit pouces six Hgnes. Longueur du tronc, deux pieds ; extrémités supérieures , un pied sept pouces ; membres abdominaux, un pied huit pouces six lignes.

Sujets de quatorze ans , de quatre pieds sept pouces.

TRAITÉ

Longueur du tronc, deux pieds quatre pouces ; extré^ mités supérieures , deux pieds six lignes ; membres abdominaux , deux pieds trois pouces.

. Sujets de 'vingt à vingt-cinq ans , de cinq pieds quatre pouces. Longueur du tronc , deux pieds huit pouces^ extrémités supérieures, deux pieds six pouces; extrémités inférieures , deux pieds huit pouces.

Vers l’âge de vingt à vingt -cinq ans, le bord supérieur de la symphyse des os pubis, ajoute Sue , fait précisément le point du milieu entre le sommet de la tête et la plante des pieds : avant cet âge, ce centre varie continuellement. Les sujets de trente et quarante , ceux de cinquante et soixante , ne présentent aucun changement dans la grandeur des proportions , si ce n’est dans certains os particuliers ; en sorte . que le rapport se conserve tel qu’il était à vingt ou vingtrçinq ans ., à moins que l’épine du dos ne se courbe, comme on le voit dans .la vieillésse. (Sue, les Proportions du squelette de V homme ^ tome II des Mémoires présentés à ï Académie royale des sciences f année i^55.)

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