III. — Les Creusets
A. — Fours à creusets ordinaires. — La fonte liipiéfiée dans des creusets subit moins d'altération (pie lorsqu'elle est traitée par tout autre mode de fusion: elle n'est en effet, en contact, ni avec le combustible ni avec Tair atmosphéri(pie.
La fusion de la fonte dans les creusets est très onéreuse et n'est admissible que pour la coulée des petits objets très délicats ou pour ser>ir à la confection de pièces, en cas d'urgence, lorsque les cubilots ne fonctionnent pas et lorsqu'on n'a pas assez de moules préparés pennies faire marcher.
L'emploi des fours à creusets d'une façon courante n'est rationnel |>our le travail de la fonte que dans les fonderies se livrant à des fabrications spéciales pour lesquelles le fini de la fabrication et la maind'œuvre d'usinage ultérieur surpassent beaucoup le prix même de la matière première.
La condition essentielle à remplir dans la fabrication des petits objets est la netteté des contours: on évite dans ce but l'emploi de la fonte très îi^rise, très douce il est vrai, mais trop poreuse pour donner des surfaces unies; il faudra avoir recours à une fonte légèrement truitée.
Les creusets sont faits en terre mélangée de graphite et contiennent (le 13 à 20 kilogramipes de fonte; on en construit cependant pouvant contenir 30 à 60 kilogrammes : on les chauffe au coke dans des fours à vent, ou à la houille dans des fours à réverbère à laboratoire très petit.
L'opération dure environ 2 à 3 heures.
Vu creuset ne fait guère que six à dix fusions.
Dans les grandes usines, rien ne s'oppose à l'emploi des fours à gaz
el notammeal des fours Sisiueiis pour chaufTer les creusets: on prétend que ce mode de chauffage plus rapide et plus régulier les conserve mieux.
Nous ne reviendrons pas sur la description de ces fours que nous avons donnée dans notre première partie à propos d'un des procédés d'élaboration d'acier fondu.
li. — Fours Pial. — Il uous reste à parler, pour terminer ce sujet, des fours portatifs oscillants du système Pial qui oui paru pour la première fois à l'Exposition de !878 où ils ont été beaucoup remarqués.
Avec les fours ordinaires actuels, les creusets doivent être enlevés du foyer dès que la matière en fusion est prête pour la coulée. Le travail nécessaire pour sortir les creusets du four n'est pas sans difficultés, ni
DispositiP éle Cou fée
Fig. 16 cl n. — Four» p Jf,iu[>ul<! cotu|)Oïù lie pi
OisposiliT ds Chauffage
rolalion Ju Tciur mobile.
oi-tatirsà creuset,
isiuurs chissis assemblas et recovant la Ton Ch, cbciuini'Ë. — F^ four mobile.
l'iftt (types ilivers).
sans dangers. Puis l'opération de coulée terminée, il y a lieu de remettre le creuset en place, de le réchauffer el de reprendre, non sans peine, la marche suspendue momentanément.
Les fours Piai sont des fours à vent mobiles, contenus dans des en
TRAVAIL DK LA FOXTK 49
veloppes en tôle pouvant basculer sur des tourillons. Le creuset y est calé: on peut donc amener ces fours près des moules et couler directement en inclinant le four.
Les fours Piat ainsi que les divers types qui en dérivent sont, paraîtil, assez économiques; ils peuvent servir en outre dans les fonderies à la fusion d'autres métaux tels que le cuivre, le bronze, etc..
En signalant le dispositif Piat nous avons voulu simplement donner une idée jçénérale sur ce genre de fours- creusets-poches employés dans un assez grand nombre de fonderies de fonte ou d'autres métaux.
Article 3. — Autres appareils or accessoires des fonderies
Nous nous proposons de donner une idée générale des autres appareils ou accessoires qu'on rencontre dans les fonderies.
Parmi les différents appareils qui doivent se trouver dans loul atelier de moulage, et dont le nombre et les proportions seront en harmonie avec la nature et l'importance des travaux qu'on y exécute, nous signalerons d'abord les poclies de fonderie au moyen descpielles la fonte se transporte à bras d'hommes ou avec des grues depuis les appareils de fusion jusqu'aux moules où elle doit être versée.
L — Des poches de fonderie
Chaque atelier doit avoir une série de poches de différentes dimensions depuis les plus petites qui peuvent être portées par un ou deux hommes jusqu'à celles dont la contenance plus forte exige des dispositifs spéciaux pour leur transport (grues, roulement sur rails, etc.).
Les poches employées dans les fonderies de fonte ont rarement des dimensions aussi fortes que celles employées dans les fonderies d'acier ; on peut ainsi éviter la manœuvre difficile d'appareils encombrants et coûteux, car on s'arrange, en général, pour que la fonte se distribue plus vile et plus facilement dans un grand moule en la versant par deux ou plusieurs canaux y aboutissant.
Dans les anciennes fonderies on donnait aux poches en fonte de 1 à 4 centimètres d'épaisseur : aujourd'hui on les fait le plus souvent en tôle de fer. Dans ce cas, les poches sont toujours garnies à l'intérieur d'une couche de vieux sable mélangé dans l'eau avec des débris de paille*
RO M^ILLOROIR nu FKR
Les figures ci-dessôus montrent qiiel(|ues types de poche en usa^e dans les fonderies.
Les unes peuvent basculer, pour la couli^e, à l'aide d'un levier mor-
taise dans lequel on introduit le tenon IcnninanI une des extrémitt^s de l'axe liorizonlal de suspension.
D'ftulres liascnlenl en açissanl à l'aide (l'un volant sur une vis sans
VkH.-in. — Ciiill..r.ii
Porlii- lie couIbo 6 rigole isolêi'.
fin qui engrène avec un pignon calé sur l'axe horizontal de suspension. Dans certaines poches est disposée une cloison verlicaU' percée à su partie inférieure; c'est par cette ouverture que passe la fonte avant d'arriver au hec. Ouand on n'emploie pas ce genre de tubulure ou de rigole,
il faut continuellement écunierla fonte pendant la coult^e, afin d'enipt^cher les matières étrançères qui peuvent surnager de pénétrer dans les moules.
Nous ne saurions, sans sortir des limites de noire étude, donner la description détaillée des grues de modèles variés et suffisamment puissantes pour la manœuvre des moules ou des poches de coulée, dont doivent être pourvus en nombre suffisant les ateliers de moulage. Il importe de signaler toutefois que la bonne exécution de la manœuvre doit occuper une large place dans les préoccupations d'un Inij^éniour de fonderie.