‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 51 sur 131 · ANÉVRYSME MIXTE INTERNE · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME MIXTE INTERNE

plus dense qu’on l’examine plus près de la membrane moyenne , tandis que par sa face opposée elle semble se confondre avec le tissu conjonctif environnant , qui a été considéré par plusieurs anatomistes comme une quatrième tunique ou gaine commune. La souplesse et l’extensibilité sont les caractères de cette membrane ; elle résiste seule aux ligatures, les deux tuniques internes se rompant sous leur constriction. Elle est parcourue par de nombreux vaisseaux capillaires , nommés vasa vasorum.

La tunique externe, sous l’influence de l’inflammation , devient dense , homogène , friable , perd toute souplesse et toute extensibilité, et est coupée par les ligatures avec presque autant de facilité que les autres membranes. Si le tissu conjonctif ambiant participe à cet état , l’artère se trouve confondue avec les parties voisines , et devient difficile à en séparer.

Anévrysmes. On donne ce nom aux tumeurs formées de sang artériel pur ou mélangé de sang veineux, produites par la dilatation d’une artère , ou par des poches ou kystes, accidentels développés aux dépens des tissus ambiants et communiquant avec une artère.

V anévrysme vrai est caractérisé par la dilatation simultanée des trois tuniques artérielles. On le rencontre assez rarement j Scarpa s’est même demandé si ce genre de tumeur constitue un véritable anévrysme. Breschet en a signalé quatre variétés : a) le sacciforme ; h) le fusiforme; c) le cylindroide ; d) le cirsdide.

Ce dernier, appelé par Dupuytren varice artérielle , mérite une mention spéciale. L’artère est allongée , dilatée , flexueuse , serpentine, et offre de distance en distance des renflements ampulliformes. Nous en avons vu de très-beaux exemples fournis par l’artère brachiale. Vidal (de Cassis) en a donné une figure, dont la pièce originale est déposée au Muséum de la Faculté de Paris. L’artère cubitale présente, au niveau du poignet (fig. 136), un calibre quatre fois plus considérable qu’à l’état naturel , et de nombreuses circonvolutions artérielles se déroulent dans la paume de la main jusqu’aux extrémités digitales.

Dans V aiiévrysme mixte externe , la tunique externe est seule dilatée. Les deux tuniques internes ont été rompues ou détruites par une violence quelconque, ou , ce qui est beaucoup plus commun, par une dégénérescence graisseuse dite strumeuse, athéromateuse, et par des plaques d’infiltrations calcaires habituellement concomitantes.

V anévrysme mixte interne dépendrait de la seule dilatation de la tunique interne, au travers des deux tumques externes divisées; herniam arteriæ sistens (Haller). A. Dubois et Dupuytren croyaient avoir rencontré cette tumeur sur l’aorte , mais

HÉMOSTASIE.

Beclard soutint, après s’étaient trompés.

Eig. 136.

avoir étudié la pièce pathologique , qu’ils

V anévrysme faux , appelé aussi traumatique , est le résultat de la solution de continuité d’une artère. On le distingue en circonscrit et en diffus. Lorsque le sang , coulant peu à peu , avec lenteur, ou d’une manière intermittente , a constitué une tumeur plus ou moins régulière , en forme de kyste , produite par le refoulement des tissus environnants, l’anévrysme est circonscrit , et on l’a décrit sous le nom de consécutif, parce qu’habituellement il se montre quelque temps après la blessure. Follin range dans cette classe les dilatations cicatricielles de la tunique externe , opinion qui aurait besoin de nouvelles preuves.

U anévrysme faux , diffus ou primitif, tel qu’il est connu et décrit , forme-t-il une tumeur par extravasation et infiltration de sang artériel , sans kyste spécial , et faut-il ne plus le compter parmi les anévrysmes ? Mais un kyste peut être plus ou moins mince , celluleux , transparent , et il ne faut pas se montrer trop exigeant dans de pareilles interprétations. Aussi maintenons-nous une division sanctionnée par l’usage , et très -justifiée à nos yeux par la difficulté de classer autrement ce genre de tumeur.

V anévrysme artérioso-veineux résulte du mélange du sang d’une artère et de celui d’une veine à la suite d’une communication spontanée ou traumatique entre les deux vaisseaux.

Le cas le plus commun est celui de la blessure simultanée de la veine médiane basilique et de l’artère humérale subjacente dans la saignée du bras.

On distingue plusieurs variétés de cet anévrysme. •

La varice anévrysmale {^phléharterie simple , Broca) , lorsque la veine seule ,

anévrysme artérioso-veinetjx.

V , (fig. 137), est dilatée dans une étendue plus ou moins con‘?iderable.

"U anévrysme variqueux par dilatation circonscrite et simple de l’artère, a,

(fig. 138).

L’anévrysme variqueux par sac, s, développé entre la veine v, et l’artère a (fig. 139).

Ces diverses formes

peuvent se réunir en- Fig. 137. Fig. 138.

tre elles et offrir des

combinaisons variables, selon Tétendue de la plaie, l’écartement des vaisseaux , la position et la grandeur du sac.

On voit [fig. 140) un anévrysme artérioso -veineux dont le sommet a répond à la veine médiane basilique.

Le reste du sac se rencontre entre la veine et l’artère.

Ces dispositions sont très-apparentes sur la fig. 141. f"'?- <39.

Fig. 140.

Les vaisseaux et la tumeur sont représentés de profil et de gran-

HÉMOSTASIE.

deur naturelle. On aperçoit le sac a , développé entre l’artère c et la veine e , formant saillie h en avant.

Dans un autre cas d’anévrysme de même nature , décrit par Parck, on observait deux .sacs. V\mf{figA4Q) était en avant de la veine médiane basilique 6. Le æcond c communiquait avec lé pre-

Fig. 142.

mier et était dû à une veine humérale profonde d, divisée, ainsi que la médiane jusqu’à l’artère a.

Plaie des artères. Si une grosse artère a été ouverte dans la moitié, ou les trois quarts de sa circonférence , l’hémorrhagie se continue et devient presque toujours mortelle.

Lorsqu’une artère a été coupée complètement, chacun des bouts se rétracte dans les chairs ; le sang s’infiltre entre les tuniques divisées du vaisseau , les tuméfie , se mêle au néoplasme des bords de la pl|iie , et souvent , s’il survient quelque syncope , un caillot , représentant un bouchon conique, se forme à l’embouchure de l’artère , et arrête l’hémorrhagie ; de là le précepte donné par les anciens de compléter la section des artères blessées pour faciliter la cessation de l’hémorrhagie.

Une plaie artérielle très-étroite peut se fermer définitivement , sans oblitération du vaisseau. Le sang et la lymphe remplissent le trajet de la blessure , résistent à l’effusion du sang , s’organisent et font disparaître toute trace de la solution de continuité.

Une plaie plus étendue, comme une piqûre de lancette , est encore , dans quelques cas , susceptible de guérison. Un caillot oblitérateur (clou de J. L. Petit) remplit la plaie et représente une partie allongée intra-artérielle (tige ou pointe) , et une autre aplatie et perpendiculaire à la première (tête) , due à l’infiltration et à la coagulation du sang dans le tissu conjonctif. Si l’on exerce une compression assez longtemps prolongée pour permettre l’organisa-

Page 1