‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 52 sur 131 · COMPRESSION · texte numérisé non relu

COMPRESSION

tion et l’adhérence intime du caillot, l’hémorrhagie peut ne plus se reproduire.

Si une artère est arrachée , ses membranes sont rompues à différentes hauteurs ; l’interne et la moyenne , rétractées , diminuent le calibre du vaisseau , et la tunique externe , allongée et comme tirée à la filière , contribue à le fermer.

lia eompression et la ligatiipe sont les deux principaux moyens mis encore aujourd’hui en usage pour arrêter le cours du sang artériel. La torsion,. les hémostatiques, les réfrigérants, les styptiques , la cautérisation , le refoulement, l’arrachement , le renversement de l’artère , la perplication , les bouchons mécaniques , le séton, lesmâchures, l’acupuncture, l’acupressure, les injections ont été essayés et plusieurs de ces procédés sont rejetés ou à l’étude, comme nous allons l’exposer. Plusieurs d’entre eux n’ont pas encore été définitivement jugés.

lia comppessioii est médiate ou immédiate , selon qu’elle agit sur les vaisseaux par l’intermédiaire des parties molles , ou directement sur eux.

La compression médiate s’exerce sur toute l’étendue ou sur un point seulement du trajet d’une artère.

1“ Sur toute l’étendue du vaisseau. On a donné le nom de Théden aux bandages compressifs de toute l’étendue du membre lésé. Ces bandages ont pour but de comprimer particulièrement les points malades , d’empêcher le gonflement œdémateux des parties, et de modérer l’abord du sang. Je les ai vus employer sans succès dans deux cas de blessure de l’artère brachiale : chez Je premier malade , il fallut recourir à la ligature de l’axillaire , et chez le second, à la désarticulation du bras. Théden appliquait des compresses longuettes sur tput le trajet de l’artère , pour diminuer et suspendre le cours du sang, et les soutenait par des tours de bande médiocrement serrés, et humectés d’une liqueur astringente, qu’il appelait son eau d’arquebusade.

Gangha, au rapport de Velpeau, commençait, pour le bras, par comprimer, au moyen de doloires , les doigts , la main et l’avantbras jusqu’auprès de la blessure, posait sur cette dernière un gros tampon de linge fin , contenant un mélange de substances astringentes , et plaçait par-dessus quelques compresses et trois ou quatre tours de bande jusqu’au coude ; ensuite il fixait avec la même bande , sur la continuité du trajet de l’àrtère , un cylindre de bois enveloppé de linge comme une attelle. Ce bandage était humecté

HÉMOSTASIE.

d’une liqueur astringente, et le malade tenu â un régime trèssévère.

De simples compresses graduées remplacent avantageusement le cylindre de bois , et chacun peut construire un appareil à peu près semblable, en le modifiant selon son expérience et les conditions où il se trouve. Il faut avoir soin de rendre la compression régulière , égale et uniforme , et de réappliquer fréquemment les bandages s’ils se relâchent ou causent de trop vives douleurs.

2“ Sur un point du trajet artériel: La compression médiate, limitée à un point du trajet de l’artère , est fréquemment employée, soit pour prévenir la perte du sang pendant les opérations chirurgicales , modérer la circulation dans les vaisseaux blessés ou entourés d’une ligature , soit pour arrêter une hémorrhagie déclarée, et donner au chirurgien le temps d’y remédier d’une manière définitive. On l’a mise en usage avec succès contre les tumeurs anévrysmales , et dans le but de développer les branches collatérales d’une artère principale avant d’en pratiquer la ligature , avantage fort douteux et difficile à obtenir.

Nous verrons quels succès on a retirés, dans ces derniers temps , de la compression digitale.

On compte six moyens distincts d’exercer la compression médiate : ce sont les bandages , le garrot , le tourniquet , les compresseurs mécaniques, Isl pelote ou le cachet, et les doigts.

Les bandages. On applique souvent, dans le premier moment d’une hémorrhagie, un bandage compressif sur la partie correspondant à la lésion ; quelques compresses graduées , du papier mâché , un sou , ou une petite pièce de bois enveloppée dans un linge peuvent servir en attendant des secours plus efficaces. Dans le cas où la compression à l’aide des bandages doit être continuée , il faut recourir à ceux qui agissent sur toute la longueur du membre, et que nous avons décrits.

2° Le garrot. Morel , chirurgien français , paraît être le premier qui, en 1674, ait fait usage du garrot, et l’ait substitué aux ligatures circulaires employées par les anciens.

Cet instrument n’était d’abord qu’un simple lien dont on entourait le membre, et que l’on resserrait à volonté au moyen d’un bâtonnet; mais il fut successivement perfectionné par Nuck, Verduc et Lavauguyon, et aujourd’hui il se compose d’une pelote placée sur l’artère (Jig. 143, a) , et qui offre sur sa face libre un anneau ou tout autre soutien pour le lien , afin que celui-ci ne puisse glisser ; souvent aussi on la fixe par une bande qui entoure le membre. On applique du côté opposé à la pelote une compresse , ou mieux

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