S. III
Putréfaction des cadavres des vieillards et d’un adulte, enveloppés d’une serpillière ou d’un diap , et enterrés au cimetière de Bicêtre , dans des bières de sapin neuf d’un pouce d’épaisseur.
OBSERVATIOX
X . . , âgé de soixante-dix ans , entré à l’infirmerie de Bicêtre le 19 novembre 1827, mort le 6 février 1828, à onze heures du soir, à la suite d’une hyperthrophie du cœur et d’une bronchite , enterré le 8 du même mois , à neuf heures du matin, fut exhumé le 27 novembre de la même année , neuf mois dix- neuf jours après l’exhumation. Le cadavre était enveloppe dans un drap assez Jin^ et la bière qui le contenait était en sapin neuf d’un pouce environ d’épaisseur.
La bière est entière, et paraît neuve; lorsqu’on enlève les clous qui tiennent les diverses pièces entre elles , on voit que la partie interne et inférieure de ses
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parois latérales est humide et d’un jaune bistre : on remarque sur un des ais latéraux une grande quantité de larves blanchâtres, et un enduit d’un brun noirâtre, comme graisseux ; la face interne de la paroi inférieure, sur laquelle repose le corps , est plus humide et singulièrement tachée en jaune , en rouge , en lie de vin et en brun , et contient un é-ès-grand nombre de larves.
Le drap enveloppe tellement le cadavre, qu’on est obligé , pour voir le corps , de couper les fils avec lesquels on avait cousu la toile; celle-ci offre une teinte fauve, plus foncée par places; on y remarque aussi quelques taches noirâtres ; toutefois elle conserve sa couleur blanche au-dessus de la tête et au- delà des pieds , où elle avait été nouée; sa surface externe est presque entièrement couverte de larves d’un blanc jaunâtre , encore vivantes , qui la rendent comme lanugineuse ; lorsqu’on cherche à l’enlever , on voit qu’elle adhère au thorax maissurtoutauxpartiesexternesdesmembressupérieurs et des cuisses. Il y asur la partie qui correspond à la main gauch« quatre lames cornées qui y adhèrent, et qui sont évidemment des ongles : partout où le drap est fortement accolé au corps , on trouve des lambeaux mous, presque poisseux, qui semblent formés par répiderme altéré. La portion de ce drap qui est appliquée sur lé fond de la bière est beaucoup plus humide et plus tachée; les taches brunes, jaunâtres et lie de vin, sont d’autant plus foncées qu’on se rapproche davantage de la tête; la portion qui correspond aux membres inférieurs est en outre recouverte d’une moisissure jau- ^tre;' il existe enfin, dans l’intérieur de cette portion
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du drap, beaucoup de larves qui s’agitent en tous sens , et un enduit graisseux , jaunâtre, semblable à celui dont nous avons déjà parlé. Dans plusieurs parties, ce drap est comme pourri , et se déchire avec la plus grande fecilité.
Extérieur du cadavre. ( V oyez planche 4®- ) Le cadavre , placé sur le dos , est entier et ressemble assez , au premier aspect, à une momie; sa face antérieure est recouverte de parties molles dans presque toute son étendue ; il exhale une odeur particulière, à peine fétide ; il est diversement coloré dans les divers points : ainsi , les membres sont d’un brun violet à leur partie externe , tandis que le tronc est fauve foncé , verdâtre et gris par places ; des larves blanchâtres et brunâtres ,, appliquées sur presque toute la surface du corps,,, donnent à celui-ci un aspect lanugineux; sa face postérieure du cadavre est presque entièrement décharnée ; il ne reste que quelques débris des tégumens et. des muscles ; ces parties molles sont très-minces et se déchirent avec facilité : on aperçoit çà et là des portions brillantes qui sont évidemment le reste des tendons des muscles.,; les fibres de ceux-ci ne sont distinguées qu’avec peine.
La tête , inchnée à gauche , est dépouillée de parties molles dans plusieurs de ses points : la moitié droite du coronal est dénudée ; l’autre moitié est recouverte en bas et en avant d’une sorte de membrane mince brunâtre , se détachant avec facihté , reste évident de la peau , sur laquelle on voit l’empreinte du drap et. quelques poils : la face interne de cette membrane est.
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d’un gris jaunâtre. Sur les autres parties du crâne on trouve çà et là des lambeaux d’une membrane analogue^ mais plus foncée , et plus adhérente au crâne, au moyen du tissu cellulaire; elle est garnie de cheveux blancs : le périoste s’enlève avec la plus grande facilité. Les deux arcades surcilières sont couvertes de tégumens semblables aux précédens, et offrent quelques poils qui n’y sont qu’accolés. Les os propres du nez , ceux de la pommette , et les extrémités supérieures des apophyses montantes des os maxillaires sont presque à nu; les paupières sont entièrement détruites; on voit dans les orbites une masse de gras de cadavres, ayant la forme d’un cône creux , reste évident des yeux et des parties environnantes. Les portions de la face qui sont recouvertes , le sont par Une membrane demi-desséchée ^ d’un jaune-brun , aurdessous de laquelle il nexiste des traces musculaires qu’au niveau des branches de l’os maxillaire inférieur; là, les fibres des muscles sont d’une couleur roussâtre. On trouve des poils accolés sur la peau, au menton et en arrière des joues. Les parties molles qui composent le nez sont entièrement détruites. La bouche est grandement ouverte etdaisse apercevoir un appendice membraneux desséché, mince, aplati, reste de la langue : les alvéoles sont garnies de quelques dents vacillantes que l’on arrache avec facilité; le pavillon de l’oreille est entièrement détruit à droite; à gauche, on peut encore le reconnaître; mais il est très-ramolli, et il n’y a que la partie cartilagineuse.
La capacité du crâne est remplie dans les deux tiers environ ;da substance àxi cerveau diffluente , d’un gris
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verdâtre, très-fétide, présente cà'et là quelques stries blanchâtres et d’un rose lie de vin. Il est impossible de distinguer les différentes parties qui composent eet organe. La dure-mère est parfaitement reconnaissable.
On trouve encore les enveloppes de la moelle épinière ;m&\s il ne reste que fort peu de cette moelle, qui est grisâtre, diffluente et très-fétide.
Col. La tête tient au eol par une assez grande quantité de parties molles desséchées. En avant, on distingue bien la saillie du larynx , qui est entièrement recouvert par une membrane desséchée , brunâtre , audessous de laquelle il est impossible de découvrir aucune trace musculaire : les, membranes crico- thyroïdienne et thyro -hyoïdenne existent encore; les cartilages thyroïde et cricoïde sont entiers et comme vermoulus; il ne reste plus que des débris des aryténoïdiens.
La trachée-artère conserve sa forme et esf parfaitement reconnaissable ; elle est d’un vert noirâtre à l’intérieur comme à l’extérieur; une membrane mince, semblable à celle qui recouvre le larynx , est appliquée sur la trachée-artère. On n’a pas trouvé de corps thyroïde : les parties molles du reste du col sont formées de feuillets membraneux et celluleux, grisâtres et presque secs; toutefois, en arrière, ces feuillets sont humides et comme graisseux.
Thorax. Le thorax est recouvert par des tégumens et des restes de parties molles , excepté au niveau des cartilages des deuxième, troisième et quatrième côtes gauches, et des troisième et quatrième droites; les carti":
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iages des trois premières côtes asternales gauches sont également à nu : la portion tégumentaîre qui correspond au sternum est d’un jaune - brun moucheté de blanc ; ce qui est dû. à une infinité de petites larves et à des petites taches semblables à des lichens. Les parties latérales du thorax sont d’un brun verdâtre , également piquetées de blanc , mais moins que la partie moyenne ; du reste, ce thorax n’est affaissé que dans sa portion sternale. En arrière j presque tous les espaces intercostaux sont à jour, et la partie postérieure des côtes qui correspondent au foie est imprégnée d’une matière noire çomme du cambouis , semblable à celle, qui colore cet organe. ( Voyez plus bas. )
Les parties molles qui recouvrent les os du thorax se réduisent d’abord à une membrane au-dessous de laquelle se trouvent des léuillets couleur d’amadou, faciles à séparer les uns des autres , quoique dans certains points ils offrent assez de consistance j plus endedans on distingue aussi, et toujours sous forme de membrane , deux -couches musculaires , ainsi que la plèvre costale : les côtes sont recouvertes de leur périoste , qui est desséché et facile à enlever. Le thorax est presque entièrement vide. Les poumons , appliqués sur les parties latérales de la colonne vertébrale , constituent deux masses aplaties , d’épaisseur inégale dans les différens points, mais n’offrant que qumre lignes environ dans la partie la plus épaisse , de couleur jaune foncée , tachetées de noir à l’extérieur , et même d’une couleur semblable à celle de la boue des égouts dans la portion qui est appliquée sur les parois thoracique^;
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leur consistance est moUe, leur odeur assez fétide, et leur surface parsemée de petits points blancs formés par des larves : lorsqu’on les coupe, on aperçoit l’orifice des gros troncs bronchiques et des vaisseaux pulmonaires : ces organes nagent sur l’eau et ne sont plus crépitans.
Le cœur, singulièrement ramolli et affaissé , conserve assez de sa forme pour qu’on puisse y distinguer facilement toutes les cavités ut les parties qui le composent; il est très-fétide : il est vert et rosé , violacé par places à l’extérieur, tandis qu’il est d’un vert- bouteille noirâtre à l’intérieur des cavités droites , et d’un vert un peu moins foncé dans les cavités gauches : les colonnes charnues qui tiennent aux parois du ventricule gauche sont d’un rouge-brun violacé. On aperçoit à l’intérieur, comme à l’extérieur du cœur, et çà et là, des petits points blancs non adhérons qui sont des larves. 12 aorte thoracique, très-distincte, quoique ramollie, est d’un rouge brun à l’intérieur, et renferme une petite quantité d’un liquide rouge foncé , qui paraît être du sang liquéfié : on peut facilement séparer les trois membranes qui la composent. La face interne des portions des côtes qui avoisinent la colonne vertébrale est enduite d’unecoucbe noire semblable à celle qui colore la face correspondante des poumons. Du reste , il n’y a aucun liquide épanché dans le thorax.
Abdomen. La paroi abdominale antérieure est entière , mais tellement déprimée , qu’elle paraît appliquée sur la colonne vertébrale dans sa moitié inférieure ; les flancs sont également déprimés : de cette disposi-
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tion résulte un creux très-prononcé , à partir de l’appendice xyphoïde jusqu un peu au-dessous de l’ombilic; la coloration de la partie moyenne et des parties latérales de cette paroi est semblable à celle du thorax. En arrière , sur les côtés et inférieurement , les parois abdominales sont détruites.
L’abdomen ouvert, on aperçoit au devant et sur les côtés de la colonne vertébrale une masse comme feuilletée , desséchée à l’extérieur , et presque demitransparente , dans laquelle on distingue assez facilement l’estomac et les intestins ; l’extérieur de cette masse est d’un blanc jaunâtre, semblable à des boyaux à demi desséchés; on y voit quelques petites larves; l’intérieur est plus humide. La membrane muqueuse de l’estomac et d es intestins , d’un gris blanchâtre , nullement injectée j facile à détacher, offre à peu près l'aspect naturel : on y trouve çà et là quelques petites larves non adhérentes; toutefois, une portion delà membrane interne des intestins grêles est teinte en jaune par delà bile; le rectum est distendu par des matières fécales. Il est évident , d’après ce qui précède , qu’une substance vénéneuse contenue dans ce canal digestif au moment de la mort, aürait été facilement retrouvée lors de l’exhumation. 'Lefoié est encore reconnaissable parla place qu’il occupe , plus que par sa forme et sa structure ; il est aplati , ramolli, de couleur noire, semblable à celle de la face postérieure des poumons; on n’y distingue plus les substances qui le composent; mais on voit çà et là, en le coupant, les ouvertures de quelques vaisseaux. La vésicule du fiel amincie, ratatinée, ne saurait
être méconnue , et présente intérieurement la couleur jaune et l’aspect qui lui sont propres. On trouve sous le péritoine , dont il ne reste que quelques débris , une matière graisseuse brunâtre, semblable à du vieux oing, qui paraît être le résultat de la décomposition des muscles et du tissu cellulaire graisseux des parties environnantes. Au milieu de cette masse, sont comme ensevelis les reins , sont très-ramolbs, violacés, et dans lesquels on ne peut plus distinguer les diverses substances. IjS. rate est tellement fluide, qu’elle ne forme plus un organe.
Organes génitaux. Le sexe est très - reconnaissable. Le scrotum est raccourci, desséché, comme membraneux, de couleur brune; les testicules à moitié détruits peuvent encore être reconnus par la manière dont ils sont attachés aux cordons , et parleur position ; mais ils ne présentent plus la structure qui leur est propre. La verge est aplatie , desséchée ; à la place des corps caverneux, on ne trouve que des filamens celluleux entrelacés, formant ainsi des cellules, au-dessous desquelles est placé l’orifice du canal de l’urètre. Le pénil est garni de poils rouxi
Membres. Les clavicules sont recouvertes par une membrane mince presque sèche , d’un brun d’autant plus foncé qu’on l’examine plus près de la partie externe de ces os. Les articulations du bras avec le tronc ne tiennent plus que par une sorte de membrane épaisse formée par la peau et par les parties molles sous-jacentes, dont on ne peut plus reconnaître la structure musculeuse. Les bras , placés à une certaine
distance du tronc, sont violets à leur partie externe: au fond du vide qui les sépare du tronc, on trouve une grande quantité de larves qui forment sur le drap une couche à peu près d'un pouce d’épaisseur : on remarque à la partie inférieure de ces bras une couche assez épaisse de parties molles , très-humides et trèsfétides , d’un rouge foncé, offrant encore l’aspect musculaire,- on y voit aussi des portions tendineuses, peut-être iin peu moins brillantes et nacrées que dans l’état naturel. Rien, dans ces organes , n’annonce d’une manière évidente la présence du gras des cadavres. L’avant-bras droit est appliqué en partie sur les côtés du thorax et de l’abdomen; le gauche est libre; l’un et l’autre sont colorés en brun violet, et tachés de gris jaunâtre; ils sont presque entièrement recouverts de parties molles , comme desséchées , réduites à un petit volume, et qui, étant coupées, ressemblent assez à du jambon fumé : les tendons ont conservé leurs caractères. Les doigts de la main gauche croisent ceux de la droite, et les deux mains sont appliquées sur le pubis : du reste, elles sont entières, si ce n’est que les ongles de la main gauche sont séparés en entier; elles sont presque entièrement dénudées , surtout la gauche, et de couleur jaunâtre comme les os; les parties recouvertes sont d’un jaune brunâtre, et semblables à des téguraens desséchés. Ces mains tiennent beaucoup aux avant-bras, au point qu’il faut employer l’instrument tranchant pour les séparer.
Les membres abdominaux laissent entre eux un espace au milieu duquel on trouve une couche d’un
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blanc jaunâtre , épaisse de six lignes environ , de consistance caséeuse, recouverte de larves grises et de cette matière comme lanugineuse, dont nous avons dit que le drap était enduit dans plusieurs de ses points, La cuisse droite est presque entièrement enveloppée en avant de parties molles d’un brun violacé, tirant plus ou moins sur le violet; à gauche et en avant, le fémur est légèrement dénudé : on aperçoit encore sur les parties molles de ces régions , et en dehors , la marque de la trame du drap; lorsqu’on incise, on trouve les muscles réduits à un très-petit volume, mous, et de couleur verdâtre ; leurs fibres sont séparées par un peu de graisse , et dans quelques endroits par un liquide fétide, comme huileux. L’articulation coxofémorale est assez fortement maintenue par les parties molles ; cependant le ligament rond se déchire facilement lorsqu’on tire la cuisse en bas. Le tissu cellulaire du jarret et l’articulation tibio-fémorale contiennent une grande quantité de ce liquide huileux fétide dont nous venons de parler ; les ligamens croisés sont trèsreconnaissables , mais faciles à déchirer. Les régions fessière et postérieure de la cuisse sont extrêmement ramollies , et enduites par places d’un liquide comme huileux et d’une substance grisâtre semblable à du fromage pom-ri. On trouve aussi sur la presque totahté de la face postérieure des membres abdominaux une couche de larves qui donnent à ces parties un aspect lanugineux.
Les tibias sont presque entièrement dépouillés de parties molles , et là où l’on découvre encore quelques
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restes de peau sous forme de membranes minces, desséchées, on trouvé au-dessous d’elles, lorsqu’on les racle , des fibres blanchâtres formées par le périoste. Les parties molles sont moins humides que celles des cuisses , si ce n’est tout-à-fait en arrière , où elles sont comme macérées et d’une couleur verdâtre ; en avant et sur les cotés, elles existent sou& forme de feuillets desséchés, entre lesquels on aperçoit une grande quantité de petites larves blanches.
Les pieds tiennent encore aux membres inférieurs par des. parties membraneuses et tendineuses, entièrement desséchées J les os du pied gauche, excepté les phalanges , sont recouverts par ces parties desséchées j ceux du pied droit, au contraire , sont pour la plupart dénudés; ils tiennent faiblement entre . eux, excepté les phalanges qui sont séparées les unes des autres, et qui sont tombées dans le drap qui enveloppait le cadavre. .
Les os se fracturent avec facilité ; leur substance médullaire n’est pas très-desséchée.
âgé de soixante-quinze ans, mort le lo février 1 828, à midi, à la suite d’une pneumonie, qui avait duré(quinze jours , inhumé le ii février 1828 à quatre heures de l’après-midi, fut exhumé le ii avril 1829, àdix heures du matin, quatorze mois après l’inhumation. La bière était en sapin neuf, Æ un pouce d’épaisseur, et le cadavre avait été enveloppé d’une serpillière.
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Bière. La bière est entière , mais en la retirant , le couvercle se fend en deux fragmens ; elle est légèrement humide en haut et sur les côtés , où se trouve un enduit léger de terre mollasse glaiseuse , d’ime couleur grise qui diffère à peine de celle du bois sec ; la face inférieure du couvercle offre une teinte brunâtre, semblable à celle du bois qui se pourrit , mais qui s’étend peu dans l’épaisseur du bois , et qui peut êti'e enlevée avec facilité par le simple grattage ; alors le bois paraît avec la couleur qui lui est naturelle. La face interne des parties latérales présente en général une teinte analogue ; mais dans certaines parties, surtout dans celles qui se trouvent vers la moitié inférieure de la longueur de cette boîte, on trouve une légère couche de moisissure blanche, mêlée d’une couche de moisi gris-deterre, semblable par la couleur et la consistance à Celui qui couvre la croûte de certains vieux fromages durs : près du fond de la bière, ces parties latérales sont enduites d’une matière graisseuse dont nous parierons plus bas. Ce fond offre la couleur naturelle du bois en dehors; sa face interne est recouverte par ce même enduit graisseux; toutefois , dans la portion qui correspond à la tête et au col, cet enduit est d’un brun foncé et couvert de vers blancs, au lieu d’avoir la couleur grise mêlée de rose et de vert qu’il présente ailleurs.
Serpillière. Elle est entière , excepté à la partie antérieure du thorax et moyenne de l’abdomen , où elle est détruite ; partout elle se déchire avec la plus grande facilité; elle est peu humide en avant, entièrement
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pourrie , et de -couleur, de fumier; dans la partie qui avoisine le cou, elle est recouverte de moisissure semblable à une légère couche d’une poudre blanche trèsfine et légère ; on trouve encore de cette moisissure dans les portions qui correspondent en avant des membres supérieui's et inférieurs; mais elle est peu épaisse j et en petite quantité. .La partie de cette toile qui touche nn fond de la bière est enduite de la substance graisseuse sur laquelle repose le cadavre, èt qui sera décrite à la page 190 ( voyez partie postérieure du eorps)'^^n y trouve, aussi quelques vers blancs.
Le çadayre ressemble, à une momie, à cause de la dessiccation de presque toutes les parties antérieures du corps. Il n’existe pas de terre à sa surfece ;il est en général d’une couleur jaune bistre plus, ou moins claire, nipins foncée au thorax qu’au cou, à rabdoraen^ C* njembres inférieurs. Pour bien voir cette eouieuii,ril faut enleyer sur les parties latérales ét supérieuresi^da thorax , sur les côtés de l’abdomen ; sur le côté externe des membres supérieurs , et çà et là sur les parties ahîérieures du membre inférieur une moisissure (Sun blanc éclatant^, semblable à -du coton très^dwisé, irésjdn^ quiafinpirôn une ligne En avant et dans
presque toute son étendue, le nadavre est, sec; le thorax , l’abdomên , lés faces, antérieures et latérales des m^bres semblent ,être enveloppés par une lame- de çaçton ; lorsque l’on frappe sur ces parties , on entend un^bruit tout -à'fait semblable à celui que produirait une. percussion sur des moules creux faits avec cette
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substance. Les parties latérales du tronc sont légèrement humides dans les portions qui se rapprochent du fond de la bière j il en est de même de la partie postérieure des membres supérieurs et inférieurs , qui sont en rapport en arrière arec une bouillie fétide , de la consistance delà frangipane ou de l’axonge, grasse au toucher, nullementgranuleuse, d’une couleur grise mêlée de vert et de jaune , rosée à sa surface, et laissant écouler une huile jaunâtre qui surnage lorsqu’on la met dans l’eau , à la manière des huiles grasses. L’ écoulement de cette huile est favorisé par la séparation des deux parties qui formaient le fond de la bière , et qui ont été divisées par les efforts que l’on a faits pour abattre ses parties latérales, et mettre le cadavre bien à découvert.
Tête. La tête est penchée à droite, et tient au tronc; on trouvé sür les parties latérales du cou des enveloppes rougeâtres de chrysalides semblàbles à celles qUe nôüs avons signalées daris les premières descriptions. Les os du crâne sont recouverts, à gauche et dans toute leur étendue, de restes de parties molles, qui forment une membrane ayant presque une ligne d’épaisseur postérieurement, plus mince antérieurement dense , assez résistante , dans laquelle oh ne découvre plus de traces de muscles, mais où l’on voit Çà et là des chëvéUx qui y sont accolés; et là où il n’én existe pas, bn trouve une moisissurè blanche floconneuse, beaucoup moins épaisse que celle que nous décrirons en parlant du thofaxu La surface interne de cette membrane est "en partie jaune, et en partie d’un brun rougeâtre, ce qui
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lui donne assez l’aspect de la face interne d’une peau de mouton desséchée à l’air ^ on peut séparer aisément cette membrane des os. Qüelques portions de la surface des os du côté droit du crâne sont dénudées; celles qui ne le sont pas Sont recouvertes par des restes de parties molles nullement musculeuses, sous la forme d’une membrane brunâtre , humide, sur les deux faces de laquelle rampent dés vers blancs. Les os du crâne sont d’une couleur rouge-brun du côté droit (partie qui se trouvait en rapport avec la bière), et d; une couleur; lie de vin claire, mêlée de plaques jaunâtres aù côté. gaucho, là où les'tégumens étaient comme tannés^et desséchés. Les muscles temporaux n’existent plus ; on voit à leur place nne membrane mince , rougeâtre , accolée à un reste, de la peau;
Les , yeux manquent. Les : cavités orbitaires contiennent des chrysalides rougeâtres , vides, sèchesj, et quelques débris membraneux , informes , brunâtres., restes de parties molles. . Sur les pommettes , il existe une, membrane \ à peû: près' sembiahie à celle que l’on a trduvne sur le côté gauche du crâne, excepté que; sa surface interne est d’une couleur grisâtre. Les os propres du nez sont presque entièrement dénudés, cependant on y aperçoit encore des débris de parties molles. Les os maxillaires supérieurs sont entièrement à nu : ils ont une couleur brune foncée à droite, et jaune foncée à gauche, comme des os desséchés depuis peu. Les parties, molles de la joue gauche sont extrêmer ment amincies et desséchées , d’une couleur peu fou-
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cée, et composées de feuillets membraneux non adhérons aux os, et dans lesquels on trouve des fibres aplaties, luisantes, qui sont évidemment des restes de portions tendineuses des muscles temporaux et masseters : quant aux fibres musculaires, il n’y en a plus de traces; la surface externe de ces joues offre des poils courts, roides, et ui> peu de moisissure blanche peu épaisse. A droite, ces parties sont très-brunes, hu» mides, comme floconneuses, réduites en filamens qui forment une masse aréolaire , au milieu de laquelle on trouve des chrysalides et des vers blancs : sur quelques parties de ce côté, on aperçoit encore des poils. La mâchoire supérieure est garnie de quatre dents molaires vacillantes. Les fosses nasales sont vides et réduites à leurs parties dures. L’os maxillaire inférieur, dénudé antérieurement, se détache avec facilité, et ne tient plus à la tête que par les restes des parties molles que nous avons dit exister à la place des joues (i). Il n’existe plus de traces de langue. On découvre à gauche quelques débris de l’oreille; celle du côté droit est entièrement détruite.
Cerveau. Les restes de cet organe remplissent un quart de la cavité crânienne; il est impossible de les distinguer du cervelet ; la substance cérébrale est réduite à une bouillie d’un gris verdâtre , mêlée de parties rou-
(i) On voit dans la cavité qui se trouve entre les deux mâcîioires quelques débris de parties molles , filamenteuses, presque noires , semblables à du terreau.
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geatreset d’autres, plus blanches j ces dernières se trouvent au centre de cette bouillie, qni est on ne peut plus fétide : il existe encore des lambeaux de la dure-, mère. .
Gou. Les parties molles antérieures comprises entre le larynx et l’os maxillaire, sont entièrement détruites, et on ne voit, à leur place qu’une substance semblable à. du fumier, noirâtre, demi-desséchée, appliquée sur la^çolonne vertébrale , et au milieu d’elle, des détritus de l’os hyoïde. Les muscles sternorcleïdormasr toïdiens sont presque entièrement détruits : on n’en aperçoit quelques débris qu’inférieurement, où ils sont çonfondus avec les tégumens externes, et comme transT formés en une merabrane dans laquelle il est impossible de découvrir des fibres bien distinctes. Les. parties latérale et antérieure dü larynx sont à nu, ses cartilages sont ossifiés , et comme vermoulus^ ils ont une couleur j^une bistre. Sur les côtés du col, les parties molles ne %ont qu’un assemblage de feuillets membraneux brunâtres, parmi lesquels on ne découvre plus de traces de fibres musculaires, et dont l’extérieur est évidemment formé par les restes de la peau : on n’y distingue ni nerfs ni vaisseaux. Dans les intervalles de ces feuillets membraneux, il existe une assez grande. quantité de chrysalides rougeâtres , vides et sèches.
Thorax. Il est très-bombé , comme dans l’état na^ turel. {Voy. plus haut pour la coloration et l’aspect général.,) Les clavicules sont recouvertes par une merabrane humide , grasse , comme filamenteuse dans
DES EXHCilATIONS JCKIDIQEES.
quelques endroits , assez résistante , présentant çà et là de la moisissure blanche : elles ne tiennent plus au sternum par les ligamens, et sont maintenues en position seulement par les restes desséchés des parties molles. Le thorax est entier , couvert dans une grande partie de son étendue par cette moisissure d’un blane éclatant, semblable à des flocons de neige très-fine , dont nous avons déjà parlé,- on voit sur la ligne médiane une certaine quantité de poils qui y sont accolés. Les tégumens sont desséchés, on ne peut y reconnaître d’épiderme ; ils sont comme tannés et durs. Il n’y a plus de muscles; toutefois, il existe encore quelques traces du grand pectoral, qui est réduit à une membrane mince , comme graisseuse , molle , sur laquelle on aperçoit des sillons qui affectent la direction des fibres : toutes les autres parties molles sous-cutanées sont également remplacées par une matière graisseuse de la consistance du cambouis , mais d’une couleur jaunâtre assez claire dans certains endroits, et ocreuse dans d’autres. Au milieu de cette matière graisseuse, on trouve quelques filamen s celluleux. En général, les parois du thorax ont deux lignes d’épaisseur à peu près; mais dans quelques endroits , cette épaisseur est de trois ou quatre, et là, elles ont, lorsqu’on les coupe,raspect d’un morceau de lard cuit grisâtre. Presque tous les espaces intercostaux sont détruits à leur partie antérieure , entre les cartilages costaux ; là où ils sont fermés, on ne trouve plus, après avoir enlevé les parties molles dont nous venons de parler, qu’une mem-
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brane très-mince , d’un jaune brunâtre à l’intérieur, enduite extérieurement d’une sorte de graisse qui existait sous les tégumens thoraciques. Les cartilages costaux sont tous séparés du sternum, qui est -également recouvert d’un enduit graisseux, et de fibres comme aponévro tiques assez résistantes. Les côtessont entières, et ne tiennent plus aux cartilages; cependant ceux-ci étaient maintenus en position par les parties environnantes.
. La face interne de là plèvre est enduite d’une substance graisseuse, d’une couleur d’ochre claire, d’une consistance semblable à celle de la pommade, et luisante comme si elle avait été frottée avec de l’huile. Laportion de la plèvre qui forme le médiastin est trèsdistincte , un peu graisseuse , - et dans la position normale.
Poumons. Ils sont très-amincis , appliqués ^r la colonne vertébrale et sur la partie postérieure de la cavité thoracique , et beaucoup moins volumineux que dans l’état naturel ; ils occupent tout au plus un huitième du thorax en épaisseur; leur couletur est d’un bleu foncé; ils ne crépitent pas du tout , sont compactes, et ne présentent plus, par conséquent, l’organisation celltileuse: lorsqu’on les incise, on voit que leur: substance est également d’un bleu foncé àrintérieur ; ils sont lisses àleur surface, et recouverts par la plèvre pulmonaire. La trachée-artère et les bronches sont d’une couleur de tabac à l’extérieur, et moins foncées à l’intérieur; on ne peut pas suivre les divisions bronchiques dans une grande
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. iSo
étendue : leurs ramifications sont à l’intérieur d’une couleur plus claire que celles de la surface interne des deux divisions primitives de la trachée.
Le péricarde est blanchâtre , lisse à l’intérieur, recouvert à l’extérieur d’une couche graisseuse , semblable à du gras de cadavres. Il ne renferme pas de liquide.
Le cœur^ aplati et vide, est aussi recouvert d’une assez grande quantité de graisse, sorte de gras de cadavres, au milieu duquel il y a seulement quelques petits intervalles où l’on aperçoit la substance charnue : les parois des ventricules et des oreillettes, appliquées l’une contre l’autre, sont très-amincies, évidemment musculeuses, et d’une couleur olivâtre cuivrée j on distingue trèsbien dans leur intérieur les colonnes charnues, qui sont d’un rouge jaunâtre. La paroi interventriculaire est amincie et existe en entier.
L’aorte , vide de sang , d’une couleur vert-bouteille à l’intérieur, est plutôt épaissie qu’amincie. On y reconnaît encore les deux membranes externe et moyenne; l’interne est détruite et comme transformée en un enduit graisseux.
La partie thoracique de la colonne vertébrale est recouverte par le ligament vertébral antérieur, qui est bien conservé et a son aspect luisant. Il n’y a pas de b. quide dans les cavités thoraciques. Le diaphragme se déchire avec, assez de facilité; il est formé par deux membranes, l’une supérieure, la plèvre, l’autre inférieure , le péritoine , entre lesquelles on voit des fibres musculaires et aponévrotiques.
TRA-Ili
Ah.domên. Les parois abdominales sont affaissées;, vers leur partie moyenne antérieure, il existe, dans une étendue de la largeur de la main environ, une couche brunâtre de deux ou trois lignes d’épaisseur, formée par une matière qui ressemble beaucoup à des: flocons de suie un peu humide ; le. reste de ces parois est; couvert par la moisissure floconneuse, blanche, dont nous avons déjà parlé. Incisées, elles ont tout-à-fait l’aspect du lard cuit, et la. surface delà section a une coloration grisâtre ; leur épaisseur est de quatre lignes et demie dans les parties les plus^ minces, et -de six au moins dans les plus épaisses; elles sont formées par la réunion des feuillets aponévrotiques et par quelques fibres musculaires que l’on aperçoit, surtout dans la région des muscles droits ; au milieu de ces parties membraneuses se trouve placée une grande quantité de matière grasse; on: distingue bien la dépression de l’ombilic. La face interne de l’abdomén est tapissée par le péritoine qui a une couleur blanchâtre et semble un peu épaissi. Lorsqu’on a enlevé les parois abdominalès, on voit dans la cavité de l’abdomen une grande quantité de graisse d’un blanc mat, n’ayant plus dans aucune partie cette couleur jaunâtre, qu’elle a. dans l’état ordinaire, et qui semble transformée en gras de cadavres; ces masses graisseuses diffèrent de la graisse que nous avons sL gnalée dans les parois abdominales , en ce qu’elles sont formées de granulations et de lobules distincts. Au milieu, de cette couche épaisse qui est située sur les parties postérieures de l’abdomen , se trouvent plongés
DES EXHDMATIOÎtS JDRIDIQDES.
les reins et la rate; en l'incisant , on aperçoit dans quelques parties , surtout aux environs des reins , près de la colonne vertébrale, et dans sa partie la plus profonde, une assez grande quantité d’une huile jaunâtre, fétide. On découvre à la région supérieure , et à droite, le foie, dans la région épigastrique l’estomac, et dans le reste de l’abdomen , les intestins d’une couleur grisâtre, le mésentère très-gras et offrant la même couleur que la couche de graisse dont nous avons d^à parlé, et à la formation de laquelle il participe nécessairement.
Estomac. L’estomac est entier, comme huileux et grisâtre à l’extérieur, sec à l’intérieur ; ses membranes ont une consistance semblable à celle du parchemin un peu humide; sa surface interne est couverte d’une quantité considérable de granulations blanchâtres, tirant un peu sur le gris, dures, ce qui lui donne un aspect chagriné (i) : ces granulations, assez fortement adhérentes à l’estomac j s’étendent jusque dans le commencement de l’intestin grêle.
Cet intestin, d’une couleur verdâtre bilieuse à son origine, gris dans le reste de son étendue, est très-distinct, assez humide et aplati; il est dans un état tel de conservation, qu’on peut très-bien l’enlever sans le déchirer. Lorsqu’on l’a coupé, on distingue facilement sa cavité, dans laquelle sont renfermées des portions de matière brunâtre, à demi desséchée, qui semblent être des restes de matières fécalçs.
(i) Au premier abord, on aurait pu prendre ces granulations pour de l’acide arsériieus: pulvérisé.
TRAITÉ
Le gros intestin est aussi bien conservé que l’intestin grêle.
L’épiploon est replié sur lui-même , très-gras ; en le déployant, il s’en écoule une huile jaune fétide; sa structure est bien évidente , et la graisse qu’il renferme est blanche comme celle des autres parties de l’abdomen.
I<e foie est peu volumineux, couvert de sa membrane externe ; sa substance est d’une couleur rougeâtre claire à gauche, fauve et semblable à celle des foies gras cuits à droite : il est impossible d’y reconnaître la structure primitive, quoiqu’on distingue très-bien encore les orifices des canaux vasculaires. Sa face supérieure, surtout à droite , est parsemée de granulations sablonneuses , dures comme celles que nous avons vues sur le foie d’autres cadavres. La vésicule biliaire est vide , et d’ùnè couleur jaune verdâtre.
Rate. Sa membrane externe, très-consistante, a conservé, dans certaines parties , la forme de l’organe ; ellè est épaissie, ossifiée même dans quelques points ; dans d’autres elle est déchirée; le parenchyme de l’organe, presque entièrement détruit, très-ramolli, s’est en partie écoulé par les déchirures de la membrane externe ; il est d’une couleur bleue ardoise très-foncée.
Les reins sont aplatis, très- mous ; leur membraneexterne est déchirée dans un ou deux endroits ; leur substance, d’une couleur lie de vin peu foncée ^ paraît homogène ; la graisse qui sè trouve dans la région du bassinet est molle , demi-fluide , et lorsqu’on la presse il s’en écoule un liquide jaune huileux. Ce.? organes. sont
plongés au milieu d’une masse graisseuse, épaisse, blanche aussi , mélangée d’un liquide huileux , semblableià celui dont nous venons de parler.
La 'vessie est complètement vide , affaissée , sèche , d’une épaisseur ordinaire; ses parois peuvent être seulement divisées en deux feuillets.
PaHies génitales. Quelques poils sont épars sur le pubis. La verge , aplatie, est réduite à une, languette mince, pointue, d’un brun noir, épaisse d’une ligne environ; il est impossible d’y reconnaître des traces de l’urètre ou des corps caverneux lorsqu’on l’incise. Les testicules et le scrotum sont détruits; il n’en. reste pas même des débris. : i
Membres supérieurs. entiers: et accolés, au
tronc; ils sont recouverts à leur partie antérieure et interne par une espèce de cuirasse de substance carton^ née , détritus des parties charnues de cette région , audessous de laquelle on trouve quelques feuillets meinbraneux brunâtres , nullement musculaires : les parties molles de la région postérieure sont entièrement détruites par les vers, et il ne reste plus à leur place que des filamens noirs, formant des aréoles , au-dessous desquelles on voit les os dénudés et d’une couleur brunât tre. Les mains sont placées sur les pubis; leurs faces dorsales sont desséchées et offrent quelques débris de tendons ; aux régions palmaires ces tendons sont moins secs, et d’une couleur brune très-foncée. Les doigts sont entiers; les ongles n’existent plus sur les dernières phalanges. Il y a sur les parties antérieures et externes de ces membres , de cette moisissure blanche dont il a
TRAITE
été déjà question. Les articulations, quoique en rapport, ne sont plus maintenues par des ligamens; aussi en coupant les restes des parties molles qui ïé unissent les os, ceux-ci se séparent avec la plus grande facilité.
Membres inférieurs. Ils sont entiers, ét les parties qui les composent sont réunies. Les cuisses ètlesjambès présentent dans leurs faces externe , antérieure et un peu interne , la même consistance que les facêS correspondantes du membre supérieur; lorsqu’on incise cette membrane cartonnée qui remplace les tégumens et le tissu cellulaire sous-jacent, on trouve des feuillets membraneux brunâtres , parmi lesquels oU distingue manifestement des traces de muscles ; ces feuillets existent aussi aux jambes, mais on n’y aperçoit pas de fibres musculaires; quelques tendons desséchés , participant de la couleur généràlej sontles seuls restés des organës locomoteurs de ces^ régions. Les pieds sont entièrement dénudés ^ excepté vers leur réunion avec la jambe; leur face Supérieure est desséchée, ainsi que les tendons que l’on y remarque ; la face inférieure est encore pourvue de parties molles : la masse totale du pied est moindre que dans l’état naturel; les orteils Sont serrés entré eux, mais entiers et dépourvus d’ongles. ‘
Là partie postérieure des membrès inférieurs se trouve dans lé même état que la partie correspondante du membre supérieur ; seulement les débris des masses charnues sont enduits de la substance graisseuse qüi tapisse le fond de là bière-, et dont nous avons déjà parlé. Les articulations des membres abdominaux sont, relativement aux parties qui lés sbUtienhènt ,' dans un
DES EXHCaiATIONS JURIDIQUES. Igî
état analogue à celles des membres supérieurs. Les surfaces articulaires ont conservé leurs rapports.
Partie postérieure du corps. EUe repose dans toute son étendue sur un enduit épais, graisseux , mélangé d’une huile jaune; cette matière grasse, de couleur grise, mêlée de vert et de. rose à sa surface, de consistance de pommade , forme une couche d’un pouoe d’épaisseur environ, qui s’élève un peu dans les intervalles compris entre les membres inférieurs. La partie postérieure du cou est entièrement détruite par les vers , et présente l’aspect d’un polypier; le reste du monc est couvert dans une grande partie de son étendue par des vers blancs vivans. Après avoir enlevé l’enduit graisseux , on trouve la peau dépourvue d’épiderme , souple , assez résistante;-le tissu cellulaire sous-jacent est graisseux et comme infiltré ; par une matière huileuse , jaune , tout-à-fait semblable à celle dont nous avons déjà parlé : une infiltration semblable existe dans les muscles du dos, dont les fibres. sont encore très-distinctes et d’une couleur rougeâtre peu foncée. . . : ^ ^
Les os longs sont assez xésistans , et leur canal renferme une substance jaune graisseuse.
Les vertèbres cervicales tiennent à^peine entre elles , tandis que les autres sont encore assez fortement articulées.
TRAITÉ
X***, âgé de soixante-dix ans, mort le i6 février 1828, à la suite d’une pleuropnéumonie qui avait duré dix jours , inhumé le 17 février à dix heures du matin , fut exhumé le i5 juin 1829, quinze mois vingt^huit jours après l’inhumation.
La bière en sapin ^ d'un pouce d'épaisseur , est entière , à peine humide à l’extérieur : les parois internes latérales , et la partie inférieure du couyerele sont humides, d’une, couleur histre foncée dans certains endroits, plus claire dans: d’a;utres, et tapissées d’une grande quantité dé petites larves blanches. Le côté droit, dont; le cadavre est très-rapproché y en présente beaucoup plus que le; côté opposé. ;:;r .. ;
Serpillière, .hes, débris de la serpillière contrent la totalité du cadavre, sous forme d’un fumier humide brunâtre, non fétide;, ces débris sont mêlés de larves blanchâtres et de chrysalides rouges et vides. On voit voltiger autour du corps un assez grand nombre de petites mouches bleuâtres. f
Aspect du corps. Le cadavre est entier, et-les parties qui le composent offrent à , peu de chose près les: râp'^ ports normaux.
Tête. La tête, qui a conservé sa position , se sépare du tronc avec la plus grande facilité;elle n’y tient plus que par quelques débris ou restes de parties molles , humides, dans lesquelles il est impossible de distinguer aucune organisation : le crâne est entièrement dénudéi
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. Ig 3
"uxcepté à la partie postérieure aù Ton voit des pellicules 'minces , restes évidens des tégumens , et auxquels sont accolés d^ eîieveux gris. Les portions d’os dénudées sont couvei’tés d’un enduit fort mince , un peu humide, qui les colore en. jaune foncé (^bistre ). Les os propres du nez , les apophyses montantes tie l’os maxillaire , les pourtours des orbites , la partie moyenne du bord alvéolaire supérieur sont dénudés, presque secs, et d’une couleur jaunâtre; des débris de parties molles, qui semblent transformées en gras', recouvrent les parties correspondantes aux fosses canines , et une portion des fosses temporales , près dés apophyses zygomatiques. Les masses charnues des joues paraissent également transformées en gras: elles ont uhé épaisseur de trois à quatre lignes. Les cavités orbitaires sont remplies presque en totalité par une matière qui a la forme d’ùn cône creusé à sa base , et qui est évidemment le détritus des parties moljes qui remplissaient ces cavités; elle est entièrement changée en savon, et il est impossible d’y reconnaître les différentes parties qu’on y voit^dans l’état normal. Les fosses nasales sont complètement vides et réduites aux parties osseuses : l’os maxillaire inférieur est recouvert dans presque toute son étendue par une membrane mince , .à moitié desséchée , ayant l’aspect du gras, et recouverte de poils gris et durs, restes de ia barbe et des favoris. Il existe encote quelques tracés de l’oreille gauche ; la droite est entièrement détruite il hÿ a plus de parties molles dans la cavité buccale ;
TRAITE
et après avoir enlevé la mâchoire inférieure on voit la base du crâne tout-à-fait sèche.
Cerveau. Le cerveau occupe environ la içoitié de la cavité crânienne. La dure-mère est en Japabeaux. La substance cérébrale est transformée en une bouillie grisâtre à l’extérieur, et lorsqu’on la cOupe, on y reconnaît les deux substances, qui ont, l’une et l’autre, tme couleur plus verdâtre que dans l’état normal. On ne peut reconnaître le cervelet.
Cou. On ne remarque d’autres parties molles que ces languettes , que nous avons dit réunir le cou à la tête, et qui n’existent qu’en arrière. Antérieurement on voit à nu les vertèbres qui ne tiennent plus les unes aux autres, et qui sont recouvertes de débris de serpillière, de larves et de coques de chrysalides; on trouve aussi , parmi ces débris, quelques pièces du larynx ossifiées, et quelques anneaux brisés de la trachée-artère. '
Thorax. Le thorax est réduit au squelette dans la partie antérieure et moyenne; le sternum est enfoncé et tombé dans la cavité thoracique : les cartilages costaux sont presque tous détachés des os , et tombés dans cette cavité ; on voit une membrane mince, presque desséchée, brunâtre, sans aucune trace d’organisation musculaire , qui recouvre les os et qui remplit les espaces intercostaux. A la place des muscles grands et petits pectoraux , il existe des feuillets membraneux desséchés, recouverts par des restes de la peau, qui est comme tannée. Les clavicules tiennent encore un peu
par quelques filamens à l’omoplate, et un peu moins à la partie supérieure du sternum ( seule portion de cet os qui soit restée en place ) : elles sont presque complètement dénudées; dans quelques points seulement elles sont couYertes d’une pellicule très-mince ^débris des tégumens ).
Les poumons et le ccear sont presque entièrement détruits : on ne trouve à la place des premiers que des restes noirâtres feuilletés , peu consistans, très-faciles à déchirer, semblables par leur couleur à des feuilles pourries un peu humides. Il est impossible de découvrir même des traces des bronches et de leurs divisions ; il n’existe des canaux aériens que les débris de la trachée-artère , dont nous avons parlé plus haut.
'Le cosar est transformé en mne bouillie grasse, hui^ leuse , jaunâtre , présentant ça et là des portions rosées , qui semblent remplacer une partie des fibres musculaires de l’organe : tout est confondu dans cette masse, et sa position seule indique qu’elle provient de la décomposition du cœur. Il n’y a plus de traces de l’artère aorte ni des autres gros vaisseaux thoraciques. La cavité du thorax ne renferme pas de liquide. Sur la ligne médiane on voit les corps des vertèbres dénudés, d’une couleur noirâtre, et dans l’étendue de trois ou quatre pouces en dehors de la- colonne vertébrale , on trouve la plèvre sous forme d’une membrane mince, d’un jioir bleuâtre, à peine humide, et recouverte de quelques feuillets qui sont les débris des poumons.
Abdomen. On distingue parfaitement le nombril. Les
TRAITE
parois abdominales sont entièrement détruites îâtéralement, et presque complètement en arrière. Antérieurement, elles sont conservées, et consistent en uné membrane assez épaisse, flexible, qui est évidemment formée par les restes de la peau et des muscles de cette région 5 sa surface externe est d’une couleur jaunâtré foncée, et couverte, comme presque toutes^les autres portions du càdatre, de larves et de débris de serpiUièfe.
Le diaphragme n’existe plus qu’en partie; il est trèsaminci , d’une couleur brunâtre ; on ne peut plus y reconnaître la structure musculeuse. A la place de Yestomac et des intestins^ on ne trouve plus que des feuillets membraneux très-minces, trans|Hirens , desséchés et brunâtres dans certains endroits, jaunâtres et humides' dans d’autres, se déchirant en petits lambeaux lorsqu’on vèut les séparer; il est impossibl^ de distinguer leur' structùre et de retrouver leur cavité.
Le foie est en partie détruit , et ce qui en reste est réduit en une bouillie noire comme du cambouis. La rate présente le même état que le foie. Oh n’a pas pu retrouver les reins.
H est très-difficile de reconnaître le sexe; cependant il existe une petite languette attachée au pubis, qui peut indiquer que le cadavre est celui d’un homme. Quelques poils rares sont collés à cette région , et au milieu d’euxf on voit des coques rouges de Crysalides.
n n’y a plus de vessie.
Les cavités thoraciques et abdominales renferment une grande quantité de larves et de coques de crysalides ; c’est surtout dans le petit bassin qu’on les remarque
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. igj
m plus grande quantité; en effet, cette partie de la cavité abdominale en est presque remplie.
Membres supérieurs. Les bras et avant-bras, dont les différentes parties ont conservé à peu près leurs rap-. ports, tiennent encore au tronc par quelques parties, molles, desséchées et brunâtres, réduites en feuillets.. Les bras sont placés le long du corps, et les avant-bras dans la demi-flexion , de manière que les mains sont appuyées sur les pubis ; ces mains sont réduites au squelette; quelques-uns de leurs os ont conservé leurs rapports; les autres spnt tombés lorsqu’on a enlevé la ser- , pillière. Les bras et les avant -braS offrent à peine quelques fibres musculaires dans certains points, et dans ces mêmes parties, il existe une couche très -peu épaisse ) qui paraît formée de gras et d’une merabranedesséchée , débris évident de la peau. L’articulation scapulo-humérale tient encore assez, ce qui est dû aux restes des parties molles environnantes dont nous avons, parlé plus haut. L’articulation huméro-cubitale est, moins difficile à détruire , les os qui la composent tenant à peine par quelques filainens desséchés^
Membres inférieurs. Ils laissent entre eux un intervalle assez large, qui est rempli par des larves, des coques de crysalides et des débris de serpillière. I.es différentes parties qui les composent ont conservé leurs rapports, La rotule est à nu. Les jambes et les pieds { dont plusieurs os se sont détachés ) n’offrent plus de chairs. Les cuisses seules présentent des parties, molles , desséchées antérieurement , réduites à la peau et à des aponévroses qui sont un peu humides posté-
TRAITÉ
lieurement; dans certains endroits, on trouve du gras de cadavres qui est même assez abondant autour da ■grand trochanter. Dans les vides qui existent entre les -feuillets aponévrotiques qui se trouvent vers la partie supérieure de la cuisse, on voit une grande quantité de mouches. Les articulations coxo-fémorale .et fémorotibiale tiennent encore par les parties molles dont. nous avons parlé ; la dernière résiste beaucoup moins que l’autre. Les pieds, que nous ayons dit être réduits au squelette , présentent: cependant à la plante des restes de chairs,disposées en feuillets, au milieu desquels on voit quelques tendons desséchés. .
Partie postérieure du trône.. "Les parties latérales et supérieures du thorax, et les parties latérales de l’abdomen sont détruites ; sur la ligne ihédiane, on. trouve -une masse ayant environ:quatre pouces de. large, molle, humide, d’un blane rosé , offrant: à peu près la consistance d’une pâte semblable à du gluten qui aurait été exposé à l’air humide , et au milieu , de laquelle il existe des portions tendineuses , seuls restes des-muscLés. .de cette région. Les muscles fessiers sont réduits au gras, et en une. matière glutineuse semblable à celle que nous venons de décrire ; on n’y trouve plus de fibres musculaires, et quand on les incise , il en découle une petite" quantité d’une huile jaunâti’e , épaisse.
De toutes les parties du cadavre, le cerveau et les ' masses charnues de la partie postérieure du tronc satit les seules fétides.
Les articulations sont presque complètement dé- , pourvues de cartilages.
DES EXHU3IATIOÎÎS JÜBIDIQDES. J Qp
Les os, qui ne sont pas très-secs, se brisent assez facilement.
F*'^% âgé de trente ans ,.mort le 2$ lévrier 1 828 , à la suite d-une entérite qui avait duré douze jours, fut inhumé le 26 du même mois à deux heures, dans le cimetière de Bicêtre. Le corps était enveloppé d’un toile ordinaire , et déposé dans une bière en sapin neuf d’ un pouce d épaisseur. L’exhumation eut lieu le iS mara i83o, c’est-à-dire deux ans neuf-jours après l’inhumation. Ce jour-là , la température de ratmosphère était de 9° -j- 0° R., tandis que le thermomètre , laissé pendant un quart d’heure dans le terrain où était la bière, c’est-à-dire à quatre pieds environ de profondeur, mar- , quait à peine 4,5® -f- 0%
La bière est entière ^paifaitement conservée, ]A\xnttre à l’extérieur, avec des veines d’un vert noirâtre, comme on en remarque dans du sapin très-légèrement huimide, d’un jaune roussâtre veiné de brun et de noir à l’intérieur, où elle est plus humide et plaquée de moisi blanc; ces moisissures sont surtout très^larges aux points de jonction du fond de la boîte avec les ais.latéraux , et sur ces mêmes ais notamment sur l’un d’eux. La.partie du fond de là bière sur laquelle repose le corps est d’un blanc noirâtre, et couverte de moisissures grisâtres; la couleur noirâtre dont nous parlons est . évidemment due à un enduit graisseux presque sec , ino-
TRAITE
dore, qu ’ii n’est pRs possible de de'tacher en entier. Les. autres portions du fond de la bière sont également noirâtres ou d’une couleur moins foncée, qui ressemble à celle du chocolat; le même enduit colore toutes ces parties, et peut être enlevé presque complètement, quand on gratte avec le scalpel.
Cadavre. Le cadavre, qui, au premier abord, paraît réduit au squelette , est couché sur le fond de la bière; les diverses parties qui le composent offrent encore leurs rapports de situation , quoique la plupart d’entre elles ne soient plus maintenues par les parties molles; elles sont simplement juxta-posées ; on dirait que le corps est entier; il exhale à peine de l’odeur.
Le drap qui l’enveloppait au moment de l’inhumation, est en partie détruit j les lambeaux qui restent, et dont, quelques-uns sont assez volumineux , cachent une partie du corps, et sont complètement pourris; leur couleur, est brune noirâtre à l’extérieur, où ils sont presque partout recouverts de moisissures blanches et d’une quantité innombrable de crysalides, vides , de couleur roussatre; ce mélange de moisi et de crysalides cache la couleur brune noirâtre dontnou.s parlons, et donne à. la surface de ces lambeaux un aspect que l’on ne saurait compter qu’à celui de certains lichens; leur surface, interne couvre les os , et offre.les mêmes nuances qu’à l’extérieur ; ainsi, toutes les portions qui correspondent aux parties externes moisies et blanches , sont dans le même état; celles qui sont immédiatemènt au-dessous, du mélange de crysalides et de moisi, sont également
couvertes par le même mélange : du reste, ces lambeaux se décbirent par la plus légère traction ; ils sont humides, et lorsqu’on en enlève la moisissure, on voit qu’ils sont imprégnés d’une matière grasse à laquelle ils doivent leur couleur brune. Quand on cherche à les enlever, on remarque que sur plusieurs points ils adhèrent aux os , tandis que sur les autres ils se séparent avec la plus grande facilité.
Le corps , ainsi débarrassé des débris du drap, est en-, tièrement réduit au squelette, et tous les os sont désarticulés. On aperçoit encore sur la tête et sur les pubis quelques poils roux qui y sont accolés. Les os ont généralement une couleur jaune safran /toutefois, plusieurs de ceux qui composent la partie supérieure du tronc sont de couleur bistre , ce qui est dû à un enduit peu épais, humide, que l’on détache facilement; d’autres, notamment ceux des membres abdominaux, sont couverts d’un mélange de crysalides roussâtres , sèches , et des lambeaux de drap dont il a déjà été fait mention, ce qui leur donne assez l’aspect de ces lichens qui recouvrent les branches d’arbres. Quoi qu’il en soit, lorsqu’on enlève ces enduits avec le scalpel, on s’assure que. ces os, comme les autres, ont une teinte safranée^ qui existe même à l’intérieuç du crâne et dans le. canal médullaire des os longs. Là consistance du tissu osseux ne diffère pas de ce qu’elle est à l’état normal. Les os maxillaires sont encore garnis de dents.
On ne trouve plus de vestiges de cartilages.
Le cerveau est à peu près réduit au dixième de son; volume; il est gris, livide à l’extérieur, marbré çà et là.
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de quelques petites plaques roses et vertes : lorsqu’on lé coupe, on voit qu’il a la consistance du fromage à la crème, et quoique évidemment saponifié,, on distingue encore à leur couleur les deux substances qui le composent; son odeur n’est pas très-fétide. On aperçoit quelques lambeajix de la dure-mère, faciles à déchirer, d’un gris bleuâtre sale, et dont la structuré fibreuse est très-manifeste.
Au niveau des hypochondres et de la région épigastrique, il existe une couche noire, épaisse de deux à trois lignes, à moitié desséchée, sentant le moisi, et formée des débris des viscères de ces régions : aussi, à droite, cette couche èst-elle plus épaisse, et offre-t-elle dans l’intérieur de sa substance, des calculs biliaires.
Remarques. Cette observation est remarquable par la destruction presque complète des parties molles, dans une bière neuve ^épaisse-^ qui s’est conservée même sans se fendre, et on peut dire presque sans s’humecter à l’intérieur. Nous aurions pensé , d’après la marche que suit la putréfaction dans les cadavres enterrés dans des bières minces sm même cimetière, que le cérps eût été moins pourri ; non pas qu’il ne 5oit démontré pour nous que l’épaisseur et l’intégrité de la boîte ont retardé là décomposition; seulement nous attendions un effet; plus marqué de la part de la bière. On dira peutêtre que le sujet dont il s’agit, n’étant âgé que de trente ans, devait se pourrir plus vite que les vieillards ensevelis dans le même terrain; nous sommes loin de vouloir nier l’influence d’une pareille cause dans la production du phénomène, mais elle ne nous paraît pas suffi-
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^nte pour l’expliquer. Une autre remarque curieuse consiste dans la coloration safranée des os7