AIMPUTATION DE LA CUISSE
très-supérieurs à ceux des méthodes circulaires et à double lam-’ beau , et si l’on n’avait pas à craindre les accidents que nous avons fait connaître , nous n’aurions aucune objection à faire contre cette amputation.
Amputation de la euisse. Les généralités précédemment exposées au sujet des méthodes et des procédés d’amputation s’appliquent particulièrement à la cuisse , dont les conditions anatomiques ont si vivement attiré l’attention des chirurgiens. La forme à peu près arrondie du membre ; la tension et l’adhérence uniformes des téguments ; la disposition des muscles, dont les uns sont superficiels , les autres profonds ; la grande force de rétraction des premiers , comparée à celle beaucoup moindre des seconds ; l’épaisseur des chairs ; la position centrale du fémur, ont fourni évidemment le sujet des mémoires de J. L. Petit, de Louis , d’Âlanson , de Desault , de Bell etc. , et de tous les chirurgiens qui ont décrit des procédés généraux. L’histoire de l’amputation du fémur est donc presque entièrement celle des amputations en général , auxquelles nous renverrons fréquemment pour éviter d’inutiles répétitions.
L’amputation de la cuisse doit toujours être pratiquée le plus bas possible du membre , et il faut prendre les téguments du genou, lorsqu’on peut scier le fémur immédiatement au-dessus des condyles.
Les muscles demi-tendineux et demi-membraneux se rétractent très-haut , et nous les divisons un peu au-dessous des autres pour éviter l’excavation que présente autrement la plaie ; c’est en arrière et en dedans du membre que la rétraction musculaire est le plus forte , tandis qu’en avant et en dehors , où les muscles sont plus courts , elle est moins marquée ; il en résulte à peu près constamment que la cicatrice se porte en dedans et en aiTière ; et la meilleure manière de remédier à cette disposition serait de diviser un peu plus bas les chairs de la partie postérieure interne de la cuisse. Philippe Boyer a vanté les avantages de cette modification , qu’il a crue nouvelle et qu’il eût pu trouver dans la première édition de cet ouvrage.
On a dit que la scie fait souvent éclater la crête ou ligne âpre du fémur ; mais les os les plus régulièrement cylindriques se rompent fréquemment dans leurs dernières lamelles, au moment où l’on en termine la section ; et dans tous les cas , la cause est la même , et consiste dans la double influence de l’incbnaison plus ou moins considérable du membre et de l’action de la scie.
On doit éviter de comprendre , dans la ligature de l’artère crurale , un filet nerveux très-mince qui en côtoie le côté antérieur
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interne ; et le nerf sciatique doit être coupé assez haut pour qu’il reste caché dans les chairs ; autrement il devient, pendant les pansements , et après la cicatrisation du moignon, une occasion d’accidents et de souffrance.
Le malade est assis sur le hord de. son lit , ou mieux encore d’une table, la tête et le dos appuyés contre un matelas ou tout autre corps doux et résistant. La cuisse malade , libre jusqu’à l’aine, est maintenue par l’aide chargé de la compression, pendant qu’un second aide soutient la jambe ; un troisième relève les chairs , et deux ou trois autres s’emparent des membres sains et du tronc.
Le chirurgien se place en dehors du membre malade , position indispensable, lorsque l’on fait l’amputation très-haut. L’inconvénient d’avoir la main gauche tournée du côté du pied pour la cuisse gauche est beaucoup moindre que celui de pratiquer l’opération par-dessus le membre sain, comme le conseille S. Cooper.
M. le docteur Seymanowski a proposé , dans le cas où l’amputation est pratiquée très-bas , de scier la face articulaire de la rotule et de l’appliquer contre l’extrémité divisée du fémur, sans toucher au tendon du triceps crural , pour mieux assurer la sustentation directe sur ,1e moignon. Ce procédé, semblable à celui de Pirogoff, ne nous paraît pas mériter une grande confiance, mais l’idée en est fort ingénieuse.
Méthode circulaire. Parmi les procédés de la méthode circulaire,, celui de Desault est le plus habituellement adopté. Vient ensuite le procédé de Louis, que Dupuytren pratiquait , en y introduisant l’incision spirale d’Alençon pour les muscles profonds. Le procédé de Bell offre une dernière ressource , lorsqu’on s’aperçoit que l’os n’a pas' été dénudé à une assez grande hauteur et qu’il ne pourrait être recouvert par les téguments. J’ai dit dans les généralités comment je conseille de. pratiquer les différents temps de cette amputation circulaire , et je n’ai pas à y revenir.
Les artères sont d’autant plus nombreuses que l’on se rapprochedavantage de l’origine du membre ; toutes doivent être liées , en commençant par les plus volumineuses. On réunit ensuite la plaie, de dehors en dedans , pour faciliter l’écoulement du pus , et obliquement , afin de ne pas appuyer un des angles du moignon sur les coussins destinés à le soutenir. Quelques chirurgiens anglais préfèrent la réunion transversale.
méthode à lambeaux , employée avec succès par un grand nombre de chirurgiens du dernier siècle , est rarement appliquée de nos jours ; cependant Guthrie y avait recours au tiers supérieur dé' la cuisse ; M. Bancel affirme avoir obtenu soixante guérisons en suivant le procédé de Vermale , et M. Hello accepte aussi cette mé-